LOCAL PROPHYLACTIQUE
Après Parménide d'Élée qui donnait l'eau froide contre les vomissements, Lancisi et Giannini ont affirmé qu'il n'était pas de moyen préférable à la glace intus et extra pour les prévenir, ee qui fait dire à La Corbière que l'impression définitive de l'eau glacée, pour peu surtout qu'elle se prolonge et se répète, est toujours sédative. De plus, quels que soient les avantages qu'il trouve à cette boisson, les leçons de l'histoire et des observations contemporaines font qu'il la rejette comme dangereuse après les exercices violents.
« C'est ainsi que périrent à Vincennes (i3i6), Louis le Hutin après avoir bu de l'eau glacée ayant fort chaud ; aux manœuvres de Compiègne (i833), un colonel de cavalerie, après avoir avalé d'un trait, étant en nage, un large verre de bière gla-
(i) A. Laurain. Application de la méthode analytique à la recherche des effets du froid sur l'homme en santé et en maladie. Thèse, Paris, an XI (i8o3), in-8°, p. 38 et suivantes. Bibl. Nat. . Th. Paris. 48. T. + 3 | 9 .
Le terme faible n'est pas employé ici dans le même sens que dans la terminologie de Sigaud. Laurain entendait par organismes faibles les organismes soumis à un déclin déjà avancé.
DU FROID COMME MODIFICATEUR CURATIF a5g
cée ; à la porte Dauphinc (i835), un jeune homme, après avoir pris, fortement excité par une course à cheval au bois de Boulogne, au milieu d'un jour de juin, une limonade glacée, etc., etc.. (i) m.
Des vues théoriques incitaient Hippocrate et nombre d'auteurs antiques après lui à faire voyager certains sujets sous des latitudes froides, dans un but prophylactique. Au début du xix e siècle, l'école de Broussais et la médecine physiologiste avaient fait siennes ces vieilles doctrines :
« Ainsi, le médecin hygiéniste dirigera vers des contrées plus sévères et plus froides l'individu qui aura contracté, sous les latitudes brûlantes de l'équateur, une susceptibilité nerveuse (névropathie) ou gastro-intestinale excessives ; tandis qu'il dirigera, au contraire, vers des régions plus douces et plus chaudes l'habitant du Nord ou des latitudes fraîches et variables du Nord de la zone moyenne, qui y sera menacé d'une irritation pulmonaire ou arthritique. Niais il faudra bien calculer et apprécier le degré de température convenable etne pas s'imaginer qu'il faille tout à coup précipiter l'individu d'un extrême à l'autre de l'échelle atmosphérique, car l'une et l'autre choses sont également nuisibles. Le froid extrême en effet sera presque aussi dangereux que le chaud au même degré, aux prédominances d'irritabilité gastro-intestinale et vice versa, le chaud sera aussi nuisible que le froid excessif, aux prédominances d'irritabilité pulmonaire, etc, etc.. (2). »
§ 3. Du FROID CONSIDÉRÉ COMME MODIFICATEUR GÉNÉRAL ET