‹ La thérapeutique physique d'autrefoisChapitre 56 sur 87 · DU FROID COMME MODIFICATEUR CURAT] F · texte numérisé non relu

DU FROID COMME MODIFICATEUR CURAT] F

des enveloppements froids ondes applications de neige et de glace contre la peste :

« Si je voyais un malade qui eût par tout le corps un grand nombre de pétéchies conflnentes, je l'enveloppais tout nu dans un drap bien trempé de vinaigre, et je continuais ainsi jusqu'à ce que les pétéchies eussent tout à fait disparu.

Il fallait aussi combattre la fièvre et la sécheresse de la langue qui en était une suite. Pour y parvenir, je donnais de beau pure acidulée de vinaigre. On peut y substituer les sucs de tous les fruits acides, ainsi que les acides minéraux, l'acide sulfurique, par exemple, jusqu'à une agréable acidité. »

Samoilowitz réglait les frictions à la glace « de manière qu'elles fussent plus considérables depuis les épaules jusqu'à la paume des mains, et depuis le haut des cuisses jusqu'à la plante des pieds, moindres sur les hypocondres, très légères sur la poitrine et le ventre (i) ». Le visage et le cou étaient frottés simplement avec un linge trempé dans de l'eau froide.

Médecin de l'impératrice de Russie, Samoilowitz attribua, en bon courtisan, la priorité de l'emploi des frictions glaciales dans la peste, à Catherine II et proposa d'appeler ce remède « Antipestilentiale Catharinœ II ».

Rhazès et ses contemporains utilisaient les bains froids au début de la variole. Au xvm e siècle, Hancock employait le froid intus et Rovida l'employait extra contre cette maladie. Sydenham plaçait les varioleux dans une atmosphère fraîche et s'en était bien trouvé. Il avait vu les pustules diminuer et l'infection s'amender. « Je ne dis rien, dit-il, du soulagement infini que le malade ressent dans tout son corps lorsqu'on le lève et qu'on lui donne de l'air. Tous ceux qui en firent l'expérience me remercièrent comme si je leur eusse rendu la vie en leur donnant l'air (2). » Currie, plus audacieux, essaya les affusions froides.

Un jeune Américain de vingt-quatre ans fut inoculé par lui en 179/t; le septième jour la fièvre parut, la température

([) Samoilowitz. Lettre sur les expériences des frictions glaciales pour la guérison de la peste, p. 23. Paris, Le Clerc, 1781, in-8". Bibl. Nat. : Te 21 ^. (2) Laurain. Op. cil., p. 170.

monta, en quelques heures, à 107 F (4i u ,6 C). Currie fit boire au malade beaucoup d'eau et de limonade froides et le fit asperger de trois gallons de saumure froide, ce qui le rafraîchit beaucoup. Le pouls se ralentit, la chaleur baissa, le sommeil fut tranquille. En vingt-quatre heures on recommença trois fois les ablutions et le malade les demandait lui-même quand il sentait revenir la chaleur. L'éruption fut franche et la guérison rapide (1).

Nous reproduisons pour terminer cette étude sur l'action <lu froid dans les fièvres une analyse d'un mémoire de Van llonsebrouck, d'ailleurs fort intéressant (2) et qui parut en i85i.

Mieux que partout ailleurs, s'y trouve indiqué l'état d'esprit des médecins français avant la généralisation de l'emploi de la méthode de Brand.

De la réfrigération graduelle dans le traitement des maladies

aiguës.

M. le D r Van Honsebrouck a publié, dans les Annales de la Société de médecine de G and, un mémoire destiné à démontrer les bons effets du froid dans les maladies aiguës. Au lieu d'employer les antiphlogistiques ordinaires, ce médecin a recours aux réfrigérants et assure que ses malades passent souventpresque instantanément d'unétatdesouffrance extrême à un état de bien-être complet et même de santé parfaite. Mais pour obtenir ces résultats, il faut procéder d'une certaine manière, agir avec une énergie suffisante et cependant ne pas dépasser le but. Ce médecin désigne son mode de traitement sous le nom de réfrigération graduelle. Il est, suivantlni, d'une application facile et convient en général à toutes les maladies fébriles contre lesquelles on est dans l'usage d'opposer les

(1) Labadie-Laghave. Op. cit., p. 1^5 et i^6. Cf. La Corbière. Op. cit., p. 463.

(2) Van Honsebrouck. De la réfrigération graduelle dans le traitement des maladies aiguës, in : Annales et bulletin de la Société (le médecine de Gand, 17 e année, i85l. Gand, Gyselinck, éditeurs.

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