‹ La thérapeutique physique d'autrefoisChapitre 57 sur 87 · DU FROID COMME MODIFICATEUR CUBATIF · texte numérisé non relu

DU FROID COMME MODIFICATEUR CUBATIF

antiphlogistiques et les débilitants. La réfrigération s'opère par les draps ou par les demi-bains.

Le procédé le plus méthodique de la réfrigération par les draps, dit-il, se fait de la manière suivante: « Je fais placer, dans un appartement bien aéré, deux lits, à deux pas l'un de l'autre ; j'étends sur un de ces lits une ou deux couvertures de laine, suivant la température atmosphérique et la constitution du malade ; je prends un drapde lit, que je fais tremper dans l'eau froide telle qu'elle est fournie par la source, et je le fais tordre convenablement par une ou deux personnes, pour en exprimer la plus grande quantité de l'eau ; ce qui étant fait, je l'ouvre et le place par-dessus les couvertures de laine.

Alors je fais mettre le malade, entièrement déshabillé, sur ce drap et sur le dos ; je l'y enveloppe rapidement et le recouvre ensuite avec les couvertures de laine, en ayant soin de les serrer l'une après l'autre autour du corps, pour ne laisser que la tête dehors et libre. Cette opération étant finie, je prépare aussitôt l'autre lit de la même manière que le premier ; je dégage mon malade pour le placer de nouveau sur celui-ci, et l'envelopper entièrement, comme la première fois, dans le drap de lit et les couvertures de laine. Je renom velle ce procédé aussi souvent que le besoin s'en fait sentir, c'est-à-dire jusqu'à ce que la fièvre cesse. La fièvre tombe ordinairement après dix, vingt, trente ou quarante opérations, suivant le degré de son intensité et la gravité de la cause qui l'entretient ; mais, quelle que soit sa nature, elle tombe infailliblement, cela ne manque jamais. L'intervalle entre chaque opération est calculé sur la chaleur de la peau et la facilité de la réaction, et de manière qu'elle soit renouvelée avant son rétablissement intégral, car il est à noter, qu'au furet à mesure que la chaleur est soutirée, et que l'intensité de la fièvre diminue, l'absorption du froid se fait plus lentement.

Les malades subissent en général ce traitement avec plaisir, parce que rien n'est plus propre à calmer l'ardeur fébrile qui les dévore que la fraîcheur des draps. On a môme vu des personnes, pour remédier à la sensation pénible d'une chaleur intolérable, quitter instinctivement leur lit et se vautrer dans la

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neige. Les enfants sont moins traitables ordinairement, mais quand une fois ils ont éprouvé les bienfaits de deux ou trois draps, ils ne pleurent plus et ils finissent par demander euxmêmes qu'on les place dans un nouveau drap.

Comme dans beaucoup de fièvres graves, la chaleur se concentre surtout vers la poitrine et lorsque la respiration est très fatigante, indépendamment du drap qui enveloppe tout le corps, j'entoure préalablement le thorax d'un autre drap replié plusieurs fois sur lui-môme et humide comme le premier. Cette précaution fait éprouver au malade un soulagement immédiat en faisant cesser son oppression.

Ce mode de dégager graduellement la chaleur dans le but de combattre les inflammations fébriles doit être préféré à tout autre, à cause de la facilité de son emploi et parce qu'il est applicable dans toutes les circonstances. Cependant il est des cas oii son emploi est impossible ou d'une action trop lente, comme dans quelques délires et lorsque le malade est atteint d'une de ces inflammations violentes qui peuvent l'emporter en peu d'heures. Dans ces circonstances exceptionnelles, il est indispensable d'avoir recours à un autre, procédé plus expéditif. On le trouvera dans la réfrigération graduelle par le demi-bain que je vais décrire maintenant.

Le demi-bain ou bain d'affusion se prend dans une baignoire ordinaire, mais suffisamment spacieuse pour permettre au malade de s'y mouvoir et aux serviteurs de le frictionner. La quantité d'eau qu'on y met est de à à 8 seaux, suivant sa capacité, de manière à recouvrir les membres inférieurs du malade quand il est assis. La température de ce bain doit être portée au commencement à 20 ou 25° R. (25° à 3o° C). et abaissée insensiblement jusqu'à i4° R- (17 C). Cette dernière température doit être maintenue. Placé dans ce bain, le malade est alternativement affusionné et frictionné par tout le corps, jusqu'à ce que la fièvre ait été domptée totalement. Un exemple curieux nous fera voir tout à la fois et la conduite à tenir dans l'administration de ce moyen et son action énergique pour conjurer le mal. Un homme, d'une constitution nerveuse etqui avait éprouvé quelques chagrins domestiques, fut saisi tout à coup d'une fièvre

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