‹ La thérapeutique physique d'autrefoisChapitre 58 sur 87 · DU FROID COMME MODIFICATEUR CURATIF · texte numérisé non relu

DU FROID COMME MODIFICATEUR CURATIF

cérébrale. Pour la combattre, on eut recoursà la réfrigération graduelle par les draps, mais, dans son délire, il se débattit tellement qu'il fallut renoncera ce procédé opératoire et le placer dans le demi-bain. Là, l'eau étant portée à 20" R. — 25" cent. — il fut maintenu par deux aides pendant qu'un troisième se mit en devoir de l'aifusionner et de le frictionner sans relàcbe. On entoura la tète d'une compresse épaisse que l'on eut soin de rafraîchir fréquemment avec de l'eau portée à une température fort basse. De quart d'heure en quart d'heure, on versa dans la baignoire un seau d'eau froide, jusqu'à ce que l'eau atteignit la ceinture du corps. Alors, pour ne plus en augmenter le volume, on ôta un seau d'eau de la baignoire, toutes les fois qu'on en versa un nouveau. Le malade fut affusionné et frictionné ainsi pendant neuf heures consécutives, avant que la fièvre le quittât entièrement. A ce moment, la figure, de rouge et d'enluminée qu'elle était, devint pâle ; on le retira du bain et, après l'avoir essuyé avec un drap de lit sec, on le coucha dans son lit, où il s'endormit d'un sommeil paisible. Le lendemain, il put se lever comme à l'ordinaire et il n'eut qu'un souvenir fort vague de ce qui s'était passé la veille; il avoua même qu'il ne se rappelait pas avoir jamais passé une meilleure nuit. Pendant toute la durée de cette longue opération, on s'est contenté de passer de temps en temps la main sous les aisselles du patient pour explorer le degré de la chaleur.

Réflexions . — De quelque manière qu'on emploie les réfrigérants, le praticien mettra toujours à les prescrire une certaine hésitation, parce qu'il lui faut vaincre ses répugnances et celles de son malade. On a beau accumuler les raisonnements pour démontrer que la chaleur appelle le froid, il est difficile de se persuader qu'un homme dévoré par la fièvre, dont la peau est brûlante ou couverte de sueur, puisse impu nément être enveloppé dans un drap mouillé ou plongé dans un bain frais. On cite à la vérité des faits, même assez nombreux, dans lesquels on s'est bien trouvé de cette pratique ; mais qui nous assure que nous connaissons tous ceux dans lesquels elle a produit des effets déplorables et qui ont engagé certains praticiens, qui d'abord avaient préconisé cette médi-

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cation, à y renoncer d'une manière à peu près absolue. Telles sont les réflexions que doit s'adresser le médecin avant de prescrire l'hydrothérapie dans les maladies fébriles. Nous parlions en outre de la répugnance des malades pour ce traitement; c'est qu'en effet on trouve dans les familles une grande opposition à l'emploi de cette méthode, et, comme, en définitive, malgré l'excellence du remède, le malade peut fort bien succomber, il ne faut pas nous dissimuler que nous assumons sur nous une bien grande responsabilité.

Sans doute on nous objectera que l'intérêt de notre malade doit passer avant toute autre considération, que si la médication est bonne, il ne faut pas se préoccuper du jugement qui sera porté dans le monde sur la conduite que nous aurons cru devoir tenir. Gela est vrai, en général, mais il faut d'abord être convaincu que la médication est bonne, et malgré ce qui a été dit à ce sujet, il n'est pas encore bien démontré à nos yeux qu'elle soit tout à fait sans danger et que, dans le cas d'un événement funeste, notre hardiesse ne puisse pas être taxée de témérité.

Remarquons cependant que la médication dont il est question est extrêmement énergique, que nous ne la proscrivons point d'une manière générale et que nous ne refusons point de croire aux succès qui nous sont attestés par des hommes honorables. Nous ne parlons que de l'hésitation que mettront les praticiens à imiter la conduite de M. Van Honsebrouck. De pareilles tentatives faites avec précaution peuvent conduire à de bons résultats et il est possible qu'un jour les règles relatives à la réfrigération dans les maladies aiguës soient assez positives pour que son emploi puisse être adopté par les praticiens, sans qu'ils aient à redouter les accidents qui, dans ce moment, se présentent à leur esprit (i).

(i) Journal de médecine et de chirw. prat., 2 e série, vol. XXII, i85i.

La gymna-îlique est la science des effets que peuvent produire les exercices corporels.

Galiew, De'sanit. tuend., III, 4

Dès les origines, l'homme a senti sa faiblesse et son cou-

Fie 2l\. — Herodicus, inventeur de la gymnastique médicale. (Portrait extrait de la plaquette de l'abbé Pasquale Panvini di S Calarina. — In Napoli presso Nicola Gervasi al Giyante, n" 2.3. Sans date) Archives de la Société française d'histoire de la médecine.

rage. Les traditions les plus anciennes, chez tous les peuples,

aSo GYMNASTIQUE

l'ont mention des exercices qu'il employait pour la conservation de sa force. La gymnastique a été la première éducation des primitifs, qui la cultivaient pour pourvoir à leur existence et augmenter leurs moyens de défense contre leurs ennemis.

Quelques auteurs à paradoxes ont prétendu que l'apparition de la médecine dans l'histoire de l'humanité est une preuve de décadence et que l'homme n'a pas connu les maladies tant qu'il s'est contenté de se soigner par la gymnastique. Cette opinion était celle de Gaton et de Pline l'Ancien, et, même de leur temps, elle était injuste. Il est certain, au contraire, que la médecine est fille de la civilisation et qu'elle s'est d'autant plus perfectionnée que celle-ci a fait plus de progrès.

Aussitôt qu'elle fut pratiquée, la gymnastique a été médicale, au moins dans ses effets, et l'on peut dire qu'elle a reçu, dès sa naissance, des applications thérapeutiques.

§ i. — La gymnastique en Egypte.

Il y a quatre ou cinq mille ans, les Egyptiens employaient

FlG. 2 5.

La lutte chez les Égyptiens (hommes). (Extrait des planches publiées par Champollion.)

les exercices gymnastiques qui sont encore pratiqués aujourd'hui. Seule, l'équitation était négligée et les personnages montés sur un cheval sans harnais se rencontrent peu fréquemment dans les has-reliefs historiques. Par contre, quelques hommes conduisent des chars, et si la cavalerie n'existait pas dans l'armée égyptienne, l'autorité des monuments permet d'affirmer que les grands personnages étaient

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