LA GYMNASTIQUE EN EGYPTE
conduits par des chevaux. Dans la bataille de Ramsès II, à Louqsoi', le roi est représenté sur un char immense dont les coursiers rapides paraissent voler (i). Devant lui quelques
Fie 26. — La lutte chez les Égyptiens (hommes)- (Extrait des planches publiées par Champollion. )
cavaliers étrangers fuient éperdus. Le char d'un chef ennemi se renverse, écrasant sous les roues ses conducteurs.
Les exercices à pied sont plus nombreux et Champollion- Figeac nous donne une rapide analyse de l'agonistique dans les lignes suivantes :
« Tous les exercices se font à pied et sont dirigés selon les préceptes de la gymnastique la plus perfectionnée. Rien n'est plus varié que la pose des lutteurs attaquant, se défendant, reculant, se baissant, ou renversés se relevant et triomphant de l'adversaire par la force, la ruse et l'adresse. Dans ces exercices, les lutteurs étaient nus; une large ceinture soutenait et favorisait leurs efforts.
Fig. 27. — Le saut chez les Égyptiens (femmes). (Extrait des planches publiées par Champollion.)
(1) Voir: Champollion. Monuments de l'Egypte et de la Nubie, !\ vol. in-fol. (i833-i845), planche 33 1 .
Pereot et Chipiez. Histoire de l'Art dans l'antiquité. Paris, Hachette, 1882, gr. in-8°, tome I er , p. 277.
Les exercices militaires proprement dits n'étaient pas moins variés ; l'éducation du soldat était longue et sérieuse, et
Fig. 28. — La lutte chez les Égyptiens (femmes). (Extrait des planches publiées par Ghampollion.)
depuis la tête à droite, jusqu'à la petite guerre, il en parcourait tous les degrés sous l'autorité d'une discipline sévère (i). »
Fie. 29. — Joute égyptienne sur l'eau. (Tombeau de Khoum el-Ahmar.)
Dans une planche du livre de Champollion, intitulé: Egypte ancienne, nous voyons trois Égyptiens et trois noirs lutter
(0 Cuampollion-Figeac. Egypte ancienne. Paris, Didot, i83g, p. i4g, dans:
Univers pittoresque , i re livraison.
LA GYMNASTIQUE EN CHINE aS3
de compagnie. Cette lutte diffère beaucoup de la lutte « à main plate » moderne. Elle semble se combiner avec le saut(i). Au contraire dans une fresque de Beni-Hassan où sont figurés tous les exercices gymnastiques, la peinture représente un mode delutte absolumentmoderne(2). Enfin un tombeau, de Khoumel-Ahmar contient la figuration dune joute sur l'eau tout à fait analogue aux joutes lyonnaises que l'on peut voir les dimanches d'été sur la Seine, dans les environs de Paris (3) (Voir fig. 29).
§ 2. — La. gymnastique en Chine.
Selon le père Amiot (1779), la gymnastique était enseignée en Chine sous le règne de Hoang-Ti (2698 ans avant notre ère).
La gymnastique médicale chinoise ou Cong-Fou date aussi de cette époque, et les bonzes Tao-Ssé qui la préconisent, l'ont décrite dans une langue spéciale et très difficile à traduire.
Le Cong-Fou est la science des positions et attitudes qu'il convient d'employer de préférence pour le traitement des maladies. Il fait merveille contre les maux dits « d'engourdissement, de tension » et contre les différentes douleurs. Enfin il apprend aussi la manière de respirer et constitue sans doute le premier essai de gymnastique respiratoire qui ait été tenté.
Le tableau suivant emprunté à Amiot résume les principales postures du Cong-Fou :
Positions et attitudes du Cong-Fou.
Debout: Droit, les pieds collés l'un contre l'autre, et les bras tendus et pendants;
(1) Môme ouvrage, pi. 3a.
(2) Champollion. Monuments de l'Egypte et de la Nubie. Op. cit., planches 371 et 37^.
(3) Perrot et Chipiez. Ouvrage cité, tome I er , p. 4i, fig. 3i.
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Un pied en l'air ;
Le corps penché sur le côté, en avant, en arrière;
Les bras en croix;
Un bras levé, l'autre abaissé;
Les bras tendus horizontalement;
Les jambes écartées, etc.
Assis: Les jambes pendantes;
Les jambes tendues, le corps droit;
Les jambes croisées;
Sur les talons ;
Le corps penché sur un côté ;
Courbé sur le devant, etc.
Couché : Sur l'échiné ;
Sur le ventre;
Sur le côté;
Les pieds courbés d'un côté, la tête penchée de l'autre ;
Replié comme en boule ;
Sur les genoux et sur les mains, etc.
Toutes ces attitudes prodigieusement variées sont à employer dans des maladies bien déterminées.
C'est ainsi cpie dans la gravelle et contre les coliques néphrétiques, le Cong-Fou prescrit de se coucher sur le ventre, les jambes repliées sur les cuisses, et de projeter les membres supérieurs en arrière.
Contre les pollutions nocturnes, il est bon de s'assoir sur le sol, le corps légèrement penché en avant et de placer la plante des pieds dans la paume des mains (Voir fig. 3o, position 3).
« La langue qui est le dragon rouge, dans le langage des Tao-Ssé, est chargée, selon l'espèce de Cong-Fou, de l'aire dans la bouche des balancements, des pulsations, des frottements, des élancements, etc., et d'exciter la salivation.
Les yeux se ferment, s'ouvrent, tournent, se fixent et clignotent... »
La gymnastique respiratoire reconnaît les principes suivants :
p IG 3o. Mouvements de la gymnastique des Chinois. D'après la cinésiologic de Daily-
Respiration.
Il y a trois manières de respirer:
La première par la bouche;
La deuxième par le nez;
Dans la troisième, l'inspiration et l'expiration se font, l'une par la bouche, l'autre par le nez.
Dans ces trois manières de respirer, tantôt c'est l'inspiration qui est précipitée, filée, pleine ou éteinte; tantôt c'est l'expiration ; tantôt aussi elles le sont l'une et l'autre.
Précipitée, signifie qu'elle se fait, pour ainsi dire, tout à la fois et dans un instant presque indivisible, comme il arrive à un homme qui sort tout-à-coup de l'eau où il est resté quelque temps.
Filée, c'est-à-dire qu'elle est tellement lente et faible, qu'on n'entend ni l'entrée, ni la sortie de l'air.
Pleine, c'est lorsque l'air entre dans le poumon ou en sort comme à pleine bouche et à plein nez.
Éteinte, c'est-à-dire si délicate, si languissante et si traînée, qu'elle devient comme insensible.
Outre ces différences principales, qui sont comme à la base du Cong-Fou pour la respiration, on distingue encore l'inspiration et l'expiration :
i u Par sifflement, en laissant une si petite ouverture à la bouche, que l'air y entre ou en sorte avec une rapidité qui le refroidit et fait du bruit;
2° Par haleinée, en ouvrant tellement la bouche que l'air y entre ou en sorte subitement, par un mouvement d'inspiration et d'expiration très fort;
3° Par sauts, c'est-à-dire qu'en traînant l'inspiration ou l'expiration pour la faire durer, il se fait des mouvements brusques du poumon qui lui donnent des espèces d'élans;
[\° Par répétition, en sorte qu'il y a trois inspirations consécutives avant une expiration, et vice versa, deux et trois expirations contre une seule inspiration ;
5° Par attraction et déglutition, en tirant comme de son estomac l'air dont se remplit le poumon, ou avalant celui qui