LA GYMNASTIQUE EN GRÈCE
en sort par l'expiration, en sorte que ce dernier se perd dans la bouche et descend dans les entrailles, etc., etc (i).
La gymnastique médicale chinoise possède aussi une littérature plus moderne, composée d'ouvrages qui n'ont pas encore été traduits. C'est ainsi que dans une encyclopédie en G'i volumes, publiée à la fin du xvi e siècle, sous le titre de San-Tsaï-Tou-Hoeï, on trouve une collection de gravures sur bois représentant des figures anatomiques et des exercices gymnastiques, avec un texte explicatif.
§ 3. — La. gymnastique en gréce.
a. — Période homérique.
En Egypte, les exercices physiques n'étaient pas réglés suivant une méthode rigoureuse et toujours identique.
Ce sont les Grecs qui ont créé la gymnastique. Pour cette science comme pour les autres arts, ils sont à la fois nos éducateurs et nos modèles.
Plus de vingt-six siècles se sont écoulés depuis le temps où, d'après Thucydide (2), les premiers athlètes nus et frottés de graisse, parurent à Sparte. Depuis ce temps, aucune éducation physique n a mérité et ne mérite d'être comparée à celle des anciens Hellènes. La direction méthodique des exercices, l'art de la graduation dans l'effort musculaire, la science de la gymnastique en un mot, nous viennent des Grecs, qui ont connu bien avant nous les bienfaits de ce « perfectionnement de soi-même ».
Il n'est pas exagéré non plus de dire que la beauté du nu, la pureté de la statuaire grecque dérive directement de cette éducation.
(1) Amiot (Le P. Joseph-Marie). Mémoires concernant l'histoire, les sciences, les arts, les mœurs et les usages des Chinois, par les missionnaires de Pékin. Paris, Nyorj aîné, 1776-1789, i5 vol. in-4°. Bibl. iNat. O-'nj^.
Voir : t. IV, p. 44l et t. VIH, p. 260.
Voir aussi à la fin du livre de : N. Dali.y : Cinésiologie. Paris, 1857, in-8° (Bibl. IS'at. Tc>!) quelques planches concernant le Gong-Fou.
(2) Thucydide, I, 6.
t)88 GYMNASTIQUE
« Quelque multiples qu'aient été les éléments techniques des races civilisées occidentales, écrit Dali}', le fonds commun de leur civilisation est grec ; c'est la Grèce qui a tracé les grandes lignes immuables dont l'humanité ne s'est jamais écartée sans péril, c'est elle qui a incarné dans la forme tangible du beau éternel les abstractions idéales de la sagesse et de la vertu, c'est elle qui a reconnu que la beauté n'était pas dans la grandeur, mais dans la grâce, dans l'harmonie (eùpuSpvia, sùapjjisotia).
Parmi les facteurs de cet organisme social de la Grèce, si prodigieux dans ses étroites limites, qu'ayant été la moins nombreuse des races humaines elle en est la plus grande, la plus exemplaire, et qu'elle a fourni à l'humanité autant de grands hommes peut-être que l'humanité entière, il n'y a aucun doute que la gymnastique ait tenu une place au premier rang(i). »
Pour la Grèce guerrière, la gymnastique était à la base de l'éducation nationale : aucune ville de quelque importance, ne se serait dispensée d'avoir son gymnase avec un stade, un hippodrome et un théâtre (2). En dehors même des villes, certains sanctuaires en étaient pourvus, et des jeux gymniques étaient au programme de toutes les fêtes périodiques dans les lieux de pèlerinage. Le gymnase si réputé d'Olympie était une annexe du sanctuaire.
Au temps d'Homère, ces gymnases n'existaient pas encore. Des esplanades bien sablées (tuxtov 8«tc8ov), des cours spacieux (âpéjxoi ejp^eç) servaient aux exercices.
Dans le chant XXIII de l'Iliade, nous assistons aux jeux gymniques funèbres qui se donnèrent aux funérailles de Patrocle.
Voici d'abord une course de chars dont Diomède est proclamé le vainqueur. Puis vient le terrible combat du ceste :
(1) Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales (Dechambre). Art. . Gymnastique.
(2) « Panopée, localité de Phocide, ne possédait aucun de ces édifices ; aussi Pausanias (X, !\, i) hésite-t-il à lui donner le nom de ville » (G. Fougères).