‹ La thérapeutique physique d'autrefoisChapitre 61 sur 87 · PÉRIODE HOMÉRIQUE 2S · texte numérisé non relu

PÉRIODE HOMÉRIQUE 2S

« Les deux atMètes armés, s'avançant au milieu du cirque, lèvent à la fois leurs bras robustes ; et, se précipitant l'un sur l'autre, confondent leurs cestes pesants ; sous leurs coups terribles on entend retentir les os de leurs mâchoires ébranlées; des torrents de sueur coulent de leurs membres. Soudain Épée, pareil à une divinité, tombe sur son adversaire avec

Fig. 3i. — Exercices des éphèbes (lutte, saut, pugilat, etc.). Peinture de vase, d'après Gerhard.

furie; errant autour de la tête d'Euryale qui détournait cà et là le visage et ne pouvait résister à cette attaque, il le frappe de ses bras réunis et le terrasse malgré sa fière stature. Tel un énorme habitant de la mer que le premier souffle de l'horrible Borée jette sur les roseaux du rivage, et que des vagues ténébreuses couvrent aussitôt, Euryale, frappé de ce coup, s'élance et s'abat dans la poussière. Mais au môme instant, le magnanime Epée lui tend la main et le relève. Les amis d'Euryale accourent, l'environnent et l'emmènent hors Mac-.\uliffe. 19

2 9 o LÀ GYMNASTIQUE EN GRÈCE

du cirque, traînant ses pieds sur le sable, rejetant à gros bouillons le sang de sa bouche, et portant languissaminent sa tête de l'une à l'autre épaule; ils le conduisent à l'écart, et le placent au milieu d'eux, où il demeure sans mouvement (i). »

Pour ce pugilat, les athlètes portaient une ceinture suivant la mode égyptienne et recouvraient leurs mains de gantelets de cuir(2).

Après la boxe, vient la lutte. Cette fois encore les os des deux athlètes retentissent avec fracas; « et sous l'impression des doigts s'élèvent subitement sur leurs flancs et sur leurs épaules des tumeurs ensanglantées ».

Ulysse et Ajax se disputent le prix de la course. Ulysse est d'abord en arrière, mais « ses pieds tombent dans la trace des pas d'Ajax avant que la poussière s'en élève ; il embrase de son souffle véhément la tète de son adversaire, précipitant toujours son vol ». Ajax, dont Pallas a décidé la chute, glisse et tombe sur le terrain qu'avaient ensanglanté les taureaux immolés par Achille aux mânes de Patrocle. Ulysse précède son rival et lui ravit la victoire.

Après la course, Homère dépeint un tournoi entre Ajax et Diomède, un jeu du disque, un tir au pigeon, une lutte aux javelots.

Une description de jeux à peu près identiques se trouve aussi dans l'Odyssée (ch. vin), mais le terme même de gymnastique ne se rencontre pas dans Homère.

Thucydide (3) et Platon (4) semblent indiquer que le mot a été créé au moment où chez les Cretois d'abord, chez les Lacéclémoniens ensuite, les concurrents s'exercèrent à nu et commencèrent à se frotter d'huile et de poussière : ces frictions n'étaient pas connues à l'époque homérique.

b. — Gymnastes, pédotribes et atftlètes.

La gymnastique médicale a été inventée par un Sicilien

(i) Traduction Bitaudé. Paris, Teuré, 1822. Iliade, chant XXIII.

(2) Iliade, chant XXIII,

(3) Thucydide, I, 6.

(/1) Platon (traduction Cousin). République, V, p. 287.

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