‹ La thérapeutique physique d'autrefoisChapitre 68 sur 87 · II. L.ING, FONDATEUR DE LA GYMNASTIQUE SUEDOISE · texte numérisé non relu

II. L.ING, FONDATEUR DE LA GYMNASTIQUE SUEDOISE

Dans la deuxième période de la gymnastique moderne, le gymnasiarque le plus justement resté célèbre est Ling, inventeur de la kinésithérapie.

Ling est né le i5 novembre 1776 à Ljunga, en Smalande (Suède). Après avoir fait de sérieuses études à l'Université d'Upsal, pendant les six dernières années du xvin" siècle, il prit part le 2 avril 1S01, à la bataille navale de Copenhague, perdue parles Danois contre les Anglais. Il y contracta une impotence du bras droit dont il se guérit en faisant des armes. Une fois rétabli, il garda une telle passion pour l'escrime qu'il y excella bientôt. Vers 180/i, il étudia à Copenhague, où il fréquenta tout particulièrement les salles d'escrime française. Elève de Nachtigall, il apprit auprès de lui les principes de gymnastique moderne, cependant qu'il étudiait la gymnastique antique dans les ouvrages grecs. On le voit alors, de 1801 à 181 1, maître d'escrime de l'Université de Lnnd, en même temps que professeur de mythologie et de poésie Scandinaves à l'Université de Stockholm.

A Lund, il étudie l'anatomie et la physiologie, médite de plus en plus sur les ressources que la gymnastique peut iournir à la médecine; il invente des procédés nouveaux tenant à la fois de la gymnastique et du massage (1).

Nommé gymnasiarque de l'Académie royale militaire de Carlberg, il partagea bientôt son temps entre cette Académie et l'Institut royal et central de gymnastique, fondé pour lui, en 1814, par le gouvernement suédois.

Ling ne toucha jamais la pension de 5oo ris dollars qui lui étaient alloués pour ses fonctions de directeur, mais il l'employa toujours à l'accroissement de l'institution qui était son œuvre.

(1) J.-B. Hillairet. Rapport à son Exe. M. le Ministre de l'Instruction publique sur l'enseignement de la gymnastique dans les lycées, collèges, écoles normales et écoles primaires. Imprimerie impériale, mars 1869, p. 7.

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Poète en même temps que gymnaste, il a écrit plusieurs tragédies historiques et une épopée « Asar » en trente chants empreintes du patriotisme le plus vibrant. Sa nomination au grade d'Académicien et la décoration de l'ordre royal de l'Etoile polaire, qui lui fut remise en récompense de ses talents, lui firent peu d'impression. Il ne portait jamais ses insignes. Comme le prince héritier, son élève, s'en étonnait: « Mon prince, lui répondit Ling, j'aime à répandre de la lumière et de la chaleur sans être observé (i). »

Ce grand homme est mort le 3 mai iS3o, à l'âge de 62 ans. « La pensée qui avait été celle de toute sa vie occupa encore ses derniers moments et il recommanda l'Institut aux soins du monarque et aux Etats du royaume.

Ling était trop exclusivement occupé d'établir sur une large base expérimentale ses observations et les lois qu'il en avait déduites, pour avoir le loisir de formuler méthodiquement sa doctrine dans un traité spécial. L'exécution intelligente et précise des mouvements, sans laquelle le but scientifique est faussé, était avant tout le point qu'il importait d'atteindre. C'est à cette lacune regrettable dans une existence si pleine, et à son état maladif pendant les dernières années, qu'il faut, pour la plus grande part, attribuer l'insuffisance des ouvrages de Ling en tant que système complet^). » Le gymnaste suédois avait pris pour devise: « Le développement harmonique des organes du corps humain. » Il voulait faire de cette proposition le principe même de l'éducation de la jeunesse et du peuple. De sérieuses études anatomiques et physiologiques lui avaient appris que la nutrition et le déve-

(1) H.-L. Meding. De la gymnastique médicale suédoise (système Ling). Paris, Masson, 18O2, in-8".

(2) Geokgii, Kinésithérapie, t. id., 9.

Georgii cite de Ling un petit traité: Sur la gymnastique sans appareils. Stockholm, i836, et le Traité sur l'escrime ù la baïonnette. Stockholm, i838. Son Traité sur les principes généraux de la gymnastique n'a été achevé qu'après sa mort par Liedbeck et Georgii.

Cf. sur la gymnastique de Ling : Die gymnastik nach dem Système des Schwedischen gymnasiarclien l'.-II. Ling, dargestellt von Hg. Rothstein. Drittes Heft. lierlin, Schrœcler, 18^8.

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