EN TEMPS DE CONTAGION POUR ARRESTER LE COURS DE CETTE MALADIE
« Après que l'on a pourvu à tous les besoins des malades en particulier, qu'ils se fassent panser en leurs maisons, ou qu'ils soient dans les hôpitaux, l'on s'applique par tous les moyens possibles à remédier aux causes générales qui pourroient entretenir cette maladie si elles estoient négligées. Il
(1) Pictorius. Les sept dialogues... traictans la manière decontregarder la santé.. Paris, i55 7 , in-8°. Bibl. Nat. . TcJJ.
(2) Razi. De ratione curandipestilentiam... Parisiis, i528, in-4°, pièce. Bibl. Nat.
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(3) Delamare. Traité de la police où l'on trouvera l'histoire de son établissement, etc. Paris, Jean et Pierre Cot, 1705, gr. in-4°, tome I er , p. 625 (livre IV, titre xin). Bibl. Nat. : inventaire F. 2200 : F 107 2 1 .
D'AMBROISE PARÉ A DELAMARE i5
est évident, de l'aveu de toute l'antiquité, que rien n'y a contribué davantage que la corruption de l'air : Ainsi tout ce qui peut la prévenir ou la corriger doit estre l'objet de nos premiers soins.
« § I. — De la propreté intérieure des maisons.
« C'est dans cet esprit que l'on renouvelle alors tous les Règlements qui concernent la propreté intérieure des maisons et le nettoyement des rues. L'arrest qui fut rendu au parlement le i3 septembre i533, dans un temps que la Ville de Paris estoit aflligée de cette maladie, le porte en termes exprès.
« Il enjoint à tous les propriétaires qui n'avoient point de « latrines en leurs maisons, d'y en faire l'aire incessamment « sinon qu'ils y seroient contraints, par saisies des loyers, et « que les deniers qui en proviendroient seroient employez « pour y faire travailler. — Il fait défenses à tous vuidangeurs, « pendant ce temps de maladie, de vuider et curer les retraits « sans permission de Justice, à peine de prison et d'amende « arbitraire.
« Il défend de garder dans les maisons des eaux croupies, ce ou d'autres infections, leur enjoint de les vuider dans les « ruisseaux, et de jetter à l'instant à la même place un sceau « d'eau nette.
« Ce môme Arrest réitère les défenses de tenir et nourrir « en quelque lieu que ce soit de la Ville et Fauxbourgs, « aucuns pourceaux, lapins, oisons ou pigeons, soit pour leur « vivre, ou pour vendre, ou quelqu'aulre cause, occasion ou <( couleur que ce soit. Il enjoint à tous ceux qui en avoient de « les envoyer dans le jour hors de la Ville et les Fauxbourgs, « à peine de confiscations, de prison, et d'estre grièvement « punis, à la discrétion de Justice. Toutes ces mômes défenses <( furent réitérées par les arrests des 12. Juillet i553, et 2. Juil- « let i56i. et l'ont esté autant de fois que la Ville a esté « affligée de cette maladie. »
« § II. — Du nettoyement des rues.
« L'on a toujours esté bien persuadé que le nettoyement
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des rues et le transport des immondices hors des Villes, est l'une des causes générales qui contribué le plus à la salubrité de l'air et conséquemment à la santé. Cependant l'on ne peut voir qu'avec beaucoup d'étonnement combien cette portion importante de la Police estoit autrefois négligée: il semble que l'on n'y pensoit sérieusement que lors qu'une Contagion affreuse réveilloit sur cela l'attention des Citoyens. Aussi clans ces temps ne voyoit on qu'une succession perpétuelle d'amas d'immondices corrompues, jusqu'à un certain degré, et de maladie contagieuse, qui en estoit une suite presque infaillible. Ce qui faisoit alors la difficulté, c'est que chaque particulier estoit obligé d'entretenir le pavé devant sa maison, de faire le nettoyement de cette même étendue, et d'en faire enlever et transporter les immondices hors de la Ville. Il n'y avoit en ce temps ny tombereaux ny entrepreneurs publics ; et il estoit impossible de rendre exact et uniforme un ouvrage qui dépendoit du concours d'un aussi grand nombre de personnes. Ainsi lors que la Ville se trouvoit dans cette affliction de maladie contagieuse, l'on ne manquoit jamais de ranimer cette Police du nettoyement par de nouveaux Réglemens. Nous ne les rapporterons point icy, parce que la nouvelle forme que l'on a donné à cette portion du bien public dans ces derniers temps est beaucoup plus parfaite, qu'elle est toujours également soustenuë, et que les Réglemens qui ont assuré par là ce précieux trésor de la santé, peuvent estre vus dans le sixième Livre de ce Traité sous le Titre de nettoyement des rues.
« §. III. — Du soin d'entre tenir pure, l'eau de la rivière, et d'éloigner de la Ville les Mestiers qui la peuvent corrompre .
« L'Arrest de Règlement du 10. Septembre i533, dans un temps de contagion, « fait défenses à tous Chirurgiens de « jetter dans la rivière, ny en aucuns autres lieux de la Ville « et Fauxbourgs le sang des personnes malades, de quelque « maladie que ce soit, qu'ils auront saignées, ou qui auront « esté saignées par d'autres : il leur enjoint de l'envoyer « jetter dans la rivière au dessous de la Ville, et dans un lieu « éloigné, à peine de prison et d'amende arbitraire.