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LES STRIGILES DANS L'ANTIQUITÉ

compte de ces sueurs, en réglant la durée du bain d'après l'état des forces. Chez ceux qui prennent un bain d'huile pour cause de douleurs, de convulsions, ou de rétention d'urine, on réglera la durée du bain, non seulement d'après l'état des forces, mais aussi d'après la disparition ou la diminution des symptômes qui incommodent le malade. Quand on juge qu'il faut sortir le malade du bain, on le soidèvera en enroulant le drap sur les lattes, on le placera sur la chaise-longue, et on l'essuiera d'abord avec des éponges exprimées dans de l'eau chaude, ensuite avec des linges ; pour la figure, on prendra de l'eau à la température du lait sortant du pis, et si les forces du malade sont sur le point de s'épuiser, on se servira d'eau froide ; ensuite on se pressera d'éloigner le malade et de le transporter dans la cabane, ou de l'amener dans l'endroit où il se tenait avant le bain : en effet, il est nécessaire d'exposer promptement celui qui vient de prendre un tel bain à un air pur et tempéré, et de lui donner le même traitement que nous avons décrit à propos des défaillances. A ceux qui ont des maladies à accès, on donnera un bain tous les deux jours, et à ceux qui ont recours à ce traitement pour cause de quelque accident pressant, on en administrera un tous les jours (i). »

§ 3. — Les strigiles dans l'antiquité.

Parmi les objets nécessaires à la toilette des citoyens romains, le strigile était un instrument indispensable.

Dans le cabinet de toilette des dames antiques se trouvaient, à côté des colliers, des bracelets et des bagues, des fibules et des épingles du plus grand prix, miroirs, peignes, aiguilles ou poinçons d'or ou d'argent, fers à rouler les cheveux, pinces épilatoires, aiguières et bassins, des strigiles en ivoire, en argent ou en or.

Les spécimens de cet ancien instrument sont assez rares ot ne se rencontrent guère que dans les musées de l'Etat.

(i) Oribase, op. cit., tome JI, p. 46l.

Mac-Auliffe.

fii8 LA THÉRAPEUTIQUE PAU LES MANIPULATIONS

On en a trouvé cependant quelques-uns au cours de fouilles récentes dans le Cambrésis(i).

« Le strigile (strigilis, tsx'ks.fyiç), était une sorte de racloirou

d'étrillé, de o m ,20 à o m ,25 de longueur sur o'",o3 de largeur, en moyenne, façonné avec la corne, l'os, l'ivoire, l'ébène, le jonc, le fer, le bronze, l'argent, l'or et même les pierres précieuses (2).

Il présentait deux parties : le manche [capulus) et la lame ou languette (ligula). Le manche, dans les exemplaires grecs, avait communément la forme d'un parallélipipède rectangle, creux et oblong, dans le vide duquel on passait la main pour

Fig. 5o. — Strigile en os (incomplet ) de la collection du D r Coulon.

Fig. 5i. — Strigiles en bronze (forme grecque), de la collection du D' Coulon (de Cambrai).

saisir l'instrument. Dans les modèles romains, généralement plus lourds et moins gracieux, le manche était plein, vertical, offrant ordinairement à sou extrémité un anneau, un crochet ou une simple ouverture, au moyen desquels on pouvait atta-

(1) Cf. : D r Coulos. De l'usage des strigiles dans l'antiquité, in : Mémoires de la Société d'émulation de Cambrai, tome L" Séance publique du 20 janvier i8g5. Cambrai, Régnier frères, 1895, in-8°.

(2) Parmi les strigiles que l'on a retrouvés dans différents pays, la plupart sont en bronze, quelques-uns en fer et un petit nombre en argent ou en bronze doré.

Le musée de Constantinoplc possède un strigile dont la poignée est décorée de boutons de verre incrustés (A. de Ridder, Calalorjue des bronzes de la Société archéologique d'Athènes).

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cher ou suspendre le strigile. La laine, plus large cpie la poignée, était droite, coudée à angle droit ou plus souvent courbée en demi-cercle comme une faucille, arrondie dans son extrémité libre et creusée en forme de gouttière, de façon à pouvoir être appliquée aisément sur les rotondités des membres (i). »

Les strigilcs servaient pour la toilette et les bains, ainsi qu'après les exercices de la palestre. On les employait pour gratter la peau et la débarrasser de son humidité et de ses souillures. Strabon (2) raconte que de son temps les Indiens étaient déjà très experts dans l'art de façonner les strigiles avec l'ébène. Selon toute probabilité, cet instrument est originaire de l'Orient. II est apparu sans cloute en même temps que les exercices et les jeux gymniques.

Le strigile devenait un instrument indispensable après l'exercice. Nous savons par les documents publiés plus haut qu'avant et après l'exercice, les athlètes étaient massés avec de l'huile ou des corps gras plus ou moins mixtionnés tels qu'un mélange d'huile, de cire et d'une espèce de cendres tirée de Pouzzoles, ou encore d'une fine poussière qu'au temps des Romains, on faisait venir d'Albanie, de Baies et même des bords du Nil [ceroma) (3). Le strigile servait à enlever cet enduit.

« La belle statue connue sous le nom de YApoxymène (Àxo-

(1) D r Coulon. Op. cit., p. 18.

(2) Strabon. Hcrum geograpliicarum, libri XVII, grac. et Jat. AmstœlodamL, 1707, lome II, cap l5, p. io4i.

(3) — « Vara nec injecto ceromate brachia tendis. »

(Murliut, à Atticus, liv. III, Epig. 32) (Pankouke).

— « ...Seu lcnlum Ceroma teris... »

(Martial, liv. IV, Epig. ig) (Pankouke).

— « Et castigatum Libycas Ceroma pala?stra;. »

(là.., liv. V, Epig. 65) (Pankouke).

« Totum atlilclarum fatum mihi illo die perpeliendum fuit : Ceromata nos haplu

excepit in crypta Neapnlitana. »

(Sénbque, lettre 57) (Pankouke).

« AAÀ 'oti uovov T'.jv xr;ç aycovia; ei3"jv otjXou /.ai xoviarpaç /.ai X7)ptop,aTO; Tuy/avô'.

SeaixEvav. »

(Platarquc, £uu.TC03iax<DV 7cpo6X7)u.. Œuvres, tome II, liv. II, p. 4, V. 35, Firmin-Didot.)

iso LA THÉRAPEUTIQUE PAR LES MANIPULATIONS

luoixevoç), et représentant un athlète armé d'un strigile, donne une idée bien exacte de la manière dont on se servait de cet instrument (i).

Fig. 52. — Lutteur se servant du strigile (Musée central d'Athènes).

On peut voir au Louvre, clans la salle B des terres cuites de l'Asie Mineure, sous le n° 298, une statuette de o m ,i6, provenant des fouilles de Myrina, représentant un enfant appelé

(1) Cette statue, due au ciseau du statuaire Polycliles de Sicyone, se trouve au Mnseo Chiaramonti. Elle est représentée dans plusieurs ouvrages, entre autres dans la Vie antique par Trawinski et Riemann. i re partie, p. 3i2. (Note du D r Coulon.)

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aussi l'enfant apoxyménos. « Il est debout, la tête légèrement tournée à gauche, les jambes jointes, tenant de la main droite un strigile avec lequel il frotte son bras gauche étendu (i). »

Il faut encore citer comme document précieux, le lutteur se servant du strigile représenté dans un bas-relief provenant des murs des Propylées, conservé au musée central d'Athènes, et dont nous donnons le remarquable dessin (2) dû à l'obligeance et au talent bien connu de M. le P r M. Nicq (voir fig. 52).

Le strigile était naturellement employé parles particuliers, de la même façon que par les athlètes. Dans une chambre sépulcrale découverte sur la voie Appienne, au siècle dernier, on peut voir, au milieu d'une fresque représentant une salle de bains peinte sur le mur, une esclave en train d'étriller les jambes d'une femme avec un strigile (3).

Dans les établissements balnéaires, chaque onction était suivie d'un raclage au strigile fait par les frotteurs (aliptes ou unctores), les épileurs (alipili), les masseurs (tractatores), quelquefois même par les parasites.

L'onction était devenue une telle habitude qu'on avait, dit Cicéron, un médecin pour la conservation de la vie, un alipte pour l'entretien de la force et de la fraîcheur. « Salutis Medici, aliptae virum et coloris rationein habere. »

Conséquemment, chacun avait son strigile. Les plus raffinés n'employaient que des strigiles de Pergame, strigiles en fer,

(1) MM. E. Pottier et S. Reinach, la Nécropole de Myrina.

(2) Ce dessin, représentant le bas-relief au tiers de sa grandeur réelle, est une reproduction agrandie de l'original qui se trouve dans le bel ouvrage intitulé : Voyage archéologique en Grèce et en Asie-Mineure, par M Salomon lieinnch, ancien membre de l'Ecole française d' Athènes, attaché des musées nationaux. (Planche 62, fig. II, édit. Firmin-Dldol.)

(3) A, R en Dictionnaire des antiquités romaines et grecques, au mot Aliptes :

« Les raclures recueillies sur le corp>-de cens qui se livraient aux exercices gymastiques avaient, suivant Pline l'Ancien, Dioscoride, Galien, Oribase, etc., une foule de vertus merveilleuses. Ces raclures étaient surtout émollientes, réchauffantes, résolutives et fortifiantes. On les conseillait principalement contre les engorgements, les tumeurs, les hémorroïdes, les condylomes, les abcès du sein, certaines affections utérines, les nodus de la goutte, les ulcères des vieillards ou des enfants, les brûlures, les excoriations, les névralgies ; on les employait même pour faciliter la réduction des luxations. »

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sur le manche desquels on faisait graver son nom. Des esclaves en avaient la garde et les entretenaient (i).

Chaque fois qu'un riche Romain se rendait aux bains, il se faisait précéder de ses serviteurs, parmi lesquels, presque toujours, un enfant était chargé spécialement de porter les

strigiles.

I, puer, et strigiles Crispini ad balnea de fer {2). »

« ...An hic peccal, sub noctem qui puer uvam Furtiva mutât strigili?... (3). »

Les pauvres, qui n'avaient pas le moyen d'avoir recours aux aliptes pour se faire étriller, se contentaient d'une simple friction avec la main, et frottaient contre les murailles les parties qu'ils ne pouvaient atteindre...

L'emploi trop fréquent du strigile n'était pourtant pas exempt de certains inconvénients, surtout quand cet instrument était mal entretenu et couvert de rouille. Il occasionnait quelquefois de l'érythème, faisait naître des durillons, ou provoquait des éruptions dartreuses dont l'Empereur Auguste fut lui-même affligé. « ...Sed et callis quibu'sdam, ex vrurigine corporis assiduoque et vehementi strigilis usu plurifariam concretis, ad impetiginis formam[l\). »

Pour prévenir ces divers accidents, il fallait une grande habileté de la part des aliptes ; et les plus expérimentés avaient toujours soin, quand le strigile paraissait trop rude, d'eu adoucir les bords avec quelques gouttes d'huile. Employé modérément par des mains exercées, il opérait des résultats que l'on obtiendrait peut-être bien difficilement, aujourd'hui, avec nos méthodes pourtant si perfectionnées de massage et de frictions. Outre l'avantage qu'avait le strigile de faciliter la transpiration et l'exhalation, en désobstruant complètement les pores de l'enveloppe cutanée, les frictions douces opérées à l'aide de cet ustensile avaient la propriété d'exciter les papilles

(1) Juvénal. Satire III, vers 263-265.

(2) Perse. Satire V, p. i65. Pankouke.

(3) HoKACE. Satires, liv. II, s. vu, v.

{!i) Suétone. Octave-Auguste, par. 80, p. 269. Pankouke.

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nerveuses de la peau et de déterminer une espèce de sensation agréable qui s'étendait sur toute la surface du corps et dont les effets se propageaient sympathiquement à tous les organes internes. En ne considérant que le côté pratique et médical, c'était un des meilleurs moyens de venir en aide aux natures débilitées et de réveiller la sensibilité émoussée par les excès que commettaient journellement les Romains de la décadence.

L'usage du strigile n'était pas exclusivement réservé aux athlètes et aux baigneurs ; on l'utilisait encore en dehors des exercices gymniques et des bains.

Dans certaines cérémonies expiatoires, les Grecs et les Romains avaient coutume de se laver dans l'eau courante et de se racler publiquement la peau avec un strigile. C'était le seul châtiment imposé aux auteurs d'un homicide involontaire et un moyen bien simple de se purifier. L'histoire rapporte que Tydée, un des sept héros de la ligue d'Argos contre Thèbes, ayant tué par mégarde son fils Ménalippe à lâchasse, fut obligé d'expier son crime involontaire par des lustrations et de se racler la peau avec le strigile. Dans la collection des pierres gravées du baron de Slosch, appartenant actuellement à l'empereur Guillaume, on peut voir, sur une cornaline, Tydée armé d'un strigile et en train de se frotter.

Nous avons déjà signalé la présence du strigile parmi les indispensables objets de toilette d'une riche matrone. C'est qu'en effet les dames romaines, à l'exemple des Athéniennes et des femmes asiatiques de condition, avaient souvent recours au strigile pour se nettoyer le visage de toutes les préparations dont elles se couvraient afin de donner à leur peau les couleurs fraîches et pures de la jeunesse.

Dans les soins de la bouche, les plus délicates se raclaient la langue à l'aide d'un petit strigile d'or ou de pierre précieuse (i).

(i) Cf. : D r Coulon. Op. cil., p. /,o, 4i, 4a, 43 et 44.

On peut voir au musée de Naples de petits strigiles en acier qui paraissent n'avoir pas eu d'autre destination (Constantin .Iames, toilette d'une Romaine au temps ■d' Auguste). Note du D r Coulon.

Au cours des festins, le maître de maison faisait distribuer des strigiles à ses convives « pour recueillir la sueur des visages empourprés par de copieuses libations » (i).

Pline et Gelse en recommandaient aussi l'usage pour injecter dans les oreilles malades certaines préparations pharmaceutiques (2).

§ [\. — -La. flagellation dans l'antiquité.

L'histoire de la flagellation a été tracée par Meibom, dans un petit livre devenu très rare (3) et qui a été conçu dans un but plus licencieux que médical. Un abbé du xvni siècle, l'abbé Boileau, grand vicaire de Sens, écrivit aussi sur le même sujet un livre qui fit scandale et que nous ne mentionnons que pour mémoire (4) ; mais avant que la flagellation ait inspiré la littérature pornographique des deux mondes, elle avait été étudiée par les médecins.

Titus, disciple d'Asclépiade et contemporain d'Auguste, la recommandait contre la manie (5). De môme Cœlius Aurelianus (6) dit cpie les personnes attaquées de la mélancolie erotique ou qui sont dans le délire doivent être fouettées quand

(1) Athénée, Description du festin tle Caranus (liv. IV).

(3) D'après les récits d'explorateurs, certaines peuplades sauvages de l'Afrique font encore usage du strigile. Voici, entre autres, ce que dit M. le marquis de jNadaillac à propos des Mashonas, peuple du Sud-Est de l'Afrique : <c Les deux sexes portent pendus à la ceinture de leur pagne certains objets usuels, des étuis pour les aiguilles, des boîtes pour te tabac, des peignes, des strir/ilcs pour racler la sueur qui les couvre dans les chaudes journées de marche. Tous ces objets, en bois, en os, en ivoire, sont couverts de fines gra\ures, lignes, cercles, rinceaux, zigzags, losanges, aussi de fils de cuivre ou de laiton, montrant, par leur disposition, un certain goût esthétique. » — Le Mashonaland, par M. le marquis de Nadaillac (Correspondant, i8g4). (Note du DrCoulon.)

(3) J.-H. Meibomius. Doflagrorum usu in re venerea. Ludg. Batav. (i03g) in-12". Bibl. Nat. . ïbji.

(4) Gondrin (abbé Boileau). Ilistoria Flagcllantium de recto et perverso Flagroruni usu apud Christianos, ex antiquis scripturae, Patrum, Pontificum, Conciliorum et Scriptorum profanarum monumentis, cum cura et fide expressa. Paris, Janisson, in-12 , 1700.

(5) Livre II ; de l'âme. (D'après Meibom.)

(6) Livre I ; des passions lentes, chap. 5. (D'après Meibom.)

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les autres moyens n'ont pas réussi. Il attribuait môme à ce système thérapeutique (!) quelques guérisons.

Rhazès(i), d'après un célèbre médecin juif dont il invoque le témoignage, ordonne de lier la personne attaquée de la manie erotique et de la frapper à grands coups de poing ou de verges, si les autres remèdes ont été infructueux, et d'administrer ce topique à plusieurs reprises si le bien ne s'opère pas dès la première fois ; une seule hirondelle, disait-il, ne faisant pas le printemps.

Antoine Gaignier(2) était du même avis et d'après Meibom, Valescus de Tarente (3) s'exprime ainsi: « Si le malade est jeune, il faut le frapper sur les fesses à grands coups de verges, et si l'érection ne se fait pas, l'enfermer dans un cul de basse fosse, l'y tenir au pain et à l'eau jusqu'à ce qu'il demande pardon de son invergence et lui faire observer un régime rigoureux. »

Ce sont sans doute ces conseils qui ont inspiré les mauvais traitements qu'on infligeait aux fous pendant tout le moyen âge et jusqu'à la fin du xvm e siècle. On sait, en effet, que dans notre pays, ces mauvais traitements n'ont cessé qu'à l'époque de la Révolution, après les enquêtes célèbres du Comité de Mendicité et du Département des Hôpitaux (1790) (4).

Sénèque, d'ordinaire si réservé lorsqu'il aborde un sujet médical, avance néanmoins (5) que la flagellation dissipe la fièvre quarte « parce que le mouvement réchauffe et divise l'humeur acre, épaisse et noire, qui était stagnante dans les viscères ».

Mais une curieuse pratique qui s'est perpétuée, au dire d'un traducteur de Meibom, jusqu'aux confins du xix e siècle, était l'emploi de la flagellation pour engraisser les personnes maigres. Galien cite à ce sujet (6) les stratagèmes des mar-

(1) Livre I ; de la continence, chap. l\- (D'après Meibom.)

(2) Pract. Tract , XV, cap. xn.

(3) Philonium, lib. I, cap. xi.

(4) Cf. Léon Mac-Auliffe La Révolution et les hôpitaux de Paris. Années 1 781}, 1790 et 1791. Paris, Société nouvelle de librairie el d'édition. 1901, p. 38, 56 et 118.

(5) Livre VI. Des bienfaits, ch. vin.

(6) Méth. méd., lib. XIV, ch, xvi.

f,a6 LA THÉRAPEUTIQUE PAR LES MANIPULATIONS

chands d'esclaves, qui se servaient de ce moyen pour les faire paraître « plus brillants de fraîcheur et d'embonpoint ».

« Combien de nourrices, dit une traduction française de Meibom datant de 1795, combien de nourrices, sans avoir consulté Galien, oiit recours à ce stratagème qu'elles connoissent par tradition, et claquant les enfans sur les fesses, avant de les rendre à leurs mères, trompent par cet embonpoint factice et momentané la confiance des tendres parcnsqui leur ont livré ces intéressantes créatures(i). »

Au temps de Galien on employait pour cette opération de petites férules légères, médiocrement graissées, à l'aide desquelles on frappait les parties amaigries jusqu'à ce qu'elles s'élevassent tant soit peu. On fit grossir ainsi, raconte l'Hippo- < rate latin, les fesses d'un enfant qui étaient entièrement desséchées, en les frappant ainsi tous les jours ou de deux jours l'un, « y ajoutant aussi une légère onction de poix «(2).

« Personne n'ignore, dit Meibom, que la flagellation avec des orties vertes a le plus grand succès pour raffermir les membres et rappeler la chaleur et le sang dans les parties qui en sont privées.

Cœlius Aurelianus et Thémison, liv. I, des Passion* lentes, veulent que ce soit avec la férule.

Elidaeus de Padoue n'hésite pas à ordonner la flagellation avec des orties vertes sur les membres tendres et délicats des petits enfants, pour hâter l'éruption de la petite vérole.

Thomas Campanella, que nous avons autrefois connu à Naples, semble mettre en avant une opinion nouvelle et inadmissible, en attribuant à la flagellation la vertu de guérir les obstructions du bas-ventre. Il raconte que le prince de Venuse, un des meilleurs musiciens de son siècle, ne pouvoit aller à la garde-robe sans avoir été préalablement fustigé par un valet gagé pour remplir cette fonction ; ajoutant qu'il serait dangereux de retenir sa respiration pendant qu'on se feroit administrer ce remède; et j'en conviens(3). »

(1) Meibom. Ouvragecité. Traduction française. Paris. Mercier, 1790, p. 19. (Notes.)

(2) Cf. : Dictionnaire de James. Op. cit., tome III, p. 1527. Art. : Fibra.

(3) Cf. : Meibom. Traduction citée, p. 18 et suivantes.

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