‹ La ThériaqueChapitre 9 sur 10 · PAX · texte numérisé non relu

PAX

— Je vais vous paraître insensé : Stéphanette m'accepte, je devrais être fou de joie, et je soulFre. Tant que j'ai tremblé pour elle je me suis oublié ; la voilà sauvée, je pense à moi et le mystère de son absence et de son retour me pèsent atrocement. Pouvez-vous me l'expliquer ou plutôt le voulez-vous ?

— Mon cher Rodolphe, un seul homme, à ma connaissance vous satisferait : c^'est Nergal.Moi je n'ai été qu'un spectateur affolé de Tabsence, comme je suis enivré du retour.

— Il faudra bien, si elle devient ma femme, qu'elle réponde à ma question ?

— Demandez-lui la lune. C'est un brave cœur, elle tachera de vous la donner ; de grâce, ne Tinlerrogez pas sur l'unique sujet où elle ne puisse rien dire, à moins d'inventer quelque chose qui vous satisfasse. Je sai sis votre pensée, mon ami. Pour vous, Toncle connaît le secret de la nièce. Vous vous trompez et Tonde ferait bien des choses pour percer cette ombre irritante et narquoise.

«Vous supposez que j'ai interrogé de mille

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façons, à mille reprises : je n'ai jamais rien obtenu pour la raison qu'elle ne savait pas ce qu'elle avait et qu'elle ignorera toujours ce qu'elle a eu.

— Une idée fixe»5insista le jeune homme, « est toujours une idée et s^exprime par des mots.

— Une idée, oui, mais une impression ? » Et baissant la voix, comme s'il accordait

une importante confidence :

— Elle a cru mourir : elle a rêvé qu'on la mettait en bière toute vivante, après avoir lu quelques articles sur les enterrements prématurés. Celte appréhension provoqua un contre-coup organique... et voilà.

— Vous ne croyez pas qu'elle a eu un sen- j| timent?...

— Pour qui ? Voilà quatre mois que vous ne la quittez pas ?

— C'est vrai », fit-il. « Cependant, pourquoi m'a-t-elle brusquement tendu la main, ce qu'elle n'avait pas encore fait, et cela sans motif ?

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