APPLICATIONS DU TOÉORËME DE CARNOT
Le caoutchouc vulcanisé, le bois de laurier imprégné d*eau s'échauffent, au contraire, à la suite d^une traction longitudinale. Cela indique qu^un prisme solide formé par Tun de ces corps doit se contracter, à la suite d^une élévation de température, lorsque le prisme supporte une charge constante dans le sens de sa longueur.
Le caoutchouc vulcanisé a été l'objet d'une étude particulière de la part de M. Joule.
La densité du caoutchouc vulcanisé, prise en déterminant le poids du caoutchouc plongé dans Peau, diminue à mesure que la température s'élève : le caoutchouc vulcanisé se dilate par la chaleur et possède un coefficient de dilatation supérieur à celui des corps solides, en général. Le même fragment de caoutchouc soumis à une faible traction longitudinale se refroidit à mesure qu'il s'allonge.
Si Ton augmente graduellement la traction opérée sur le caoutchouc vulcanisé, l'effet thermique devient d'abord moins sensible, puis change de sens; soumis à une traction suffisante, le caoutchouc s'échauffe à mesure qu'il s'allonge. Le même fragment de caoutchouc, soumis à cette dernière traclion, se contracte lorsque la température s'élève.
Ces résultats sont d'accord avec la théorie précédente.
On voit avec quelle prudence il faut énoncer les résultats relatifs au caoutchouc vulcanisé. Lorsque l'on soumet ce corps à une traction considérable, on doit toujours observer une t'iévation de température; tandis que pour de faibles tractions le sens du phénomène thermique est renversé. La valeur de la traction exercée sur le caoutchouc vulcanisé a une influence considérable sur les effets thermiques qui résultent des changements de volume de ce corps.
2l6 CHAPITRE X.
La compression d'un corps sans variation de chaleur peut donc produire, suivant les cas, une élévation ou un abaissement de la température. La théorie permet de déterminer le sens et la grandeur du phénomène thermique dans la compression des liquides et dans la traction des solides : les résultats des expériences sont conformes aux indications de la théorie.
On peut étendre la théorie précédente à un certain nombre de phénomènes qui n'ont pas été soumis jusqu'à présent à l'observation.
Considérons, par exemple, un fil métallique vertical, fixé à sa partie supérieure et tendu par un poids constant. Supposons que l'on imprime au fil une torsion telle, que la limite d'élasticité ne soit pas dépassée : cela arrive, en général, lorsque le moment du couple de torsion ne dépasse pas une certaine valeur limite.
L'angle de torsion du fil est une fonction de la température et du moment de torsion. On peut, dès lors, répéter, à propos du fil soumis à la torsion, ce que l'on a dit à propos du fil soumis à une traction longitudinale : l'angle de torsion remplace ici la longueur du fil dans le cas précédent. Le moment de torsion remplace ici la charge appliquée au fil dans le cas précédent.
On peut donc prévoir qu'une torsion sans variation de chaleur appliquée au fil produira une élévation ou un abaissement de température, selon que Tangle de torsion du fil,