‹ La Thrombose et L'Embolie Post-OpératoiresChapitre 23 sur 40 · DEN · texte numérisé non relu

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sanguine, doit lutter contre la stase veineuse, et du même coup contre la thrombose. L'expérience, d’après Ries, Boldt, Kümmel, Witzel, Wertheim, Klein, Fritsch, Zurhelle, Krônig, Wallace, Schickele, confirment cette prévision. Wallace a vu les cas de thrombus diminuer

dans son service après l'application de la méthode : sur 285

laparotomies il n’a eu qu’une thrombose grave, 2 légères, pas d’embolie. Hulles, comparant sa statistique à celle qu'avait déjà faite Ranzi dans le service de Von Eiselsberg, trouve depuis l'application du lever précoce une amélioration notable; il n'aurait observé qu'une thrombose dans les cas traités par la mobilisation. Friedmann n’a

observé que 1,12 p. 100 de thrombose sur 435 laparoto-

mies lever tôt, tandis-qu'il en observe 4,72 p. 100 sur 423 lever tard. Krünig, depuis l'application de la méthode, a fait une statistique portant sur 2.265 laparotomies, à la suite desquelles il n’a observé que 13 thromboses, soit 0,6 p. 100, et 3 embolies mortelles, soit 0,1 p. 100. Klein a vu les thromboses post-opératoires devenir 4 fois jus rares depuis l'application du lever précoce. |

Mais il est une première objection, que Friedmann formule lui-même : On ne fait pas lever tous les opérés: et ce sont précisément les plus gravement atteints que l’on laisse au lit.

De plus, tous les auteurs n’ont pas observé cette diminution des thromboses par la mobilisation des opérés ; Schwenninger a observé la thrombose de cuisse chez 22 malades, 14 avaient été préalablement soumises au lever précoce. [Tell n’a pas eu d'amélioration par l’emploi de la méthode nouvelle. Pour Sügeroos, «la forma- Lion des thromboses ou des embolies n’est pas influencée par le lever précoce ou tardif »., Zweiffel dit : « Nous laïs-

sions nos opérés au lit bien plus longtemps autrefois que pendant ces dix dernières années, et nous n'observions précisément pas d’embolies à cette époque. »

Lomer, Fromme, Scherer, signalent des cas d’embolie immédiatement consécutifs à une tentative de lever précoce. Aichel considère la méthode non seulement comme inulile, mais encore comme dangereuse.

S'il est injuste de juger la méthode d'après quelques cas isolés de mort consécutive à une tentative de mobilisation, il faut cependant attribuer une importance aux statistiques contradictoires. Un doute subsiste au sujet, de la méthode et de ses avantages. D'autres causes d’ailleurs, d’après Aichel, ont pu contribuer à faire baisser le nombre des thromboses : plus grande expérience technique, rachianesthésie {Hofmeier).

Enfin, le fait que le lever précoce aurait diminué les cas de thromboses, alors même qu'il serait prouvé, ne permettrait pas de conclure que la thrombose était d'origine mécanique. Nous ne concevons pas comment le fait de mettre sur un fauteuil un opéré récent peut activer la circulation des membres inférieurs. Il nous semble que la position horizontale doit favoriser bien mieux la cireulation en retour, car l’on ne peut pas attendre d’une laparotomisée récente qu'elle fournisse lors de son lever, par définition précoce, de fortes contractions musculaires. Quant à la position debout, à plus forte raison, elle a toujours été considérée comme surchargeant le système veineux du membre inférieur plutôt qu'elle ne lallégeait.

Tels sont les principaux arguments que Fon peut fournir en faveur de la théorie mécanique. Ils ont suffi à convaincre un grand nombre d'auteurs, surtout alle-

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mands. Aschoff a édifié toute une théorie purement mécanique de la formation du thrombus. Poursuivant sa comparaison entre le sang chargé d'éléments figurés et le fleuve charriant des sables, il montre le sang déposant ses plaquettes dans les nids valvulaires, les confluents veineux, les poches d’ectasies, comme le fleuve dépose ses sables dans les remous ; la thrombose se forme comme se dépose un sédiment. Comment expliquer alors que les globulins, éléments figurés les’ plus légers du sang, se déposent les premiers? Comment expliquer, s’il ne s'agissait que d'un dépôt, ce mélange

à la fois complexe et régulier que présentent les divers

éléments figurés dans le thrombus? Un fleuve ne fait pas des assises régulières, et surtout verticales, de sables et de cailloux. Surtout le bois n’est pas au fond, sous les pierres.

D'ailleurs, y a-t-1l réellement stase veineuse après les opérations, pour fibrome en particulier ? Ainsi que Fellner le fait remarquer pour l'accouchement, s’il y a stase à un moment quelconque, c’est avantet non après, c'est quand la tumeur comprime les vaisseaux -pelviens, non pas quand la déplession du bassin unie à la position horizontale des membres inférieurs doit favoriser le retour veineux du sang dans la fémorale.

Enfin, et e’est (à, nous semble-t-il, l'argument principal, on n'a jamais pu produire expérimentalement la thrombose par la stase seule. Si les pressions exercées sur la veine par la position de Trendelenburg suffisaient à provoquer la thrombose, on devrait la produire à eoup sûr par un bandage serré. L'application de la bande de Bier, avec laquelle on recherche précisément la stase veineuse maxima sans arrêt, devrait produire la thrombose à tous coups.

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