‹ La Thrombose et L'Embolie Post-OpératoiresChapitre 24 sur 40 · IV. — Sécrétions interres · texte numérisé non relu

IV. — Sécrétions interres

Le rôle toujours grandissant que lon découvre aux sécrétions internes dans les divers phénomènes vitaux fit penser que peut-être la thrombose pourrait leur être attribuée. Ces sécrétions internes, d’ailleurs, peuvent être de nature diverse: pour les uns leur formation est dévolue à unorgane particulier, en général aux organes génitaux internes ; pour d’autres, il s'agitde produits d’élaboration des tissus en général; pour d’autres enfin, ce sont des sécrétions des parois veineuses elles-mêmes qui feraient tout le mal. Passons en revue ces diverses hypothèses.

« La thrombo-phlébite post-opératoire, dit Schnietzler, ne se produit pas avant la puberté. Si lon considère les relations de la chlorose avec la phlébite mentionnées par Breuer, et enfin la fréquence particulière des phlébites après les opérations sur les organes génitaux de la femme, on est en droit de penser que la phlébite post-opératoire est en relation avec un trouble des sécrétions internes de l'appareil g génital féminin. »

Quel est ce trouble: Schickele a trouvé dans l'utérus et les ovaires des substances anticoagulantes, substance qu'il extrait par compression des tissus.et filtration. On pourrait admettre que l’ablation de ces organes supprimant

l'apport dans l'organisme des anticoagulants normalement formés, s'accompagne de thrombose.Mais Keller a montré que le sang ne devient pas plus coagulable après l'hystérectomie, Kreis a faitla même démonstration après l'accouchement. - |

Fellner, par contre, à extrait de l'utérus surtout et aussi de la plupart des organes, en particulier de la paroi intestinale (ce qui permet d'appliquer la théorie à un plus grand nombre de cas), des substances favorisant la coagulation ; Schickele les détruisait par la filtration. Fellnerles obtient en laissant à l’étuve le tissu saupoudré de sel. Ces extraits, injectés dans les veines d’un animal, le tuent en quelques minutes, et à l’autopsie on trouve son cœur plein de caillots. Ceci explique la fréquence des thromboses après l'accouchement et les opérations gynécologiques ouintestinales qui répandent dans lorganisme une grande quantité de thrombokinases.

À cela on peut objecter encore que thrombus et coagulation ne sont point un même processus. Fellner repond que, dans ce cas, le caillot rouge est le phénomène primitif; le {hrombus se forme ensuite par l'agelutination des plaquettes au contact des filaments de fibrine, fait dont Eberth et Schimmelbusch ont montré la possibilité.

Les cas de thrombose consécutifs à des fractures ou à de simples traumatismes obligent à élargir le champ d'origne des thrombokinases. « Velpeau, dit Boyer en

1862, a incriminé l'épanchement sanguin extravasé, dont

les éléments subissent une lente altération, et qui,

résorbé plus tard par les veines voisines, irritait leur paroi el provoquait leur oblitération. » Pour Bertin et Feltz, les tissus lésés ou partiellement détruits verse-

raient dans le torrent circulatoire les produits d'un méta-

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