B. LES RÉSULTATS OBTENUS PAR CES PROCÉDÉS
a) les injections interstitielles de liquides modificateurs ont donné des résultats nettement défavorables. Selon BÉRARD", « cette méthode risqueautant que les opérations chirurgicales réglées de causer des accidents immédiats mortels par thyroïdisme aigu; en outre, 1lest difficile de limiter son action sur la glande, et on a signalé avec elle des cas de myxœdème tardif, par sclérose étendue de la thyroïde ».
! Léon BéRarp, corps thyroïde, Goitreés {Nouv. traité de Chir., Le Denru et Deuser, p. 396, Baillière et fils, édit., Paris).
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b) Les ligatures artérielles ne constituent pas, nous l’avons dit, une opération curatrice. Il est en effet anatomiquement impossible d'arrêter complètement la circulation artérielle dans la glande, à cause des anastomoses nombreuses entre les artères thyroïdiennes et les artères de voisinage. L’ischémie obtenue temporairement ne parait 9 guère avoir d'action modificatrice sur la glande, ni sur sa sécrétion (peuté-tre par action des nerfs vaso-moteurs ou sécrétoires). Tout au plus, nous semble-t-il, peut-on utiliser les ligatures d’artères à titre d'intervention préparatoire à une énucléation partielle de la glande selon le procédé de Landstôrm. Et encore cette intervention n’est-elle pas exempte de tout danger.
Sur 34 observations, KOCHER a noté :
Améliorations : 31. Décès : 3.
c) La thyroidectomie partielle, très en faveur actuellement a donné lieu à des résultats très diversement interprétés par les différents cliniciens. Il ne parait pas douteux que lon puisse lui attribuer des améliorations considérables, et même, semble-t-il dans certains cas, des guérisons peut-être définitives. En revanche, l’opération a donné lieu fréquemment à des troubles sérieux consistant en hémorragies, tétanie, dyspnée avec réaction fébrile, enfin à des cas de mort par asystolie aiguë.
D’après les rapports fournis par un certain nombre de statistiques, notamment celles de FREIBERG, Allen
Srarr, Poncer et JaBouLay, la thyroïdectomie partielle aurait donné les résultats suivants :
Guérisons : 45 à 50 pour 100.
Mortalité immédiate : 15 à 30 pour 100.
Résultats douteux : 25 à 40 pour 100.
d) L’exothyropexie constitue un procédé opératoire à résultats fort éloignés. De plus, elle semble avoir été souvent suivie d'accidents plus ou moins graves, savoir : tachycardie intense, nervosisme extrême du malade aboutissant parfois à des accès de contracture tétanique. Des cas mortels ont été observés par arrêt du cœur en collapsus. Enfin la longue extérlorisation de l’organe peut être le point de départ d’une septicémie chronique.
Selon B£rarD' sur 11 malades opérés, PonNcET a pu enregistrer :
Gruérisons ou améliorations : 7.
Insuccès : 2. Décès : 2 par basedowisme suraigu.
Les interventions sur le thymus sont de pratique trop récente pour qu’il nous soit permis d'exprimer, sur elles une opinion valable.
Selon Guy Masson”, sur 6 opérations connues « une
1 Béran», corps thyr. Goitres. (Nouv. traité de Chir., p. 398). ? G. Masson, Goitre exopht. Pathogénie, traitement. (Thèse de Genève, 1918, p. 82.)
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entraina la mort, une autre fut suivie de récidive, deux procurèrent l'amélioration de l'état subjectif seulement. Enfin les deux autres procurèrent une très grande amélioration de tous les symptômes. »
Donc, résultats"peu encourageants.
Les interventions sur le sympathique cervical sont difficiles à exécuter, elles exigent une technique opératoire minutieuse qui mériterait des succès plus effectifs que ceux auxquels le chirurgien peut actuellement prétendre.
La sympathicectomie aurait donné à JaBouray, à SOULIÉ, à JONNESCO des améliorations sérieuses, portant notamment sur l’exophtalmie et sur les troubles d’origine nerveuse. Il n’en n’est pas moins vrai qu’il s’agit, là d’une opération grave suivie parfois de mort due vraisemblablement à des accidents d’hyperthyroïdisme aigu. LENoRMaANT! à pu nous fournir la statistique suivante :
76 cas antérieurs à 1910 DE donné 12 morts, soit 16 pour 100.
JaABouLay aurait perdu 6 opérés sur 31, soit 19 pour 100.
Notons aussi des accidents tardifs, assez difficiles à
Lenormanr, goitre exopht. {Précis de Pathol. chirurg., p. 857, Masson et Cie, édit., Paris.)
ep ee expliquer, tels que celui-ci relaté par le D' JacquEAU”: QI] s’agit d’une femme de trente-deux ans, attemte il y a dix ans d’un goitre exophtalmique à symptômes graves, pour lequel M. JapouLay lui pratiqua la section des deux sympathiques.
La maladie n’en parut pas immédiatement améliorée, mais la guérison survint lentement et progressivement. Tout allait bien. La malade se maria, eut un enfant bien portant, elle ne souffrait plus que de céphalées assez vives lorsque brusquement, 1l y a quatre ans, elle fut atteinte en une seule nuit d’une paralysie du releveur des deux paupières et des deux droits supérieurs. Depuis, l’état ne s’est pas modifié.
Acuité visuelle normale. Pas de lésions du fond de l'œil. Réflexes papillaires excellents. Pas de symptômes de tabès. À signaler seulement des plaques multiples de vitiigo dont le développement sur tout le corps se serait accru depuis la paralysie.
Cette malade est intéressante puisqu'elle permet de juger des résultats éloignés de la « sympathicectomie ».
Avant d'intervenir par l’opération de Pannas,: M. JACQUEAU se proposa d'essayer sur la malade l’iodure à doses élevées. Il ne put malheureusement la revoir.
1 Jacqurau, Société d'Ophtalmologie de Lyon. Séance de juillet 1911. (Lyon Médical, 1911, p. 396 (1).
Y LA THYROIDECTOMIE SOUS-CAPSULAIRE