DANS LA MALADIE DE BASEDOW
C’est le procédé de choix auquel nous nous rallions : il a pour avantages sa simplicité opératoire et son innocuité absolue. Les observations que nous rapportons, dues à la pratique personnelle de M. le pro— fesseur agrégé SrrAUD en font foi.
Indications opératoires. — Tous les coitres exophtalmiques sont susceptibles de l'intervention chirurgicale : nous ne parlerons pas de ceux qui sont passagers, ils peuvent produire momentanément une intoxication générale de l'organisme, et cèdent habituellement à une thérapeuthique purement médicale, ou disparaissent avec l’amélioration de l’état général.
. D’autres, plus durables, entrainant les symptômes caractéristiques de la maladie de Basedow, complète . ou fruste, sont aussi justiciables du traitement
O0 médical, (opothérapie thyroïdienne notamment et iodure associés ).
Nous posons comme principe de conduite thérapeutique que tout goitre exophtalmique doit être d’abotd traité médicalement pendant quelques mois avant d’être opéré. Nous n’excluons de ce traitement préalable que les goitres kystiques, terme assez fréquent de la thyroïdite basedowienne, et dont nous relatons quelques cas. Sur de pareils goitres, le traitement médical est évidemment sans action. Les essais qu’on peut tenter sont voués à des échecs.
Enfin, dans certaines formes frustes où la triade west pas complète, où seuls peuvent exister comme symptômes apparents, la tachycardie, l’exophtalmie, et les troublesnerveux, dans ces formes frustes où peut manquer l'élément principal, le goitre, il ne saurait être question d’une intervention ; le goitre est insensible ou il est minime. De pareilles formes, qu’on ne doit cependant pas oublier, difficiles à découvrir en raison de l’absence du symptôme-sienal sont d'ordinaire curables : elles relèvent essentiellement de la thérapeutique médicale.
En résumé, doit être opéré tout malade ayant le goitre caractéristique voué à l’échec du traitement opothérapique et ioduré et dont les symptômes d’intoxication thyroïdienne persistent.
Y a-t-1il des contre-indications opératoires ? Nous n’en voyons guère que dans la gravité de l’état g'éné- . ral : cachexie, lésions cardiaques, albuminurie etc. Il est élémentaire de s’abstenir en pareils cas:
A. TEMPS OPERATOIRES
Nous les divisons de la façon suivante :
1° Injection, par plans étagés, de la cocaïne.
2° [ncision des plans cutanés et musculaires.
30 Dissection ou décortication des coitres. Enucléation.
4 Sutures étagées.
1° Injection, par plans étagés, de la cocaine. — Nous ne décrirons pas la technique connue de pareilles injections. Que faut-il ? Une serimgue en verre, de volume suffisant, une cupule (inutile si l’on aspire directement la cocaïne dans l’ampoule), une aiguille en platine iridié dont la longueur soit suffisante pour pénétrer profondément dans les tissus. |
Il est important de répartir la quantité de cocaïne suivant les divers plans qui recouvrent le goitre : en premier lieu dans la peau, deux injections transversales faites à droite et à gauche de la ligne médiane du cou et se rejoignant sur cette ligne médiane sont suffisantes. Très rapidement la cocaïne-adrénaline qui se diffuse facilement dans le derme, détermine la pâleur ischémique de la peau ; un léger massage de la surface cutanée favorise la diffusion de la cocaine et l’extension du champ anesthésie.
En second lieu, déux injections dans les plans musculaires : sans qu’il soit besoin d’enlever complè-