OBSERVATION V
. Mme A..., ménagère à T... (Haute-Savoie), trente et un ans. |
Antécédents héréditaires. — Père et mère vivants bien portants, mais .tous deux porteurs depuis leur jeunesse d’un goitre léger. |
Antécédents personnels. — La malade, mère de deux enfants bien portants est, elle-même affligée d'un goitre médian qui à pris naissance au moment de la puberté, et dont le développement d'abord insensible, s'est accru surtout depuis trois ans. Elle a toujours vécu en pays goitrigène.
Le 30 mars 1916, elle vient consulter le D' Siraud. Le cou est volumineux, les symptômes du goitre exophtalmiqué sont nets. Tour dé cou : 4o centimètres.
Th nes Le 2 octobre 1916, la tyroïdectomie sous-capsulairé est pratiquée par le D' Siraud, sous anesthésie locale. Cette malade a été revue en mai 1917.
La disparition de la triade de Basedow était complète. Le nombre des pulsations était normal, l'exophtalmie n'avait pas reparu, la tumeur n'avait pas récidivé.
ORrSERvATION VI
M R..., sans profession à Lyon, cinquante ans.
Antécédents héréditaires. — Père mort à trente-deux ans accidentellement. Mère morte à soixante ans d'urémie.
Antécédents personnels à peu près nuls. Fièvre muqueuse à l'âge de dix-sept ans.
La malade est vue pour la première fois le 11 novembre 1916. Elle présente un goitre bilatéral énôrme occasionnant de la dyspnée, du cornage, des accès de toux paroxystique et même par moments de la dysphagie. L'exophtalmie est très apparente ainsi que le tremblement bracchial et la tachycardie. La malade naturellement gaie devient lentement neurasthénique. Pouls à 100. Tour de cou: 48 centimètres. Le 25 novembre 1916. Enucléation sous-capsulaire du goitre pratiquée par le D' Siraud, sous anesthésie locale,
Le 12 Juin 1919 nous revoyons la malade, qui se déclare. complètement guérie. Sa bonne santé est évidente. Une très légère saillie des globes oculaires persiste. Le pouls est normal. La dyspnée, la toux, la dysphagie ont disparu quelques jours après l'opération et n’ont pas reparu depuis lors. Pouls à 70. Tour de cou: 36 centimètres.
ORSERVATION VII
M. P.., serrurrier à Lyon, cinquante-six ans.
Antécédents héréditaires. — Père mort à quarante-cinq ans d' angine de poitrine. Mère âgée de soixante- -quinze ans.
Antécédents personnels, — Bon état de santé habituel.
Aie.
Passé peu chargé. Bronchites fréquentes | au cours des dernières années.
Le 2 février 1919 le malade présente un xoitre assez volumineux datant de quatre ans, développé dans le lobe droit de la glande thyroïde. Il y a déviation à gauche et compression de la trachée, d'où oppression et dy spnée d'effort allant jusqu’à provoquer la syncope, cornage très accentué. Ces troubles obsèdent le malade qui réclame l'intervention. Exophtalmie peu considérable, mais appréciable. Le pouls est à 105. Tour de cou : 47 centimètres.
Le 10 février 1919, opération pratiquée par le D: Siraud. Anesthésie locale. Enucléation sous-capsulaire du goitre, Ablation totale du lobe thyroïdien kystique et en voie de dégénérescence probable.
Le 4 juillet rgr9 le malade est méconnaissable. Il vaque sans effort à ses occupations qui sont très DADIESS Le pouls est à 70. Tour de cou: 39 centimètres. Il n’y a plus d'exophtalmie, plus de tremblement,
ORsERvATION VIII
Mr D... négociante à Lyon, quarante ans.
ARTE be — Père mort très âgé. Mère morte à cinquante ans d’un ictère grave.
Antécéden(s personnels, — Malade bien portante jusqu'à
son mariage. Opérée de l’appendicite à la Salpétrière à Paris le 10 juillet 1912. Fistule stercorale consécutive, puis septicémie, phlébite. Deux fausses couches consécutives, puis un enfant vivant.
- Le 3 février 1919 la malade très anémiée et très nerveuse, présente un goitre étalé de volume assez considérable, dont l'apparition a, dit-elle, coïncidé avec sa première fausse couche, il y a seize ans. Elle souffre de fréquentes laryngites, de sensations d'étouffement. Il ÿ a de l’æœdème à répétition des jambes à la suite de la phlébite.
Tachycardie et tremblement fibrillaire très accentués.
: Exophtalmie prononcée, nervosisme. extrême. Traitée depuis un an à la thyroïdine et à l’iodure de potassium sans résultats, la malade réclime l'intervention chirurgicale. Pouls à 111. Tour de cou: 43 centimètres.
Le 5 février 1919, opération pratiquée par le D' Siraud. Anesthésie locale.
Extirpation sous-capsulaire du goitre. Suture hémosta-
tique du moignon.
. De suite après l'intervention, le pouls tomba à 85 pulsations, les troubles respiratoires disparurent. La malade accusa de l’insomnie pendant huit jours, puis tout rentra peu à peu dans l’ordre. Le 4 juillet, l’exophtalmie n'existe plus, le pouls est à 72. Par suite de stations fréquentes forcées dans une pièce humide et froide, la malade est devenue sujette à des laryngites fréquentes, mais la respiration est facile et la voix est normale actuellement. Un peu d’anémie persiste. Le tour de cou: 37 centimètres. Tout symptôme de basedowisme a disparu.
OBsERvVATION IX
Mr° P..., ménagère à Lyon, trente-sept ans.
Antécédents héréditaires. — Père très âgé vivant. Mère morte en couches à vingt-huit ans.
Antécédents personnels. — Simplement quelques mala-
dies bénignes de l'enfance. Elle a été opérée d’un fibrome utérin il y a trois ans. | - Le 0 mars 1919 elle présente un goitre volumineux développé surtout à gauche et provoquant l'applatissement et la déviation à droite, de la trachée. Ce goitre a pris naissance il y a six ans. Depuis quelques mois, la malade est inquiétée par une gêne respiratoire particulièrement pénible la nuit. Il y a de la dyspnée au moindre effort du cornage. IL y a compression du récurrent droit ayant entraîné la paralysie de la corde vocale corréspondante, d’où.la voix : bitonale caractéristique. Il y a douleur constante de la
région cervicale droite depuis deux mois. L'exophtalmie est légère, mais visible, le tremblement fibrillaire est accentué. Pouls à 98. Tour de cou : 43 centimètres.
Le 28 mars 1919 la malade est opérée par le D" Siraud: Anesthésie locale.
Décortication sous-capsulaire an goitre.
Pédiculisation. Sutures.
Elle quitte l'hôpital Saint-Luc le 5 avril. Les troubles respiratoires ont disparu immédiatement après l'intervention. Le 20 août 1919 ces troubles n’ont pas repar L’exophtalmie n'est plus perceptible. Le pouls bat normalément à 72. La corde vocale paralysée a repris sa fonction, la voix est normale. Tour de cou : 36 centimètres. La malade, alerte et enjouée a repris ses occupations de ménagère.