TOUTE
Parfois le nerf, à droite en général, ne décrit pas de crosse autour d’un vaisseau; il naît alors du pneumogastrique, descend en bas, en dedans et en avant, vers le sillon trachéo-œsophagien où il chemine sur quelques millimètres après avoir décrit une crosse qui l’a mis au contact de ce sillon.
Dans ce cas, le danger n’est pas beaucoup plus grand que lorsque le siège est normal.
60 La « fragilité » du récurrent. — Quelques auteurs, (Crile et ses élèves, Nôhren et Buffalo) pour expliquer la lésion du récurrent dans les cas où on ne relevait aucun traumatisme direct, ont invoqué la fragilité particulière du nerf.
Bien plus, on voulait expliquer celle-ci en lui attribuant une structure spéciale. C’était le nerf nu, non medullated différent des nerfs périphériques en cequ’il était dépourvu de myéline et de gaine de Schwann.
Ceci était en contradiction avec les constatations de Van Gehuchten et Molhant qui trouvaient au contraire des fibres à grosses gaines (Hovelacque).
New, Judd et Mann expérimentalement, Berlin par des observations cliniques et histologiques, ont également contesté ces faits, en retrouvant au nerf une structure analogue à celle des nerfs ordinaires.
Il n’en reste pas moins une fragilité spéciale du nerf récurrent admise sans fondement anatomique précis par la plupart des chirurgiens.
Ce nerf demande des précaulions spéciales. Pour Welti, la dénudation étendue est susceptible d'amener une parésie, voire une paralysie du nerf transitoire ou, plus exceptionnellement, définitive.
79 L'importance physiologique du nerf. — Klle est considérable. Malgré des variations dans le détail c’est là un fait tellement bien établi et admis par tous qu’il
est parfaitement inutile d’y revenir au point de vue descriptif.
La lésion d'un récurrent aura pour conséquence des troubles vocaux, susceptibles d’ailleurs de s'améliorer ultérieurement par compensation due à la corde vocale opposée (voir observation de Mme Mu...).
Welti a observé, à deux reprises, des paralysies récurrentielles vraies avec aphonie, cette aphonie, disparaissait après quelques semaines, malgré la persistance de la paralysie. L'examen laryngologique a pu être fait à ce moment ; il a montré que la paralysie unilatérale était complète. Il s'agissait donc d’une compensation.
Rarement la lésion d’un seul récurrent entraînera une asphyxie immédiate, mais elle favorise la sécrétion de mucosités dans les jours suivants, et par suite les complications pulmonaires, particulièrement graves chez des cardiaques.
Quant à la lésion des deux nerfs, elle sera la cause d'accidents asphyxiques immédiats, mettant dans l’obligation de faire une trachéotomie. D'où, lorsque l’on craint la lésion d’un récurrent au cours de l’intervention, la nécessité des opérations en deux temps. Nous y reviendrons à propos de la technique.
Conclusions de l’étude anatomique
I. L'étude de la topographie du tissu thyroïdien normal et anormal, nous a enseigné que l’ablation totale est possible sans gros délabrements, dans presque tous les cas.
IT. Des organes dangereux sont répartis autour du corps thyroïde et il faut à tout prix les éviter. Les plus exposés d’entre eux sont, comme il est classique :
— les parathyroïdes,
— le récurrent.
On doit, semble-t-il, ménager au moins l’une de ces premières, lorsque l'opération porte sur un corps thyroïde normal ; quant au récurrent, il faut prendre à son égard des précautions toutes particulières d’autant plus que c’est un nerf fragile.
En règle générale, le temps le plus dangereux sera la dissection de la face postérieure du lobe latéral. Le danger devient plus grand encore au voisinage du ligament latéral et de la zone adhérente. Nous en avons détaillé la disposition.
III. Enfin, la thyroïdectomie totale supprime la plus grande quantité des voies anastomotiques qui unissent les vaisseaux thyroïdiens entre eux.
Toutes ces notions nous amènent à une règle générale de technique extrêmement importante : il faut lier toutes les petites branches vasculaires au ras du parenchyme thyroïdien.
Nous décrirons la technique de la thyroïdectomie totale « idéale. » Elle découle de l’étude anatomique précédente.
Par rapport aux techniques habituellement employées dans la chirurgie thyroïdienne, elle nous montrera surtout quelles manœuvres il faut employer pour longer de bout en bout la face postérieure du lobe latéral, avec le minimum de risques. Vue sous cet angle, nous pensons qu'elle pourra donner des renseignements utiles dans tous les cas où le tissu thyroïdien doit être entièrement enlevé de l’un ou des deux côtés quelle que soit l'affection qui a motivé l'acte opératoire.
Pour ce qui concerne les indications qui sont le but de ce travail, nous trouverons l’application la plus pure de la technique idéale dans l’asystolie non basedowienne. En effet, on se propose dans ce cas d’enlever un corps thyroïde normal.
Le problème est tout différent dans la maladie de Basedow du fait des modifications anatomiques et des conditions opératoires très spéciales. C’est pourquoi nous décrirons la technique de thyroïdectomie totale pour la maladie de Basedow, dans le chapitre concernant cette affection.
Fig. XII — Anesthésie, incision des léguments.
Quatre étoiles représentent les boutons dermiques qui permettent d’infiltrer la zone entourée d’un fin pointillé.
Un pointillé plus gros indique le décollement du tissu cellulaire qu’il
convient de faire.
Lens
des muscles sous hyo