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Embryologie

Y a-t-il une ou trois origines au tissu thyroïdien normal, dont les thyroïdes aberrantes pourraient être issues ?

Cette discussion, entamée dès les premières études sur l’organogénèse de la thyroïde, a donné lieu depuis la deuxième moitié du XIXe siècle à de nombreuses alternatives.

Remak et Kolliker, de leurs études sur des mammifères, conciuent que le corps thyroïde se développe exclusivement aux dépens d’une ébauche médiane impaire.

Wolfer (1880) et Stieda affirment au contraire qu'il se fait aux seuls dépens des deux ébauches latérales.

Classiquement cependant, on était arrivé à admettre que ébauche médiane et ébauches latérales concouraient à la constitution de la glande. Born l’avait prouvé chez le porc, His l’avait décrit chez l'embryon humain.

Ultérieurement, à la suite d'Hermann, Soulié, Verdun il semblait prouvé que l’ébauche médiane donnait seule origine au corps thyroïde. C’est l'opinion la plus communément admise.

La discussion n’est cependant pas close puisque Roggers et Badertscher retrouvent chez l’animal trois ébauches. Rouvière les signale dans son Traité d’Anatomie. D’autres (Kingsbury) disent ne pas pouvoir trancher la question.

De toute façon, voyons la topographie embryologique du tissu thyroïdien :

a. L’ébauche médiane. Primitivement formée par l’adossement du fuberculum impar, en avant, et du tubercule laryngé ou furcula de His, en arrière, elle constitue le canal thyroïdien. Il s’allonge peu à peu vers le bas, au devant de la partie supérieure de l’arbre respiratoire, parfois fort loin. La lumière du canal disparaît rapidement, la partie inférieure bourgeonne et donne une partie ou la totalité du corps thyroïde selon les auteurs. Le développement de l’os hyoïde en bas et en avant coude le tractus et le divise en une portion sus-hyoïdienne et une portion sous-hyoïdienne. Le coude, lui-même accusé, peut présenter une boucle rétro-hyoïdienne.

b. Les ébauches latérales d'origine discutée. Wolfler les fait venir de la première fente branchiale ; Born de la deuxième ; Stieda et Sessel, de la troisième et de la quatrième, Pour Prenant leur origine se fait au niveau de la quatrième poche, dans un diverticule homologué à une poche rudimentaire : la cinquième d’après Tandler, cinquième et sixième d’après Rabl (rapporté par Rémy Néris).

c. Il n’est pas nécessaire d'admettre les ébauches latérales pour expliquer la formation des thyroïdes aberrantes latérales. En effet :

— On peut expliquer leur développement aux dépens de l’ébauche médiane. Elles seraient alors entraînées sur le côté au moment de la déflexion du cou de l’embryon, lorsque se développent les gros vaisseaux et les

masses musculaires (Venot, Parcelier et Bonnin) ;

— elles peuvent anormalement prendre naissance au niveau des dernières poches endodermiques de l’appareil branchial, qui normalement, pour les partisans d’une ébauche médiane unique, donnent exclusivement lieu à la formation des parathyroïdes, du thymus et des corps ultimo-branchiaux. Ceci expliquerait la possibilité d’une tumeur contenant à la fois du tissu parathyroïdien et du tissu thyroïdien (cas de Kocher, Langhans, de Paoli, Fiori).

Conclusions :

I. On ne s’étonnera pas de trouver des thyroïdes aberrantes les unes médianes, les autres latérales.

II. Elles sont réparties en un point quelconque du territoire dérivé des six premiers arcs branchiaux, c’est-àdire

— essentiellement la région cervicale ;

— mais aussi toute la région qui s’étend de la base de la langue au milieu, des mastoïdes latéralement, à la crosse de l’aorte et aux pédicules pulmonaires. (Les limites du triangle de Wolfler sont trop étroites pour s’appliquer à toutes les variétés).

On a trouvé du tissu thyroïdien hors de cette zone : dans la plèvre (Ossler) ou autour de l’urêtre !.. On doit les rattacher à des métastases d’un néoplasme thyroïdien latent (Venot, Parcelier et Bonnin).

Au passage, rappelons la séduisante hypothèse de Hallion :

« La localisation du tissu thyroïdien, qui joue un rôle important dans le métabolisme iodé, n’est-elle pas liée « primitivement au passage dans les branchies d'éléments « minéraux riches en iode ? »

Leur siège s’est déplacé chez l’homme, mais il n’en persiste pas moins une certaine régularité dans la dispersion des éléments aberrants. |

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