‹ La toile d'araignéeChapitre 2 sur 11 · LA PROIE POU 11 L OMBRE · texte numérisé non relu

LA PROIE POU 11 L OMBRE

ment il y avait de la place pour le génie dont il parlait tout à l'heure.

— Qu'est-ce donc, Collaire, demandai-je, qui vous a jeté dans cette voie où, Dieu merci, vous avez apporté beaucoup plus que ne le croit votre découragement d'enfant gâté de la gloire? Car je me souviens, en effet, que vous penchiez vers une sorte d'impressionnisme qui ne vous rapportait pas de quoi mettre un grain de sel sur vos radis.

— En fermant les yeux, reprit-il, je peux voir mon ateher de Montsouris : ce n'était qu'une sorte de grande mansarde donnant sur le parc. J'y ai passé trois années lumineuses. Le matin, je brossais une toile que je passais à la térébenthine l'après-midi, tellement elle me paraissait toujours au-dessous de mon rêve. Le soir, je hsais Chateaubriand, Balzac, Gautier, Flaubert, les auteurs chers aux peintres. Une divinité m'enveloppait ; je sentais quelque chose grouiller au fond de moi qui devait aboutir à des chefsd'œuvre; tout mon être se tendait vers cet inconnu, et, seul, sous la lueur de lu lampe, je poussais un cri semblable à un cri de guerre...

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