‹ La Tolérance de l'Utérus Gravide à l'Égard du TraumatismeChapitre 12 sur 37 · M6 EE · texte numérisé non relu

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Les nerfs suivent les vaisseaux dans la paroi utérine et se perdent dans la muqueuse. ZIEGENSPECK dit d’avoir préparé des ganglions propres du muscle utérin, mais leur présence est encore discutée.

L'étude physiologique de l’innervation utérine n’est pas encore assez loin poussée pour qu’il soit permis de se prononcer d’une façon précise.

D'après CUSHING et FRANKENHAUSER, il y aurait un antagonisme entre le plexus hypogastrique et le nerf pelvien, l’un serait moteur et vaso-constructeur, l’autre inhibiteur et vaso-dilatateur.

Les auteurs admettent généralement des centres corticaux, bulbaires et médullaires de la contraction utérine.

SCHIKELÉ ne croit pas qu'il soit nécessaire d'admettre un centre utérin : « Le système cérébro-spinal renferme des grandes voies nerveuses. Toute impulsion qui viendra les parcourir pourra avoir sa répercussion secondaire sur l’utérus. » Ainsi des excitations réflexes, partant de la périphérie du corps peuvent-elles faire apparaître des contractions utérines : l’irritation d’un sein (KEIFFER), l'irritation de la muqueuse nasale (FRÔSE).

Les grands traumatismes cérébraux et médullaires (SEITZ), comme nous le verrons plus tard, sont rarement suivis d’avortements, ce qui s'explique par l’indépendance nerveuse de l'utérus. D'ailleurs, un certain nombre de constatations expérimentales et cliniques parlent dans le même sens. La section de la moëlle d’une chienne (GOLTz) et l’ablation de la moœælle à partir de la 3° dorsale (EWALD), n'ont pas empêché, ni l’accouchement, ni l'allaitement. La présence de la moëlle n’est donc pas indispensable pour que la contraction utérine ait lieu. Même après section de tous les nerîs utérins d’une lapine, la mise bas avait normalement lieu (REIN). En clinique, les affections de la moœlle n’empêchent généralement pas l’accouchement à terme.

L’autonomie de l’utérus gravide semble donc être considérable et subordonnée au système végétatif syympathique; un rôle particulier revient au plexus de FRANKENHAUSER. Peut être les cellules ganglionnaires ont-elles une grande importance.

EUFINGER, étudiant l’état du système nerveux sympathique et parasympathique pendant la grossesse, a constaté une labilité et une tendance à l’hypertonie dans les deux systèmes, sans que

ces réactions restassent toujours constantes. Seulement vers le terme de la gestation, le tonus du système sympathique est nettement augmenté. Cette instabilité se manifeste surtout au niveau des nerîs vasculaires (SEITZ). Le système vaso-moteur est déjà de nature plus labile chez la femme que chez l’homme, surtout localement au niveau des organes génitaux pendant le cycle menstruel. La grossesse produit une hypérémie considérable de l'utérus, probablement sous l'influence d’une diminution du PH tissulaire.

Mais cette hypérémie physiologique, nécessaire au développement de l’organe gestateur, peut atteindre le degré d’une congestion pelvienne lorsqu'il y a un trouble de l’innervation vasomotrice. Ainsi agissent les rapports sexuels, les secousses rythmées du chemin de fer et de l’automobile et provoquent des contractions utérines. Certains auteurs voient dans ces congestions locales la cause de l’irritabilité utérine.

VIGNES admet qu’un choc moral important a pu produire une perturbation du système circulatoire et du système nerveux et végétatif, tel que le régime de la circulation utéro-placentaire en soit troublé et que la mort du fœtus s’en suive ».

Il faut que nous insistions un instant sur ce qu’on appellé « trauma psychique ». Les auteurs les plus autorisés semblent attacher une grande importance à l’état psychique de la femme enceinte et d’aucuns prétendent même que les comportements de l'utérus gravide sont plus en rappor tavec les réactions psychiques qu'avec le traumastisme lui-même : « On ne peut pas nier, dit SEITZ, que des traumas psychique (frayeur, peur, etc.), peuvent interrompre la grossesse. Des accidents de chemin de fer, des tremblements de terre, le bombardement de Strasbourg en 1870 étaient suivis d’une augmentation étonnante des avortements ».

SCHAFER a même vu qu'à la suite d’un accident de chemin de fer, les interruptions de grossesse étaient plus fréquentes chez les femmes non blessées. Ces auteurs incriminent soit une hyperexcitabilité des nerfs végétatifs, soit des hémorragies utéo-placentaires que WALTHARD contribue à une sécrétion exagérée d’adrénaline («sympathico-adrénale Notfallfunktion »).

M. MAYER parle d’un déplacement physio-psychique du sang

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