‹ La Tolérance de l'Utérus Gravide à l'Égard du TraumatismeChapitre 15 sur 37 · Deuxième Partie · texte numérisé non relu

Deuxième Partie

ETUDE ANALYTIQUE DES TRAUMATISMES SUSCEPTIBLES D'AGIR SUR L’UTERUS GRAVIDE

Le nombre des observations se chiffre par milliers et va sans cesse en croissant, En 1873, MASSOT pouvait déjà rassembler plus de 200 cas. GUÉNIOT s’appuyait sur 240 cas, lorsqu'il formulait ses conclusions qui sont encore admises aujourd’hui dans leurs grandes lignes. Dans les thèses récentes de DÉCANTE, MONTEL, MATHIEU, JUJE, on trouvera les données historiques et beaucoup d’autres observations.

Il est évident que nous ne puissions en citer qu’un nombre restreint dans le cadre de notre thèse. Pour cela, nous choisirons dans la littérature ancienne et surtout contemporaine, des cas caractéristiques qui montreront l'influence des traumatismes sur la grossesse et qui permettront d’en tirer des conclusions intéressantes, tant au point de vue théorique que pratique.

Pour l'étude des traumatismes, nous adopterons la classification suivante : :

I. — LES TRAUMATISMES ACTIFS 1° Les traumatismes accidentels ; 2° Les traumatismes opératoires.

II. — LES TRAUMATISMES PASSIFS I. — LES TRAUMATISMES ACTIFS 1° LES TRAUMATISMES ACCIDENTELS Les accidents au cours de la gestation sont assez fréquents quant à leur nombre absolu, mais quand on les rapporte au total des femmes enceintes, le pourcentage est relativement faible. Parmi 1.450 sinistrés constatés par LORION, la grossesse s’est

trouvé 11 fois en cause. La femme enceinte conscien:e de sa tâche maternelle, s'expose le moins possible à des accidents, des

OGE

lois sociales l’y aident d’ailleurs. La vie moderne augmente cependant la facilité et la fréquence des accidents.

Rien n’est plus variable que les traumatismes accidentels. Tout se voit: contusion, chute, coups de pied, fracture, plaies portant sur les différentes régions du corps.

S'il est facile de donner une classification nette des traumatismes opératoires, nous rencontrerons une première difficulté pour les traumatismes accidentels que l’on ne peut pas toujours faire entrer dans un cadre rigide à cause de leur complexité. Quand une femme enceinte a été renversée par une voiture qui lui a fracturé la cuisse ou même le rachis, il est logique d’admettre que la violence ait agi aussi directement sur l'utérus gravide luimême.

On peut cependant faire une distinction assez nette entre les traumatismes qui agissent sur une région quelconque du corps et ceux qui atteignent l’organe gestateur seul. Une place à part sera faite aux microtraumatismes répétés, tels que les produisent le coït, les voyages, les vibrations, secousses.

Page 1