TRAUMATISMES N’INTÉRESSANT PAS DIRECTEMENT LES ORGANES GÉNITAUX
Les chutes simples sont très fréquentes chez la femme enceinte, quelles soient spontanées ou qu’elles se produisent à la suite d’un léger choc ; car il faut peu de chose pour troubler l’équilibre statique d’une gestante surtout dans les derniers mois de la grossesse.
Chutes compliquées de fractures
MassoT a déjà pu rassembler 27 cas ; dans un seul cas, la grossesse n’est pas arrivée à terme, mais il s’agissait là, d’une grossesse gémellaire.
OBs. 1 (N°238 de l’année 1935, Maternité de Nancy).
Madame D... S., IV pare ,entre le 29 janvier à la Maternité. Dernières règles du 22-26 avril. La grossesse actuelle avait normalement évolué lorsque le 20 décembre, la femme fut renversée par une automobile et la roue de la voiture passa sur les deux cuisses de la malade. On l’amène à l'Hôpital, où l’on lui fait immédiatement une piqûre de morphine.
Elle a une fracture du tiers inférieur du fémur gauche qui est réduite. La consolidation est extrêmement lente.
A rie
6 semaines après l'accident, aucune répercussion du traumatisme sur l'appareil génital, ni douleurs, ni pertes rouges.
L'accouchement eut lieu normalement, bien à terme ; le plancenta présentait un infractus à la face utérine.
On pourrait facilement multiplier les cas où les fractures des membres inférieurs n’ont pas interrompu la grossesse normale.
OBs. 2. (Année 1932, N° 1.195).
Madame R.… Y., 22 ans, repasseuse, mariée depuis 2 ans, à un mécanicien en bonne santé. Règlée à l’âge de 14 ans. Salpingite dès le mariage qui reste involontairement stérile. Dernières règles du 6 au 10 février ; vomissements fréquents les trois premiers mois.
Le 26 juin, la femme est renversée par une voiture de course. Elle perd connaissance pendant 10 minutes environ. On la transporte à l’Hôpital Central, où l’on constate une fracture comminutive de la jambe gauche que l’on réduit immédiatement. La femme présente de plus une luxation du genou droit, une plaie du bras droit et une ecchymose au niveau de la hanche gauche.
Le 28 juin, la femme ressent des douleurs abdominales vives, intermittentes, revenant toutes les 15 minutes. On amène alors la femme à la Maternité.
Le 10 juillet, à 13 heures, la femme perd brusquement les eaux, accompagnées aussitôt de douleurs qui se continuent toute l’après-midi et une partie de la soirée. À 9 heures, la femme expulse un petit fœtus macéré. 15 minutes après, le placenta suit.
O8Bs. 3. (MM. le Prof Agrégé VERMELIN et DUROCH. Bull. Soc. d'Obtét. et Gynéc, Nancy, janvier 1921).
Une primipare, à 8 mois de la grossesse, présente à la suite d’un accident d'automobile, d'importantes lésions de la face, une forte commotion cérébrale, une fracture du fémur et des signes cliniques de décollement prématuré du placenta.
Mort du fœtus, albumine, expulsion 48 heures plus tard d’un enfant mort, légèrement macéré et d’un placenta présentant de nombreux infarc-
tus anciens et récents.
La notion de la prédisposition pathologique est ici bien établie, cependant l'accident a été très traumatisant.
Mais la grossesse peut résister à des fractures encore plus graves.
Fracture du crâne et commotions cérébrales OBs. 4. (SiROIS), L'Union du Canada, Vol. 1, N°7, p. 345).
Une femme enceinte de 3 mois, tombe d’un mur haut de 10 pieds. On la trouve délirante et avec des hémorragies nasales et auriculaires.
Lachine
Pendant 5 heures, elle reste dans le coma complet.
La mort est attendue. Mais 14 heures plus tard, elle reprend connaissance,
Dix jours après, elle fait un avortement.
Encore 2 jours de repos et elle reprend son travail.
Mais il s'agit d'une grossesse gémellaire.
6 mois après l'accident, la femme accoucha d’un garçon à terme.
OBs. 5. (VARNIER, Bull. Soc. Obstét. Gynéc., Péd. de Paris, 1900, p. 167).
Fracture de la base du crâne au 7° mois de la grossesse, suivie de guérison et d'accouchement à terme d’un enfant vivant.
DÉCANTE rapporte un cas de FISCHER, où une fracture de la voûte du crâne n’empêcha pas l’évolution normale de la grossesse.
Récemment, QUENSEL a observé plusieurs cas de graves blessures crâniennes sans que la marche normale de la gestation et de l’accouchement ait été troublée. L’impassibilité utérine à égard de ces traumatismes cérébraux fait douter l’auteur du rôle du trauma-psychique.
Fractures du rachis
OBS. 6. (LÉTIÉVANT, cité de Massot).
Ecrasement par voiture de cheval au 3° mois de la grossesse, contusion violente abdominale, fracture de la colonne vertébrale 4 mois après, au milieu de phénomènes de gangrène des membres inférieurs, expulsion d’un enfant mort au début du travail, inertie utérine. Mort de la mère par hémorragies.
Nous ne savons pas si nous devons attribuer l’inertie utérine à une lésion de la moœælle.
OBs. 7. (NAUJOKS, Zentralbl. f. Gynäk, 1932, p. 661-666).
Madame M... G., âgée de 31 ans, enceinte de 3 mois, fait une chute d’une voiture, tombe sur la tête et le dos, et reste une dizaine de minutes sans connaissance.
À l'Hôpital, on fait une radiographie et constate la fracture de trois corps vertébraux (DIX, XI et LV). Aucune hémorragie génitale. Après deux mois, la malade commence à faire des exercices orthopédiques, la grossesse continue.
OBs 8. (NAUJOKS, ibid.).
Madame G..., 33 ans, à la fin du 4° mois de sa grossesse, fut projetée du siège accessoire d’une motocyclette, qui se heurtait à vive allure contre une borne kilométrique, à une dizaine de mètres, et perdait connaissance.
2 AP0tE
L'examen clinique montrait un écrasement complet de la neuvième vertèbre dorsale avec paralysie d’une jambe.
Dévant le sacrum se trouvait un gros hématome qui se résorbait rapidement pour être remplacé par un énorme décubitus.
Malgré le violent traumatisme qui avait porté directement sur le sacrum, la grossesse était restée indemne.
Dans l’impossibilité où l’on se trouvait d’instituer un traitement rationnel, on posait l'indication à l'interruption de la grossesse. Au 10° jour après l'accident l'utérus fut enlevé par voie abdominale. A l'ouverture de l’organe on se trouvait en présence d’un placenta praevia. On doit s'étonner que le traumatisme intense n’ait pas abouti au décollement de ce placenta vicieusement inséré. La malade guérit d’ailleurs après 6 mois de traitement.
Dans ce cas remarquable, la grossesse à résisté à un grave traumatisme et la prédisposition à l’avortement a été en défaut.
Nous faisons ici entrer une lésion médullaire bien qu'il ne s'agisse pas d’un traumatisme proprement dit.
OBs. 9. (BRUCE, Scottish Med. Surg. Journal, p. 8, 1902.
Une femme, 31 ans, VIII pare, au 6° mois de la grossesse, ressentit au moment d’un violent vomissement, une forte douleur autour de la poitrine, des vertiges, ses membres inférieurs étaient paralysés, le tronc à partir des seins était insensible, rétention des urines et des matières. On posait le diagnostic d’hémorragies médullaires.
6 semaines après l’hémorragie, accouchement de deux jumeaux, sans que la malade ait senti quoique ce soit.
A semaines plus tard, mort de la malade.
L’autopsie montra une hémorragie médullaire allant de la 6° vertèbre cervicale jusqu’à la première vertèbre lombaire,
Cette observation montre bien l’autonomie nerveuse de l'utérus
gravide.
Traumatismes avec fracture du bassin
Non moins impressionnante est la tolérance utérine dans Îles traumatismes s’accompagnant de fractures du bassin, l’organe gestateur doit forcément y participer plus ou moins directement.
Une des plus vieilles observations de FAIRBANK est cité par tous les auteurs.
OBs. 10. — Un cas de fracture du bassin chez une femme qui en était arrivée au 6° mois de sa grossesse, l'utérus fut lésé. Malgré ça, la grossesse continua sa marche et la consolidation de la fracture eut lieu dans
-les limites normales. ’