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Obs. 65. (GEMEINER, Prager Mediz. Wochenschrift, 1897, n° 28.)
Une femme de 33 ans, avec un bassin rétréci, subit une opération césarienne, L'utérus fut fermé avec des sutures profondes au fil d’argent. Huit ans plus tard, nouvelle grossesse. La malade refuse une césarienne. On provoque l’accouchement prématuré à la fin du huitième mois. Malgré l'introduction de bougies et le tamponnement du canal cervical, la femme n’entra en travail que cinq jours plus tard.
Dans les membranes, à quatre centimètres du bord du placenta, on trouva une boucle de fil d'argent.
Rappelons aussi l’obs. 46, où une femme garde un pessaire pendant six semaines au contact de la grossesse.
Corps étrangers contemporains à la grossesse
En règle générale, l'introduction d'un corps étranger dans l'utérus gravide provoque l'interruption précoce de la grossesse. Mais, dans certains cas, l’avortement n’a pas lieu et le laisser en place du corps étranger peut être compatible avec le développement de l’œui. Bien que cette tolérance ne soit le plus sou ‘nt que temporaire, on connaît des cas où la grossesse est allée à terme.
OBs. 66. (HEINEMANN. Zentralblatt. f. Gynäk., 1928, p. 2544).
Une femme, enceinte de trois mois, fut envoyée à l'hôpital avec un fragment de sonde dans son utérus. On ne fit aucune intervention. Elle accoucha à terme et le corps étranger fut trouvé dans le placenta.
Obs. 67. (HAMMERSCHLAG in Halban-Seitz, Handbuch d. Biologie d. Weibes.)
Il s’agit de deux cas dans lesquels des bougies échappaient à l’abortionniste et restaient dans la cavité utérine sans troubler la grossesse. Les deux femmes accouchèrent à terme et avec le délivre apparurent
les bougies.
Obs. 68. (SCHULTZE, cité de FüRTH in Halban-Seitz.)
Une aiguille à tricoter pénétra dans le ventre d’une femme enceinte et fut retrouvée plus tard dans l’arrière-faix sans avoir causé de troubles au cours de la grossesse.
Obs. 69, (NAHMACHER, Zentralblatt f. Gynäk., 1928, p. 174.)
Une patiente, enceinte d'environ deux mois, raconte qu'une canule de caoutchouc s’est cassée dans l’orifice du col alors qu’elle s’est fait une injection vaginale. Le médecin appelé ne trouve plus le fragment et envoie la femme à la clinique.
Là, on constate ni hémorragie, ni température, ni douleurs. La malade reste en observation pendant huit jours. Pas de troubles. Qu'était deve-
nue la canule? On fait une radiographie qui montre dans la cavité utérine une ombre allongée correspondant à la canule. Comme une évolution normale de la grossesse semble impossible, on fait une injection intra-utérine de 5 cc. d’iodipine à 20 % (Lipiodol), le corps étranger a changé de position et la place occupée par l'œuf est bien distincte.
Après cet examen, la malade est mise au repos absolu. On lui donne de la belladone. Quatre jours après, expulsion spontanée de la canule sans douleur et sans hémorragie. Une semaine plus tard, la femme quitte l'hôpital. Huit semaines plus tard, elle fait un avortement, probablement à la suite de nouvelles manœuvres abortives.
Obs. 70. (BAILLAT et DEXHAM, cité de SÉJOURNET.)
Une femme enceinte de cinq mois leur est adressée pour des douleurs: si violentes que, pensant à la rupture d’une grossesse tubaire, ils opèrent d'urgence. Le fœtus est à sa place dans l’utérus. [ls referment et attendent. Au troisième jour apparaissent des signes de septicémie. L’utérus est vidé de son contenu. Une fois le fœtus extrait, encore vivant, ils ont la suprise de retirer une compresse de gaze. La malade avoua qu'étant enceinte d’un mois, elle avait subi une injection intra-utérine, complétée par l'introduction in utéro d’une compresse.
Voici donc un cas où un corps étranger introduit au début de la grossesse n'avait pas empêché celle-ci d’aller jusqu’au cinquième mois.