‹ La Tolérance de l'Utérus Gravide à l'Égard du TraumatismeChapitre 26 sur 37 · A. — LA REACTION IMMEDIATE · texte numérisé non relu

A. — LA REACTION IMMEDIATE

Le traumatisme, dit BALARD, ne peut guère agir sur la grossesse d’autre manière qu’en l’interrompant. Pour que l'œuf soit expulsé, il ne faut pas seulement que l’utérus se contracte — les contractions spontanées sont fréquentes au cours de la grossesse et à elles seules incapables de déclencher le travail — mais il faut aussi que le col s'ouvre et que l'œuf se décolle, ce qui n’a lieu qu’au terme de la grossesse ou dans des conditions pathologiques. Dans la plupart des cas de traumatismes, les femmes accusent des contractions douloureuses qui disparaissent en peu de jours. Même des pertes de sang ou de liquide peuvent ne pas être suivies d’avortement, bien qu’elles traduisent l’atteinte de l'œuf.

L'interruption de la grossese a lieu le plus souvent dans Îles trois jours qui suivent le traumatisme. ZWEIFEL, étudiant cent cas d'accidents de la compagnie d’assurances de Luzern, a vu que dans 44 % des cas il y avait menace d’avortement aussitôt après l'accident et que dans d’autres, 22 % de ces phénomènes alarmants apparaissaient dans les premières douze heures. Dans 24 % des cas, l’avortement avait lieu dans les quarante-huit premières heures; dans 18 %, du deuxième au septième jour; dans 13 %, de la première à la deuxième semaine et dans 3 % de la deuxième semaine au premier mois après l’accident.

Après les interventions chirurgicales, l'arrêt survient ordinairement au cours de la nuit qui suit l’acte opératoire. Dans la sta-

tistique de la clinique Tarnier, JUGE rapporte quatre-vingt-douze opérations avec neuf avortements: cinq se sont produits le lendemain de l'intervention, un autre huit jours après, deux après un mois et un trois mois plus tard.

Comme nous avons étudié surtout les cas plus fréquents de tolérance au traumatisme, nos observations de réaction immédiate sont peu nombreuses.

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