‹ La Tolérance Des Tissus Pour Les Corps ÉtrangersChapitre 16 sur 24 · SUPPURATIONS TARDIVES PAR RÉVEIL D'UN MICROBISME LATENT · texte numérisé non relu

SUPPURATIONS TARDIVES PAR RÉVEIL D'UN MICROBISME LATENT

La possibilité d’une infection légère étant admiso au niveau d’un GC. E., étant admis également que celle-ci peut ne pas s'être extériorisée immédiatement, deux questions se posent :

a) Un C. E. septique inclus dans les tissus demeuret-1l infecté ?

b) Dans cette éventualité, sous quelles influences peut-il y avoir réveil du microbisme latent ?

À. Un C. E. septique inclus dans les tissus demeure-t-1l infecté ?

— L'existence du microbisme latent est démontrée dans nombre d'infections, en l’absence même de tout C. E. Nous rappellerons les réveils de pyélonéphrites gravidiques, de lésions gonococciques, ete. Les recherches pratiquées sur les éclats d’obus ont montré que ceux-c1 sont encore septiques plusieurs années après la blessure. La réaction d’enkystement qui les entoure serait pour Le Fort d’autant plus importante que le C. E. est plus infecté, et Frouin a montré que le tissu scléreux semble soustraire les germes à l’action des leucocytes.

— Un problème est très voisin de celui-ci : le rôle d’un C. E. dans l'entretien d’une suppuration fistulisée. Thierry, en 1983, rappelait déjà que certaines suppurations au contact d’un C. E. ne disparaissent qu'après l’ablation de ce dernier. Par quel mécanisme peut agir le C. E. ?

S'il est poreux (soie) ou spongieux (éponge de caoutchouc) ou seulement perméable (fil de lin, erin), l’ablation du C. E. supprime un habitat microbien où les leucocytes ne peuvent pénétrer.

S'il est métallique, ses produits de décomposition peuvent entretenir autour de lui ume zone de moindre résistance. Nous avons srygnalé existence de nécroses cellulaires autour du fer et de l'argent. Peut-être certains oxydes ou sels métalliques exercent-ils un chimiotactisme négatif vis-à-vis de la défense leucocytaire. Rugh Torrence a recherché, au contraire, si les métaux possédaient une action bactéricide. Il n’a vu tn vitro aucun effet d’inhibition sur des colonies microbiennes et 1l lui a semblé, par contre, que l'acier, le plomb et l’aluminium étaient dans ces conditions d'expérience plus rapidement toxiques.

— La persistance de germes au contact d’un C. E. dépendrait donc de son altérabilité, et de fait, une suppuration peut parfois se tarir, et la plaie cicatriser malgré la présence de certains C. E. inertes au point de vue chimique.

Ducuing et Gauche ont remarqué chez l’animal qu'une nécrose de la peau mettant à nu la surface d’une prothèse en ébonite se répare totalement.

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Nous avons observé plusieurs fois sur nos animaux d'expérience que des suppurations se tarissaient et la plaie cicatrisait malgré la présence d’un C. E. en caoutchouc. Nous rappellerons la classique observation rapportée par Delbet d’un drain de caoutchouc oublié par Chassaignac dans un abcès et retrouvé par hasard 20 ans après.

Voici une observation de M. Baumgartner :

— Tro.…, opérée pour éléphantiasis, drainage lymphatique par tubes de caoutchouc. En 1930, apparition d’un abcès au niveau d’un des tubes ; incision de cet abcès. La plaie se cicatrice totalement en trois semaines sans qu’on ait enlevé le tube et sans quel’éléphantiasis ait récidivé.

Dans le cas de drains de caoutchouc tombés dans la plèvre, 1l est de règle de voir la suppuration persister jusqu'à l’ablation de celui-ci. Il semble bien que dans l’entretien d’une suppuration par un C. E. inerte, 1] y ait d’autres facteurs en jeu (drainage déficient, traumatisme exercé par le C. E., ete.).

B. Sous quelles influences peut-il y avoir réveil du microbisme latent ?

Traumatisme : celui-ci, traumatisme opératoire en particulier, peut détruire la capsule d’enkystement du C. E., capsule qui s’opposait à la diffusion de l'infection latente. Les hématomes et les tissus contus au niveau d’un traumatisme favorisent évidemment la pullulation microbienne. Nous rap-

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