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PERPENDICULAIREMENT A L’AXE D'UNE DIAPHYSE

Nos expériences ont également porté sur le fémur

du chien.

— Nous avons d’abord utilisé, à l'exemple de Rabl de petites pinces en fil d’acier dit « corde à piano », enserrant l’os. Ces appareils dont la boucle formant ressort doit se loger dans les muscles voisins se déplacent facilement et sont difliciles à gainer de caoutchouc ; nous les avons abandonnés.

— Pour l’étude de pressions faibles, nous avons utilisé de petits tubes de caoutchouc enroulés sous forme d’un

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lien autour de l'os ; les deux extrémités de ce lien étant attachées à l’aide d’une soie. Connaissant la longueur initiale du caoutchouc, le périmètre de l’os qu'il enserre, et la largeur du tube une fois aplati par son enroulement autour de l'os, on peut, après étalonnement du tube que Fon a employé connaître la pression qu’il a exercé par cm? d’os — (en supposant que celle-ci se répartit de façon uniforme).

La largeur des strictions a varié de 3 à 6 millimètres et la pression par cm? de 100 à 500 grammes.

Le tube était placé tantôt sur le périoste, tantôt après que celui-ci ait été décollé.

— Pour l’étude de pressions plus fortes, nous avons utilisé un petit ressort à boudin engainé dans un tube de caoutchouc et enroulé à la façon d’un collier autour de l'os.

— Pour l’étude de pressions plus fortes et agissant sur une surface plus réduite, nous avons utilisé un appareil un peu compliqué où la traction de deux ressorts était trans mise sur los après double renvoi par l'intermédiaire d’un fil de soie gainé de caoutehouc.

Résultats. — Nos animaux ont été abattus après un délai de un à six mois. Sur 12 expériences, nous n’avons eu qu'une suppuration.

Macroscopiquement :

Le lien élastique parait profondément enfoncé dans l’os ; quand on le retire 1l semble avoir été logé dans un sillon.

St l’on pratique immédiatement une coupe longitudinale de l'os, on s'aperçoit que ee sillon n’est en grande partie qu'apparent : il est surtout formé par deux berges d’ossifications sous-périostées qui s’arrêtent brusquement au niveau du C. E., parfois se rejoignent au-dessus de lui et diminuent en pente

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douce quand ons’en éloigne. L’os compact participe plus où moins à la formation de ce sillon qui nous a semblé d'autant plus profond quelastriction a été plus forte ou s’est exercée pendant plus longtemps.

Microscapiquement

— De chaque côté de Panneau de caoutchouc, on voit des ossifications sous-périostées qui s'arrêtent brusquement au niveau de la capsule du C. E.

— L’os compact, sous la pression, est désagrégé ; il présente des lacunes de résorption de Howship, exagération de la dilatation des canaux de Havers. Ces lésions sont d’autant plus importantes que la pression exercée a été plus forte. Elles s'étendent sur toute l’épaisseur de l’os compact sans être, semble-t-1l, plus marquées au contact du C. E. Elles s'étendent même, en s’atténuant peu à peu, au delà du: niveau de la pression.

L'importance de la réaction sous-périostée nous a toujours paru en rapport avec le degré de désintégration de Fos. I paraît y avoir eu réutilisation au plus près du matériel caleique libéré.

— La moelle présente aussi des ossifications nouvelles. À, Fextrême, eas de pression forte, une coupe de l’os montre un aspeet homogène, on ne reconnaît plus les limites de Pancien os compact, tant du côté de la moelle: que du, côté de la réaction sous-périostée.

Les 12 expériences que nous avons pratiquées nous, ont toujours donné les mêmes résultats, mais avec des degrés. dans létendue des lésions : celles-ci,

étant fonction de l'intensité de la pression et de la durée de son action. Nous n'avons jamais observé avec les appareils d'étude que nous avions inclus de séquestres lamellaires à la surface de l’os comprimé. — Nous avons, par contre, obtenu chez l'animal au cours d’autres expériences, des séquestrations massives de la diaphyse en exerçant à sa surface des pressions très fortes, soit avec un manchon de Contremoulins, soit avec de larges colliers métalliques trop serrés.

Nous croyons pouvoir déduire de ces expériences que l’os supporte mal une pression s’exerçant perpendiculairement à la direction des canaux de Havers.

Nous regrettons de n'avoir pas poursuivi cette démonstration au niveau de l’os spongieux.

Quelle est la cause de cette résorption ? — Ischémie ? Peut-être, mais pourtant l’élasticité du fémur d’un chien adulte n’est pas telle que les canaux de Havers les plus près de la moelle puissent être étranglés par une pression s’exerçant à la surface de l'os, e’est-àdire à travers 3 nulhimètres d'épaisseur d'os compact ; or, nous avons vu, que les lacunes de résorption se disséminent dans toute l’épaisseur de l'os.

— Leriche a rappelé l'importance des actions mécaniques vis-à-vis de l’état colloïdal. Peut-être faut-il admettre qu'une cellule osseuse adaptée à faire ses échanges tout en supportant une pression donnée souffre si la direction de celle-ci a changé.

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Quel est le mécanisme de cette résorption ? — Nos documents histologiques ne nous permettent pas d'affirmer l’absence d’ostéoclastes. Rabl dit en avoir rencontré dans les lacunes de résorption. Bergmann n’en à pas vu.

Les résultats auxquels nous avons abouti nous semblent en concordance avec d’autres travaux expérimentaux. |

Rabl, par des ligatures élastiques autour de l'os, a obtenu des images de résorption en tout comparables à celles de nos coupes.

Bergmann a placé des laminaires dans le canal médullaire d’os de lapin. Quand il n’y avait pas fracture par pression exagérée, il a toujours obtenu des lacunes de résorption, des érosions de la corticale et une hyperplasie osseuse sous-périostée. Leriche signale qu’une pression s’exerçant par l'intermédiaire d’un cartilage est supportée, et ne l’est pas si elle s’exerce par l'intermédiaire du périoste. Ces deux types de pression sont précisément parallèles ou perpendiculaires au système architectural de los.

L'accord entre ceux qui ont étudié l’action des pressions sur l’os serait peut-être fait si l’on considérait que parfois la formation d’os nouveau n’est pas le résultat direct de la pression qu’on exerce (la pression n’a pas favorisé, l’ostéogenèse), mais la conséquence d’une résorption osseuse voisine, d’où

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surcharge calcique locale suivie d’une réutilisation au plus près du caleium libéré.

Les résultats que nous avons obtenus nous semblent également concorder avec certains faits cliniques ou opératoires.

A. —— Los tolère bien eertaines pressions.

L'emploi qui se généralise des broches de Steinmann et surtout de Kirschner a révélé qu’elles ne coupaient pas. Les lieux d'élection pour la pose de ces broches et la direction dans laquelle on exerce la traction sont Justement tels que la pression qu’exerce la broche sur le tunnel osseux qui la loge est parallèle au système architectural de l'os. C’est, en quelque sorte, une « pression physiologique ».

Koch a remarqué que la broche ne coupart pas dans des os spongieux tels que l’olécrane et l’extrémité inférieure de l’humérus. Dans ces cas, la broche traverse perpendiculairement l'épanouissement des travées osseuses dans l’épiphyse et la traction s'exerce parallèlement à la direction de celles-e1.

Une tentative de Willems, en 1918, nous semble une illustration de la théorie que nous soutenons pour exercer une traction directement sur l'os, cet auteur vissait dans chaque condyle fémoral une tige métallique et sur la partie libre des deux tiges ainsi placées, il établissait une traction dans l'axe de l'os. Les nécroses osseuses avec mobilisation de ce ma-

tériel ont été d’autant plus fréquentes que les laes de traction étaient attachés plus loin de la peau, c’est-à-dire que le bras du levier était plus grand et que la composante des forces s’écartait davantage de l’axe du membre.

B. — Il est très fréquent de constater en matière d’ostéo synthèse que le matériel de suture osseuse a, par la pression qu'il exerce, provoqué des lésions de l'os.

S1 l’on analyse ces faits, on s’aperçoit qu’il s’est toujours agi de pression dont la direction était perpendiculaire au système architecturaal de l’os. Nous pourrions en multiplier les exemples.

Leriche et Policard, Millet constatent la présence constante sous les plaques de Lambotte d’un séquestre lamellaire, formé le 30€ jour, résorbé au 90€ jour formant le calque de la pièce métallique.

L'’immobilisation rigoureuse d’un membre après ostéo synthèse à pour raison d'éviter qu’à chaque petit mouvement, la plaque ou la lame n’exeree une pression sur la corticale de l’os, pression considérable étant donné le bras de levier. Si, de plus par suite de mobilité secondaire du matériel d’ostéosynthèse, ou par défaut de montage mécanique, il y a jeu, ces pression ne portent plus que sur un point, ce qui en exagère les conséquences.

Le manchonnage de fractures, méthode Robineau- Contremoulins, n’a d’autres sens que de répartir sur la plus grande surface possible cette pression à direction néfaste, ce qui en atténue les effets.

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