‹ La Tolérance Des Tissus Pour Les Corps ÉtrangersChapitre 23 sur 24 · FACTEURS ACCESSOIRES · texte numérisé non relu

FACTEURS ACCESSOIRES

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étude de ces facteurs nous montrera qu’ils ne jouent de rôle qu’en rapport avec un ou plusieurs des facteurs principaux que nous avons étudiés.

Volume et surface du C. E.

Indépendamment du poids qu’il peut traduire, le volume d’un C. E. n’a pas d’intérêt ; c’est la surface seule qui compte.

S'il s’agit d’un C. E. dont les produits de désintégration sont irritants pour les tissus, leur réaction sera d'autant plus importante que le C. E. présentera une surface plus grande à l’action des humeurs.

— Ilest donc raisonnable d’éviter les C. E. volumineux s’il s’agit d’une matière telle que acier ou le cuivre.

— S'il s’agit, au contraire, d’un corps inerte tel que l’ébonite, le volume n’a plus aucune importance. La meilleure démonstration en est donnée par l'exemple des prothèses osseuses.

Nous rappellerons que la surface d’un C. E. augmente avec sa fragmentation. C’est, nous Pavons vu, dans le morcellement à extrême de la paraffine qu'il faut rapporter les accidents décrits sous le nom de

parallinome.

Phénomènes électriques au niveau d'un C. E.

Kuttner, le premier a comparé un C. E. bi-métallique à un couple électrique. Le courant développé au contact des humeurs -exagérait la destruction de l'un des deux métaux et l'intolérance devrait être rapportée aux sels métalliques dégagés. Kuttner avait fait cette remarque à propos de C. E. traumatiques de guerre : balles ou fragments de balles comprenant une chemise et une âme.

Orsos a rapporté à son tour à un phénomène d’électrolvse, les accidents qu'il a observés en employant comme matériel d'ostéo synthèse des plaques en aluminium et des vis en laiton.

Scheede avait remarqué des suppurations constantes en se servant de plaques en bronze d’aluminium et de vis en acier. Ces suppurations avaient disparu en ne modifiant de la technique opératoire que le bi-métallisme du matériel inelus.

Forser a mesuré l'intensité du courant développé par le couple aluminium-laiton dans une solution de hquide de Ringer.

A la fermeture, le courant a une force de 0,25 mm A. — en 10 secondes, par polarisation, il tombe à 0,12 ; — après 14 heures, il est encore de 0,08. Si l’on tient compte de la durée du séjour d’un matériel de synthèse dans les tissus, on peut soupçonner les dégâts produits.

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Cette critique des synthèses bi-métalliques semble justifiée (Cunéo, Rolland). C’est l’opinion admise en France où, du reste, on n’a jamais employé de métaux si différents.

On a voulu étendre les méfaits d’une électrolyse au matériel doré ou nickelé. La mince couche de revêtement une fois désagrégée pour une cause quelconque, un couple électrique se formera et activera la désintégration du métal qu'il fallait protéger.

Situation du corps étranger

Beaucoup de chirurgiens enlèvent systématiquement le matériel d’ostéo-synthèse fixé au niveau d’un os superficiel et le laissent, au contraire, si ce C. E. est profond.

Cette intolérance depuis longtemps remarquée des C. E. superficiels, n’est que le fait, en grande partie, de l’extériorisation plus facile de la réaction qui les entoure.

Cette réaction dépend avant tout de la (zone de diffusion » que peut provoquer la nature chimique du C. E. Dans d’autres cas, 1l peut y avoir, nous l’avons étudiée, infection de proche en proche du C. E., toujours en raison de son intolérance chimique. Enfin, un C. E. superficiel, peut ulcérer mécaniquement la peau.

Il faut considérer comme C. E. superficiels non

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seulement ceux qui sont sous les téguments mais ceux aussi qui somt au voisinage de cavités normales ow pathologiques, infectées ou susceptibles de lêtre. C’est ce qui permet, pensons-nous, d'expliquer en partie la suppuration des masses de plombage employées dans les apicolyses. La réaction des tissus au contact de la paraffine qui est à la base de ces masses, finit par comprendre le tissu pulmonaire infecté, et l’infeetion envahit peu à peu l’enserable des tissus qui enclavent le CG. E.

Peut-être serait-il préférable d'employer comme substance de remplissage en cas de décollement pleuro-pariétal,un produit plus inerte que la paraffine et non susceptible de morcellement. Le caoutchouc a été utilisé autrefois sous forme de ballonets (d’apphication diffieile) où d’éponges (dans lesquelles se fait de la rétention s’il y a suppuration). Le DT Roux- Berger a deux fois utilisé du caoutchouc mousse que ses opérés semblent avoir bien toléré.

Facteur personnel

Pour expliquer certaines intoléranees précoces ou tardives, on a parfois invoqué une sensibilité particuhère du. suyet. Rien ne s’oppose à admettre que des phénomènes d’idiosyncrasie puissent exister visà-vis de métaux dès l'instant que ceux-ci sont altérables au sein des tissus

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Au sujet des paraffinomes et des accidents tardifs consécutifs à des injections de produits bismuthiques insolubles, nous avons rappelé l’opinion de ceux qui ont soulevé l'hypothèse d’une sensibilité accidentelle à la suite de tares ou de maladies.

Ï serait intéressant de rechercher par le moyen de euti-réactions si eertains accidents d’intolérance tardive vis-à-vis de matériel de synthèse ou de prothèse ne traduisent pas également une sensibilisation de lorganisme pour un métal donné.

Nous avons décrit un certarm nombre de facteurs qui nous semblent régler les manifestations d’intolérance des tissus vis-à-vis des C. E. Certaines conditions remplies, un C. E. peut-l être accepté définitivement par les tissus ? Ceux-ci, au contraire, mamfestent-ils toujours une tendance à expulser de leur sein tout ce qui n’est pas vivant ? N°y a-t-1l pas à l’occasion du eontaet avec un €. E., rupture d’une sorte d'équilibre vital entre les tissus qu'il sépare. On peut faire remarquer que le schéma de la réaction histologique vis-à-vis des C. E. se rencontre dans l’organisme quand une substance perd ses propriétés de matière vivante : cytostéatonécrose, vieux hématomes enkystés, xanthomes parfois, inclusions épidermiques dont les lamelles épidermiques sont phagocytées, etc.

Il faudrait pour conclure, pouvoir affirmer qu’un

C. E. est rigoureusement inerte, inattaquable par les cellules et les humeurs et constater après inclusion dans les tissus que ceux-ci ne présentent à son contact aucune réaction cellulaire de l’ordre de celles que nous avons décrites sous le nom de « réaction de désintégration ». Celle-ci peut être considérée comme une véritable plaie des tissus, entretenue par la présence du C. E.

Il est très logique dès qu’on serre une discussion de biologie de placer la question sur le terrain des actions physico-chimiques. Delbet, à propos de la tolérance du caoutchouc a soulevé l'hypothèse «d’une sorte d'accord entre le colloïde qu’est le caoutchouc et les colloïdes qui constituent nos humeurs et nos tissus ».

Peut-être un jour devra-t-on conclure qu'il y a là un nouveau « facteur de tolérance » à peine soupçonné aujourd'hui.

Actuellement, nous devons nous contenter de formuler les conditions qui sont nécessaires, si ce n’est suflisantes à l’acceptation définitive d’un C. E. par les tissus. Le C. E. idéal serait celui que n’entourerait aucune réaction. Nous ne le connaissons pas, mais un certain nombre de substances, sous certaines conditions d'emploi, en approchent.

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