CHAPITRE II
Applications
Sommaire : Réserve imposée au père de famille. — Tolérance prudente des parents chrétiens envers un enfant dévoyé. — Revendications des droits à l'éducation des enfants. — Résistance à l'accaparement officiel. — Devoirs des tuteurs et des éducateurs. — Devoirs des maîtres et des patrons. — Préférence accordée aux gens honnêtes et amis de la religion. — Relations avec les personnes éloignées de notre foi. — Attitude dans les controverses religieuses et vis-à-vis des écrivains soupçonnés d'être moins sincèrement catholiques.
Jusqu'à présent, nous avons considéré la tolérance d'ordre privé comme se pratiquant entre
noble sainte et de son imitatrice, et celui de cette veuve? Les deux grandes chrétiennes triomphaient d'ellesmêmes, du plus pénible ressentiment ; elles n'approuvaient rien de repréhensible. Madame Zola oubliait qu'elle représentait les droits, l'inviolabilité du foyer légiiime. Son acte en ratifiait un long' et impudent mépris. Une vertu ne saurait contredire ou supprimer un devoir.
20 Ire PARTIE. TOLÉRANCE DANS LA VIE PRIVEE
égaux. Dans la vie privée pourtant, nous rencontrons la famille et une autorité sainte : l'autorité paternelle. Obligé de veiller sur ses enfants comme sur lui-même ; responsable, en somme, de ce qui se passe et se fait sous son toit, le pèTe de famille ne trouve dans son indulgence pour les erreurs et les fautes d'autrui ni raison ni prétexte pour ouvrir sa porte aux personnes et aux opinions qu'il juge malfaisantes et pernicieuses. Puisqu'il est des perversions intellectuelles et morales comme il est des corruptions organiques, puisque l'àme comme le corps peut être empoisonnée, la piété paternelle l'astreint pour les idées et les mœurs des siens à cette même sollicitude que sans crime il ne saurait omettre pour la santé. Obligation parfois tristement méconnue de parents indignes ou du moins hallucinés, ou encore simplement découragés. Qui dira jamais les ravages produits par une aussi déplorable insouciance ? Mais, d'autre part, obligation souvent parfaitement et délicatement comprise dans nos contrées, grâce à ces clairvoyances du cœur qui viennent, dans bien des cas, si à propos renforcer et même suppléer les clairvoyances de l'esprit. Et jusqu'à présent, l'opinion publique a respecté et plutôt encouragé la prudente sévérité des pères de famille. La critique la plus folle, la plus téméraire, n'a osé s'en prendre à une sagesse qui, tout en sauvant ou préservant l'adolescence, assurait au foyer domestique une paix charmante et la plus douce intimité. Sans passer pour intolérants, les parents ont pu, à leur foyer, sauvegarder la vérité religieuse, déployer une juste rigueur dans la pros-