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(5) Of true religion, heresy, schism, tolêration.

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se reconnaître dans la variété des noms et des rites sous lesquels on l'honorait. Dans sa controverse avec S. Augustin, Maxime de Madaure prétendait que les religions se complétaient l'une l'autre en vénérant chacune un aspect de l'Etre suprême. Bien des siècles plus tard, Bayle écrivait dans le même sens : « Toutes les religions du monde, bizarres et diversifiées comme elles sont, ne conviennent pas mal à la grandeur infinie de l'Être souverainement parfait, qui a voulu qu'en matière de diversité, toute la nature le prêchât par le caractère de l'Infini (I). »

Un syncrétisme protestant, celui de Jurieu par exemple, s'est évertué quelque temps à distinguer entre les dogmes fondamentaux et nécessaires et les dogmes accessoires, auxquels le Christ serait indifférent. Certain anglicanisme divise l'Eglise catholique en trois branches légitimement issues d'un tronc unique : l'anglaise, la grecque, et la romaine, de sorte qu'il serait méritoire pour chacun de rester fidèle à sa communion. Un syncrétisme plus radical ne voit d'essentiel que la croyance en Dieu, autour de laquelle il rêve de grouper tous les hommes religieux. Ce syncrétisme est poussé à ses dernières limites dans le « Modernisme » absolu (2).

(f ) Commentaire philosophique sur les paroles de Jésus- Christ : Contrains-les d'entrer. 2e partie, ch. 6, p. 4Î8.

(2) Voy. notre article Modernisai dans « The catholic Encyclopedia », New- York, 1911. Dargaud préludait au Modernisme quand il louait une religion dépassant les sectes, allant jusqu'à la philosophie, mais à une philo-

Les dogmes dépouillés de toute valeur objective, pour devenir des symboles vides de réalité, des représentations subjectives d'un Absolu qui nous échappe ; le sentiment religieux identifié avec une aspiration vague et d'abord peu consciente vers un Inconnaissable, distinct ou non distinct de nous, à atteindre en nous-mêmes ; tout le mérite de la foi réduit à la sincérité d'une attitude qui pacifie l'âme en satisfaisant son besoin d'au delà : voilà de quoi établir une entente fraternelle entre tous les croyants d'abord, puis même entre les croyants et les athées qui, eux aussi, arrivent à se dire religieux, dès que leur aspiration dépasse le phénomène sensible. L'on comprend que ces perspectives d'union et d'amitié séduisent et fascinent. Mais à la réflexion, ne s'aperçoit-on pas que ce rapprochement imaginaire des hommes se prêche aux dépens du respect de Dieu ? Par là qu'une religion se déclare, avec vraisemblance, divine dans sa source et obligatoire pour tous, elle impose manifestement à la créature humaine le devoir impérieux de s'intéresser à ce fait, le plus considérable de l'histoire, d'en vérifier les preuves,

sophie « solidifiée par la foi, embrasée de charité, parfumée d'espérance » qui retient « librement, respectueusement, dans ses habitudes d'onction et de prière, l'empreinte auguste et douce du Christ. » Les sectes sont à cette religion suprême ce que les dialectes énergiques mais barbares sont à une langue parfaite. » Histoire de la liberté religieuse en France et dans ses Fondateurs, t. 1, p. 371..;

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et s'il est trouvé exact, de. s'apprêter à écouter la voix de Dieu. Assurément il est une sincérité excusable devant Dieu et recommandable aux hommes, mais c'est la sincérité qui ne refuse aucune lumière, qui se dérange et se dépense pour être éclairée. Par les éloges sans réserve qu'elle décerne à tout ce qui n'est pas une dissimulation frauduleuse, la tendance moderniste en arrive à confondre une insouciance apathique et répréhensible avec une loyale et estimable recherche. Injurieuse à Dieu, elle rend ainsi à quantité d'hommes le plus mauvais des services, celui de les endormir dans une léthargie funeste et sans excuse.

Enfin, sans aucune pensée syncrétiste ou recours à un principe supérieur, une religion peut tout simplement se contenter de vivoter ou de languir à la façon des eaux croupissantes ou des volcans éteints. Telles les religions sommeillantes de la Chine ou de l'Inde.

Le catholicisme répugne à cette torpeur comme à cette indifférence. Son Église est militante et guerroyante par essence. Et elle saurait d'autant moins conclure une trêve ou transiger avec d'autres religions, qu'elle veut et qu'elle espère davantage conquérir (1). Le paganisme

(1) En Chine même, le christianisme tranche par cette note sur les autres religions qui se partagent cet empire. Le Bouddhisme s'est accommodé au culte des morts et aux honneurs que les Taoistes rendent à de multiples divinités. « Les trois religions, dit-on en guise de proverbe, n'en forment qu'une seule». «San kiao-i kiao». Le

n'imposait qu'un rite ; le bouddhisme, sa morale et le respect de l'Ordre (1) ; à mesure qu'on s'approche du catholicisme, le dogme apparaît : dogme d'un Dieu unique et d'un prophète chez les Musulmans, dogmes incomplets et plutôt en dégénérescence chez les protestants, du moins chez les protestants conservateurs ; dogmes anciens plus complètement conservés chez les schismatiques de l'Orient. Seule l'Eglise catholique professe un dogme qui vit et se maintient, stable en lui-même et progressif relativement à nous, scruté avec amour et défendu avec un soin jaloux comme un dépôt de vérités divines et indispensables placé au milieu des hommes. « Hors de l'Église, point de salut ! » C'est la traduction en langage ecclésiastique de ce que nous venons de dire. Cette formule scandalise aujourd'hui. Mais ce scandale est l'effet d'un oubli ou d'une ignorance. La formule parait outrecuidante à ceux qui oublient que l'Église ne se présente pas comme une autorité humaine, pleine de dédain ou de mépris pour d'autres autorités juxtaposées et de même ordre. « Mon enseignement, disait le Christ, n'est pas le mien ; c'est celui du Père qui m'a envoyé (2). » Et l'Église ajoute : je ne suis moi-même que l'en-

christianisme refuse tout alliage. Il est vrai que le mahométisme est également intransigeant ; mais il joint à son exclusivisme la haine de l'infidèle. Seul le christianisme unit la rigueur et la charité.

(1) L'ordre des moines. Voy. p. ex. le Catéchisme bouddhiste publié à Ceylan.

(2) Év. de S. Jean, 7, 16 ; 14, 24.

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voyée, que la mandataire de ce Christ ; et c'est selon Lui que j'ose dire : « Qui ne croira pas sera condamné (1). »

La formule paraît cruelle à ceux qui ignorent qu'elle se combine harmonieusement avec deux autres dogmes catholiques : l'on peut, par la charité, appartenir à l'âme de l'Eglise, sans être en communion extérieure avec son corps visible ; — et Dieu ne refuse pas sa grâce à un homme de bonne volonté (2).

Mais cette intransigeance dogmatique ne va pas transformer en persécutrice l'Eglise dont les premiers apôtres étaient envoyés comme des agneaux au milieu des loups. Si elle ne peut pactiser avec les fausses religions, elle ne peut d'autre part conquérir sur elles que par les

(1) Év. de S. Marc, 16, 16.

(2) La conciliation de ces assertions est certaine, bien qu'un mystère plane en partie sur le comment. En effet, la charité ou l'état de grâce, qui donne à l'Eglise des enfants qu'elle ne saurait sur terre appeler de ce nom, suppose la foi. Et cette foi est elle-même un don surnaturel qui éclaire une révélation divine et la fait croire sur la parole de Dieu. D'après l'enseignement quasi unanime des théologiens, cette foi exige donc que certaines vérités soient présentées à l'esprit comme dites par Dieu. Par conséquent si la foi, condition de la charité, est facile aux protestants sincères et même aux musulmans, elle ne nous paraît pas immédiatement à la portée des membres d'autres religions. Dieu ne nous devait pas la révélation des voies secrètes dont dispose sa grâce. Il nous suffit de savoir qu'à l'homme qui fait son possible, cette grâce n'est jamais refusée.

armes d'une charité qui se fait toute à tous (1). Quel mot d'ordre tient-elle du Christ ? Celui d'enseigner, de prêcher, non pas celui de faire violence. Aussi repousse-t-elle formellement la conversion par le glaive. « Cette société a la vie en soi ; elle n'a besoin au dehors que de la liberté de son expansion pour éclairer, pour vivifier, pour régénérer le monde (2). » A qui ne la connaît pas elle demande une chose : la faculté de parler et de convaincre. Sans moyens pour forcer l'entrée des esprits, elle s'avoue bien franchement sans droits pour exiger une soumission extérieure, qui d'ailleurs risquerait d'être hypocrite et mensongère. Na-t-elle pas appris de son fondateur, que le Père céleste désire des adorateurs en esprit et en vérité (3) ? Cette tradition de conquête par la persuasion est primitive et constante dans la religion catholique. Des excès pourront se commettre à la suite des erreurs ou d'entraînements irréfléchis : sur ce point comme sur tous les autres le parfait accord entre le principe et l'application sera le terme d'étapes successives. Mais la doctrine demeure immuable. Et l'Eglise persécutée des catacombes, l'Eglise triomphante sous Constantin, l'Eglise régnante avec Charlemagne, n'ont qu'une voix pour la professer. Alcuin la rappellera au grand empe-

(1) « Je me suis fait tout à tous pour les sauver tous ». 1 ép. aux Cor. 9, 22.

(2) Mgr Parisis, Instruction postorale sur le droit divin dans l'Église, p. 29.

(3) Év. de S. Jean, 4, 23.

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reur quand celui-ci, guidé plutôt par des motifs politiques, ne laissera aux Saxons d'autre option que le baptême ou la mort. « La foi, dira-t-il, en s'appuyant sur S. Augustin, est affaire de volonté, non de nécessité. Comment forcer un homme à croire ce qu'il ne croit pas ? On peut le pousser au baptême, mais non à la foi. L'homme, être intelligent, raisonne : l'enseignement, le zèle de la prédication, doivent l'amener à reconnaître la vérité de notre sainte foi. Et la prière surtout doit faire descendre sur lui la clémence de Dieu Tout-Puissant ; car la parole retentit inutile, si la rosée de la gràee n'humecte pas le cœur de l'auditeur (1) ». Les papes ensuite respecteront cl feront respecter la liberté de conscience des Juifs. Assurément, pour nos yeux modernes, surtout si notre vue, se faisant unilatérale, considère les prescriptions sans en rechercher les motifs, le traitement légal des Juifs, cantonnés dans un Ghetto verrouillé, obligés de porter certains vêtements distinctifs, paraîtra humiliant et vexatoire; mais eu égard aux mœurs de Pépoque, les Juifs jouissaient de la liberté de conscience alors possible. Et l'insistance mise par les Papes à la protéger et à la garantir, leur vaudra de la part des Juifs des démonstrations de reconnaissance (2). Et maintenant encore, les pionniers

(i) Ép. 37, édit. Frobenius, t. 1, p. 42. Voy. aussi p. 51. (M. P. L. t. 100, col. 194 et 205.)

(2) Voy. les témoignages dans 1)' Graez, Gesehichtc (1er Jnden, t. 5, p. 41 et 51 ; t. 6, p. 282; t. 7, p. 110. « Les successeurs de S. Pierre, dit col auteur prévenu contre

de l'Évangile qui s'élancent sur les traces de Xavier, se présentent devant les" chefs minuscules des villages indiens ou congolais, avec une déférence, un respect de la liberté, identiques au fond à ceux que leur illustre devancier et patron manifestait à la cour des rois Japonais. « Nul ne doit être mené de force à la foi (1). » « C'est le propre de la religion de ne pas contraindre, mais de persuader (2). » Ces deux formules lapidaires sont, l'une de S. Augustin, l'autre de S. Athanase, Les procédés violents des Ariens arrachent au grand Hilaire de Poitiers une protestation indignée, où il se prétend l'écho de toute la hiérarchie catholique. « Dieu apprend à l'homme à le connaître plutôt qu'il ne l'y force. Il l'amène à l'obéissance par l'admiration de ses œuvres célestes, et il dédaigne une volonté qui cède à la coaction. Si l'on mettait cette violence au service de la vraie foi, l'épiscopat y opposerait la barrière de ses principes. Dieu, proclamerait-il, est le Seigneur de l'Univers. Il n'a pas besoin d'un hommage forcé : Il ne requiert aucune confession contrainte. Nous ne pouvons accueillir

l'Eglise, se firent un point d'honneur de mettre les Juifs à l'abri des injures. »(T. 5, p. 41.) Parmi leurs bienfaiteurs, il cite notamment S. Grégoire le Grand, Alexandre III qui, à son retour à Rome, fut de leur part l'objet d'une ovation enthousiaste, et Grégoire IX.

(1) Ad fidem nullus est cogendus invitas. (M. P. L. t. 43, col. 415.)

(2) Beouéfktaç LStèv \lt\ dcvayxàÇetv iXkk -v.Hvsj. (M. P. L. t. 25, col. 773.)

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que celui qui consent à être reçu, écouter que celui qui demande à être entendu ; nous ne pouvons marquer du signe chrétien que celui qui fait profession de christianisme (1). » L'ange de l'école ne parle pas autrement. « Les Gentils et les Juifs ne peuvent d'aucune façon être menés par la contrainte à la foi. Croire est affaire de volonté (2). » Libres d'embrasser la foi ou de la rejeter, les adultes décident aussi librement pour leur descendance. Hors l'extrême nécessité que crée le danger de mort, aucun enfant de juif ou d'infidèle ne peut être baptisé contre le gré ou même à l'insu des parents ou tuteurs qui en prennent soin. Au témoignage de S. Thomas, jamais l'Eglise n'admit l'usage de baptiser les enfants des Juifs contre la volonté de leurs parents. « Ce serait, dit-il aller à rencontre de la justice naturelle elle même (3). » Le 18 février 1705, le S. Office rappela qu'il n'est pas permis de baptiser les enfants des infidèles malgré leurs parents. Benoît XIV renouvelle ces leçons dans son Encyclique Postremo, du 28 février 1747. Tous les théologiens et canonistes les enseignent ; et les instructions du S. Siège les ont tellement inculquées, que depuis la déclaration de la propagande du 17 avril 1777, il n'a plus été besoin de revenir sur ce sujet.

(2) Somme théologique, 2, 2, q. 10, art. 8.

(3) Somme théologique, 2, 2, q. 10, art. 12 ; et 3 p. q. 68, art. 10. Voy. aussi De regimine Iudaeorum.

Nous voyons donc que même ces rigueurs tempérées, mentionnées plus haut et dont l'Eglise se sert contre les hérétiques apostats, seraient inopérantes et injustes à l'égard des non baptisés. Lea s'étonne et se scandalise un peu de cette distinction que fait l'Eglise entre les hérétiques, d'une part, et, d'autre part, les Juifs et les infidèles (1), et M. Vacandard lui-même semble y voir un manque de logique (2). Cette distinction n'est pourtant ni mystérieuse, ni subtile. Elle se formule et se pratique tous les jours dans l'ordre politique et civil : les sujets ne sont pas traités comme les étrangers. Si vous vous mettez au point de vue chrétien, vous saurez, vous reconnaîtrez que le baptême inféode à l'Eglise et que l'hérésie constitue une désertion, une révolte de soi gravement coupable devant Dieu, comme résultant d'un abus volontaire de la grâce (3). Au contraire, coupables ou non dans leur conscience, les infidèles et les juifs ne sont pas justiciables de leur péché devant l'Eglise : il ne saurait être question de les contraindre à croire ou de les punir pour leur infidélité. La société chrétienne

(1) Op. cit. p. 274 ou 242, éd. angl.

(2) L'Inquisition, p. 311, note 1.

(3) Nous nous réservons, dans la troisième partie, d'examiner d'un peu plus près l'objet du délit d'hérésie. Nous ne saurions admettre le langage outré de Jean- Jacques. « Que si quelqu'un, après avoir reconnu publiquement les mêmes dogmes (d'une religion d'État) se conduit comme ne les croyant pas, qu'il soit puni de mort : il a commis le plus grand des crimes, il a menti devant la loi. » Contrat social, 1. IV. cb. 8, t. 2, p. 187.

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est seulement en droit de se protéger contre leurs attentats ou leurs scandales. A ce point de vue, les Juifs, dont les livres rendent témoignage à la foi chrétienne ont bénéficié, comme moins dangereux et même relativement utiles, d'un régime quelque peu privilégié. N'oublions pas non plus que les paroles et les actes coupables des chrétiens exercent une influence corruptrice beaucoup plus grande.

Tant qu'il s'agit d'hérétiques qui abandonnent consciemment la foi catholique, leur distinction d'avec les infidèles est manifeste. Mais que dire de ceux qui, élevés dans le schisme et l'hérésie, n'ont jamais eu le sentiment d'appartenir à l'Eglise ? Sont-ils des sujets, parce qu'ils ont reçu le baptême ; sont-ils des étrangers, parce que dès l'éveil de la raison ils n'ont pas été en communion avec l'Eglise ? On ne peut nier, semble-t-il, que le baptême, en donnant une âme au Christ, la donne toujours d'une certaine manière à l'Eglise qui représente et continue le Christ sur la terre. Le dissident chrétien est donc rattaché à l'Eglise d'une manière dont l'infidèle ne saurait l'être : il est capable de recevoir les autres sacrements, il a un titre à la vigilance particulière de l'Église. Nous croyons cependant devoir répondre, que sujets de l'Eglise pour bénéficier de certains droits et faveurs et aussi d'une spéciale sollicitude, ils sont, de par l'erreur de leurs pères, incapables de contumace envers elle ; et par conséquent, ne sauraient donc ni être strictement punis ni violentés dans leur croyance. Au point de vue de la cou-

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