I. TOLÉRANCES ET INTOLERANCES
gion, elle cherche à regagner des enfants perdus : et c'est là du zèle; elle demande l'obéissance à ses sujets, et c'est là de l'autorité. L'intolérance est agressive : et l'Eglise se défend ; l'intolérance hait et opprime : et l'Église aime et cherche à sauver. Des excès ont pu se produire ; quelques-uns, en son nom, ont pu s'emporter trop loin, dépasser les limites ; mais alors, la conscience de ses enfants fidèles, leur douleur, leur pitié pour des victimes intéressantes viennent l'avertir que son cœur doit arrêter son bras (1). Quand la foi seule est en jeu, les violences ne sauraient que momentanément être le fait des catholiques ; normalement et traditionnellement, les catholiques sont alors des opprimés non pas des tyrans.
Une dernière réflexion sur le terme même de Tolérance. L'emploi d'un mot n'implique aucune générosité. Le vrai mérite de la tolérance, ce qui la rend justement populaire, c'est la maîtrise de soi, la modestie dans les appréciations personnelles, le respect de la sincérité d'autrui, la modération dans l'usage de la puissance. Quiconque impose insolemment un concept et un système religieux, politique ou social, n'a aucune part à ce mérite, lors même qu'il lui plairait de décorer sa théorie du nom de tolérance. Beaucoup, aujourd'hui, sous une enseigne trompeuse
(1) Gela s'est vu notamment pour quelques luthériens plus paisibles, condamnés en Flandre sous Charles- Quint.
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de tolérance, déploient une intransigeance absolue, qui ne sera jamais celle de la foi catholique ou de la vérité.