II. — La répression pénale de l'hérésie
Sommaire : La répression atteint autrement la faction hérétique et l'hérétique isolé. — Raison de S. Thomas pour cette seconde répression. — Argument tiré de la promesse faite à l'Eglise. — Critique de ces arguments. — Le délit et les persuasions intérieures du délinquant. — Conditions requises et suffisantes pour qu'il y ait délit. — Juste mesure de la peine. — Application à l'hérésie. — La simple abstention peut être punissable, mais la faute sociale est moins grave. — Différence entre l'incrédule et l'hérétique. — Bonne foi, beaucoup moins vraisemblable jadis. — Pourquoi les non-baptisés échappaient-ils aux sanctions pénales? — Que dire de ceux qui sont élevés dans l'hérésie ?
Le problème théorique de la répression pénale de l'hérésie se présente sous un aspect tout autre, du moins extérieurement, pour la faction hérétique et pour l'hérétique isolé.
La faction hérétique forme une bande remuante d'agitateurs qui n'aspire à rien moins qu'à renverser les institutions établies. Elle complote la ruine de l'Eglise et de sa hiérarchie. L'Église se défend contre elle, comme l'Etat russe contre les nihilistes. Et à l'époque où la religion catholique se trouve à la base même de la société, la faction hérétique apparaît nettement révolutionnaire. Dès lors, malgré l'inégale étendue des responsabilités, chefs et adhérents tombent sous les coups de la justice, sans qu'il