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III. SUITE ET PROGRÈS DE LA THEORIE

notre sentiment. Sujets de l'Église pour bénéficier de certains droits et faveurs comme d'une spéciale sollicitude, ils sont de par l'erreur de leurs pères, incapables de contumace envers elle, et ne sauraient par conséquent être strictement punis ni inquiétés pour leur croyance. Et nous avons étendu notre doctrine aux enfants dont les parents sont depuis longtemps séparés de l'Église.

Concluons. Les pénalités contre les hérétiques ne démontrent donc pas une intolérance qui, méconnaissant le caractère gratuit des dons divins et le caractère volontaire de l'acte de foi, viserait à obtenir des conversions forcées.

III. — Conservation et progrès dans la théorie de la tolérance

Sommaire : Parole de M. Yacandard et du baron von Hertling. — L'Eglise n'a pas été dominée par deux traditions contraires. — Les principes sur la répression et la tolérance des erreurs religieuses sont restés les mêmes. — Mais les progrès de la science criminelle, de la science politique, de la science théologique, et les leçons de l'expérience permettent des applications très heureuses, en rapport avec les circonstances actuelles.

« La théorie des écrivains catholiques, observe M. Vacandard (1), est partie du principe de la tolérance absolue pour aboutir à la peine de

(1) L'Inquisition, p. 250.

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mort par le feu. » Et, au commencement de ce siècle, le baron von Hertling partageait cette impression quand il s'écriait au Reichstag : « Nous sommes pour les premiers chaînons de la tradition, non pour les seconds. »

Est-il vrai que, sur la tolérance, deux théories contraires ont successivement rallié les écrivains catholiques ? La tradition se composet^elle réellement de chaînons disparates et inaccordables entre eux ?

Prises à la lettre, ces assertions reçoivent des faits eux-mêmes un démenti formel ; des impropriétés de langage peuvent seules les expliquer ou les excuser.

Le principe de la tolérance absolue (M. Vacandard parle évidemment de la tolérance civile) conteste, en tout état de cause, à l'autorité, le droit de garantir par des sanctions civiles l'unité dans la vérité religieuse. Ce principe ful-il, à un moment quelconque, accrédité dans l'Eglise ? Déjà à l'époque des persécutions, du temps même des apôtres, l'hérésie essuie de la part des autorités ecclésiastiques la réprobation la plus énergique, qui témoigne plutôt dans un sens opposé à la tolérance. Sans doute, tout en lançant ses foudres spirituelles, l'Eglise s'abstient alors de mesures coercitives, qui ne sont pas en son pouvoir ; et ses écrivains opinent que les retours à la foi doivent, comme les premières conversions, s'obtenir par la douceur. Mais aucune parole autorisée ne condamne absolument tout emploi de la force au service de la religion.

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