‹ La topographie cranio-cérébrale, applications chirurgicalesChapitre 10 sur 26 · SILLONS ET CIRCONVOLUTIONS DU LOBE FRONTAL · texte numérisé non relu

SILLONS ET CIRCONVOLUTIONS DU LOBE FRONTAL

Le lobe frontal est situé en avant de la scissure de Rolando.

Sa face externe, la seule que nous ayons à considérer, comprend quatre circonvolutions, qui sont : la frontale ascendante et les 3 circonvolutions frontales désignées sous le nom de lre, 2e, 3e circonvolutions frontales (antéro-postérieures) eu commençant par en haut.

Frontale ascendante et sillon précentral.

Cette circonvolution, que tous les auteurs ne regardent pas comme faisant partie du lobe frontal, court en avant du sillon de Rolando et en arrière des 3 circonv. frontales, dont elle est séparée par le sillon précentral, prérolandique, ou frontal transverse.

Heftler, en 1873, a trouvé ce sillon à une distance de 20 à 40 millim. en arrière de la suture coronale à la partie supérieure et à 10 millim. environ à la partie inférieure. Turner indique que la circonvolution frontale ascendante se trouve dans ce qu’il appelle Y « aire antéro-pariétale », c’est-à-dire derrière la suture coronale, le 1/3 inférieur dans l’aire inférieure, et les 2/3 supérieurs dans l’aire supérieure.

Mais il la recule un peu, puisqu’il place les origines des

3 circonvolutions frontales en arrière de la suture coronale aux distances suivantes : pour la lre, 1 pouce, 2 ou 1,3 (30mm,5 à 33) ; pour la 2e, 1 pouce environ (25mm,4) et pour la 3e, un peu moins d’un pouce.

De même Broca, de la Foulhouze et la plupart des auteurs qui se sont occupés de la question ont trouvé inutile de déterminer cette circonvolution et le sillon plus ou moins complet qui la borde en avant, étant connu qu’ils sont parallèles à la scissure de Rolando. C’est aussi lavis de Poirier.

Reid (1884), dit que la circonvolution frontale ascendante occupe parallèlement à la ligne rolandique un espace de 3/4 de pouce (19 millim.)

Pour Horsley (1887), le sillon précentral ou vertical court immédiatement en arrière de la suture coronale. parallèlement au sillon de Rolando. Il court en haut et un peu en arrière, si bien que quand une tangente au bregma se trouve dans un plan horizontal, il occupe une position tout à fait verticale, d’où son nom de sillon veitical. Le sillon monte jusqu’au millieu du pied de la circonvolution frontale moyenne. La largeur de la circonvolution qui sépare le sillon précentral de la scissure de Sylvius est de 1 centim , largeur à peu près constante. La circonvolution a son extrémité inférieure immédiatement sous l’angle antérieur et inférieur du pariétal.

Dana (1889), accepte les résultats obtenus par Horsley ; le sillon se trouverait, selon lui, à 2 millim. en arrière de la suture à son extrémité inférieure ; et à sa partie supérieure, répondant au niveau de la partie moyenne du sillon de Rolando, il serait à 4 millim. en arrière. En résumé, pour Dana, le sillon précentral est parallèle au sillon de Rolando et court de 2 à 2 centim. 1/2 en avant de lui.

Muller (1889), a découvert par son procédé la circonvolution frontale ascendante par les trous 19 et 20, 17 et 18, et quelquefois 13 et 14. (Y. fig. 3 et 4).

Première et deuxième circonvolutions frontales et sillons frontaux.

Les sillons frontaux et les circonvolutions frontales présentent tant de variétés dans les différents cerveaux et d’un côté à l’autre d’un même cerveau que l’on ne peut prétendre trouver avec précision leur situation sur le vivant. Néanmoins, certains points de repère ont été donnés qui permettent d’arriver à des résultats assez approchés.

La limite postérieure ou « origine » de ces circonvolutions nous est connue par la situation de la frontale ascendante. Il ne reste donc qu’à voir leur hauteur relative.

Turner les place toutes deux dans la zone an téro- pariétale supérieure en arrière, et les régions frontales supérieure et moyenne ; c’est dire qu’elles sont toutes deux situées au-dessus de la ligne courbe ou temporal. La lie circonvolution frontale supérieure correspondrait à l’aire frontale supérieure et la circonvolution frontale moyenne à l’aire frontale moyenne qu’elle pourrait déborder légèrement en arrière et en bas.

Les recherches de Broca (1876) , confirment celles de Turner, le second sillon frontal correspond presque toujours d’une manière assez exacte à la crête temporale de l’os frontal; plus en arrière, ce sillon passe à peu près sous le stéphanion qui serait situé entre la 2e et la 3e circonvolution frontale.

De la Foulhouze, Anderson et Marins, ont trouvé des variations si considérables qu’ils ont renoncé à les déterminer.

Reid (1884), conclut de ses expériences que le premier sillon frontal correspond à une ligne menée du trou susorbitaire à 3/4 de pouce (19 millim.) en avant de la ligne rolandique en suivant une direction parallèle à la scissure interhémisphérique, et que le second sillon frontal correspond à la partie antérieure de la crête temporale. C’est, en somme, ce qu’avait dit Turner.

Pour Horsley (1887), le sillon frontal supérieur commence au milieu de l’espace compris entre le sillon de Rolando et une ligne qui continue le sillon précentral. Le sillon frontal inférieur se détache du sillon pi écentral. 11 correspond à la ligne courbe temporale supérieure. Les deux sillons frontaux courent en avant et un peu en bas, parallèlement à la scissure interhémisphérique.

Pour Hare (1888), la partie postérieure du sillon frontal inférieur est à 1/2 pouce au-dessus de la scissure de Sylvius, et le sillon a une direction perpendiculaire à la branche ascendante de la même scissure.

Dana (1889) admet les descriptions de Reid et de Horsley. Il place l’extrémité postérieure du sillon frontal supérieur à 2 centim. ou 2 1/2 en avant du sillon de Rolando. Le sillon inférieur part du sillon précentral, passe un peu au-dessus du stéphanion et suit à peu près la crête temporale.

Dans le procédé de Müller (1889), les trous 1 et 2, 5 et 6, 11 et 12, 3 et 4, 9 et 10 tombent sur les deux circonvolutions frontales supérieures. De même un peu les trous 19 et 20. (Y. fig. 3 et 4.)

Les rapports de la bosse frontale avec ces sillons sont assez importants à connaître, car ils semblent différer chez l’enfant et chez l’adulte, comme nous le verrons.

Pour Turner la bosse frontale peut correspondre au sillon frontal supérieur, ou, ce qui ne serait pas rare, à une circonvolution de dédoublement.

Broca trouve le plus souvent la « fiche » frontale dans la 2e circonvolution frontale à l’union du 1 /3 antérieur et des 2/3 internes.

Pozzi (1877), d’après Texamen des pièces du laboratoire d’anthropologie, trouve la bosse frontale au niveau de la partie antérieure de la lre circonvolution frontale.

Poirier (1890) est complètement de l’avis de Broca.

Nous avons généralement trouvé le second sillon frontal un

peu au-dessus de la ligne courbe temporale inférieure, et le plus souvent correspondant à la ligne courbe supérieure. Le 1er sillon trontal est à peu près à égale distance du 2e sillon et de la ligne médiane, généralement un peu plus près de cette dernière.

Troisième circonvolution frontale.

La 3e circonvolution frontale, grâce à l’importante découverte faite par Broca du centre du langage articulé, mérite une description spéciale.

Cette circonvolution sinueuse se compose de diverses parties auxquelles tous les anatomistes ne donnent pas les mêmes noms. La partie qui se trouve située en arrière de la branche verticale se nomme pied de la circonvolution, opercule ou pli operculaire ; immédiatement en avant se trouve le cap ou pli triangulaire ; en avant se trouve le pli orbitaire.

Broca, en 1861, lors de sa découverte du centre de la mémoire motrice des mots, dont il plaça le siège dans le pied de la 3e circonvolution frontale gauche, indiqua la manière de le déterminer sur le crâne : prenez 5 centim. en arrière de l’apophyse orbitaire externe, sur une ligne horizontale : et, au point obtenu, élevez une perpendiculaire sur cette ligne et mesurez 2 centim. Sur le crâne dépouillé des téguments, la partie inférieure de la suture coronale indique la limite antérieure de la région ; la limite inférieure (scissure de Sylvius) se reconnaît en marquant un point à un centim. au-dessus de la ptère , et en menant de là une droite tangente à la suture écailleuse.

Pour Pozzi, il faudrait prendre 15 millim, en arrière du ptérion et 2 centim. au-dessus de la suture écailleuse.

Pour Turner (1873), la 3e circonvolution frontale est située en grande partie dans la région frontale inférieure.

Les rapports de la branche antérieure de la scissure de

Sylvius nous ont permis de reconnaître ceux du cap et du pied de la 3e circonvolution frontale. Nous pouvons ajouter cependant que pour Férè, le ptérion répond à l'intervalle des deux plis ; pour Broca , il est situé un peu plus en avant ; pour Ecker un peu plus en arrière, car pour ce dernier, la suture coronale passerait sur l’opercule, au niveau du commencement de la scissure de Sylvius

Dans le procédé de Muller (1889), les trous 7 et 8, faits aux 25/100 de la ligne de jonction des 40/100 antérieurs des deux arcs horizontal et sagittal tombent dans la circonvolution frontale inférieure, dans le cap et un peu dans le pied. Pour trouver la partie postérieure de la 3e circonvolution frontale, Müller réunit les 40 °/0 de ses 2 arcs (horizontal et sagittal) et prend 20 °/0 de la ligne de jonction.

Poirier pour découvrir le cap se sert de la ligne « nasolambdoïdienne » qui passe constamment sur le bord inférieur du cap au-dessus du milieu de l’apophyse zygomatique, et l’on verra que nous indiquons nous-mêmes de trépaner un peu audessus de la ligne orbito-lambdoïdienne et à 35 ou 40 millim. de l’apophyse orbitaire externe pour découvrir le centre cortical du langage articulé (région de Broca de la 3e circonvolution frontale).

Page 1