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d'une chapelle dédiée à Sainl-]\iartin. .
Derrière est un impasse au fond du- ((uel , sur la droite, on aperçoitles vesti£fes d'une de ces tours carrées si
nombreuses à Florence. C'est 1.i maison qu'habitait le Donle. La face en est armée de çjrandes j)ierres saillantes au milieu desquelles les voisins, qui étaient du même parti , dans le temps des Guelfes el fks Gibelins^ établissaient des p<mts en planches, d'où ils assommaient leurs ennemis à coups de pierres.
En quittant le mausolée de ce g^rand homme, pour qui Florence avait été, ainsi que lui-même l'a di t, ^am matc/omorû, une mère de peu dTaraour, on renoMitre le mausolée de Galilée, âeré, à I époque de la plus grande corruption du goût , et qui ne s'en ressent que trop. Son buste est ce qu'il y a de moins mauvais dans la composition entière. Dans la mauvaise exécution de ce monument, peut-être faut-il Toir une allégorie, peut-être a-t-on voulu rappder que Galilée naquit deux jours avant la mort de Micbel-Ange , c'esth-(lire deux jours avant la mort de la sculpture, qu'il ne devait être accordé qu'à Canova de faire revivre en Italie.
Personne n'ignore, dit lady Morgan, comment Galilée, pour avoir en»
saigné le système de l'unÎTers td qu'il avait été découvert par Copernic, ce système maintenant familier h l'enfance elle-même, fut déclaré par l'inquisition coupable d'avoir avancé une doctrine hérétique daru la foi et fausse en philosophie. Condamné à une mort liorniile pour avoir dit que le monde tournait autour du soleil, il j échappa en déclarant publiquement et à genoux que le monde ne tournait pas, et en protestant qu'il ne troublerait point Vordre social par de telles innova tioas
ENCE. 69 contraires aux systèmes établis. Ayant ainsi enduré une loojrue et humiliante pénitence, et une pénible incarcéra- Uoii dans les cadwts de l'inqutsiti^Mi , où pour consolation du moins il eut la visite d'un homme diijne de l'apprécier. Mil ton, il fut banni à Florence.
Perdu pour le monde, ploni^é dans un triste abandon, ses yeux se tournèrent encore %'crs le ciel, où il avait lu les plus sublimes vérités, et ils se fermèrent pour toujours. H mourut pauvre, exilé, dans la disj^âce de son souverain et de l'Fi^lise. Ses crimes étaient : l'invention du télescope , l'observation des phases de Vénus, l'examen du mouvement du pendule , et la véri6cation de la théorie des deux , en un mot TamélioFation de la condition humaine en étendant la sphère des connaissances.
Arrivons au lieu où repose la cendre de Machiavel , qui , dcjiosée à Sainte-Croix, fut près de trois siècles sans recevoir d'honneurs et de disiincticm. Dans l'histoire de l'humanité , sous chaque grand nom on peut lire prescpie toujoorsnnevictime deringratitude des hommes : en voici de suite trois illustres exemples. Le tombeau actuel ne fut élevé qu'en 1 767 , et , chose singulière , ce fnt le nom d'un Anglais, d'un pair, lord NasMO Clavering, comte Cooper, l'éditeur de ses oeuvres in-4*., qui figura en téte delà souscription , composée de Florentins et approuvée par Léopold. Une figure emblématique , que le cicérone affirme tenir d'une double nature et être à la fins l'histoire et la politique, est d'un goût médiocre , sans doute pour continuer jusqu'au bout le troisième exemple d'ime reconnaissance tardive et mal servie dans son inspiration. L'idée de Machiavel, représenté balançant le poids d'une épée par celui d'un rou«
tesn de papier, est ingéoieoie. Maisee ^u'il y a de mieux est llnacription :
Tanto nonUni nnUitm pàr elogium.
Point d'éloge au niveau d'un tel nom.
Le secrétaire cîc la république florentine , celui que Bàcon a nommé l'ami du peuple, que Rousseau a proclamé le défeiueur de nadépendance, en qui Voltaire honorait le SaUusIe et l'Aristopluioe delltalie, a été pendant M vie» et plus encore s'il se peut après sa mort, l'objet des opinions les plus contradictoires. Quelque motif qui lait animé duns la composition de ses écrits , qu'il ait agi en faTeur des princes pour leur donner des leçons, que vraimient il regardait comme les meilleures, on qu'il ait touIu fairelasatire delà principauté, on ne peut l'accuser de cupidité honteuse ou de bassesse de caractère.
La lettre suiTante, qu'il écrivait à François Vettori en décembre i5i3,et qui jusqu'en 1810 avait échappé aux nombreux éditeurs de ses œuvres, donne des détails sur sa vie privée après sa disç^râce ; c'est un délicieux tableau des mœurs de la campagne à cette époque. La traduction est de M. Periès , à qui nous dévons, depuis i9a3, une traduction complète des «nxvres.
«J'habite dans ma uilla, et, depuis les derniers malheurs que j'ai éprouvés, je ne crois pas avoir été vingt jours en tout à Florence. Jusqu'à ce moment je me suis amusé à dresser de ma main des pièges aux grivetf; je me levais h cet effet avant le jour ; je tendais des çlunux, ot j'allais en outreavec un paquet de cages sur le dos , ressemblant à Geta lorsqu'il revient du port chargé des livres d'Ampbytrion.
Le moins que je prenais de grives était deux , le plut sept. C'est ainsi que j'ai pMsétont lemois de septemhré. Maiii^
tenant voici la vie que je mène anjmir* dliui. Je me lève au soleil; Je vais
dans un de mes bois quejefais coitper:
j'y demeure deux heures à examiner l'ouvrage qu'on a fait la veille, et à m'entretenir avec les bûcherons , qui ont toujours à se plaindre de quelq^ue malheur arrivé k eux ou k leurs voi* sins.
» Lorsque je quitte le bois je me rends auprès d'une fontaine, et de là
à mes gluaux , avec un livre sur moi , soit Dante, soit Pétrarque, soit un des petits poëteSjtels queXibulle, Ovide, Catulle et autres de ce genre* Je lis leurs plaintes passionnées et leurs transports amoureux; je me rappelle les miens , et je jouis un moment de ce doux souvenir. Je m'en vais ensuite à rhôtelleric qui se trouve sur le grand • chemin, je cause avec les passan8,je leur demande des nouvelles de leur pays , j'apprends un grand nomlffe de dioses, et je remarque la diversité qui existe entre les goûts et les esprits de la plupart des hommes. Sur ces entrefaites arrive l'heure du dîner; je mange avec ma famille le peu de mets que me fournissent ma pauvre petite f^Eta et mon chétif patrimoine. Lerepas fini, je retourne à l'hôtdlerie; j'y trouve ordinairement l'hôte ainsi qu'un boucher , un meunier et deux chaufourniers. Je m'encanaille avec eux tout le reste de la journée, jouant à cn'cca (au brelan) ou au trictrac. 11 s'âève mille disputes; àmille emportemensse joignent mille injures , et le plus souvent c'est pour un liard que nous nous échauffons , et que le bruit de nos querelles se fait entendre jusqu'à Sauras* ciano.
• C'est ainsi que, plongé dans enlle i|pioUe existénce , je tâche d'empédier môn-oerveau de se moisir, et que j'a • mortisla malignité delà fortune qui me
pourtait. Je Tois avec plaisir qu'dle ail pris ce moyen de me fouler aux pieds, et je veux connaître si elle n'auru pns honte de me traiter toujours avec cette rigueur.
» Le soir venu, je m'en retourne au logis et j'entre dans mon cabinet. Je me dépouille sur la porte de ces habits de paysan souillés de poussière et de boue, je me revêts d'habits de cour ou de mon costume; et, habillé d'une manière convenable, je pénètre dans l'antique sanctuaire des grands hommes des temps passés. Accueilli par eux avec bmité et Inenveillancei je me repais de cette nourriture, qui seule est faite pour moi, et pour lafiuclle je suis né. Je ne roupis pas de nrcnlrelenir avec eux , de leur demander comple de leurs actions. Ils me répondent avec bonté, et pendant quatre heures j'édiappe k lout ennui , j'oublie tous mes chagrins, je ne crains plus la pauvreté, et la mort ne saurnit m'épouvnnter. Je nie transporte en eux tout entier. Et comme Dante a dit : 11 n'yn point de science si l'on ne relient ce que Ton a entendu-, j'ai noté tout ce qui, dans leur conversation, m'a paru de qucUqu'iraporlnnce, et j'ai composé un opuscule de Principatibus , où je me plonj^e autant que je puis dans les profondeurs de mon sujet , recherchant quelle est l'essence des pouvoirs, de combien de sortes il en existe tCom* ment on les acquiert, comment on les maintient, et pourquoi on les perd; .et si mes rêveries vous ont plu quelquefois, celles-ci ne doivent ]>as vous être désa|;rcnbles. ■ Plus loin se plaignant de ce qu'on ne l'emploie pas et que ses lalens sont cradamnés à l'oubli :
«Quant à mon ouvrage, s'ils prenaient la peine de me lire, ils verraient que, les quinze années que j'ai élc occupe de l'étude des aflaires , je ne les ai em-
XCB. 71 ployées ni à dormir ni k jouer. Chacun devrait tenir à se servir d'un homme qui a déjà acquis , aux dépens <les autres, l'expérience qu'il possède. On ne devrait pas non plus douter de ma fidélité, car si jusqu'à ce jour ja l'ai scrupuleusement gardée , ce n'est pas aujourd'hui que j'apprendrais à la trahir : celui qui pendant quarante-trois ans a été fidèle et honnête homme, et tel est mon â|re actuellement, ne peut changer de nature. Et le meilleur garant que je puisse donner de mon lion* Beur et de ma probité, c'est mon indigence» »
Rentrons à S.mta-Croce et visitons le tombeau de Michel -A n!;e. Mort à Rome à quatre-vingt-dix ans, il devait être, par ordre du pape, enterré à Saint-Pierre; mais Gôme de Médicis, jaloux d'une tdie conquête, le fit enlever de nuit et transporter à Florence; il fournit les marbres de la sépulture.
Le détail de ces funérailles révèle la rivalité qui existait, dès celte époque, entre les deux arls de la sculpture et de la peintures
• On députa deux pnntres et deux sculpteurs pour aller recevoir les dépouilles mortelles de ce jçrand homme.
Au nombre de ces artistes fut messire Benvenuto Cellini (c'est le premier acte où l'on voit donner le lilre de messire & Cdlini). Les restes de Michd-Ange furent déposés dans l'église Sainte- Croix où ils sont encore aujourd'hui.
On avait fixé le jour de la cérémonie au 18 juin , mais elle ne put avoir lieu avant le i4 juillet. Dans cette occasion les peintres ayant eu le pas sur les sculpteurs, les anciennes querdles qui avaient divisé les artistes recommencèrent avec plus de chaleur. On écriTÎt avec acrimonie de part et d'autre, oubliant que Michel -Ange lui-même
avait ordonnédecestercMdiMOMiODt, qui faiMianl* perdre plus de temps qu'il n'en fallait pour exécuter de beaux ouvrages. Le caractère inflexible et orgueilleux de Cellini , et la haute estiitie qu'il avait pour son art, devaient l'entraîner dans la lice. C'est alors, en efiet, qu'il écrivit son discours sur la prééminence de la sculpturè sur la peinture (i). »
Ces querelles entre deux classes d'artistes, qui procèdent dans leur imitation de i.i nature par des moyens si diflérenSfSont encore loin d'être éteintes aujourd'hui. 11 en est de même au surplus entre les prosateurs et les poètes.
Le reproche à faire au tombeau de Michel-Aniie , composé de Iroisslnlues d'habiles s< ulplfur8, Giovanni dcH* opéra, de Cioli et Lorenzi, c'est que chacun d'eux a plus songé à l'eflèt particulier de sa statue qu'à l'efièt de l'en»
semble. 11 va sans dire que ces trois statues sont nécessairement l'architecture, la sculpture et la peinture.
L'intérêt qu'éveille la vue de ce monument s'accroit encore, quand on se rappelle que devant lui le génie de Victor Alfieri aimait à venir s'inspirer.
C'est là que pour la première l'ois il avait senti dans son cceur s'allumer la soif de la gloire. 11 voyait le £i;énie donnant l imranrtalité à l'obscurité plébéienne, et il résolut de suivre la route brillante de la renommée , de confier le nom d'Âlfieri à de plus hautes destinées que cdles qne le bkwm piémontais lui avait préparées.
Plus tard , sur le déclin de sa vie , il était revenu souvent y méditer. Fos-
(i) CzCnit de la vie de !B«iiv«BntoCdliiii,
traduite par M. D. D. F«rjasse , a vol. ln-8., fif J*aru, i833. Cette traduction «M faits d'afiéa te nattiiterit Mtographe noavdlMwat ééfnavert*
colo l'a peint en beaux vers dans ces ardentes rêveries : « Et à ces marbres Y io
tor vint souvent s'inspirer. Indigné contre les dieux delà patrie, silencieux, il errait laoùTArnocoulait le plus solitaire, contemplant avidement et les champs et le ciel; et comme aucun aspect -vivant ne calmait son angois« se, il s'arrêtait id , sombre et portant sur le visage la pâleur et l'espoir de î;i mort. «
Sa lombe est entre celles de Michel- Ange et de M.ichiavcU ^l'oble place!
répétai«je avec lady Morgan. On lit en latin : ■ A Victor Alfieri , né à Asti , Alofse, de la maison priucière de Stolberg, comtesse d'Albany. »
Le poëte en av.iit composé une touchante pour sa noble amie, pour sa d.imc comme il l'appelait : ia mia donna.
«Ici repose AIoTse Stolberg, comtesse d'Albany, illustre par ses afenx , célèbre par les grâces die sa personne, par les agrémens de son esprit et par Ta candeur incomparable de son âme. Inhumée près de Victor Alfieri dans le même tombeau , il la préféra pendant vingt-six ans à toutes les choses de la terre. Afortelle, die fut constamment servie et honorée par lui, comme si eUeeùt été une dirinité. »
La note qui accompagnait l'épitaplie était aussi belle de simplicité t « Ainsi j'ai écrit, espérant, désirant mourir le premier; mais s'il plait à Dieu il faudra autrement écrire; inhumée par la volonté de Victor Alfieri,* qui sera bientôt enseveli près d'elle dans le même tombeau. »
Aujourd'hui Aloïse repose sous les mêmes voûtes que son noble ami.
M. Simond, qui d'habitude n'est pas louangeur, s'exprimaitainsi en parlant d'dle en 1 897 : « Les étrangers sont très-curieux de voir la comtesse d'AI*
FLORENCE ^3 banj , veure de Charles fidonard , <at>isMnt , celui de fiuonarotli , porté
dernier des princes anglais déchus du trtoe , que l'on suppose être aussi Teuve en secondes noces ilu Shaks* pcire de l'Italie , Alfieri . Elle conserve encore, maljjré son âge, delà fraie heur et delà beauté; sa taille est majestueuse, ses manières ouvertes et franches; Vallemand est sa lan^e maternelle, mais die parle fort bien le français et l'italien et entend ranglais.Yeuve d'un Stuart, elle n'est pourtant pas ultrhroyaîiste, et, quoique femme, scsnpinions politiques sont modérées. Elle a yîsité l'Angleterre, et a demeuré en Franee, o& die se tronva au oommeocement de la révolution. La sodété que l'on rencontre chei cette dame est très-variée et en grande partie composée d'étrançrers.»
Le toniheau d AlOeri fut l'œuvre de Cauova , qui paja cet hommage de son beau talent à la mémoire de deux amans dont il avait eu l'amitié* Un classique toscan ne manqua pas de me dire : C'est la tombe de Sophocle par Phidias. Le monument est beau; mais Canova a souvent fait mieux; les critiques prétendent qu'ici sa scnsihilité a nui au développement de tout son j;énie. C'est lllalie couronnée d'un diadème de tours qui pleure sur une nrnc funéraire. Dans un médaillon au milieu dubuste est le portrait du poêle; vivante imai^e des traits spirituels et expressifs de l'original.
Le tombeau de la comtesse est l'œuvre d'un artiste français, M. Percier i il est digne de la réputation de l'artiste.
Près du bénitier une inscription, fort ancienne et à jicu près ellacée, indicpie la sépulture d'un Bonaparte; c'était l'aurore d*nn nom colossal qui tlnscrivait déjà à c6té de grands noms.
Si ce nom était destiné k aller en
par un neveu de Michd-Ange , n'était pas réservé k la même progression.
L'érudit neveu a Idsié, me dit-on,
soixante volumes manuscrits sur les antiquités grecques et latines. Excellent homme, il faisait mon métier, il décrivait du moins des monumens, faute d'en savoir créer ainn que son onde!
Je saluai encore souscesvoùtesqud* ques illustrations de second ordre : un Arétin, qu'il ne faut pas confondre avec son homonyme de sale mémoire , et qui écrivit, non des ordures et des satires atroces, mais une grave et patriotique histoire de Florence, et lut biographe de Gicéron , du Dante et do Pétrarque ; Lanzi, h qui l'on doit une excellente histoire de la peinture en Italie; ISardini, célèbre joueur de violon; Filicaia , dont le nom rappelle de beaux souvenirs de vertu, de génie et de patriotisme, elle plus noble diant qu'ait inspiré l'amour de l'Italie, etc.
En sortant de Santa «Croce et redescendu des hauteurs poéticjues sur la terre , la réflexion que Biron a confiée à sa correspondaace me revint en pensée t
• L'église de Santa*Croce contient ' beaucoup d'illustres néans. C'est le Westminster- Abbey de l'Italie. Je n'ai admiré de ces lombes que ce (ju'ellcs renferment. Celle d Aliieri est lourde, et toutes me semblent surchargées.
Que faut-il de plus qu'un buste, un nom, et peut-être une date? la der^ nière pour les i^rnares en chronologie tel que moi. Mais toutes ces allégories et apothéoses sont choses infernales et pires que les longues ])erruques des têtes anglaises plantées sur des corps romains, dans la statuaire des règnes de Charles II, de Guilbume et d'Anne. *
Le couvent de Sainte-Croix , remis Laurent ) ont formé deux brandies dit* h neuf du haut en bas, et fort bien en- tinctes de la maison de Médicis : celle tretenu, forme un contraste marquant de Cosme terminée nux deux pape» avec l'extérieur de l'église. Là, me di- Léon X et Clément Yll, et celle de 8iii-je en entraot, Sixte-Qoiat a long- Laurent. qui a fourni les ducs de Tôttemps récn simple moine, consacrant cane. Le premier, qui prit le titre de son temps à Vétude et à la duplicité, grand -duc fut Cosme I"., souvent jouant l'infirme et se préparant h éton- confondu avec Cosme le père de la ner le conclave par sa terrible excla- patrie.
mation sortie d'une poitrine si forte: L'éfxlise est simple, imposante rt
Je suis pape. Clément XIV y a rem- gothique; elle rappelle admirablement
pli l'office de lecteur. Aux religieux l'époque à laqudle on l'a élevée et son
conventuels de Saint «François, qui digne fondateur, dont le monument
l'habitent, fut assigné autrefois, par par Donatello est un modèle de grâce
Urbain IV, le tribunal de l'inquisi- et de simplicité,
tion, qui obtint de la république des La sacristie, observe la ly Morgan, a
exécuteurs et des prisons particulières, un autre caractère, et marque une au-
où l'on était enfermé au moindre tre période de la fortune de cette mai -
soupçon d'hérésie; un seul témoin snf- son. Léon X en ordonna l'érection à
fisait pour laire c(»idamner. Michel- Ange, et cet artiste la com-
Aujourd'hui l'hérétique anglican y niença aux dépens de Clément VII.
pénètre, non chargé de liens, mais dé- Ces deux papes la destinaient à dcvc-
liant sa bourse pour le frère laï qui lui nir un monument sépulcral ])Our leur
raconte toutes ces liisloires. 11 admire famille. Les tombeaux de Julien ( t de
dans le premier cloître la chapelle de Laurent sont une œuvre vij^oureuse
la fiimille des Paszi, âevée sur le des- édose sous le puissant aseau de Bii-
sin de Brundlesoo (Pl. i5)«et ornée chd-Ange. On admire sur le premier
d'ouvrages en terre cuite vernissée de ses deux figures colossales représentant
Lucca délia Robia , et d'anges en pierre le jour et la nuit. Une vigueur hardie ,
par Donatello. Dans le réfectoire du rude , se déploie dans chaque membre,
second cloître est une céne, œuvre de dans chaque muscle de la statue du
Giolto. jour. Celle de la nuit ressemble à In
L'église de Saint-IiaiireBt (Pl. 17 ], tristesse qui sommeille,
a été érigée en i6a5 sur une ancienne Le quatrain qui lui fut adressé , et
lbndati<Mi (l'oratoire Saint-Laurent), cdui par^equd répondit le statuaire*
par Jean dm Mtdiià^ vieux marchand poète, se trouvent dans tout les livres
républicain, qui trouvait dans sa piété sur l lfalie.
un moyen d'employer le superflu des «La nuit que tu vois sommeiller
richesses, que son industrie et la dans cette délicieuse pose fut sculptée
prospérité dnoimmerce aalioaal lui dansée marinv par un ange, et bien
avaient permis d'accumuler. L'archi- que sommeillant elle a vie ; éveille-la
tecte était aon intime ami et son con- si tu ne me crois pas , elle te parlera.»
citoyen Brunellesco. Ce Jean fut le Réponse: «Il m'est doux de dormir,
père de ce célèbre Cosme qui reçut le et ]diis d'èfre m;ir]>re, l;ml que durent
nom de père de la patrie. le druil cl la lionle; ne ])oint voir, ne
Les deux fils de Jean (Cosme et point sentir. m'est une !;randcfclu-ilt- i