L'1TAL
qui inyite à l'étude. Suivant l'usage Un Plularque du neuvième oa
du temps , les manuscrits sont posés dixième siècle est d'une coosenralion
à plat sur des pupitres auxquels ils extraordinaire.
tiennent par une petite chaîne. Les Un manuscrit de Longus est de-
banctpboétdevaiit et entre les quatre- Tenu célèbre par la tache â*encre de
TÎn^t-huit pupitres pour les travail- Panl-Louis Courrier» faite par éCoitr-
leurs, qui n'y sont pas trop à leur aise, derie^ wAim une dédaration de sa nuun
rappellent des mœurs littéraires d'un jointe aumanuscrit. autre âge. La Laurentienne, qui n'eut La copie des Lettres familicrcs de. long - temps que des manuscrits , en Cicéron , de la main de Pétrarque, d'acompte environ 9,000. Le catalogue des près l'ancien manuscrit qu'il avait le mannacritt grecs, latine et italieiui de premier découvert dans la bibliothèque* Ba^idini, travail de q^nnmte^quatreaB- 4u chapitre de Vérone, ainsi que la. néeSf est un vrai chef - d'oeuvre de mé- copie des lettres à Atticus, prouvent tbode, d'exactitude et de critique. H en le culte qu'il avait voué à l'orateur rocs t de même des catalogues des ma- mnin. Ces copies sont encore remarnnscrits orientaux et hébreux. quahles sous le rapport calligraphique
Le f^irgi/e du quatrième ou cin- et comme roain-d œuvre. La reliure
quième siède est le plue anden ma- n'est que du temps de Gâme. La vieille
wucritde Viiiple. 11 n'y manquait que couverture en bois de ce volume, si
Isii pronlères page»; diles ont été mi- souvent pris et repris par Pétrarque,
racideusement retftipivées à la hihlia- l'avait , par des chutes fréquentes,
•théque du Vatican. tellement blessé h la jambe, qu'on fail-
Les Pandcctvs ^ prises, dit- on , au lit la lui couper : le métier derudit siège d'Amalii par les Pisans, en 1 135, était alors rude et presque meurtrier, sont les plus anciennes connues , et C'est à la Laurentienne que fut dépeuvent être tardées comme l'origi- couverte, à la fin du dernier siècle, la iialdeCotttesnos Pandectes. Apportées lettre superbe du Dante écrite en latin k Florence en i4o6, elles furent pla> à un religieux de ses parens, par lacées au Palais-Vieux ; elles n'étaient fjuelle il refuse , après quinze années , montrées du tempo de la rcpulilique d'acheter, en faisantamende honorable, qu'avec de grandes considérations , eu son retour dans son ingrate patrie, idlumant des cierges et en se mettant Cette lettre n'est point autographe , h genoux. Aujourd'hui un volume ou- on ne connaît rien de l'écriture du vert est exposé sons verre, l'autre est Dante.
serré ; et la faveur d*en toucher les J'ai examiné le manuscrit des tra-
feuillets est accordée avec obligeance gédies d'Alfieri. Peu d'auteurs ontaop
et discernement par messieurs les bi- tant travaillé leurs ouvrages. Idiothécaires. L^n des plus élégans et des ])lus
Deux manuscrits de Tacite sont authentiques portraits de Laurc est iVune date fort ancienne quoique con- celui d'un antique manuscrit du Contestée, zomère qui, s'à n'a point été peini
Une copie éaDeeammrm^ par un d'après l'original, a peut-être été fait
<and de Boccace, a acquis une valeur d'après le portrait contemporain de
inappréciable depuis la perle de l'ori- Simon Memmi. Celui de Pétrarque,
^imd. avec une couronne de laurier par des
FLO&BNGE.
tus aon capudion, Mt beaucoup moins
gracieux.
Un (loiçrt de Galilée est exposé dans un hocal au milieu de la salle Ce doigt avec lequel il avait montré les «Btdlites de Jupiter, cette yéaénàAt rdique de la science, fut dérobé du tonobeaude son martyr à Téglise Sainte- Croix par l'antiq[Uaire Gori.
Depuis le voyage de M. Valéry, une siille nouvelle a dû recevoir une précieuse cuUcction des premières éditions des classiques grecs et latins formée par M. d'Élct de Sienne.
Nous allons dire un adieu aux égli« hcs de Florence par une course à celle de St. -Marc, de 1 architecture de Jean de Bologne , et remarquable par quelques excellens tableaux et statues.
C'est une épitapbe quelque peu fas* tueuse que celle qui orne fe tombeau de Pic de la Mirandole. Il y est dit , dans un'djrstique latin : ■ Gy gtt Pic de la Mirandole. Pour les détails, demandez depuis le Taire jus({u'au Gange et peut-être aux Antipodes. »
Mais il faut reconnaître quece jeune prince, mort à trente-deux ans, fut un Téritable pbénomène. Sa science prodigieuse avait approfondi toutes les croyances ^ptiennes,bâ»rafques, chaldéennes, grecques, latines, arabes , cubnlistiques. On prétend qu'à dix-huit ans il savait vingt-deux langues. A vingt-quatre il soutenait des tbèaes de omni re scilili sur toute . dwse que Ton puisse saroir. A la téle de ces ouvrages setrouTent t^oo conclusions générales sur lesquelles il était toujours prêt à disputer. Quelques élémens de géométrie et de sphère étaient danscettc élude immense, dans ce lourd fardeau dontcette vaste mémoire avait réussi A se charger, la seule chose cpil cAt de l'utilité , tout le reste ne sert qu'à faire voir l'esorit du
temps. C'est le précis des ouvrages d'Albert, surnomme le Grand; c'est un fatras des questions ineptes de l'école ; c'est un mauvais mélange de lu tlicorie scolastiquc et delà philosophie péripatéticienne. On y voit qu'uuange est infini teeurubtm qmd dans tous les sens; que les animaux et les plantes naissent d'une comipti<m animée par la vertu proiluclive, etc.
Dans Je couvent de cette église un dominicain vous racontera comment Jérôme Savonarole, l'ancien prieur, ce smnbre ennemi des SUdicis, s'y enfermait toutes les fois que Laurent, dont la famille avait fondé cette retraite , y faisait une visite ou paraissait dans le jardin.
Une chapelle est construite dans l'enceinte môme des petites chambres qui formaient autrefois ces cdlules ; au dessus de la porte d'entrée on lit en latin:* £0 tfénén^lB pèrè JérâmeSo' vonarole , homme a^astoUgue, a Aabité ces cellules.
11 étJiit né à Fcrrare, d'une famille noble. Dans les troubles qui agitaient Florence il embrassa le parti qui était pour la France contre les Médias. Il prédit que l'église serait renouvelée, et demandait un conseil pour cette réforme et pour la déposition du pape.
1 s'adressait à cet effet à l'empereur Maximilicnct à Ferdinand et Isabelle.
Excommunié par Alexandre VI, il continua ses prédications. Alors le pape et les Médicis se servirent contre lui des mêmes armes qull employait.
Un franciscain fut diargé de soulever un parti opposé d;ins la populace; ce p.nrli se porta à des actes violens, à une attaque du couvent de Savonaro e ; les magistrats, favorables au parti Médicis, saisirent cette occasion de rétablir l'ordre, et Savooarole fut arrêté. 11 passa du dievalet de la tor*
,8 L'ITi ture au iiùclicr, justifiant ce mot que Machiavd avait dit à son sujet : • Les prophètes qui n'ont point d'armée finissent toujours mal, je lui conseille d'en avoir une. »
Voulez-vous quelques lignes du secrétaire florentin, qui me paraissent fort curieuses pour la morale de l'époque?
« Si la fortune est tellement propice à un homme vertymue^ qu'elle le prive de ses rivaux par une mort naturelle, il peut alors monter sans op- ])Osition au faîte delà i^loire , puisqu'il peut faire éclater sans olistacle une t'crlu qui ne saurait plus oflcnser personne. Mais, quand il n'a pas ce botfheur, il faut qu'il cherche à se défaire de ses rivaux par tous les moyens ; et, avant de rien entreprendre, il doit n'en épartnier aucun pour surmonter cette difficulté. Quiconque lira la Bible dans le sens propre, verra que Moïse fut coutraint, pour aflTerinir ses lots et ses institutions, de massacrer une foule d'individus qui , par envie seulement, s'opposaient à ses dessâns. Le frère Jérôme Savonarole était convaincu de cette nécessité. Cependant il ne put parvenir à la surmonter, parce qu il n'avait point l'auLorilé nécessaire , et qu'il ne fut point compris par ceux qui le suivaient et qui en auraient eu le pouvoir. »
Ne vous semhle-t-il pas que ce passage, rapproché de la lettre que j'ai citée plus haut explique en entier Machiavel ? C est un amant passionné de l'étude et de la vérité , sans nul besoin personnel , sans nulle cupidité. H veut le bien, la vatUy quds que soient, il est vrai , les moyens par lesquels on y peut arriver; mais enfin c'est la vertu qu'il veut. Tl y a loin fie là aux calomnies atroces qui l'ont poursuivi pendant sa vie cl plus encore après sa mort.
Dans une de ses lettres, Machiavel donne des détails curieux sur les prédications de Savonarole.
« Il commença son discours par des
prédictions effrayanles et des raisonnemens tout puissans sur quiconque ne les approfondit pas, avançant que ceux qui avaient embrassé son parti étaient les meilleurs citoyens, et qu'il n'avait pour adversaires que les plus
vils scélérats Il fit des fidèles deux
troupes, dont l'une, composée de ses partisans, combattait ?ous 1rs ordres de Dieu, et l'autic, comniandcc par le diable, ollrait la réunion de tousses adversaires Il dit que par les persécutions les, bons croissaient en esprit, parce que l'homme s'unit davantage à Dieu lorsque l'adversité l'environne, etqu'il puise de nouvelles forces en s'approchant davantaj;c de son moteur; c'est ainsi que l'eau cliautle, lorsqu'on la met près du feu ^ devient bouillante parce qu'elle se rapproche
de l'agent qui excite la cluileur
Se servant du passage de l'exode où Moïse tue un Egyptien ; l'Égyptien , dit-il, ce sont les mcclians, et Moïse le prédicateur qui les tue. O K^ypticn ! s'écria - 1 - il , je veux te flonncr un coup de poignard. Et il commença alors à dédiirer les livres et les prêtres, et à les traiter de manière que les chiens n'en voudraient pas manger. »
La parole du réformateur avait tellement de j)ui.s5.ince , et il avait un tel ascendant sur ses concitoyens, qu'il fit une année renoncer au carnaval.
( Gonceves-vous des Italiens qui renoncent au carnaval ! ) A la suite de ses prédications sur le retour aux mœurs austères delà primitive é^ise , c'était à qui de ses sectateurs s'empresserait délivrer aux flammes, sur la place du vieux palais, livres, ta-
Lleaux , insjtrumeiM de musi<£ue, caries
Un jeam bomme du {dus beau talent , Baccio^ surnommé délia Porta , parée qu'il nv,-iit son atelier près de l'une (les portes de la ville, à la suite (l'un de ces sermons, eut horreur des séductions de la peinture , et jelu dans un de ces bûchers ce que son atelier renfermait de tableaux toluptueux. Il prit dès lors Thabit de Sainl-Dominîque , et fut depuis connu dans les arts sous le nom de fra i>arfolomcojOa plus simplement le fratc^ le fn'n e.
Miclicl-An^e lisait avec pUùsir les ouvrages de Savonarole. Gommines, juge si profond, et qui l'avait Tisilé dans son couvent réformé de Saint-IMarr, le répute bon homme. Un poëte platonicien , Tcrôme Benivieni, était son disci|)It; ardent, aussi Lien (jiu- Pic de la Mirandole, qui se | roi)Osait de parcourir le monde, seul, pieds nus et prèduwt l'Evangile. Deux autres disciples, dont les noms ont péri, trou« vèrent en leur sein assez de ferveur pour partager la torture et le bûcher de leur maître. Plus d'adresse et moins de fougue, et le niouvcincnt était imprimé sérieusement à une revoiuliou religieuse; la politique, et surtout l'intérêt des Médids, l'arrêta court. La foi ardente de Savonarole trouva un obstacle plus terrible dans l'indiflérence en matière de relij:ion de la part des hommes d'état que dans le clergé puissant qu'il attaquait, comme le prouve cette anecdote :
n défiait un jour, en plein sénat, un minne qui lui était opposé , de pas- SCT avec lui par les flammes, pour éprouver par le jugement de Dieu de quel cMv était la raison. L'un des sénateurs opina quil valait mieux faire celte épreuve dans .un cuvicr plein
d'eau, qu'elle serait moius pcrillcusu^ et le miracle non moins éclatant en laveur dé celui qui en sortirait sans
être mouillé. Cependant l'épreuTe du feu faillit avoir lieu, entre un disciple de Savonarole et un cordelier qui s'engagea à prouver par cette épreuve que le prédicateur était un scélérat. Le peuple, avide d'un tel spectacle, m pressait l'exécution; les magistrats furent contraints de s'y prêter. Leschampions comparurent devant une foule innombrable ; mais quand ils virent tous deux de san;^-froid le bûcher en flammes, ils Ircmhlèi ont l'un et l'autre, et leur peur commune leur suggéra une commune évasion. Le disciple ne ▼oulut entrer dans le feu que l'hostie à la main, ce à quoi le chevalier déclara ne pouvoir jamais consentir, et l'allreuse comédie préparée en face de la Loggia^ devant le Palais-Yicux , se termina aux approches de la nuit par une pluie violenle qui éteignit le biicher et dispersa l'assemblée.
Je me rappelle que le cœur tout ému de l'histoire tragique du réformateur, je sortais de Saint-Marc, quand, au détour de la place je me trouvai en face de plusieurs péuitens en robe noire, qui, le visage caché sous le aipuchon , portaient un brancard sur lequel gisait un pauvre diable blessé.
Qu'est cela? dem.nidai - je à un homme qui regardait du seuil de sa boutique- Des frères de la Miséri»
corde, répondit-il. Toula l'heurea sonné la cloclie ilii D('imc et ils sont accourus. 11 s agissait de transporter à 1 hùpi> tal des maçons qui sont tombés avec un échafaud.
J'appris aussi que la confrérie de la M i scricordc fui fondée vers le milieu du Xlir, siècle. Son institution, commune à iDulesles vdics de la Toscane, vini après les pestes qui ravagèrent Floreu-
Sn L'IT ce. LfS membres qui la composent (et des personnes de la plus haute classe en font partie) se vouent, cbftCOBfOii tour, au soulagement des blessés et au service des li6pitaox; c'est une frnrde nationale de bienfaisance. La cloche du Dôme vient-elle à sonner, tout à coup ■vous voyez s'écbappcr discrètement du salon quelqu'un de ceux qui causaient avec vous. Âu rappel de la charité, il a couru revêtir son uniforme rdigieuz,* qui dissimule l'inégalité des rangs, et auquel un chapelet est suspendu. Le point de réunion , le corpS'de-f(tirde , est la chapelle de la confrérie, située au centre de la ville) près de la place du Dôme.
Je me souvins alors que le catbolicisme n'avait pas toujours étédétoumé de son but par les mauvaises passions de l'humanité , et avait fait mieux que de dresser des bûchers ; que le moyenâge lui avait dû plus d'une institution admirable de dévouement et <lc clianté, que la religion seule avait eucore imaginées, et pour l'observance desqudles die seule jusqu'ici avait pu pailer asses haut dans le omur de l'homme.
Je sui vis le hrancarcl j tisqu'à l'hôpi lal Sainlc-Marie-INouvelle , leplus ancien des grands hôpitaux de l'Italie et l'un des plus beaux de l'Europe. Il fut créé par Folco Portinari , généreux citoyen de Flwence, et le père de cette Béatrice , q ue le Dante a chantée après l'avoir honorée d'un amour grave et pur comme celui que l'on porte à la Miiesse et à la vertu. Il est impossible de voir un établissement mieux tenu.
Il en est de même du petit'hApital du monastère de Saint Jean<de-Dleu,
auquel le philanthrope Howard a consacré un éloge. Il comprend l'ancien palais Yespucci , habitation de l'heu-
LIE
reux Florentin qui donna son nom au Nouvcau-iMoude. On lit en latin , sur la porte, une inscription dont le sens est : A Amerieo Peipueei,patrieim de Florence , qui par tjimârique découverte a illustré son nom et celui de la patrie, et ajouté des contrées à la terre, dans ce palais f rspucci jadis habile par un si noble possesseur, les pères de Saint -Jean -de-Dieu re^ eonnaissantt t i^an 1719.
Si^ace et persévérant Christophe Colomb, cen'était pasassexde t'enlever la consolation de donner ton nom à une découverte qui fut pour toi la source de tant de maux; il fallait le voir contester jusqu'à l'honneur de l'avoir faite!
Laurent le Ma,qnifique s'entendait à protéger les arts. 11 avait rassemblé
en assez grand nombre des statues , des bas-reliefs et des tableaux des nieib leurs maîtres. Lorsque Pierre son fils fut chassé de sa patrie en i49 { 1 lîi <"f>l" lection fut vendue à l'enclicre et dispersée. L'un des premiers soins de la famille, en revenant an pouvoir, fut de racheter tons ceux de ces objets que l'on ynil retrouver. Cême I*'., dans lo but de rétmir dans un m<*mc local les diflcrcntes ^ra«c/(pj dr l'administration , avait fait construire le bfttiment actuel des L//izii des Offices.
Aujourd'hui les fonctionnaires sont relégués dans une partie du resde- chaussée et du premier étage; le deuxième est consacré k un musée, ou, comme dit l'ilinéraire florentin, à un grand eniporium ou grand marché des arts.
L'édifice forme trois côtés d'un parallélogramme, est d'ordre dorique, et bâti d'après les dessins de Yasari.
Ses arcades on porticî sont occupées par de petites marchandes , comme nos galeries du Palais-de* Justice; mais le»
FLOAJir^C£. ^ i,
ohjets exposés en renie sont plus élé- en deux : on a placé dans ce que j'ap-
gans. On peut dire que les boutiques pellerai l'entréo ( dit le Guide de Flo-
sont exclusivement remplies de mar- re/ice avec une coquetterie charm.inte),
chandÎMS française» et aoglaise*. les bustes de tous les princes qui ont
La première suite de pièces du M- fondé ou emrielii la ^erie : c'est un
liment renferme la trésorerie, les ar- trait d'esprit et de justice à la fois;
chiyesetlafameusebibliotbéqueil/a- ik semUent réunis pour faire tous
gliâbecchi, du nom de son fondateur, ensemble aux étrangers les honneurs
mais immensément enrichie depuis lui de leurs palais et des restes de leur
par les bibliothèques des couvens sup- puissance.»
primés et par les précieux et rares Après donc mon salut à ces hono-
manuscrits de la ûmiUe Stroasi. Là raUes hôtes, et un autre salut, dans le
scTOÎt le premier Homère que Flo- socood ▼estibnle, à quelques empe-
rencc, la première, eut la gloire d'im- reurs romains, qui sont là en compa-
primeren i488. L'exemplaire est sur gnie de très-beaux chiens-loup, d'un
beau vélin, oITert et dédié à Pierre de sanglier d'une vérité admirable, et
Médicis , orné des armes de sa famille, d'un cheval superbe ( ce que le Guide
exécutées dans un superbe cadre et de Florence trouve peut-être aussi un
de riches miniatures. Vingt feuillets trait d'esprit elde justice delà part
manquent et sont remplacés par des de M. le diiecteor du musée), j'arrive
feuillets manuscrits imitant assez bien dans la galerie.
l'ancienne impression. Cette biblio- Trois corridors: deux de 43o pieds ,
théque possède encore le premier li- et celui qui les unit de 97 pieds de
Tre imprimé à Venise en 1469. Ce loni^ forment le corps principal de ce
sont lés lettres lâmilièfes de Cieéron. temple des arts : la largeur n'est que de
On souhaiterait plus de magni- tt pieds et la hauteur de ao. Vous
ficence dans l'entrée de l'escalier de voyes'd'après ces proportions que le
la galerie , qu'il faut chercher de porte nom corridor , qni est le mot bffidel ,
en porte sous les arcades; mais on est bien justifié.
doit songer que ce musée a toujours Les cabinets latéraux, pour les diète propriété particulière des souve- verses écoles anciennes et modernes, roins, et que l'architecte n'a pas eu «ont des chapelles votives dédiées mission de s'occuper de l'entrée du chacune à quelque déité particulière, public. Quant aux grands-ducs, ils en- Les fenêtres sont d*unseul c6té desoortraient d'abord par U communication ridors , et les plafonds sont lîcbemnt qui existe avec le vieux palais ; et peints. De chaque côté OU Toit des dc| uis qu'ils habitent le palais Pitli , bustes, des statues , des sarcophages; de l'autre côté de l'Amo, un corridor au-dessus de ces antiques les tableaux a été construit qui, longeant des ha- des maîtres des écoles italienne et losbitatiens particulières et traversant cane sont distribués en séries chronolo- TÂrno sur le vieux pont, va corres- giques t on commence par les tableaux pondre à leur demeure. anciens. Ce sont pour ainsi dire les
Cependant l'escalier de marbre qui pièces justificatives de l'histoire de la
condui t à l'atUquc renfermant la gale- peinture de Vasari , et c'est pourquoi
ne est beau. il avait supplié Gômel*'. de ne pas
« Le Teslibule est comme partagé les disperser.
8< LIT > Dans les coratcoet des trois corridors , d'un côté comme de l'autre, commençant h l'enlrée delà çralerio, on voit représentée (je copie mon Guide de Florence) une série de cinq cent trente- trois portraits, très-intéres- . tante pour l'histoire, et fort curieuse à conaaltre. Cette série en question contient des souverains de plusieurs pays, des pontifes et cardinaux, des plus fameux capitaines et d'hommes illustres dans les sciences, les lettres et les beaux-arts. Nombre de portraits ont du mérite par la manière dont ils sont pônts, quoique la partie de la peinture ne soit pas ce qui rend importante cette nombreuse collection de portraits. »
Ce n'est pas moi qui infirmerai le jugement. Toutefois j'ai éprouvé un grand plaisir à Toir k la Ibis rassemblés sous mon regard Saladin et Louis XIV, Catherine de Médicis et Aosdane, qui u'a pas du tout un nez retroussé : demandez après cela de la vérité aux traditions populaires en fuit d'histoire.
. Je n'abuserai pas de vos momens en TOUS promenant de statue en statue, de tableau en tableau. Je ne tous
demande que la permission de vous
intrndiiirr dans la fameuse TribuM^le saint des saints de la tralerie.
Venez y ronicmj)lcr la merveille de laquelle Thompson a dit tLasUUue ntoUement penehéc qui charme Vuni^ vert,
A son sujet lady Morgan fait une réflexion très-piquante : il est difficile pour les petites femmes, dit-elle, de passer devant elle sans jeter un grain d'encens^ ou sans adresser une prière à cette déesse mignonne , que sa taille de quatre pieds ooxe pouces leur Isit regarder comme une madanna det eon^ JbrtOf une madone de réconfort.
11 appartient, ajoute-t-elle avec non moins d'esprit, à ce siècle d'anli-heau* idéalisme de voir la Vénus tomber, comme l assiette d'émcraude deG^nes, dans les mains impitoyables de lu sdencet de voir juger û sévèrement cette bdle téte qui en a tourné tant d'autres , et soutenir enfin que la déesse de Tamoar, arec une téte semblable , ne pourrait être qu'une idiote {Gall etSpurzheim ont en effet proféré ce blasphème). Mais, Vénusaprès tout n'était pas destinée à jouer le rôle de bel eiprit; et les disciples de la cranologîe peuvent se consoler de la mauvaise conformation du front, en admirant ce pied au sujet duquel Denon , dont la foi n'a jamais chancelé, a dit que trouvé seulf il eût été à lui seul un monument.
Pâurre Vénus! avant le mépris des pbrénologues, il t'avait fallu subir le soepticinne des artistes. Cocbin ci Lcssing se sont déclarés tous deux contre l'antiquité de la t^le; le bras droit est donné à un sculj)teur moderne, le gauche à un autre; on a déclaré que les pieds avaient subi plusieurs fractmes. Cependant il est consolant -d'apptreodre que tout le resta est évidemmmt antique f à l exception de quelques petits moToemuB dont le torse et ailleurs.
Rentrons vite dans le ton adrairatif , et répétons avec Deoon t « Descendue du ciel, l'air seul a premé ses fluides contours: pour la])remière fois son pied vient de toucher la terre et de fléchir sous le poids du plus souph; et du plus élastique de tous les corps. »
« La Vénus de Médicis, a dit Vahbê Winkelmann, ressemble à une rose » qui s'épanouit doucement au lever * du soleil. Elle semUe quitter cet àçc m qui est rude et âpire, comme lesfruils
FLOI
» avant leur malurilé; c'est ce qu'inn di(|uc sou st-iu qui a déjà plus d e- • teudue et de plénitude que celui » d'une jeune fille. » Moosteur Win* kebnann, Toilà qni est Inea coquet même pour un ahbé.
ff'e gfue and tum «^"jr, mwi know not wAerr , AusM mmd drmJk wM ImiUjr,
ODC0iitcBfl«,«t rooM ittii«4toiif<i,4blmi tt «aivfé de bMoté.
El cependent je ne puis résister h renvie de poser à côté de tout cet encens l'opinion de M. Simood, que je partage. Au sujet de la Vénus , je remarquerai seulement que depuis Praxilèle jusqu'à Ganova, les artistes, par imitation de l'antique , se sont ac> cordés à lai donner le sentiment de son sexe pour toute «pression. Apollon est tout nu comme die, mais il n'en sait rien ou il n'y pense pas. Elle est femme, soit; mais elle est déesse, c'est-à-dire un être idéal à qui l'on suppose d'autres sentimens que ceux d'une femme ordinaire. De deux choses l'une , ou la déesse a le sentiment de nudité, ou bien elle ne l'a pas. Si sa modestie en aoufire, qu'elle mette un jupon. 11 est absurde à elle de se promener ainsi nue sous les yeux de tout l'Olympe, dans un état de souffrance qu'il lui serait si facile de s'épargner. Mil ton avait d'autres idées d'une iramorteye.
• ItopM
Shf meetird , virliir pro<(f, m9 tkùÊ^ b^bm
Altered her cheek. ... . - , . .
Un ToiU ne lai <tiit point uéeeeuire x vertariaelténUe» «acoM femée fiiible ne fai-
lâHaMirtMln N^MVMT SflijOMS. (JWwfi^
fwdu.)
Dans l'attitude de la Vénus il n'y a que de lu pudeur de théâtre , c'est ainsi que ce sentiment serait joué à l'Opéra. Canova , dans sa trop belle y é-
EISCË 83 nus du palais Pilli , renchérit encore sur l'expression de l'antique , aussi trouve- 1- elle encore plus d amateurs d'un certain genre.
A c6té de cette esuvie admirable du statuaire Cléomène, fils d'ApoDodore rl'Athènes, ainsi qu'il est gravé dans la base (i), fiirurcnl quatre autres chefsd'œuvre antiques : le Petit Jpollon peut être le plus parfait modèle de l'idéal gracieux ; oo a dit à ce sujet que si les suuuôi powaient ge marûr^ la V mus ne pùmvait timufor un parti pius sortàbia qua lui. Le Botatmr^ statue d'homme accroupi aiguisant un couteau : nous en possédons une ropie en bronze à la porte du |ialais <l< s Tuilcries (messieurs les antiquaires eu onï Ait d'abord l'esclaTe qui découvrit la conspiration des fils de Tarquin, ou celle de Catilina ; aujourd'hui ils en font leScytbe,qui, sur l'ordre d'Apollon, se prépare à écorcher Marsvas ) ; le c;roupe des Lutteurs^ où , h côté de la vigueur et de l'expression, se trouve au plus baut point la science des détaila anatomiques; le Faune, efaef«* d'oeuvre de vivacité et d'enjouement sauvage, dont la téte et les bras ont été restaurés par INfirhcl-An-e.
En Tableaux, la Tnliurie possède six Kaphaël. On s'est alUicbé à rapprocher ses trois manières, ce qui permet nu
(I) Suivant plusieurs critiques , cette inticriptian li'csi ^'une fraude , la partie dm «ode on
elle »e trOUTe étant visil)lciupnt une piorc mpportée. D'ailleurs les caractères qu'on a clicrclic à înûter du frec antiqn* l« sont pu «sse» euetement pour qu'on n'y reconnaisse pas des fautes. C« doute sur le véritable nona de l'auteur laisse ■a diainp IUitc ans eonjectnrM. Les nm pm* sent que cette Venus est celle de Phidias . que Pline admirait à Kome dans le portique d Octavie; d'antrw y reconnuiaaent h Véam de Gnidc, œuvre de Praxitèle et décrite p;ir Lucien ; entin , il eu est qui préteudeut i^u'cUe aons dfr» la Véniu de Scopes, et «pm le daaphin et 1rs petits aoMNin cmctériMDt b nuu uiére de ce niaitrc.
visiteur de comprendre en un instant tout le proi^rès que fît en si peu de temps l immortel artiste. Regardez d'ahord le portrait d'une dame Jloreritine^ Magdeleioe Donif demUfigure, assise, avec des bagnes anx doigts el une croix attachée au cou avec un ruban-Deux Saintes Familles^ peintes sur bois, vous rappelleront l'école du Pérugino et les élans du disciple déjà placé si fort au-dessus de son maître. Dans le taùu Jeanau désêrtf si inspiré, yous reconnatlrei sa troisième manière* La Fbmarine et le portrait de /u/lef II sont de son style le plus sublime.
Un tableau rond représentant une Sainte Famille est de Michel -Ange , et i on sait de quelle rareté sont ses taUeaax de die?alet; on y trouTe le génie fier de son auteur, mais peu de grèce. On raconte, au sujet de cet ouvrage (ait pour Agnolo Doni , gentilhomme florentin , que le tableau terminé, le peintre en demanda soixante-dix. écus. L'acheteur se récria, sur quoi BfidMl-Ange en demanda cent quarante, que le pauvre Doni, tout honteux , s'empressa de payer dans la crainte de voir encore augmenter le prix.
Des deux F^énus du Titien, c'est à tort que l'une est regardée comme le portrait de sa femme. Algarotti prétend que l'autre est la rivale de la Vénus statue. On lit dans les mémoires de Byron : « J'entendis un hardi Breton dire devant ce tihleau, à la femme à laquelle il donnait le bras : Eh bien^ i'oilà qui est réellement très-beau , en mérite. Observalioa qui, comme celle de rh6te dans f oseph Andrews sur .la certitude de la mort, était prodigieusement juste. •
Yiennent après un Charles- Quint après son ab({ic<ition , de Vand vck , tlérodiadc reccvfmt la iéle de saint
A LIE
Jtian^ par Léonard de Vinci; quatre Corréges, un exquis Paul Véronèze, un des plus beaux André del Sarlo, etc.
Il vous faudra avoir, comme moi, épuisé par de longues et fréquentes visites votre admiration , pour que votre o»iI distrait, en retombant sur le pavé de marbre de la tribune , s'aperçoive que, malgré son i;rand prix, il n'est ])as d'un goût digne de la place qu'il occupe. J'en dirai autant des ornemens en nacre de perle dont on a revêtu le dôme; car j'ai oublié de voua dire que Ui Tribune est une salle de forme octogone et de vingt-et-un pieds de diamètre, qui s'élève en forme de coupole , et ou la lumière est oane peut mieux ménagée.
Avant d'entrer dans les antres cabinets particuliers , remarquons une réunion de bustes antiques d'empereurs romains et de leur DaaniUe, réunion la plus complète qui existe. Tous sont originaux , les artistes les étudient avec fruit i ils y apprennent à juger les progrès, la décadence et les divers s^ea delà sculpture aux difiJSrentes époques de l'histoire romaine.
Au milieu des statues antiques on voit le Bacchus de Michel -Ange, et il ne dépare point cette collection. Il fut jadis acheté comme tel par un connaisseur. L'artiste l'avait oiterré par plaisanterie, et son triomphe le décela. Ce Bacchus est exalté et non pas enivré parle jus de la grappe, qu'il semble avoir pressée dans la coupe qu'il tient de sa main droite. Son front est couronné de lierre et de vigne; un malin petit satyre, caché sous la peau de chèvre qui sert de draperie au dieu, s'efibree de recueillir les gouttes qui s'échappent de sa main.
Les deux cabinets consacrés à l'école toscane sont très-riches. J'ai gardé le souvenir de la fameuse té.u de
FLOHENCtE.
MédoM , de Léonard de Yiaià, ht trieax meisire- Pierre, am père, racoote-t-on, honnête notaire de F]o>
reuce qui, était très-Ger du talent de son fils, le pria de peindre un bouclier pour un paysan qui demeurait près de ae campagne. Quand Léonard pré* acnta cel ouvrage, le hcn homme recula d'borreur. Ce bouclier était la tète de Méduse, de laquelle Galéas Sforzc, duc de Milan, donna depuis trois cents ducats. Les reptiles dont cette belle téte est coiiiéc doivent leur effrayante vérilé à l'étude approfondie que le jeune peintre avait fiiite sur des sujets Tivana. Quand le bouclier fut achevé, on trouva son cabinet rempli des hnbitansles plus nuisibles des marais et des taillis. Je recomm.inde aussi à votre curiosité un portrait de cette célèbre BiancaCapello, dont la vie fut un roman, et dont la mort fournirait une tragédie. M'Yalery remarque que ce portrait, haut en couleur, s'accorde assez avec les baltitufles bacbiques de celte dame remarquées par Montaigne.
L'école véni tienne, oflre plusieurs ch<[^s-d*<euTre de ses premiersm^tres:
Gioi|[ione, Véronèse, Titien, Gararage, Tintoret, etc., etc.
Les tableaux de l'école française sont des plus faibles de leurs auteurs.
On y distingue un Poussiu ; et comme objets curieux, les portraits de madame de Sévigné, de J*-B. Rousseau, d' A 1fieti et de la omitesse d'Albanj.
L'école flamande offre beaucoup de noms célèbres, mais pas de nom capital. J'y ai rencontré avec ]>laisir le portrait du réformateur Zwingle et celui de Thomas Morus.
L'école hollandaise est fort riche.
Une eoUeetiw singulièrenient heureuse est celle des portraits de peintres oâdbres de tous les pays , diaq^e portrait exécuté par l'original même.
Vous y remarquerex aTcc intérêt le portrait de Ganova ; ce grand statuaire
peignait quelquefois pour son amn-' sèment : la date de cette ceuvre est de 179a.
Voulez-vous ( comme le fit CanoTa dans l'intérêt bien entendu de sa f^ire ) retourner de la peinture à la
sculpture, faites-vous conduire dans la salle de Niobé. Vous y verrez la scène tragique de la malheureuse famille qui expira sous la flèche de Diane , parce que Niobé avait eu l'or»
gueil de se comparer à la déesse. Homère donne donae enfims à Niobé* Le , groupe conservé en présente quatorze, .
cequi, joint à la mère et au pédagogue, forme un ensemble de seize statues.
Il faut remarquer que l'une d'elles, la seconde à gauche en entrant, est évidânmentune Psyché, et qu'on a beaucoup de doutes sur une autre encore.
Toutes ne sont pas do même auteur ni d'un égal mérite, mais quelques unes sont sublimes.
A Rome, où ces statues, au sortir de la fouille, vinrent orner la villa Médida, elles étaient disposées sur les différons plans d'un rocher &ctioe,de manière à figurer la scène. Ici cUes sont rangées méthodiquement autour, d'une salle, ornée trop magnifiquement peut-être de stuc, de peintures et de dorures. En plaçant ces chefs-d'œuvre, on a plutôt songé à la place convenable aux études qu'aux eflRets |ntUKresques, et l'on a eu raison.
Qwind vous aurez admire dans le cabinet de l'hermaphrodite la délicieuse statue qui lui donne son nom y tournez votre regard sur ce buste colossal d'Alexandre , autre merveille de l'art antique. J*ai conça sur-le-diamp que le porteur d'une telle figure ait trbuvé à ae laim passer, pour le fila d'un dieu.
Quittez le tyrnn sublime pour aller fournit de« matériaux pour s'essajer. .
dans la salle des inscriptions saluer im If eommenç» k copier Îr tête flmtilée
mortel moioB beau , nais qui eÙtiait d'un faillie, réparantçe qui ma]M|iiaitati
les ^rraos, Brutna. Cette téie à peine modèle, et' ]^^mblîtit un chef-d'œuvre,
ébauchée et déjà pleiiie de Yie , et d'un II élait ^noMe occupé à la terminer
si grand caractère, a commencé à s'a- lorsqu'un promeneur s'arrêta à consi-
nimer sous le ciseau de Michel-Ange, dérer le travail de l'artiste, et fut
Pourquoi ne l'a-t-il pas achevée ? pro- étonné de la perfection du premier,
hablement par nn de ses caprices ac- d'après la jeuneai^ du «ecoiid. Il a'eni-
•oontnmés, quoique le dtstiqiie aui- pressa de detaiander le jeune garçon ^
Tant qn'on lit an Iws donne on antre son père, et loi donna nne place à sa
motif t talUe et un appartement dans sa maison. Le promeneur était Laurent le
fi inmfïmr iigfcifi rinfrif irlytfri ff fr Magnilique , le jeune homme était
' Michel-Ange, et la téte du faune est
^-i*ri*** *• «n^ésWaorkdu musée deFlorence. .
Ajoutes que la bouche du fiiune 00-
Ace lieu commun un Anglais ^ et il pié, quoique Tiens, avait une ml^
était loidf Sandwidi, a Tigooréase- choire bien garnie ( le modèle était
riposté: mutilé dans cette partie, et il avait
fallu imatçiner la bouche). Laurent fît
r-«i."î« .Mk^AfaS m ^AMmlt. 7» ^* remarque qu aux vieillards
Il manque toujours cnielque dent. La
Utntisls allait achever Bratas: toat ce qu'a- prodi|rieUSe intdlimce ds iesnO 11^
i'et^îiîluïr >^'^^'"P*'^» Uste eut bientôt feit son profit de
cette critique ; ce fut l'aftdra de qnd-
Au-dessu8 du Brutus se woit une ques coups de ciseau,
téte de faune , dont l'histoire bien con- Le classement des inscriptions dans
nue a été rajeunie d'une manière char- cette salle est ingénieux. La première
mante par lady Morgan. classe est destinée aux dieux et à leurs
• Dana l'année 1490, de préciens ministres ; la deuxièsao^nz Çésarsj la
.antiques étaient rassemblés âàfÊ^ ks liviiièinA^elr'la quatritee aux consuls
cours et les jardins de la Casa Medici} et aux migistrats de Rome; la dn
c'était une sorte d'atelier public où lés quième aux spectacles ; la sixième aux
artistes florentins avaient permission guerriers; la septième aux dénomina-
,de venir étudier et travailler. Un jeune tions par lesquelles les anciens Romains
iionime, il comptait seixeans, et avait désignaieotleursmorts-.la huitième aux
contracté un engagement 4e ttioM ans, mariages} la neunème aux affran- •Boyennant vingt -quatfoflûfifls, poOr .^cfais; la dixième anx inmbjiawT des
travailler dans la boutiqil«4((ijntf« Aiélicos'Ja onzième aux épigraphes
Gbirlandaîo, vint comme les antres ou noms des trépassés; la douzième
^iontempler ces prodiç^es de l'antiqui- aux mélanges ; après cette classe on
té. Dès ce moment adieu la boutique voit deux classes d'inscriptions sans
«t les florins du patron. Un des sculp- numéro : une grecque et l'aB^ latine fenia,frappéderaai|^^||peceîeoD«> d«#iÉèi|Mi|^etts. qui fÊm t§^^j^ mi ^ m
du mojen-flgc, j'ai rencontré, comme
je m'y attendais, fort bonne compagnie de dieux et de déesses ; de quoi assortir plusieurs douzaines d'Olympes au grand complet avec des mobiliers complets & Taotique. Cette coUectioa passe pour la plus bcUe après celle dè pies.
Derrière le vitrage d'une armoire dort une aif;le romaine, l'ai j; le qui servit de ralliement à la vingt-quatrième légion.
Là se rencontre aussi va manuscrit en cire, presque effacé, mentionnant
la dépense journalière que Philippe le Bel , roi de France , fit dans un voyage exécuté dans son royaume en i3oi .
La même armoire renferme plusieurs sceaux à cacheter avec les lettres en rdief. H est extraordinaire qu'étant' arrivé si près de la déconvOTlede lim»
primerie , on en soit resté là pendant t.int de siècles (i).
Dans les dix gravures en argent, qu'on connaît sous le nom deiVie//t, et dont la meilleure , le couronnement de la Vierge , est Touvrage de Mono EU niguemif vous reconnaltres avec intérêt l'origine de la gravure en creux sur métal , imaginée en i45a. Dans la salle des bronzes modernes on remarque surtout le Mercure si gracieux , si léger, de Jean de Bologne , et un buste de Gdme I*., ouvrage de Cellini. On ne saurait rien vpir de plus animé at d'une exécution plus paifaite.
Il est naturel en pleine lùrurie de rencontrer le musée étrusque le plus complet de l'Europe. Néanmoins ce n'est que vers le milieu du dernier siède que l'on s'est occupé sérieusement de Fétnde de cas monumens nationaux, et c'ést aliMra que des disputes
(I) On froere ftm éa tewax i» ce genre
dans les cabinets. M. Aadot MfOpUtVICn bronze p^Tcnant de Pompei.
NCE. 87
très-vives, sur l'alphabet étrusque, ont agite les diverses académies italiennes et étrangères. Les systèmes n'ont pas manqué sur l'origine de ces ouvrages d'art. ParUe de cette collection est placée dans une petite loge posée sur > la fiuneuse lof^ que nous avons dé- , cri te sur la place du Grand-Duc.
Pour fournir de l'occupation aux' érudits , à qui le musée étrusque n'offiirait pas une pâture assez indéchiffrable, on y a acçolé depuis i8a6 une collection asscs bdle de monuipens égyptiens. Elle a été recueillie par M. Niaaoli^ diancdier aul^chien à., Alexandrie.
Les médailles, au nombre d'environ ' quinze mille, occupent un cabinet séparé} les antiquaires s'accordent pour vanter leur excellente dassiBcàtion, La collection de camées, tant ancien»
que inodemes, est la plus riche que l'on connaisse, et s'élève à plus de quatre mille pièces.
« Le cabinet de pierres précieuses, vrai boudoir d'un Crésus ou d'une reine de Sceba , comme dit ladj Morgan, est une chose unique dsins son genre , et particulière au siècle, au pays, à la famille dont il renferme l'histoire. Cette chambre, ou plutôt ce vaste ëcriîi , est digne par sa beauté et sa magnificence des splendides dépôts qui y sont contenus. Quatre colonnes d'un pur albâtre oriental, et quatre du plus précieux vert antique, supportent le plafond resplendissant; six armoires d'un travail exquis ren> ferment les brillans produits des mines de l'Inde, sculptés dans toutes les formes possibles. Pour ces ouvrages, Cellini était forcé d'abandonner son Persée, Bandinello son Hercule, et Yalerio Yicenzio dépensait des facultés qui auraient produit peui-étre un Laocooo o^ une I^iobé.
» Gecalûnet est na monument d'une é|>oque malheureuse de l'histoire des arts. Il marque cet instant où le go&t public décline avec l'esprit public, où le caprice de seii^iicurs puissans, secondé par une richesse démesurée , dooneautalent unedireétion fantasque, et Moignant de plus nobles desseins, substiluela protection pfivéeàl'enooungement national.
>• Lessix armoires sont ornées de huit colonnes d'agathe et de huit en cristal, dontles bases et les chapiteaux sont parsemés de topazesel de turquoises. Elles contiennent des vases de rubis, des urnesfidtes ^vûMsmdeeiparfiuUchry^ solithe , des coupes d'émeraude et des jattes d'onyx, des empereurs romains et des dames romaines , dont le front «i'améthjslc répand le véritable lumen purpureum de l'amour et de lu beauté.
Mais les objets les plus curieux sont »aint Pierre et saint Paul «i jaspe , nn cheralier combattant couvert d'une cotte de maille en diamans , un chien »Ic perles avec une qncuc d'or et des pâtes (le rubis, le duc Corne H en or émaillé, priant devautuu autel de pier* . res jprécieiiSes, et une châsse de cristal représentant la Passion. »
'J'allais oublier de mentionner, dans une salle consacrée aux tableaux de maîtres italiens, d'.ulmirables tables en pierres fines et uemmes de manufacture de Florence , qu'on appelle opcra di cwinuato\ ouvrage en marqueterie.^'
'Celle octogmie , placée au milieu , a dcm:tndé pendant Tingt-cioqans le travail de vin£:t-deux ouvriers* C'est le plus riche de tous les otivr,ip:cg de ce iiciire. Il va des topazes, desonyx, des aj;atlies, des lapislazuli, ele. On ])retend qu'elle a coûté 40,000 scquins,plus dé 400^000 francs.
R'oltind de la Platière parle ainsi de retlè industrie linjourd'hui tombée ,
mais qui était encore de modeIors.de
son Tojage :
« Une industrie particulière à Florence est le travail et l'incrnsfation des ])icrres dures en fait de tables , tableaux , etc. Tout se polit à l'émeri et se scie avec la a»lme matière à l'aide d'nnarchet très-délié. On emploie pour ces pièces de rapport ou de placage toutes sortes de pierres dures , de por« pbyres , de jrranit, beaucoup d'agathes très-variées; des marbres anciens et communs de toute espère et de toute couleur, de la nacre et jusqu'à de l'ar* doise, quand sa nuance convient. On exécute des ouvrages d'un lon^tràvail, ^ d'une extrême patience et d'un grand prix; avec tout cela c'est plutôt une affaire de manarin're tjue d'artiste.
■ Allons, m"écriai-je le jour où je dis mon dernier adieu aux Vjjizii, les Flo* rentinsont raison d'être fiers de leur galerie; die est encore sans rivale dans l'univers. C'est un noble monument de leur ancienne suprématie intellectuelle sur toutes les nations de l Europc. ■
Je nie rapj)elle aussi ce (jue Ryron, qui n'était pas d un naturel porté à l'éloge, en a dit danfcses mémoires :
« J'ai visitéL.ites deux galeries. La Vénus éveille plutôt l'admiration que l'amour ; mais il y a des sculptufes et des ])eintures <]ui , pour la première fois, m ont donné une idée de ccqueles gens entendent parlcurscxtases etieur jai^on,etdece queM. Brafaamappdie en^MÛum, ewcAoïtfîlwfne, sur ces deux arts les plus artificiels.de tous. »
Plus heureux que Byron , il semble avoir connu plus habituellement l'enthousiasme , M. de Stenilhal, et sa plume a su l'analyser d'une manière
vraiment s^âneUe*
• i%KMb£lans là contemplation de la beauté sublime, je le voyais deprès, .
je le touchais pour ainsi dire. J'étais
FLOAE^iCE.
arriré à ee.p^oint d'émotion où se ren- Â définit àe Mvaiu grecs , ony aremiti
oODtreot \ea sensations célestes données les commis de l'administratioa du ca^-
par les beaux-arts et les sentimens pas- dastre.
sionnés. En sorlantj 'avaisunbattement La bibliothèque <ju'il renferme est
de cœur , ce qu'on appelle des nerfs à devenue publique et contient plus de
Berlin : J« vie était épuisée ches moi , 3,ooo manascrïCb* Le plus pcéciem est
je mardiais avec la cFainte de tomber, un manuscrit àeYJffistoin»mdiittelU de
» Le surlendemain , lesouvenirde ce Pline du I^'. ou tout au moias du X*.
que j'avais senti m'a donné une idée siècle, et le plus ancien qui existe. 11
imperlittcnte : il vaut mieux pour le n'a point élécoUationnc, assureM. Va-
Lonbciir, me disais-je, avoir le cœur lery. On serait tenlëde demander si les
ainsi fait que le cordon bleu. » places de bibliothécaire sont.des cano-
Je neferai à la galerie qu'un repracbe, nicats. •
et c'est celui que Bjron a sif^é dana Qui n'a .entendu parler aie la eélfi>ro
cet autre passage de ees mémoi res ; académ i e de la Cnuett^ dont Itfpett tévé*
€ Il y a là un trop -grand nombre de rentieux Deshrosses a dit :
visiteurs pour laisser la possibilité à « Il faut voir une espère de ménage-
aucun d'eux de sentir ce qu'ils voient.
Comme nous étions entassésau nombre de trente ou quarante dans le cabinet despierres précieuses etantres babioles au coin d'une des galeries, je dis à Aogers qu'a u t an t va u d rai t é tre au corp»» de-garde, et le laissant faire des salutations à quelques-unes de ses connaissances, je m'esquivai. J eus alors quatre minutes de sensations à donner aux ouvrages qui m'entouraient. Je nepré> tends nullement assimiler à cela ce qu'aurait pu être une fisite d'observation faite en téle-à-têle avec Roiiers, qui a un goût exquis et un sentiment pcofond des arts (en vérité beaucoup plus des denx que je n'en possède, C^t du gôùt je n'en ai pas Hboibvt ). Je ne parle que de la foule de eoudoyans admirateurs et de voyageurs bavarda qui nous étouflaicnt. »
Honneur au palais Riccardi , qui fut
rie, c'est la salle de l'acadcinie de li CiiucayOii le si^e de toutes les chaises sur lesquelles on se met €èt ont botte et le dos unepdle à four.Ledi* recteur est élevé suruntr^e de meu« blcs.Ia table est un pétrissoir; les garde-robes sont des sacs ; on lire les papiers d'une trémie ;celui quilitala moitié du corps passée dans un blu* leau, et cant autres fdidioiineries r»»
lativesaunomdtia Crusea,quisigni« fie son de Jhnne; carie botÂr l'institution est de bluter et ressasser la langue italienne, pouren tirer ce qu'il y a de plus line fleur de langage, rejetant cequ'il y a de moins pur. Cette allusiott ne doit être imputée, ainsi que les noms biziÉltes que se sont donnés la plnpart des académies d'I« talie, qu'«umauvaisgoùtqi4^Mt en vogue lorsqu'elles ont commencé.»
Ces meubles, qui ont en eflet existé,
d'abord la casa Medici ^ élevée par ont péri pendant le sommeil auquel
Cosmftranoien,en.i43o,et qui serwit do Kacadémie a été condamnée à certaines
refugeaniaavans grecs chassés de Con- époquesdes temps révolutionnaires, et
stantinople : il fut le b^loean de la re- très-peu do penomict en ont gardé
naissance des lettres en Europe! \%ndii ioaveair. L'aâidémie tient aojouid'bBÎ
en 1659 à la famille Riccardi, le gou- ses séancesau palais Riccardi, avecune
verneroent vientdeleracbetereHi8i4< gravité somnolente qui ferait envie à