ALIE
nu lança la prciiuLTC çalèrc florentine.
Elle était armée pour le voyage d'Alexandrie, et portait des ambanadeurs delà république, chargés d'annonce^ la bicnbeureuse nouvelle, et de demander la franchise du pavillon au Soudan de Babylone, à Antonio Acciaioli, seigneur de Corintltc, nu duc de Céfalonie et au gouverneur de Mayorque.
« Aujourd'hui i5 avril i4'i9, ra* ronle un mémoire, il y eut procession aussi belle que celle de la Saint- Jean, parce que, le ao du même mois, devait partir la première galère armée.
Elle allait à Alexandrie, et c'était la première que la république mettait en course. Le patron était Zanobi Cap-
poni; dans les cinquante rompapnons qui lui furent donnés étaient douze jeunes Florentins de bonne maison :
en tout, compagnons et autres for- ' maient un nombre de deux cent cinquante personnes. •
On ne sait pas au juste à combien s'élevait alors la population de Livourne, mais elle devait être déjà de quelqu'imporlance, puisqu'elle payait annuellement à la république 65o florins d'or et 10 florins pour le devant d'autel de Saint- Jean, et en outre était tenue à acheter pour sa tupsommalion 1 5o fortes mesures de sel.
Lorsque Pierre de Médicis voulut établir son pouvoir à Fkirence, |m de ses premiers soins fut de s'aMnrer de quel([ues forteresses et de quelques ])la( es de Toscane. Lorsque ensuite il eut été exilé, et qu'il voulut s'étayer de la puissance du rot de France , Cbailes VllI, il lui remit les places dont il pouvait disposer et spécialement Livournc. Il y vint une garnison française en (494* mais l'année suivnnteLivoumefut rendue aui Florentins.
LlVOURiNE. ^3 Le duc AlcxntiJre de Médicis la fit h des émigrations vers la Tyc nnisfortifier en iSJy, et fit bâtir ce qu'on santé. Les juifs, vivement persécutés, appelle actodlement Fintezza-Fec- et chassés des immenses contrées récÀûifiiue l'on a augmenté dans la sui- gies parle sceptre espagnol, implote. Il y fit placer ses armes avec cette raient un asile où ils pussent vivre eu inscription : Un solo signorc, una sala paix , sousun ré;^imr lé^'il oITrant queliegi^e , un seul seigneur, une seule loi ; que slabilité. Des i^uerres civik s déce qui annonçait la nouvelle domina- solaient la France, et grand nombre de tion des souverains de la Toscane. landlles, amies da repos, réalisaient Le grand-duc Côme I**. en fit un leurs biens et allaient chercher une port franc, y attira beaucoup de Grecs, attire patrie. La population corse, qui et arrorda des privilèges considérables maudissait le joug génois, loufiiait à ceux qui viendraient s'y établir. Il parfois ses regards sur Livournc, et augmenta la ville , construisit dans plus qu'aucune autre fournit à la nou- IViDcienne forteresse un beau puils , et velle ville des babiians et des citoyens. 6t âever le &nat que l'on vdt sur le Restait à assainir la campagne d'àcôté en mer , à quelque distance au lentour, presque déserte et tris-marédelà du môle qui forme aujourd'bui cageuse. La culture seule pouvait- y le port. Son projet était de lier à la parvenir. Côme H crut trouver les Terre -Ferme la jetée où il a établi colons qui lui étaient nécessaires ])arson fanal , et d'enclaver par conséquent mi les dernières familles mores, ces un bien plus grand espace d'eau. Le anciens oonquénuos de l'Espagne, d<Mit travail était immerse et de l'exécution Philippe 111 «dievalt de jHirger le sol la plus difficile } Ferdinand I*'., son national. Tout donnait à espérer que, fils , après avoir employé quelque sous une administration plus douce temps tous les bras de la Toscane h que celle espagnole, l'âprcté du caracluller contre les obstacles , laissa le fa- tère africain viendrait à s'adoucir; par nal isolé au loin, et, resserrant le malheur il n'en fut pas ainsi, les noubassin du port projeté, oonstruiBit le veaux hôtes se montrèrent intraitables, aôlcactuel. C'est déjà unassesbelou- et il fallut promptement les rembar^ vragc; le président Desbrosses prétend quer. On se résigna à attendre du temps qu'on a entassé là plus de rochers que une amélioration qui ne pouvait mann'en lança jamaisBriarée. Certes, Fer- quer d arriver, dès que les commer- ' dinandi*'. a gagné aussi légitimement fans citadins auraient lait fortune, qu'aucun aoaverain la statue chai|;ée et que les capitaux seraient en asses de nous représenter son image. Je re- grande abondance pour s'oflHr d'eus-- * grette seulement, non pour l'art, mais mêmes à l'agriculture, par amour pour la justice, qu'au lieu Ferdinand 1". eut l'heureuse idée des quatre esclaves qui l'entourent, on d'établir, entre les sujets du czar de ne nous ait pas donné les statues des Moscovie et les marchands toscans , quatre plus savans ingénieurs qui di- une réciprocité de commerce libre qui * rigèrent ces utiles travaux. fut fort avantageuse à ces derniers.
Tout cela ne pouvait manquer datti-. A Florence,le8 ar(5 de la laine et de
rer en ce lieu de nouveaux babiians. En la soie (les citoyens de Florence se paroutre, les circonstances où se trouvait tageaient endilTérens arts), ne voyaient
l'Europe poussaient de toutes parts de prospérité possible que dans le com
ï« L'ITALIE
• luerrc (lu Levant. 11 eut dca-iors l'Labi- Trois arlicles principaux en furenl - leté, quoi(|u'engagé vis-âi-f iscle la cour la base , qui prévenaient toute lioslilide Rome à fournir k l'ordre de Saint- té dans le port et en deçà de la fron« JÊtienne di s* galères pour la coune tièremarilioic. Une fois entrés dans le contre les Turcs, de se faire com- port, les bâti mens de guerre n'en deprendre comme allie de l'Autriche dans valent sortir qu'un certain temps après Je traité que l'empereur Léopold I". le départ des vaisseaux ennemis qu'ils conclut, en 1664 1 avec la Porte^lto- -ayaient pu y rencontrer. Ces articles, mMie* Un firman de 1668 autorisa «les proposés aux cmsuIs de France, d'Es* •ujeta toscans h naviguer librement pngue, d'Angleterre et de Hollande, sous le pavillon impérial et avec pas- obtinrent la rati6cation de chacun de se-ports de l'empire, et à commercer ces couverncmens, cl le traité fut sidans tous les états du grand-seii^ncur. pné définitivement en octobre 1691 , à
Mais le système de neutralité que la granjde joie de la Toscane. Le traité
les grands-ducf s'appliquèrent k faire n'étaitque temporaire etespiraità la fin
respecter en tous temps et par toutes delà guerre qui alors agitait l'Europe,
les natioas, fut la véritaUe source de mais,riiabitiide une fois prise, il fit loi
la prospérité dcLivourne. Les marines dans les cuerresqui 5uivireot,etdevînt
des nations en fiuorrc contractèrent h"» base de la franchise de Livournc, ra-
peu à peu l'habiiude de son porl,et liliée: à Londres en 17 18, lors du traité
les habitans profitèrent du bon marché de la quadruple alliance ; à Vienne en
qui te présente toujonva dans la vente 172$ , dans la conTention entre l'em-
des prises. II est vrai que le gouverne- pereur Charles VI et le roi d'Espagne •
ment eut souvent beaucoup à faire à Philippe V, relativement à la surces-
discuter ensuite avec la nation qui se sien de Toscane; et dans les prélimi-
. prétendait lésée. naires de 1735, qui réglèrent la cession
En i65i, par ciemple, nous voyons de la Toscane en faveur de lu maison
une flotte anfj^aise attaquer dans le de Lonaine. Dans la deraièra guerra
port une flotte hollandaise, et le ca- continentale, la liberté et la franchise
non de la pl.ice a^ir au secoivs de du port de Livoume, tombé sous la
celle-ci, ce qui constitua le grand-duc domination française, cessèrent d'élre
en une position très-ditficile vis-à-vis respectées par les flottes ennemies.
Cromwd. En 1 67 1 , une escadre fran- Depuis 1 8 1 5 , 1 ancien traité a repris sa
çaise tente de brûler des vaisseaux bol* pleine et ancienne vigueur,
landais; de Ui de nouveaux dâbats* Ce Je ne quitterai pas Ujjraunio sans
fut pour en prévenir d'autres par la Bcntiounerun avantage jJrlcqud elle
suite que Côme m , cédant aux insi- se recommande aux gastronomes. On
nuations faites par la France, pro- y mange des huîtres, et ce qui n'est
posa aux nations, alors en guerre, un pas fréquent sur les côtes de la Médi-
traitéqui a]>pliqueiaitauzcirconstan- terranée, des huilres bonnes, quoi-
oes de la localité lea principes les plus que inférieures à celles que les gour-
essentiels de la neutralité, et en assu- mets de Paris reçoivent d'Ostende et
xerait l'exécution la pl^ rigoureuse. de Cancale.
Pour luc rciiJrctlc Livournc a I*ise, j'avais le choix entre vote grande route et un canal. Des voitures et uu lia-
tenu pnrt.iicut tous les jours; je me «Irriil.ii pour 1p dernier. Dans une voilure, je tue serais pjobablement trouvé avec des vu^a^eurs étrangers comme moi y j'allais me trouver àia» le cocbe avec des artisans et des gens de campagne qui parlaient le toscan; comme on voit , il n'y avait pas à balancer. Le prix ^:lait on ne peut jilus modique ; il m'en coûta un paul pour tuirc les quatorze milles qui séparent les deux villes. Le pays & traverser, quoique platf offre un cottp d^œil naguiGque; de toutes parts se présentent des bois de chênes verts, délires et de myrtes sauvages.
J eus bientôt à m'appiaudir de la société que j'avais choisie* Jy appris de la bouche d'une ezcdiente vieille unfait que proibalileflumt je n'eusse ouï raconter à aucune femme <Ie salo». Knviron h trois milles de Pise est une assez- grande église, 6un-l'iclro ul-Mars. Saint- Plenee<<cii-Mer. ■ II fut un temps, me dit ma dcenme^ où la mer s'avançait jusque là. Or,. saint Pierre étant un jour à 1:i pêche, une tempête survint, qui le lit érhouer à celle place.
11 y érigea un autel; plus tard un pape fit hitir l'église. * J'omets I.i suite, ainsi que mille particularités que le lecteur peut facilement imaginer. Deux jours après, en consultant un auteur italien , je vis que cette église datait an plus de la fin du di\iènie siècle, comme l'.ittesle une suite de peintures que l'on y voyait encore naguèrcs. Elles représentaient la suite des papes, en rcmon-
tant de Jean XIV, qui vivait eu ç)Gi^ , jusqu'à saint Pierre. Aujourd'hui celte Ict^ende curieuse a disparu sons un blanchissage â la chaux , et on distineue à p«ne les lettres de quelques noms.
Le souvenir <|ue l'on garde le plus long-temps, lorsqu'on aviritéPise, est celui à^]APiazza'det'Duomo{V\, 111).
On voit à gauclic le Baptistère ^easMxle le mur de marbre blanc du Campo-Saiito, le Borne ou la cathédrale et la Tour penchée. C'est une chose très-remarquable et peut-être unique dans le monde, que cette réunion des quatre plus beaux édifices de la ville sur une seule place, sans qu'aucun d'eux soit masqué par quelques constructions particulières. Ils se font mutuellement valoir, et leur ensemble est d'une bar" mooie parfaite. M. de Valéry prétend que l'on se croirait daus quelque quartier désert d'une grande cité de l'Onent.
Tous sont , de la téte aux pieds , revêtus en marbre blanc, et se détachent sur une pelouse verdoyante. Mon œil, accoutumé à la pierre noirâtredes monumens français, se refusait à croire à tant de magnificence , j'eus l'enJantillage de m'avanccr assez près pour m'en assurer par le tact. Je me rappelai le mol <le Deshrosscs , qui prétend qu à Pise le marbre est aussi commun que l'eau,, encore fait-il observer qu'il parlait ainsi un jour de grande averse, j Le CampO'Santo fut le premier lieu où je courus d'abord ; on n'a pas si souvent l'occasion de faire ])èlerinai:e en terre sainte. Figurez-vous ( Pl. I V) un grand cloître carré long qui renferme un préau, tout de terre apportée de Jérusa-
3o L'ITALIE.
lem, et prise aamoDt Calvaire par Tar- aente, skIou quelques opinions, la cbevéque UbitlJo Lanfranchi, compa- chasse de Méléagre , et , selon d'autres, gnon d'armes (le Richard Crpiir-«le-Linn. l'histoire de Phèrlre etd'Hippolyle. J*a- Lc préau a pieds de longueur ; il est voue qu il nie serait impossible de prodécouverl cl divisé eu trois parties; la noncer entre ces deux sujets, seulecooèhe de terre sainte a une ipaissenr ment cedMnx,de l'on ou de lautre, me
de 9 pieds ; on assure que les coips y «paratt tout aussi bixarre pour la cirétaient consumés en vingt -quatre circonstance; la seule escuseestdans le heures, acluellement elle a perdu sa mérite du morceau, que tout faitcroirc vertu dissolvante: peut élre les sels un anli(|iic. (iiovanni et son fils neccsalcalins, dont cette terreavaitétéim|iré- saicnt île l'étudier et de l imiier. De la
gnée, sont-ils en partie évaporés* Une jaillit la première étinctUe du feu qui
' feule d'AUenuDd vinrent mourirà Pise devait animer les artistes de la renais-
dansla guerrede i^SS ; quelques années sanœ. La pauvre Béalrix estd'adieurs
après le fossoyeur, qui avait fait sur assez rudement traitée dans son épita-
. leurs corps l'expérience de la Terre- phe : on la (luAiCie de pcc/uresse. Sainte, s'exprimait ainsi à un voya- Un vase antique de marbre de Pnros,
geur : « Laterra logorawagli con le loro enridù de bas-i^iefs , cl connu sous le
groiS9 paneiê , in iemune «U âtun ghr- nomâixvaieauSacehusbar6u, a servi ,
ni. Latare ûs mangeaU eux et leurs sans nul doute, aux cérémonies rdi-
gnusêt panses t e*étmt ^affaire de f ieuscs grecques et romaines.
deux jours. » I . l'n buste de Brutus antique est d'un
Le cloître est d'architecture ç^othi- beau travailque, et composé de soixante-deux ar^ Un Pégase de bronze, que l'on
cades d'une rare âégance; elles sont croit grec, a 6gnré long - temps au
de marbre blene ainsi que le pavé, sanmetdelacoupoledelacatbédrale. L'arebevéque Ubaido conçut Hdée Le tombeau d'Algarotti inspire de
dp re innnnmpnt, le plus exlraor- singulières réflexions; OU y lit en latin
dinaire certainement de ceux que pns- cette épitaphe : sède Pise. Commencé dix -huit ans
après, sotts la direetioB de Giovanni a algarotti.
Pisano, ilnefutadievéqu'en ia83. BlYAL D'OTIDB,
Les statues au-dessus de la porte DISCIPLE DE NEWTON,
principale sont de cet artiste , elles FaËDÉAIC LE tiRANO.
occupent une espèce de temjde, et le
statuaire s'est représenté lui-même A cote de la terre de Jérusalem , ces agenouillédevant la Madone. Les tom- trois j^loires rappelées du païen Ovide , beaux , places sous les arcades, sont du protestantNewtoo et du philosophe pour la plupart de marbre , et les urnes Frédéric ! Lesavant aimable avait vécu funéraires, trouvées à Vollerra, sont long-temps h la courde Prusse, et red'albâtre. On remarque le tombeau de /in t mourir à Pise, sa patrie. Vieux, il Béatrix, mère de cette cék^brc corn quitta 5a//5 - 5ouci pour venir dormir tesse Matilde, dernière héritière des au Campo-Santo. Peut-tHre la transicomtes de Toscane, et dont le testa tîon a-t-elle paru brusque à ses mânes, ment fut si favorable à la cour de Rome. . Du reste, Frédéric traita son cbambe*- Le bas-relief dont il est orné repré-^t lan mieux que lui - même en fait de
to mb et o t csrtmsaitque, parandei^ nier trait à la Fanst, il voulut être enterré près 4e tes chiens et de leurs
statues.
Il e3t un nutre défunt dont l'ini^énuité m'areri, c'est le jurisconsulte Filippo JDedo. 11 se fit âever de son viTant le tombeau que vous ponves voir, disant qu'il était à craindre que la postérité eût l'impolitesse <le n'y pas soiii^er.
Un des Italiens qui a le plus lionoré sa patrie |Mir la variété de ses talens, PifDotli, peBte, physicien, natura-* liste, antiquaire, repose aussi dans ce lieu ; son mausolée , par M. Aicci , est d'une belle simplicité.
Un monument exécuté par le sculpteur suédois Tliorwaldsen , qui depuis longues années habite l'Italie , et qui , dans restime publique, nuircbait immédiatement après Canovn , semble placé dans ce lieu pour constater l'immense proi^rès fait par l'art depuis Giovanni Pisano. C'est un tombeau âevé par souscription en rhonneur de Yaooa, médecin illustre que Pise a perdu récemment, et que Ton venait consulter de tous les points de l'Europe, surtout pour les aûcclious de poitrine.
Plus de sis cents famines andennes de P^se, outre les illnstralimis étrangères, out eu leur sépulture dans le Campo-Santo. L'orpueil national dts Pisans cependant s'olFcnsait du jiarlajze d'un privilège que, dans les beaux temps delà république, ils s'étaient habitués k regarder comme cxdusif.
Cet édifice si religieux , si solennd, si honorable pour le peuple qui l'a commandé , était pour lui ce que devrait être pour la France notre Panthéon.
Les |Mreniiera ardstea furent appelés auccessivement à le décorer, et il est devenu un monument historique des progrès de la peinture dans les ziv*. et
XV*. sièdei. Les murs sont tout entiers recouverts de ces précieuses fresques. A gauche en partant de l'entrée principale , les trois compartimens d'en haut sont de Simon Memmi, et les trois d'en bas d'Ântooio, dit le Venesiano ( (juoique Florentin d'origine); ils représentent la vie de saint i7«fiMr, patron de Pise. Le vaisseau qui porte saint Renier à Jérusalem , où il va prendre riiabit d'ermite , est curieux à étudier pour l'histoire de la navigation.
Les six qui suivent sont relatifs h la vie de saint Éphèse et de saint Politus; ils sont l'ouvrajïe de Spinello <l'Arezzo, qui les fit en i4oo. 'frois ont à peu près disparu, victimes du temps et peut-être de l'incurie; un auteur italien en fait l'aveu.
Une perte plus déplorable est celle de quatre autres dus h Giotto, le plus grand maitre de son siècle , et proclamé le restaurateur de la peinture. Deux subsistent encore: les mjwtmui et lea mnisAJob, Dans le premier, le démon semble une inspiration du Dante, et Ra|)liaiil n'eût point désavoué l'ance.
La seconde composition est admirable de naturel et de calme. C'est après ce magnifique travail que Benoit IX eut l'heureuse idée d'appeler l'artiste à Rome pour concourir à l'embellissement du Vatican et de Saint-Pierre.
StéfaiioMarucelli, vers l'an i6a3, reçut la mission de restaurer celles de ces pànturesqui avaient déjà le plus souf* lert.
On doit à Au^stino Ghirianda de Carrare riiislnire d'/i^r/irr, en deux tableaux. Un historien prétend qu'Aurélio Lomi y fit quelques additions, ce qui expliquerait les deux diflîkentea manières qu'il est facile d'y reconnaître.
L'histoire de Judith est de Paolo
3« LIT (juidotli , mais de sa première manière et avant que son talent se fût formé.
Vasari nous apprend que Yittoria Pisanello de Vérone arait aussi enrichi le Gampo-Sanlo de qudquei ouvrages , c'est en Tain qu*oa les chercherait aujourd'hui.
Bunàlmacco, qui pri«;nail en i35o, n représenté dans quatre compartimens \a Création du monde ^ et les a eDUmrëi de bordures et d'omemeiw.
Beaucoup des tètes sont portraits; il 7 a placé le sien avec une inscription en vers. Par malheur tout cela n'a de mérite que comme premier pas d'un art qui bégaie encore.
' Le reste des sujets de rHistoûw SaÛDte, qui ornent ce cAté de gderie, est de Benozzo GozsoH , mort en 1478, imitateur do Masaccio et le plus récent des maîtres qui ont travaillé au Campo-Santo : c'est le Raphaël de ces temps primitifs. Doué d'une rare fécondité, il ne mit, dit-on, que deux ans k terminer les Tingfti^iois sujets qui loi f urent confiés et dont trois sont perdus. • Ouvra L'e efTroyable, dit Vasari, et capable d'épouvanter une légion de peintres. • Malgré la sainteté du lieu, VOUS rirea beaucoup de son Noé montrant sa nudité; prés de lui est nne jeune fille qui, se bouchant les yeux avec les mains , ouvre les doipts dè toute sa force atîn tie ne pas voir.
Celte gracieuse Ggure a reçu le nom de Fergognosa la pudique, et a donné lieu au proverbe t Comme la pudiqu»
du CampcSanio. La Tour da BaM est le mieux conservé de ses compartimcns. Parmi les mages et les ministres qui accompagnent Nemrod sont plusieurs portraits. On reconnaît Gôme Tancien, son fils Pierre, ses neveux Laurent le Magnifique et Julien.
U Histoire du roi Osias et le festin dû Baltliasar sùsxi de Aondinosi. Un
LIE
mauvais |.!.iis,fiil leur a ap|il;<ju<' une expression du Dante. Le visittnir, ditil , guarda e passa ^ regarde et pusse.
Un crucifiement^ une résurrection et une ascension sont du même Buffidmacco dont nous avons déjà parlé
La variété, l'inuigination et la poésie sont, mali;rc le dt'faut complet de perspective , les qualités qui recommandent h un haut point les oeuvres d'Andréa Orgagna. 11 y joint une pensée et une verve satirique à la façon de Hogarth. Dans son Dnomphe de la Mort , une relipeuse, serrant dans sa main une hoiirse , montre (|ue le vœu de pauvreté était alors parfois assex mal observé. La mort prend plaisir à Irapper des riches, des heureux, des amans qui se reposent à l'omhre d'un bosquet d'orangers au son des instrumens; tandis qu'elle reste sourde aux voeux de uiisérahlcs qui l'appellent comme une amie. Plusieurs figures sont des portraits. Le personnage qui porte un faucon sur le poin^ représente le célèbre Castruccio , aventurier gibelin , qui s'empara du pouvoir à Lucques, et obtint le titre de duc, en faisant alliance avec l'empereur Louis de Ba- ▼ière. Cdui-ds'y trouve ausBi,«veenne longue barbe et tenant un arc à la main.
Dans \tJugamaa dernier^ un ange tire par les cheveux et rejette parmi les damnes un religieux qui s'était glissé au nombre des élus •■, tandis qu'un autre ange place parmi ceux-ci unjenneet joyeux mondain , perdu dans le groupe réservé aux supplices.
Andréa devait en outre exécuter un Enfer; mais, obligé de retourner à Florence, il chargea de ce soin son frère Bernard , qui y reproduisit la ter* ribie image inspirée parle Dante*
« Le souverain de l'empire des douleurs tenait dans chacune de ses trois bouches UD pécheur, que ses dents dc-
PISE. 33 cLiruient et broyaient, fiiÎMiit ainn àla ment DcdmMiet, ctl toute rohde, enfuis trois paliens. » tourée de sept étages de colotinades,
11 a encore imité le Dante en ceci, et toute creuse en dedans, de sorleque
qu'il plaça ]>armi les damnés plusieurs ce n'est qu'une croûte ; elle penche tel-
de ses ennemis personnels , et qu'il lement qu'on niveau, jeté d'en haut,
ajouta, pour qu'on ne manquât pas de va toucher à plus de douse pieds des
les' reooonattre , le nom au-dessus de fondations. A examiner les symptômes
diaqae portrait. apparens, il semble qu'elle se soit af-
Pierre Laurati, disciple du Giotlo, faissée d'un côte tout d'une pièce. Ce-
a retracé plusieurs histoires d'auacho- pendant il parait bien dur à croire, vu
rètes. la forme de sa construction , qu'elle ait
Voilà Uen des détails pour de vieil» pu faire un parpil pas delnllet moi se
les peintures , en résumé assez mé- dégingander le reste du corps, a Bo-
diocres et pour la plupart à demi eflà« land fait avec plus de gravité la même
cées; mais le Campo-S;into est une réflexion. ■ Esl-il présumable qu'une
collection unique. Etudiez-y avec soin tour de cent quatre-vingt-treize pieds
l'art au berctau et encore enveloppé de hauteur, ronde, à sept étages, tous
de ses langes ; vous éprouTerei on plus à colonnes détachées , excepté celles du
▼if jdaisir quand , au sortir de là , vous |iremier qtîi sont engagées et dont les
allez le retrouver adulte, plein de vi- omemcns sont délicats, qui , en outre,
^'ueur et de grice, et dans tout l'éclat se redresse sensiblement en s' élevant,
de sa beauté. ait pris douze ])ieds d'inclinaison de sa
Ma seconde visite fut pour le Cam- plate-forme à la base, sans qu'aucun
j>anUô docher, ou. Torre jpendente la de ses ornemens en eût souffert la
tour pcDcliée (Pl.V). Ce monument nunndre atteinte, sans qu'il y eût eu
date de 1 1 ^4* architectes furent aucune crevasse , aucun mouvement
Guillaume dlnspruck et Romano d^ nulle part? D'ailleurs l'inclinaison n'est
Pise, regardés avec Buono, le construc- point aussi considérable dans le vide
teur du clocher de Saint-Marc à Ve- intérieur, quoirju'elle soit opale du côté
Dise, comme les premiers artistes de opposé. Quelque eilrayanle que soit
leur siède. Aoeun ouvrage n'ft donné cette nAMMtraoïilé , en passant au-
lien à de phis naïves dissertations. Les - dessons et pins encore en moiitant des-
uns ont dit qu'dle avait été bâtie pen- sus, on voit que tout est calculé de
chante par caprice de l'architecte, manière que le centre de gravité passe
d'autres qu'elle penchait par accident, par sa base; on sent que les eflbrts
Quelques-uns ont écrit qu'elle ne pen- communs, lepoids général, s'y dirigent:
chait pas ^ mais qu*ette trompait amsi il n'a été ensuite question que d'en
les yeux par un mmveau se^vf et par lier suffisamment les parties , et je ne
un artifice architecture, î)ÎSLMixes^\\)L?, vois pas que la position inclinée des
simples ont assuré qu'elle semblait assises de pierre soit une raison de
pencher de tous côtés, selon la situa- conclure l'inclinaison accidentelle de la
tion de ceux qui la regardaient. Pau- masse : elle ne prouve autre chose que
Très lecteurs! combien ont dft ennre le complément de la singularité de
cette fameuse tour l'cravre de quel* l'architecte. Sept cloches, en outre»
que fée. dont trois fort grosses, qu'on sonne
« La célèbre tour de Pise, dit gaie- tons les jours avec autant de sécurité