‹ La ToscaneChapitre 7 sur 16 · LIT · texte numérisé non relu

LIT

€]utîêe sîkrelé|SoaL un terriLie argumenl. «

De Lalande , qui est pour l'aflaiMement du sol, combat avec une arme

bien forte. II met en avant ropinion de Vasari, de Soufllol, qui constniisil le Panthéon ( et qui devait se cormailic en aibisscmenl; car il fut menacé luimême, pour son cbef-d'œovre , d'un accident semblable ) de la tïondamine, Bernouilli et beaucoup daulrcs sa- ▼aos. Ln raison sur laquelle il s'appuie surlouf, est que les colonnes inféjiciircs sont plus enterrées à mesure qu elles approchent du côté OÙ est Tindinaison, ce qui annonce bien l'inégalité dans le sol* Sa description de la tour est la meilleure. « Sa forme, ditil, est celle d'un cylinîlrc, environné (le huit rangs de colonnes posées les unes sur les autres, ayant chacun lenrcomicbe; lederniev ran^^ qui forme leeam/MuuilBeslen retraite. Toutes les colonnes sont de marbre, et paraissent avoir été tirées des ruines d'anciensédifices : charunc porte deux retond)écs d'arc. Jl y a un lulervalle suffisant pour passer entre les colonnes et le mur circulaire de la tour; le vide du milieu ressemble à un puits , et autour règne un assez hel esralier. La penle en est si douce qu'on pourrait le n)on(rr à clieval.Le vides j déverse en totalité, ainsi que Tescalier, du cdté o& la tour s'in** diae , et toutes les assises de pierre sont également inclinées. Le campanile ])araît se redresser, ce qui fait croire qu'il a élé conslruil après coup.

On en a à peu près la cerlilude, d'après nne peinture du Campo-Saoto, représentant la vie de saint Renier, et où se trouve la tour penchée seulement avec sept étapes. Le huitième a-t-il été ajouté pour rétablir l'équilibre?

Uneopinionde juste milieu (en quelle

A LIE

liiiitièrt' nVxisU'-l-il pasdcjusle milieu/ prétend que le sol aura cédé d'un côté * sottsiepoidftde la toiir,alorsqa'ell« était déjà élevée à la moilié de sa bauleun, et (pie les architectes, après avoir ciaminc la nature du terrain , certains que la couche sur laquelle reposait leur cdiiice ne pouvait désormais s'aQàisser, en continuèrent la constioction sur le même plan.

Quoi qu'il en ?oil, qucla tour doivescm inclinaison à un jcude la Providence ou à une comhinaison savante de la part d un homme, j'en remerciai sincèrement l'un OU l'autre, quand j'appris du sacristain boiteux, qui me servait de u i de , que cette inchaaison avait aidé à Galilée pour ses expériences sur la chute des corps et les lois de la gravitalion. Il était .alors professeur de mathématiques à l'université de Pise. Il perdit peu après sa chaire, ou plutôt ses âèves perdirent leur professeur vénéré, par suite d'une légère atteinte que sa conscience le força de porter à ramour-])ropre d'un frère du grandduc Ferdinand I". Le prince avait imaginé une machiné pour vider la darsène du port de Livoume, le savant reçut mission du gouvernement pour l'examiner; il démontra, ainsi que I cxpéricnc 0 le confirma plus tard, qu'elle était insuihsanle et inutile. Sa disgrâce fut le prix de son csamen probe et de son rapport €Ouraf*enx.

De la plate>forme du cfimpanile on jouit d'une vue fort étendue. Ce sont les hains,à quatre milles de Pisc;cVsl le village d'Acciano, d où part l aquéduc qui apporte les eaux il la ville ; ce sont de riches campagnes, avec la bdie ceinture bleue dont la mer les entoure du côté de l'ouest.

Un itinéraire en nni:1ais,quc par désœuvrement j'avais feuilleté en route , m'avait annoncé que il Duomo de Pis;;

PI^E. 35 était une ronslruclion (iuco-./,uba~ M^ïs les plus richts or..f.n(HS mm.I PwoiM. L'expression m'avait fait sou- les trois cclèhrcs portes de Lron.c. rire , sans que je pusse parvfiiir à la Leui* beauté a donné lieu a cette tradicoraprendre ; je fus forcé dt la recoa- tion populaire , que ce sont les porles naître juste, lorsque j'eus le monii- derandeiiteiDpladeJén]salem.liraut ment devant les yeux. Les colonnes me 'dire Cependant qu'un auteur italieu rappelèrent la Gu re , la loiiurc le style parle d'une porte latérale en Lronze, arabe, ci je reconnus celle prodijjalilé avec ligures d'ar-cut, que Godefroy de extrême d'omemens qui te retrouve Bouillon aurait donnée à la ville de Pisc dans tons les moniunens de Pise, et vers l'an i loo': die a péri dans rineenqui rappelle la première époque de la die de i 5q5, dont féglise eut beaucoup renaissance. à souffrir. Avant cet incendie, les bas- C elait vers la fin du onzic^me sitcle, reliefs des portes, exécutés d'après larépubliqucdcl'isc venait de chasser Bonanno, étaient au-dessous du mêles Sarrasins de la Tille de Palerme , la diocre, à 1 excep tion de ceux de la porte BoUe était rentrée chargée d'un riche qui regarde le clocher et se troave dans butin, on eut l'idée de le consacrer à la croix. Les bas>reliefs d'aujourd'hui l'érection d'une mnL'nifique cathédrale, sont d'une date plus récente, ils fu- Buschctto, Grec d orii:ine , jouissait rcnl exécutés d'après les dessins et sous alors, dans les arts, d'une baule rc- la direction de Jean Boloi^ne, par nommée ; on s'adressa à lui pour des Francaville , Tacca , Antonio Susini , dessins. Dans son premier projet , il Orasio Mochi, Giovanni ddl' Opéra, avait négligéd'exbausser son œuvre sur Fra Domenico Portigiani, et Gregorio un vaste perron , il s'y décida d'après Pagani. La porte du centre a vingtun prand nomhre d'avis qui lui arrive- deux pieds de haut sur onze de large ; rent de toutes parts, et, assise sur une de gracieuses guirlandes de feuilla-es, base élevée, elle gagna braucoup en de fleurs cl de" fruits forment i'encamajesté. Les travaux commencés en drement. Elle se divise en huit comio64 , tous le pontificatd'Alcxandreir, partimens , où sont représentés difléfurent terminés en 1119, sous le pon- rens mystères relatifs à la Vierge, avec tificatdeOclasclI, qui fît la consécra- plusieurs figures de prophètes et de tion solennelle, et dédia l'égliseàrAs- snints, et q m !q nés images symbolisomption de la Vierge. , qucs. Les deux portes voisines sont Cinqnante-quatre colonnes , répar- d'un tiers moins |:randes^ et représentes en cinq étap;es, entrent dans la tent la Passion de Jésos-Christ. De Lacomposilion de la façade. La diversité ]a|)(|e signale , snr la plinthe d'une de des marbres et du travail, le manque rcs portes, un rhinocéros très - bieu d'harmonie dans les chapiteaux, atles- modelé , faisant regard à un cerf; ce tebt qu'elles sont Je produit de difle- ,|ui prouve que le rhinocéros était rensartistesetdedilTérens siècles. Plus alors connu des Italiens. En France, qu'aucune autre ville d'Italie, Pisese avant 1749, époque où la ménagerie plut à rassembler des objets d'art enr s'enrichit d'un animal de celte espèce , levés aux nations vaincues. Les con- tout le monde, et même la classe înquêles qu elle fil par mer lui procu- struite, s'accordait pour en regarder raient le moyen de faire transporter l'existence comme fabuleuse. |?rand nombre de colonnes. Cent petites fenêtres à vitrail ;o-

lorits donnent à l'intérieur une lu- estimé ; les ornemeus de l'nutrc sont

mière assez faible , le caractère de l é- de Foirt;irii. Le çroupe d anijes , sur

difice en acquiert une teinte plus reli- un fond d'or au-dessus du labeniacle ,

gieuse et plus impoMnte. Son étendae cat deGhiikiidajo,le maître deMichd-

est oanndërable ; il te compose d'une Ange. Derrière l'autd une Teiuatitm

lief et de de u X La s-c ô tés portés sur que- tFEve esdta la criliqne de Desbrosses,

tre rangs de belles colounes , au nom- «Le sculpteur, dit-il, a donné très-

bredesoixante-quatorze,dontsoixante- hors de propos une téte de femme au

«leux sont de pranit oriental , et douze tentateur, puisque, de toutes les têtes

de beaux marbres. Inégales entre dles, qu'il pouvait lui donner, celle-ci était

dlee sont évidemment dis dâms re- la moins capable de tenter notre pre-

cueillis de difTérens édifices; Tarclii- mière mère. * Les stalles du chœur

tecte^ pour le dissimuler autant que (sorte de mosaïque en bois introduite

possible, a usé d'adresse. Il a parfois en Toscane à l'époque de BruneUesco),

placé dessous de faux atliques, et méritent une mention,

exhaussé les chapiteaux et les abaques Sur le côté droit de la croix est

( partie supérieure du chapiteau ) , la chapelle |de saint Renier, dont le

de manière k rétablir rbarmonie, an tombeau est l'œuvre de Foggini. Une

moins pour Toeil. statue antique, qui fut autrefois le dieu

Un eflTct moins nirréable, et que nul Mars, est aujourd'hui saint Éphèse.

artifice ne peut corrig^er, est celui du Sur le côté gauche est la chapelle du

plafond formé de charpentes de hois Saint- Sacrement. Le ciboire d'argent

doré t magnificence qui ne vaut jamais massif, «t les bas->reliefs d'argent au-

celle de la plus simple voûte. Le pmwé tour de l'autel , sont d'après les dessins

semble char^'é de réparer le tort du de Foggini.

plafond , il est tout entier de marbre On a adapté, comme balustrade à la blanc, coupé, h larges dessins rétru- {.-alcrie qui rc-crne au-dessus de l'entrée liers, par de belles bandes de marbre principale de l'église , des bas-reliefs jaune. Au centre delà croix est une deJeandePise.il est maladroit d'avoir brillante mosaïque. placé cet ouvrage exquis k une telle La disposition et le dessin des douze élévation qu'il échappe à la vue. Ils chapelles, réparties sur les flancs de la avaient servi d'abord à soutenir Tannef, sont attribués à Michel-Anuo. cienne chaire.

Elles furent exécutées par Slagio Aujourd'hui la chaire est supportée Stagi. par deux petites colonnes : l'une est Aux côtés du mattre>antel il y a en porphyre; l'antre est d'une trèsdeux superbes colonnes de porphyre, belle brocatelle orientale, et passe et quatre bons tableaux d'Andréa del pour le plus beau morceau que l'oik Sarto , représentant saint Jean, «;aint connaisse de cette espèce de marbre. Pierre, s.nnte Marijiieritc ft sainte Sur le pilier de gauche, qui , au plus Catherine. Ces deux dernières passent haut bout de la nef, supporte la coupour les plus jolies figures de femmes pôle, on a placé la sainte jignùs, le sorties de son pinceau. La colonne chef* d'œuvre d'Andréa dd Sarto : on proche du si^ de l'évéque est ornée l'a long^temps cru un Raphaël, par des meilleurs ouvrages de Stagi , et Mengs.

porte un ange de bronze grandement En ouvrages de sculpture j'ai re-

marque le pelit aulcl Saint - Biaise , d'une extrême élé!j;ance ; le cénotaphe de l'archevêque de Pisc , Pierre Ricci, au-dessnt de la porto deU a»- «ristie } troii situés ianflnoiifé , de Jean Bologne, dans le chœur; le tombeau de l'empereur Henri VII, ouvrage du quatorzième siècle : c'est le souverain ami des Pisans, ennemi des Florentins, quele Dante a si magnifig^enlaïl loaé , et:

qu'il a,de^aoaiiiriMilHfMvé^,«^^ dans la demeare ^fàm»i lii'iil^ il est vrai, indique i{aé Ini-ttiéine y reviendra une seconde fbîs pour toujours. A la lin du chant XXX de son Paradis, il s'exprime ainsi :

« Béatrix m'attira et me dit : Admire combien est grande la réunion des robes blanches! Vois notre cité, comme elle est vaste en son tour! Vois nos bancs, ils sont remplis de telle sorte qu'il semble ne manquer que bien peu de'monde. Ce siège élevé captive ton regard, à cansedelacoimmne qnile surmonte; avant que -foi -même sois convié h ces noces, il aura reçu l'Ame devenue plus auguste encore <lii prand Henri, celui qui se présentera pour réformer lltalie avant, liéks ! qu'elle* aoitprâta»!»

Nous avons vu Galilée se servir de l'inclinaison (\uCampanilo pour déterminer les Inis de la pesanteur des corps, et de leur mouvement accéléré; le mouvement ré^é et périodique d'une lampe anspcndue h la cathédrale lui avait révélé, à dix-hoitou vingt ans, la mesure du temps par le moyen du pendule. Ces vieux monumcns , fait observer M. de Valéry, si importuns eooB le rapport de l'art, rappellent en outre les plus grandes découvcrtea de la science ; ils font ainsi un double honneur à l'Italie.

En sortant de l éj-lise par la porte du b.^s-cùté à droite , et sur la place, se

ISE 37 voit une colonne isolée de i^ranit. Elle porte une urne sépulcrale antique, sur laquelle on a représenté un Silène qui jouç de la double flûte. Quoique ce soit le tombeaude quelque païen , reourque Ddalande , on le conserve par respect pour l'antiquité. On a gravé, eu it.!»

lien, sur le chapiteau de la colonne :

Ceci est l& talent que l'empereur César domtf^à Pise, jtPeo lequel on mesufait h tribiÊt quibû était da.MaAê^ nonobstant cetto inscription, il est fort douteux que ce vase ait jamais servi à cet usage. D'abord il aurait été trop grand pour ne contenir qu'un tait t; et, d'ailleurs, on payait les redevances en poida et en nombre, et non pas en

L'usage, dans quelques villes dltalie, est d'avoir pour les baptêmes une église spéciale dédiée à saint Joan, et qu'<Mi appelle le baptistère j on y présente tons ies enfans, quelle que soit la paroisse sur laquelle les parens sont domiciliés. Le baptistère de Pisc est une rotonde toute de marbre, à double étage de colonnes , liées entre elles j)ar des arceaux comme celles de l'intérieur de la cathédrale : an-dessus règne un troisième étage, h&issé de petites flèches gothiques. La toiture est un joli dôme, auquel Desbrosses trouve avec raison un air de turlian. Il est couvert, mi -partie en plomb et mi -partie en tuilea couibes, de sorte qu'un cAté présente une teinte bleuâtre et l'autre un ton d'un routée vif, à peu près comme la robe d'iui bedeau.

L'architecte futDioti Salvi. Sa construction fut un prodige par la célérité.

Lesehrooiques s'aocordeiot à OOrtifier que les huit colonnes et les quatre pilastres de l'intérieur furent élevés et reçurent les arcades qui les réunissent dans l'espace de quinze jours. L'argent vint à manquer lorsque la première

z6ae extérieure éLiit à peine termincc; ù la sûreté de celte chaire précieiue.

le zèle religieux et patriotique des La porte principale et l'architrave sont

Pitans y remédia : «ne contributioii auMt omét de bas-rdiefr et de eculp-

kttUdrei d'oii florin par feu , mi t bien- tnm dignes d'ettcatioii ; la finesse de

tôt àm^ne de^enniner le noble édi" Texécatioa annonce déjà l'auxore des

fice. On a gravé sur l'une des colonnes , beaux jours de l'école de Pise.

qu'il le fut en 1 1 53. La ville compLiit J'allais oublier de mentionner le cc-

alors treize mille quatre cents feui ; si lèbre écho de l'intérieur, et c'était de

Ton met cinq personnes par feu, on l'ingratitude } car il ne manqua pas de

troa?e seiisnte- sept miUe habitans. me répondre, ailksi qu'il l'a fiât et le

En 1715 on n'en compta que diB-liuit fem loajonrs, en^Scbo poU , à tous les

mille ; on n'en compte anjonrd'lllli en- voyageurs passés et futurs. Il r('p(^te,

Tiron que seize mille. onnepeul plus distinctement, des mots

L'intérieur du baptistère est beau : entiers. Si Ton parle bas d'uacôlé de

les cokmnes sont de granit , et <mt été la muraille, Ton entend à. Feutre extré-

apportées de Sardaigne. Elles forment mité tout ce qoi a été dit t c'est l'diet

une espèce de bas-côté tournant. Ces de toutes les voûtes elliptiques. Cdle-

colonnes en portent d'autres qui sou- ci est en outre si élastique et si sonore ,

tiennent une coupole elliptique. Le que, pour peu qu'on frappe d'une

centre est occupé pai une grande cuve canne contre terre, le retentissement

octogone de marbre, avec des rosettes dure aussi long-temps que le vibrement

sculptées sur les fiuîes : cUe est âe^ée d'une docbe.

sur trais degrés, et difl^ de celles H est possible que cet écho ait, par

des ailtres baptistères, en ce qu'elle hasard, donné lieuàla découverte de

se divise en cinq cavités , dont la quelque conspiration. Celte conjec-

plus grande est au milieu et les autres ture expliquerait peut-être une Ira-

sont au pourtour. A l'époque où le ditionpopulairequejetiensde la vieille

baptême se pratiquait par immersion , du bateau de Livoume. « Vous Terres,

couttome qui fut abandonnée dans le 'm'atait^elle jUt, le baptistère de notre

treisième siècle , la cuve du milieu ser- bdle ville de Pise. Il y avait autrefois

f vait pour les adultes, les autres pour une colonne où, quand il se tramait

les enfans. quc1(|uc chose contre l'état, cela se

La chaire, où I on monte pour lire voyait comme dans un miroir. l'I^rangile, est d*an maibre presque Un des monumens le plus empreints transparent» Sonfenne par boit ou dn caractère pisaA est Santa- Maria neufpetites colonnes de mariïre et de délia Spina (Pl. YI). , ainsi nomgranit oriental , portées par des lions , mée patxc qu'elle reçut jadis une relielle est environnée de bas -reliefs, quedu plus haut prix , l'une des épines qui représentent le Jugement dernier, de la couronne de Jésus- Christ. Les G'ëst ciieofie«nB onrrage de Ifieolo écrivains italiens la qualifient de Teii»- Pisaqo*, et l'on de ses plus estimés. Le piettOt Eglisette. La ricbesse d'ornesamedi saint, jour 0& se renouT^e mens et le fini de leur exécution dans l'eau bénite, et par conséquent jour de des proportions incroyablement migrande affluencc , le podestat devait nimes, font de cet édifice nne délienvoyer un de ses agens avec des gar- cieuse miniature: elle passe pn.ir le des , ayant mission spéciale devcdler chef-d'œuvre de ce genre en Italie.

PI

Défibrasses traiUit Livourne de ville (le poche, il devail traiter Sanla-Maria 4'église à mettre aoua Terre, eomme

ces ivoires que Ton travaille h Dieppe.

Elle est située sur le bord de l'Amo, à un endroit où autrefois existait un pont appelé le Poote-Nuovo, aussi s'appella-t>elle d'abord Sainte-Marie fin Pont-Neuf. Le temin d'alentour s'ëtant peu à peu exhausié, on peutêtre les débordemens du fleuve ayant nécessité des remblais, elle se trouve aujourd'hui enterrée de quelques pieds et l'on y descend par plusieurs mardiet.

A renmen de l'intérieur et de Tci* térieur, il est facile de reconnaître

qu'elle se compose de deux constructions d'époques différentes, ce qui se trouve du reste confirmé dans de vieux nianutcritt. La partie qui regarde l'est fut d'abord une simple chapdlo. L'affluence des fîdiles dans ce lieu, en grande vénération, engagea le sénat h faire ajouter, vers l'an lajo, la partie qui s étend à l'ouest. Le nom des deux arahitectes est inooonn. Us oottravaiHé dans le style du siède où ils vivaient, style^demi-gothique et deuii-moresque importé en Italie par des artistes orientaux.

Les statuettes nombreuses de l'ar»

chitraTe de la porte murée sont d'André de Pise et de Jean i elles ont de la câébrité. Dans l'un des deux saints touniés ▼ers l'Orient, Jean a représenté son p&re Nicolas.

Les amateurs de inonumcns trouveront encore à se récréer dans la visite de quelques églises. Je leur recommande^ dans iat coMMecherini, une sibylle du Guerdiin. Prftsdii palais des chevaliers de St.-Étienne , on montrait na|2;uèrcs encore la ccU-brc tour de la Faim y qui servit de prison au comte Ugoiin. Qui ne connaît le terrible épi-

SE. 3^ sode de l'enfer du Dante ! Ugoiin enfermé avec ses quatre fil» dans un cachot , par l'ardievéque Roger , qui £iit jeter ks olefsdans l'Amo et murer les portes ! La terriUe peinture de cette agonie a long-temps suffi pour établir en France la renommée du Dante.

Combien de mes honorables compatriotes n'ont jamais lu de lui- que l'épisode du damné rongeant en enfer, et par représailles , le crine de rarobevéque Roger; et l'épisode dans im genre opposé et si suave de Françoise de Ri-

mini \

L'ordre des chevaliers de St-Btiennn était un ordre militaire et le grand ordre de la Toscane, établi par Gôme V*.

en i56i , pour défendre la Méditerranée contre les Turcs, et surtout le»

eûtes de la Toscane contre les pirates* Le costume se distinguai t par unecroix de satin roufe, à huit pointes , et sur la poitrine une petite croix d'or avee ruban couleur de feu. Les chevaliers ^ au nombre d'au moins quatre cents, n'étaient pas tenus au célibat, mais devaient prouver cinq degrés de noblesse de père, et en outre noblesse de mère etdegrand'mère ;Ie noviciat consistait en lin service de trois ans sur les galères de l'ordre. A leur qualité était attribué le droit d'arrêter un citoyen dans les occasions de.quwelle, de tumulte.; il leur suffisait de dire i P» quant»

siimaU la grazia M gran duca , an.

date in arrestoj si vous faites cas de»

bontés du grand -duc, allez-vou»-es aux arrêts; et celui à qui ils avaient adressé la parole était obligé d'obéif sttT-lOHibamp.

Je vais dter la singulière féte qui se donnait tous les trois ans sur le ponte marniOj pont de marbre. Les cispontins et les transpontins , c'est-à-dire le peuple de deçà et celui de delà la rivière se disputaient le pont, dans un combat

(jui durait trois f|iirii"fs d heure Les comballans se présenlaienL au nombre de neuf cenl Misante , révélât de cuirasses, portant en tête del casques dorés , et à la màiri des massues de bois, <lont cependant il leur était défendu de faire usa^e : la lutte devait se borner à une vigoureuse poussée. On assure néaumoiiis qu'die ne se termiiiatt guères sans qu'il plusieurs bleiisés, 'qudqnefois même des morts. Certains poudreux pédans (la race en pullule même sous ce beau ciel ) ont eu la rajje de voir dans tout cela un reste des anciens jeux de la Grèce et de Rome.

Ils ont imptimé que cette institution, noble copie des jeux Olympiques , ne datait rien moins que de Pélops , fîls de Tantale, roi de Phrygie et fondateur de Pise. De moins audacieux en ont faithimneurà Néron. Quelques érudits, plus acoonuaodans, n'y yoient qu'un .

souvenir de la défaite de Musette , roi de Sardaigne, sur ce point de l'Amo, en l'année ioo5.

On mentionne encore i illurainalion de la St.-Renierf triennale, ainsi que le combat , et qui ne le cède, assure-t-oo, qu'à cdle de Pderme. Je n'ai pas eu l'honneur d'en jouir; un Pisan , pour me consoler, m'en{:^agea à relire dans TArioste quelque description de palais enchanté : c'est dans une de nos illuaiinatioDS,me ditpil, que le poète a puisé tout l'édat et la variété inoute de ses fimtastiques peintures.

Un capital mieux employé que les quelques milliers de scudi^ consumés dans une soirée en lampions et en lanternes de papier de couleur, est celui consacré par les Blédicis 11 la ferme AeSan-RossorCy l'un des établi ssemens agricoles les plus remarquables de l'Europe. Peu de voyageurs en ont parlé.

L'excellent Lnllin de Cliâlcauvicux , dont Genève a déploré depuis peu la

perte I en a donné une description pleine d'intérêt : son ouvrage à la main j'ai fait ce ptierinage.

Entre Pise et la mer, des boucbes du Serchio à celles de l'Âmo, les eaux ont délaisse une plaine de plus d'une lieue carré d'étendue, dont le sol mêlé de sable marin, était trop stérile pour être défriché. 11 «t couvert d'un gaaon fin, et des chênes verts eut crÀ au milieu de cette plaine qui constitue le dr rtJine de San-Rossore.

On ne peut le parcourir qu'a cheval.

On sort de Pise en passant auprès de la tour penchée, et on entre immédiatement dans une avenue plantée d'ormeaux; elle conduit auGasin ou maison de chasse. Déj.à l'on est sur les terres du domaine; des deux côtés de l'avenue s'étendent des prairies dont le foin sert à la nourriture d'hiver des animaux de la ferme; vi&i* bientôt ces prairies viennent se perdre dans des gazons plantés çà et là de chênes verts et d*é};lantiers. Les Italiens dcsi|:ncnt par le nom de Miicchie. ces terres sauvages qui sont à la fois des pâturages A des bois. Peu après on arrive au Gasin : c'est une jolie maison cwrrée, nayant qu'un rez-de-dmussée et un étngc, et décorée de fresques représentant des chasses.

Il n'a tenu qu'a moi de me croire GoUiTer tombé tout à coup au milieu d'une république fédérative de chevaux. Plusieurs troupeaux de ces animaux , entièrement libres et sauvages, broutaient ou gnlopp.nient en hennissant autour de moi. Les jumens formaient différentes tribus, composées d'une vingtaine d'individus et gouvei»* nées par un étalon. Ces tribus ne se mêlent jamais, on bien il en résidte des combats qui ne se terminent que par la mort du chef de l'un des deux partis. Chaque tribu a son quartier de

pAtimge; elles se sont partagé le terrain, sans que les pâtres soient intervenus, avec une équité qui ferait honneur à l'arpenteur et au cadastreur les plus intelligens. •

Plus loin est cmitonnée me nation ^'environ dix-huit cents -vaches sauvages , au poil gris ardoisé, aux formes agréables et bien prises, et le front armé de cornes immenses. EUles sont mauvaises laitières ; d'ailleurs il ne serait pas &cfle de los traiie : on se contente de iear enlever leurs Teaox On les tue énea-mémes vers l'Age, de s6pt à huit ans pour obtenir leur cuir et leur chnir : ou annoblit cette tuerie en faisant une chasse ; elles succombent dignement sous le fer des lances.

L'esclavage et non le trépas attend un troupeau d'environ dens cents chameaux, fionille asiatique qui existe sur cette plaire dès le temps des Croisades; elle y fut amenée par un çrand prieur de.Pise de l'ordre de St.-Jean.

. Elle y est plus remarquable qu'utile, bien qu'elle fasse tous les travaux de

BJVCE. 4i l 'exploitation du domaine. C'est là que les bateleurs de l'Europe viennent acheter, pour le modique prix de six ou sept louis, ces pacifiques phénomènes, «pii viennentsnr nos places pu- Uiqncs disputer à Tours et an ainge l'admiration des bonnes et des enfans.

11 est impossible de tirer un meilleur parti d'un sol que la nature semblait s'être efibrcée de disputer à la cupidité .

de l'homme.

A propos de cupidité , je terminerai ce chapitfe par un exemple du peu de modération que les indi<^ènes de Pise apportent dans l'exploitation des voyageurs. Cette ville , recommandable par la douceur de aon dinwt , est pendant l'hiver un asile pour des nutudctqui aeeoorent de tontes les parties de l'Eoropc. Croiriez-vous que le plus modeste médecin italien, qui se trouve heureux de recevoir de ses compatriotes i pauIs, c'est-à-dire 33 sous par visite, ne visite pas vm étranger à moins de 7 à 8 firanct.

Quand je fis le trajet de Pise à Flo- Au voisinage de lamer, ce bassin , sonrence j'étais en compagnie d'un pro- vent très-resserré, s'ouvre en une vaste priétairc (les environs, hommecclairé, plaine, unie comme une glace et dépassionné ])0ur l'agriculture, et qui laissée parles eaux, me donna quelques détails sur la Toe- La mt droite de l'Aino est bordée cane. pm- la hante chaîne de l'Apennin; sa

La Toscane, me dit-il, comprend rive franche s'étend jusqu'à la mer et' trois régions absolument distinctes- aux frontières de l'état de liC;:Iise. Elle l'Amo, au fond de sa riante v;i!!ée, n'offre qu'une surface inéi;ale ( l tourtrace au milieu des montagnes un menléc, cl un sol peu fertile, où l'air bassin dont Florence occupe le centre , est en grande partie mal sain, et dont et qui se prolonge au midi jusqu'à chaque sommité est couronnée parles Gorlone, et à Toccident jusqua Pise. ruines de tous les âges

L'il

La région npcnnine comprend les deux sixièmes de toule l'étendue .de la Toscane ; la riche vallée de l'Arno «n BuèneMulenieDt: les trois autres tisiémes occupait la région connue ' sous le nom de Maremme, c'est un pays de mauvais air. Sienne peut être regardée comme sn capitale.

Voyez ce délicieux val d'Amo, et cet dauMires fillageoiseidontla route est bordée tout entière. Nous ne iai« soDS point cent pas sans en rencontrer une. Quelle justesse de proportions et quelle élégance dans ces constructions en briques ! Ce n'est ])Ourlant, pour la plupart, qu'un simple pavillon avec une porte «I deux feaÂMS de 6ce.

Yojes cetniHâ, que oelte tenulw qà!

le précède lui sied bien , avec son mur jl'appni couronné d'aloès , de myrtes et de jeunes orangers dans des vases de forme antique! Et cet autre, comme il se dérobe gracieusement sous un ombrage de pampres IJpSeii à douter si c'est un kiosque de Tcrdure, ou we retraite capable dUiriter pour lliiver.

Que dites-vous de celte paysanne ?

Vos grisettes de Paris ont-elles une toilette plus proprette, une tournure, plus piquante? Avec cj^elle agilité ses jolis doigts tniiwi em Batte de peilp Je; dfe en fabriquera ces beaux cbapcaux dont les grandetdttDés de toute l'Europe feront leur parure. Elle travaille avec ardeur, la pauvre enfant , car c'est sa dot qu'elle amasse ainsi.

La paille qu'dle emploie est celle d'iié Ihymen^ ittA baibe, ooupé amt tBÊfôÉttà nmnté, et dont la végétation a été étiolée par la stérilité du sol. La matière* première d'un chapeau lui coûte environ un paul. Elle ça^rneh ce métier une quarantaine de sous par jour , sur lesquels cUe prAère dis sons pour le salaire d'une pautre fenune de rApennin, qui la remplace dans l^ser-

LLI£.

vice de la maison paternelle. Moyennant cettecondition, sonpèrclui laisse tout son temps à elle, et ne réclame rien dans ses bénéfices.

Celte fiJbrication est deroine la source de la prospérité du val d'Arno.

Elle rapporte annuellement trois millions qui se répartissent uniquement

entre les femmes de la contrée, r Ces babjUtions, si voisines les unes des autres, indiquent asses queles domaines qu'elles desserrent sont eux-

mômes bien bornés, et que In propriété est prodigieusement divisée.

Une-métairie compte pour l'ordinaire de trois à dix.de vos arpens ; de uelits eamoK et rangées dMres la divisent en compartiment. Ces arbres sont quelquefois des mûriers, presque toujours des peupliers, dont la feuille sert d'aliment aux animaux. Sur chaque tronc s'appuie un cep de vigne, dont le métayer entrdaee les pampres dans mille directions*

Ces compartimens, disposes en cor'^ rés longs, sont assez spacieux* pour qu'on puisse les cultiver avec une charrue sans roues , attelée dedeux bœufs, comme dans le midi de la France. Une paire, de cet ai^maua fait le service de dii^tm^oin^ métairies et leurap- |>artient en commun. Ce sont de fort beaux bœufs que l'on lire de l'état de Rome et des Maremmes ; ils sont de la race hongroise, extrêmement bien entretenus, et couverts de toiles blanches, ornées d'un luxe de broderies et de pompons rouges.

Cetté culture artificielle, comme le remarque I.nllin de Châleauvieux , m couvrant toute la carapaj^uc de plantations régulières et en les entremêlant de pampres «a proscrit les végétations natives, diss^innes pittoresques et les teintés dégradées qui donnent h la nature tant de variété dans ime riche liai^

FLOKENÇB. 4S

monic. Ici les tdntet «wt uniformes et taie de loules les commoJiLésdela vie,

vives, les formes toutes semblables les une table plus que frugale , et une sorte

unes aux autres; le paysage y semble d'apparence de dénûment. Tous ces

toujours vu dans une chambre obscure, ménages ne sont que mét^iyers du ni;i-

ct le Poussin n'y aurait jamais pris le noir qu'ils habitent; ils acquittent au

sujet de ses tableaux. C'est le séjour le propriétaire la oioitié en nature de

plus perfectionné par la civilisation, et toutes les récoltes. Une portion du sol

celui où fhomme a su le mieux appro- n'a point été, comme en France , arra-

prier h son usa£;e les forces natives de chée par une révolution radicale des

la rrcation. mains dcraristocralic, et jcléecn vente

L'imagination s'eflraie lorsqu'on rc- à un ])rix assez Iras pour que le ])aysaD flédiit à kl fOBune de capitaux qui ont pût prétendre à devenir acqnéretir. La été répartis dans le val d'Amo pour propriété estextrémement divisée, par^ parvenir à une telle division de la pro- ce que le principe d'^alilé s*est établi priété, h la construction d'une quantité de bonne heurc^ dans nos villes, qu'une si prodigieuse de fermes , et au ])erfcc- bourgeoisie nombreuse s'est enrichie et tionncraent de tout ce matériel. Consi- a été forcée de venir verser ses capidéres en outre les travaux immenses taux dans nos campagnes ; mais la poqu'il a fidlu, pour couvrir le sol de ces pulation est restée partagée en deux milliers de canaux et de rigoles dont classes qui ne se mélangent jamais : les vous le voyez coupé dans tous les sens, propriétaires citadins et les paysnns Jadis la vallée élnit périodiquement non propriétaires. Quelques uns des dévastée par une ibule de torrens qui Itourgeois des nombreuses villes des se précipitaient des montagnes, char- fertiles vallées de la Toscane possègés de pierres et d'âioulemens. Un dent jusqu'à cent métairies; un trèsjour on les « encaissés dans.de fortes grand nombre en ont dlx^ vingt, murailles de briques, une multitude de trente, etc., etc. prises d'eau successives sont venues di- Mais nous toucîions h Florcnro viser chaque cour;int principnl , et trm- Lucius Sylla le dictate ur, qui Ir.ita pérant sa violence ont fait profiler les sa première enceinte , savait fort bien terres fl'alentonr de rarroseacnt de ces . ce qu'il faisait en cboisissant cette eaux; Toyes commuées canaux se sub- situation. Peu de villes jouissent divisent 6 l'infini ! il n'est pas un carré de plus d'avantages; malgré des cbade terre qui n'en soit entouré. Et ces leurs souvent tri^s - grandes , l'air y gigantesques efiorts de la civilisation est constamment sain , des eaux linidalent du moyen-âge! Voilà qui dé- pides descendent de l'Apennin, et l.i pose en faveur des républiques de celle magnillcence des citoyens florentins époque, bien plus haut que les églises les à employées dans le moyen-Age h «t les palais de marbre. orner et rafraîchir la ville par des fon-

Groiriezr-vous qu'au milieu de ces laines somptueuses. Vous avez vu

merveillesdc l'industricburaninc, dans quelle riche campagne nous attendait

ces élégantes demeures tapissées de dans le val d'Arno inférieur; du côlc

pampres et décorées de fleurs, s'abrite d^s Apennins s'élève un ampi^ilbé^tre

une population presque misérable. Bu- de collines riantes, sur lesquelles on re-

trea dans ces habitations, vous y trou* cueille l'huile la plus exquise et les

verex presque toujours une absence to- vins les plus recherchés de lllalie. Plus

4i LIT liHuIes hautes monUigneSyCOaTertes de vaslcs forets Je chAlaignicrs, offrent aussi leur tribut ])our la nourriture du puuvrc, suQs exij^cr d'autre travail que celai de ncueittir les fruits qu'cÛes portent c1uM|ue année. L'Amo qui pendant les grandes chaleurs abandonne presque son lit , le remplit de nouveau durant la saison des pluies, el ouvreau commerce et à la navigation une communication prompte et facile avec Pise et avec la mer.

StàvA^Fîrenge ta hella^ Florence la TiHe des fleurs, qui semble reposer, comme l'a dit PrU'duzc, sur un coussin (le verdure , toi qui jadis eus pour armes un l^s blanc sur un champ de roses, et qui le cbangeas pour un lys rouge î

Ce qui frappe surtout en eutrant dans la ville, c'est l'aspect des palais des anciennes familles, masses rnrrécs , pesantes , inéhranlables , doul la Ibrce fait le principal ornement : ce sont d'épaisses murailleB, des portes élerées â»4essus du «ot, et auxquelles il laut toujours monter en vcn.nn t dclarue ; de lai^s anneaux de fer ou de Itronze , où î*on plaçait les cierges dans les illuminations publiques, et auxquels on suspendait aussi Msdnpeanixd'an partie 1):

( I) On a dÎMCrti betacoap poar savoir à quoi wrvtr csiraneanz, M. Berlinghicri ,

Siennois et prcsidpntde l'acadeinic de cette ville, donne l'wplication smvante qui me parait la piv riraple «t la p1« raitoimable:

Lors de la constraction de cC' p:ilaÏ5, la noblesse de Toscane, et surtout de Florence | était riche et paillante. BHe n'allait point en voitare mais à cticvnl , .icromp.iciiéc d'une grande saîte de cavaliers. Les anneaux que l'on remarque encore aux mars de quelques i^rands et Tien pal.ii'i «crv.iic:it .ili^rs ,i attaclier les clievanx de* nobles et de leur suite lorsqu'ils allaient se vi- •her.

Quant aux br.in do fer plarcsaux fcnctrcs et .lux crampons mis en baut, les premiers, scion l'opinion dTaii ttvmt flomatin , Lnigi Aigoli, ont ioiirtMrTi.«laenr«nteocaroàatlaehcrdcttoK|iei

\LIE

d'autre part, on n'y voit aucune colonnade, aucun péristyle, aucun détail où l'architecture ])rclcnde à la grâce ou à la légèreté. A l'aspect de Florence, je m'écriai, conimeM.de Sismoodijoa reconnaît la Tille des nobles , la irille de la force individuelle, la ville où le pouvoir public était faible quelquefois, mais où chaque homme était naître et seigneur dans sa maison.

Pour rendre l'idée plus sensible, j'emprunte à des lettres que M* Ddédttze a publiées, en i8a3, sur l'Italie , la description suivante du palais

Slrozzi :

« Fiuurez-vous un énorme bàlimcot, dont i'cnseniblc a , au moins à l'œil, la forme d'un cube. Le soubassement est en pierres saillantes séparées par de laides refends ; et de distance en distance de grands anneaux de fer, ciselés avec beaucoup d'art , sont attachés h des colliers de même métal, dans lesquels on mettait des torches ardentes à certaines occasions. Ce soubaœment, très-éleré, est surmonté de deux étages construits en pierres simples, sur lesquels des fenêtres cintrées, mais en petit nombre, se dessinent avec une mâle élégance. Un large et riche entablement devait oonrouner ce monument, mais il n'y ep a qu'une portion de placée. Deux grandes portes , cintrées aussi , s'ouvrent, l'une au levant, l'autre au couchant. Plaré à l'une de ces entrées, on voit l'intérieur du palais, au milieu duquel règuent un portique et une eour dallée pour recevoir les eaux de la pluie. La largeur de lu cour, rdativemeot à la bauteur du moniunent, est petite, ce qui donne de

Ici jours d'illaminatk» t les maisoas modenict

<'ii sont cj^alcment pourvut'*, I.i-s crampons sont employés à pendre des ctofi'es liigères en soie, c:i toile on en paitlc pour garantir les appartonens dci raTOBS da lolciL

IV»iâireetraffltiiâiiiMét«i&àèfi«Ti^ temps, où chsueuÉ&^it &ci de «e

dans les portiques , dont les murs sont fortifier chez soi , et voulait cependant

chargés d'écussons de six à sept pieds tirer parti de son revenu. Les proprié-

de haut, où sont peintes desannoiries. taires de vignes, par suite marchands

/foules les boiseries, tmitM'lat portes, de fia , fermaient soigneusement leur •ont mastÎTet et iciilptéet «n bdîs qui- . porte, et pratiqanentâepetites oarer-

A ooDserVé sa coulear nature^sr.-]! y a tares aux murailles pour débiter leurs

dans tout cet ensemble quelque chose marchandises. La défiance était telle,

de grand, de sérieux, qui frappe l'ima- que les guichets ne peuvent pas lais-

gination, et contraste singulièrement ser passer une bouteille droite, et une

avec les mœurs acttifUes.' Songez à l'ef- porte épaisse se referme aussitôt,

fet que ]>cut prodiiÉreiiiNjaftoeiporUqiie . SiirlaplacedaGra]id-Doc(P1.7et8),

silencieux et graréviuie jolie petite on peut frire va cours. complet d'hits

calèche bien légère, qui attend la mat- toire florentine. Le Palaszo^yèoohio

tresse de la maison pour la conduire à ( PI . 7 ) est la forteresse ryue le pouvoir

la promenade. » ilémocratiqueseconstruisit,aprèsavoir.

Dans le treizième siècle , de turbu- dans la révolution de 1260, humilié

lente mémoire, dbaqoe demeure était roi);oeil des nobles. En même temps

couronnée dfune fertetonrik créneaux; que, par une ordonnanceyil contraignit

outre cela , dans quatre ou cinq places les nobles à baisser leurs tours , il vou-

principalcs , les nobles de tout un lut s'en élever une à lui-même qui

quartier se concertaient pour élever n'eût point de rivales. Sous la /^o^^^m,

des espèces de fortifications mobiles, loge ou galerie (les arcades noircies,,

qu'ils appelaient Mrra^^'; c'étaient ou & droite dirpialais) , les magistrats s'as-

des iMiricades on des ilieraux de semblaient pour traiter les aflEsires

frise, aTec lesquels on fermait en par- k l'abri de l'indémence de l'air, mais

tie une rue , et derrière lesquels on se toujours exposés aux regards et à l'ob-

défcndait. Aujourd'hui on marche sans servation du peuple, devant lequel

crainte comme sans obst;icle dans ces toulesles (questions importantes étaient

rues, rerétues de larges dalles, telle- débattues. Derrière la loge on découvre

ment bien jointes qu'on peut comparer le commencement des ^ffim^ les of-

ce paré an carrdage le pins parfait, fices, cette galerie si riche, construite

Jeiieconçois pas comment les chevaux par les Médicis lorsqu'ils se furent em-

y tiennent, ils y vont cependant aussi parés du pouvoir absolu. Il n'est pas

vite qu'ailleurs et .sans glisser. jusqu'au centre vide de la place qui ne

Je me rappelle m'<ître beaucoup di- rappelle un souvenir, celui de 1 aristoverti à voir plusieurs personnes ras- cratie vaincue. Là était, avant. laSi»^ semblées depnt une de ces' TietUcs lepalaisderUberti, que le peuple alors demeures, .et penchées vers un petit rasa jusque dans ses fondemens, déguichet d'un pied de haut à peine; crétant que le: sol restei^it inoccupé Elles attendaient qu'une main leur pour perpétuer Finfamie fies traîtres. passât un flacon en verre blanc garni L'on doit à un respect religieux pour de jonc, et que l'on nomme fiasco: ce décret de \oir \c Palazzo-yccchio chacun -ilS#<^n tour recevait le vin • et construit à Tunrdes ^ngles: et non dans . donnait.leupriT par 'la petite ouver- le. centré- de la jJace. Ce bâtiment tnre. Get;usége remonte à lancicn . durcy d'ilne ardiitectùre sévèlFej sans

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