‹ La ToscaneChapitre 8 sur 16 · G L'IT · texte numérisé non relu

G L'IT

roloones, est construit de irrosse* pîefi cs sailliinlrs. Il a deux étages qui supportent uu alljque en saillie, surmonlé à« créneaux et terminé eo temâse.

Dans des niches pratiquées sons la saillie «le l'attique, on a peint dee armoiries (jiii font un ellet assez pittoresque. Au-<lessus de la plate-torme s'élève une tour très-baule , dite </<.7Ai /^acca, d'une constrDctioç très-légère, et chef-d'œuvre d'architecture f^olliique ; celle tour a son point d'appui sur des espèces de cOT)s des qui font une saillir extrême, de sorte cju'on peut dire ]>rcsque à lu lettre qu'elle est construite dans l'air.

En lagS, AmoUb di Lapo a donné les dessins de cette antique fabrique ; cinq sièclea ont passé sur die sana nirme cndommaL'Ci' sts portes noires et pesantes ; et , si l'on en juue d après leur ap]<a[euce, un lups de temps aussi considérable peut encore s'écouler et les laisser intactes. Au devant d'dles sont de chaque côté le David gigantesque de Michel-Ange, puissant ouvra i:e de sa jeunesse, et l'Hercule colossal , terrassant Cacus , de Baccio Bandinelli.

Il y a , à propos de ce David , une vieille histoire d'un t^onfalonier Soderini, qui aurait pu fournir à notre Potier le type du Lourjznieslre de Saardani. 11 fut le seul qui trouva quelques fautes dans louvraj^e. Le nez surtout lui parut trop gros. Michd- Ange, qui pourtant n'était pas plaisant de sa nature, imagina de retoucher son fpuvre devant le matiislrat.

Seulement il eut soin , avant de monter sur l'échafaud, de cacher dans sa main de la poussière demaibre,qu'jllaissa ensuite tomber, après avoir fait semblant de frapper du cis(^u le nez condamné.

Soderini, enclianlé, cria pour lors à l'arlislc : P'ous lui ai^z donné la vie. 11

avait larrrcmeul , comme on voit, mérité celte épii^ramme de Machiavel :

• La nuit que mourut Pierre Sodenui , son éme aepréienta à laportede l'enfer.

Lons Platon : Pamw êMt€, Uti ais enfer ! pa dmn$ Isff limbes avec les bamltins. ■

Voici une seconde anecdote qui olîre plus d'intérêt. Dans une journée de guerre eivile, où le Palasio-Vtndiio servit de ferteresseà un parti , pierres, marhrcs , meuhles pétant fttfent lancés de la plate-forme sur les assaillans. Un hanc massif tond>a sur le bras du David, et le brisa eu trois mor»

ceaux. Par bonheur deux jeunes admirateurs de Michel- Ange eurent le courage de se glisser au nûUien des soldats et du peuple qui combattaient cqcore, et d'emporter les précieux fragmens.

Quand le calme fut rétabli , ils les réunirent el les rétablirent dans la perfection où on les voit maintenant. Ces jeunes gens étaient t Vaaari, depuia l'élève , rami et le biographe de Michel-Ani^e ; et le peintre Salviati.

L'Hercule m'a rappelé la ])laisanle allercationqui eullieu devant legrandduc entre son auteur et le caustique GdUni. ■ Ton Hercule, disait ce dernier, a-t-il une tétc d'homme, de lion, ou de bœuf? Logerait^» sous son cr&ne la cervelle d'un moineau? Ses deux épaules ressemblent aux jinniers d'un Ane, le dos à uu sac de pommes de pin , etc., etc. • Bandindli, «Dvié à cause de sa faveur auprès du prince, peu estimé à cause de son caractère éj;oïste et sordide, furieux de la centaine de sonnets décochés contre son onuvre, invoqua le secours de la police, et eut assez de crédit pour riposter à qucl(|ues-uns par la prison. Heureux temps pour les arts, où une opposition de celle nature avait ime telle impOf^ Uiuce! Ou reste, Michel-Ange, moins

FLOÀSMGE. ' 4:

«efère «pe Gellini, déclara, dit-on, moode. 11 est fàdkux qu'il nuit c{tte

Jans l'Hercule plusieurs parties admirables, notamment l'attache du col.

La vaste salle du conseil , exécutée par Gronaca, rappelle les mœurs et les faadntudes de r«ncienna r^uUique.

AfiDe dtoyens j dâibéraient «ar lee aflbircs publiques. Ils formaient oh eonseil d'étal perpétuel, tandis que la première niauislralure était d« deux mois.

L'endroit de la tmir appelé la .9artberm ^naaVAIbm'^ettiao ^comm» le lait observer M> de Yalcry, ett demeuré célèbre par l'emprisonnement (le Cùmc de Médicis à la suite d'un mouvement populaire. De là, raconte Machiavel, il entendait le peuple as> •emblé sur la place demander aa mort; de \h il partit pour un exil qui lernt h sa fortune. La Barberia est aujourd'hui bien déchue de sa destinée politi((uc. Unt; parLie sert de bùcber , l'autre est uii cabinet réservé pour le «ervice des gens de la garde-robe <la gnind»dac.

Sur les bat tans de la porte de la salle dite d'audience, on remarqueavec plaisir les portrait» de Pétrarque et du Dante.

Une autre pièce , espèce de garde- ■médUe, o0rait il y a peu d'annéee, et peat>étre offre encore, une réunion de portraits asses bisarres. A côté de plusieurs personnages de la famille Médicis, fi<^uraient un Louis XïV et un portrait de Napoléon, laissés par lui à l'ile d'Elbe.

La Loggw cfei i!anat, loge des lansquenets (nom que l'oo donnait alors aux soldats allemands), ainsi appelée parce qu'elle était voisine de leur caserne, est un ouvra!;e d Orgagoa, en date de i355. C'est le plus bel ornement de la place du Grand-Doc, et on peut le dire, le premier portique du

trois arcades, et que Côme I*'. n'ait pu exécuter le conseil donné par Micliel- Ange, de le continuer dans tout le luur de la place.

'On peut appelér ces areades les anciens rostre8deFlorence,d'où le peuple, convoqué au son du befiiot de la tour du palais vieux, était harangué. Là s'instalait le t:onfalonier , là les généraux recevaient le bàlou du commandement et les insignes de efaevalier; 1& se promutgaient les décret* du gov- Temement. Plus tard cette loge devint un dais magnifique pour les souverains dans certaines solennités. Je l'ai vue décorée, ou plutôt salie, par des draperies el dn clinquant, servir an tirage d'une loterie. Pour l'ordinaire, die sert d'abri pendant le jour et quelquefois la nuit à des portefaix.

Sous cette loge vous regretterez que Donatcllo n'ait point donné à sa Judith plus de uoitlesse et d'abandon.

En 1495 1 une révolution enleva cette statue du palais de Pierre Méflicis, et l'apporta à cette place. EHIe devint une allé^îorie et un monument pn])lic de la délivrance de Florence. On inscrivit au bas ces mots redoutables :

Exemptant âmbuis publiut cives po' tuérc i49^* Embième de le ptOrie tié^ Uw^y pose par h peupie, A leur retour, les Médicis crurent devoir ménagerie préjugé populaire, et laissèrent la statue en place, sans même loucher à l'inscription. •

groupe de l'enlèvement d'une Sa* bine passe pour une des plus belles œuvres de Jean de Bologne. Puissance de l'art, qui, par le mérite de la seule exécution, parvient à ren Ire iniposanle une véritable scène de cabaret, comme rappelle M* de Yjderjr * un mari jeté par terre> dont on soldat ^porle la femme!

Diyitizeu by GoOglc

En regardantlePerséc, f{ui porte Ja voix piteuse et lamentable, romnie tôle tle Méduse et foule aux pieds son celle des gens qui avertissent les roncadavre^ belle statue à laquelle tous damnés l'heure e«t Tenue de se mproehares fient-éCra quelque «fièctiK reccmmumder à IlkNi. ■ Bevrenuto , titm, nppdes-TiNu qn'int de» éièn» medîMl, votre ouvrage est perdu, et. de GdUoi lui servit de modAle. « l'ai il n'y a |dua de remède an monde. • pris pour modèle ce jeune garçon, ra- A cette nouvelle je jette un cri , qh'oa conte-t-il, car nous n'avons point d'au- eût entendu du troisième ciel; je me très livres pour apprendre l'art, que précipite à bas du lit, je saute sur mes celui de la nature. » La Méduse est le Tétemens, je m'habille, non sans disportrait de sa amante, la belle Doro- trtbuer force eoapa de pied et de poing thée. Demandai anx artistes de notre ans aarfanftB#èt mm antres qai chernation dans quelle mansarde de Paris cbaîent à m'aider. Je criais en me lails rencontreraient de tels modèles ! mentant : Ah ! traîtres ! ah ! cnvirux !

L'histoire de la fonte du Persée est, c'est une trahison ! Mais do par Dieu

dans les mémoires de Benvenuto, un je le saurai. Avant que je meure, je

^sode trop déUdenx pour que jeitoe laisserai au monde une preuve de

fêfase le plaisir d'en traduire ici quel- ce que je suis, et une preuve capable

qnes passages. " d'en épouvanter plus d'un. Habillé

Mille contrariétés se sont suivies enfin, je vai8,latéte perdue, h mon dans les travaux préliminaires : c'est le atelier. Je vois ces t^ens épouvantés, feu qui prend à la baraque, lèvent stupéfaits, eux que j'avais quittés en et la pluie qui refroidissent la four- si bonne disposition. Je commence naise. Enfin tout se répare et le métal ainsi : « Or çà , écontca-moi , et puisque chauflfe. Gellini, épuisé de fatigue, et vous n'aves pas voulu, ou que vous dévoré par une fièvre brûlante, est n'avez pas su suivre oe que j'ai dit, obligé d'aller se mettreau Ht, avant que obéissez maintenant que me voici moile temps soit venu d'ouvrir le conduit même à mon ouvrage, et que pas un par lequel la fusion s'élancera dans le ne s'avise de répliquer : il s'agit ici de moule. seconraelnon de cooseils. > Surquoî Aussitôt que je fus an lit, j'ordon- un certain maître Alessandro Laslicati nai à mes servantes de porter à boire nie répondit :cYojes, Benvenuto, vous et h manger à tous les gens de non voulez entreprendre une chose contre atelier, et je leur dis : Demain je ne les régies de l'art et qui est toul-à-fait serai plus en vie. Celle qui conduisait impossible. » L.Wlessus je me retourtoute ma maison, nommée Mona Fiore nai furieux, et prêt à faire un mauvais da Casteldd Rie , la plus brave femme coup; mais lui et tous les antres s'éet la plus attackéeqiii fat jnuds, me crièrent àla f<ns: «Allons, commandes^ soignait de son miens. Tout en me f»> nous vous aiderans dans tout ce que prochant de manquer de courajre , elle tous ferez, tant quenous auronssouffle qui avait bon cœur, me voir si malade devic. «Je pense qu'ils me dircntcespaet si accablé , lui tirait des larmes, et rolesd'amitié,parcequ'ils s'attendaient die avait soin de se détourner pour k me voir bientôt tomber mort. J'allai pleurer. Tandis que j'étais en proie à tout d'abord visiter le fourneau. Je vis ce supplice, entre un homme tortu, ' que le métal s'était entièrement coail semblait nne S majuscule, avec une gulé, avait formé ce qu'on ap]g|^e nn

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