A LISE IMPITOYABLE
ADMIREZ cette bague ancienne et dorée, Le chaton ou l'on voit, peinte en pâles couleurs, Une enfant qui élève un lourd panier de fleurs, Brille, encadré d'un rang de perlettes nacrées.
J'imagine qu'au temps des marquises poudrées, Au doigt de la Dauphine elle fut à l'honneur, Il se peut même (et j'en éprouve une douceur) Qu'une royale favorite en fut parée.
Mais c'est en vain qu'elle voyage et c'est en vain Qu'elle a changé dix fois de maîtresse en chemin, Elle n'a jamais lui qu'à des mains dignes d'EUe.
Son or, prix qu'à la Grâce a réservé l'Amour, Inaltérable, a tout l'éclat du premier jour, Gardez-la ! puisqu'elle appartient à la plus Belle.
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PRENEZ ces fleurs, où perle encore une rosée, J'en ai formé, pour vous, ce bouquet, ce matin, Puissent-elles fixer votre cœur incertain, Et puissiez-vous, Madame, y lire ma pensée i
Je les ai, suivant l'art des livres, nuancées :
Voici le lilas blanc, sourire du matin,
Le lys pudique, en belle armure de satin,
La jacinthe, où d'Amour les larmes sont tracées.
LA TOCR D IVOIRE
Voici la violette, où vous prenez plaisir,
Le pavot, qui languit d'une secrète flamme,
Et la rose, allumée au feu de mon désir.
Les fleurs ont un langage ; Elles vous diront mieux Que mes propres discours les transports de mon âme, Puisque votre œil sévère arrête mes aveux.
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