‹ La tour du nord [microforme]Chapitre 10 sur 34 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

RicarDo (seul).—Mualédiction! (Il 8e promène avec ag'tation ) Ricardo. insulté par un vil mendiant! Lui, qui fait trembler toute la contrée, ne peut rien contre les outrages de cet homme... Il connaît tout

. mon passé, il surveille tous mes actes ; et qui sait

quels projets il nourrit dans le sécret de son âme ?.… Il n’est donc point de bonheur complet pour le coupable !... Il faut donc toujours qu’il rencontre des obstacles à ses dessei:8, des barrières qu’il ne peut ni franchir ni briser! Q-cruel et ‘trop inique destin !… Ricardo aura beau faire, la lame dé ses poignards se brisera toujours sur la poitrine de Jacopo. Il # fallu que ce mendiant trouvât, dang la composition des simples de la montagne, le secret de prolonger la vie du comte, et voilà que le mendiant des boiï+ est tout-puissant, et Ricardo ne peut rien contre lui! |

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Rica à mon Mais, « quoiin

Mon:

je ne p fuit ID sini-tre quelles brûlant J'ai jen la natt agitée.

Ricar Vous êt avez en rêver su immens vous en ment et tête à cr bler pa objet.

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Aussi, qi je me pui

N'oublie pas,

s crimes, et SCENE VI

ra devant toi HORTANO RCA DS.

reuve de ce : | 5 |

x chevaliers | Morrano:—Je te cherchais, Ricardo. Te

eau, demanles a traités int sortis de

les connais, ême de leur es oubliettes

Ricarpo.— Vous voyez, seigneur comte, que je suis à mOn poste et que vous pouvez dormir sans crainte. Mais, quel sujet vous one à cette heure, et pour- | quoi interrompre un repos qui vous est si nécessaire ?

MorTAN0o.—Depuis plusieurs jours, je te l’ai dit, jje ne puis dormir. En vain j'appelle le sommeil : il { fuit juin de moi. Des pensées tristes, sombres et sini-tres, obsèdent sans cesse mon pose sais quelles frayeurs s'emparent de mon âne. Uh feu brûlant me pénètre et me dévore. Je n’y tiens plus. J'ai } ensé que la fraîcheur peut-être et le silence de la nature ramèneraient le Calme dans mon âme agitée.

à? Parle; je 8 traître: ici,

1, à qui rien imes: on ne

RicarDo.—Je ne vous com prends pas, vraiment. Vous êtes parvenu au comble de vos désirs ;: vous avez en votre possession tout ce qu'un mortel peut rêver sur la terre : an château magnifique, des terres immenses, de-Vor et des plaisirs ; et, au° lieu de vous en réjouir, d’en profiter, de passer tranquillement et joyeusement Ja vie, vous vous creusez la tête à créer des fantômes, et vous vous laissez troubler par des chimères sans consistance et sans objet...

promène avec | mendiant !

ne peut rien connaît tout 3 ; et qui sait Be son âne ?.…

ères qu’il ne ‘trop iniquel lame dé ses

poitrine de rouvât, dans

MorrTano.—Des chimères!. ah! dis plutôt des crimes. Oui, car ce sont des crimes qui se dressent devant moi, les crimes de ma vie pa-sée, ceux que tu m'a: fait commettre, Ricardo |. Je te dois tout,

lé mal que j'ai fait, et, s’il est un Dieu au ciel, tu auras à rendre compte de tes actions et des miennes.

Aussi, que de‘fois, dans mes affreuses insomnies, Je me Surprends à te maudire!

jje le reconnais; mais aussi, toi seul-es-cause de tout —

Ricarpo.— Décidément, seigneur comte, votre es-

prit s’égare et votre raison se perd. Vous avez besoin

de repos. Je vous laisse ; asseyez-vous sur celbanc :

comme vous le dites, la fraîcheur vous fera. du bien. | MorTano.—Je n'en puis plus: je me sens acca- |

blé... Fais dire au plus tôt au mendiant des bois de me préparer un philtre qui me rende le sommeil. Laisse-moi seul.

Ricarpo.—Soyez sans inquiétude, Monseigneur,

vous serez obéi: Jacopo était ici, il n'y a qu’un

instant; demain, vous pourrez'dormir, et le calme |

-rentrera dans votre âme. Je vous laisse. Adieu.

: SCÈNE VII Morrano (seul, assis, La tête appuyée sur 8a main).

Le calme ! (Soupirant.) Le calme pour Mortano, pour le bourreuu des comtes de Stella? Jamais! Il n'y à pas de calme pour les malfaiteurs, et, je le comprends, à cette heure : il est, dans le cœur même du criminel, une justice toujours menaçante et toujours active, qui le tourmente et qui le châtie, même dès cette vie! car, je le sens bien, je ne vivrai pas longtemps: O ciell quelles tortures! quelle affreuse pensée! Un Dieu juste, irrité contre | moi, et pour l'éternité! O Ricardo! infâme Ricardo! dans quel abîme tu m'as précipité! Je suis au comble de la: prospérite, au comble de la fortune, et je cherche le bonheur, et le bonheur me fuit! Je sus craint, je suis redouté partout; et: cette frayeur que j'inspire ne me laisse de repos ni le jour ni la nuit! Il est des heures où je me sens accablé d’une épouvantab'e douleur. La nature tout entière pèse sur moi, et je me traîne, brisé, fléchissant sous le fardeau de la vie! J'ai perdu le sommeil; je ne sais plus même ce que c'est, car, comment appeler cet engourdissement lourd et douloureux, qui pèse sur mon cerveau et le remplit

de rêv de la:

som mi pur, q qu’une rateur lière, « ce soul dans le somme

| Mes ré:

de fer:

Ce ne pauvre d’ench:

d'illusi de tou hideux mes am levant b:

toutes | leurs cr gémisse ne ser poursui vengear ment, p sans fon me sem comme dans les œil avid pour fla bouffées sanglant crâne, e!

mes rêve terreu au crime

de rêves et de souffrances, pendant quelques heures de la nuit! Mais ce sommeil, hélas! ce bon et doux sommeil de mon enfance, ce sommeil si Irais et si Pur, qu’un ange semblait protéger de ron aile et qu’une mère berçait de son chant; ce calme réparateur de la vie, cette respiration paisible et régulière, ce voile d’or et d’azur abaïis

ce souffle aérien que l’haleine de la nuit fait courir __‘ { dans les cheveux et auto

[onseigneur, n'y a qu’un , et le calme | >. Adieu.

nte, votre essavez besoin sur cebanc :

fera:d bien.

1e sens acca- | ant des bois nde le som-

ir 8a main).

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urs, et, je le ns le cœur s menaçante ui le châtie,

bien, je ne les tortures!

rrité contre | me Ricardo!

Je suis au > la fortune, r me fuit!

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repos ni le À je me sens

La nature e, brisé, flél'ai perdu le U e c’est, car, ma vie désormais! O supplicé! . t lourd et{0 terreur [... Malédiction sur celui qui m'a poussé t le remplit fau crime! (Appelant.) Ricardo ! a

gémissements lugubres de l'ouragan ‘du nord. I]

jme semble alors que leurs âmes courroucées me poursuivent dans

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