‹ La Tour Eiffel en 1900Chapitre 124 sur 134 · Piles métalliques · texte numérisé non relu

Piles métalliques

M. Eitîel fui appelé, en i86H, par M. Nordliug, ingcuiieur de la Compagnie d’Orléans, à présenter des projets pour la construction des viaducs sur piles mélalli(jues de la ligne de Commentry à Cannat, et fut chargé de la construction de deux de C(‘s viaducs, l’un de la Sioule^ l’autre de Nenvial.

Le plus important de ees ouvrages, celui de la Sioi//r (fig. 68), repose sur deux piles métallitjues, dont la j)lus haute a 51 m de hauteur. Ces [)iles sont constituéi'S par des colonnes en fonte réunies par des entretoises en fer. A cette occasion,

M. Eiffel imagina, pour la liaison de la fonte et des goussets en fer sur les- (juels se fixaient les entretoisements, un mode d’insertion pendant la coulée, qui réussit de la façon la plus complète; il pratiqua à cet effet, dans les goussets, des fenêtres à travers lesquelles la fonte, pendant la coulée, venait s’engager dans le gousset et s’asscmhler av(*c lui ))ar une série de tenons. 11 suppiima, par ce procédé, que les iugé-

APPENDICE

nieurs esliim''rent un sérieux progrès de construction, les difficultés d’ajustage présentées par le mode habituel de liaison.

L’étude de ces piles conduisit M. Eiffel à s’attacher à la construction de piles analogues, mais en substituant le fer à la fonte, afin d’augmenter les garanties de solidité. Le type de piles qu’il a imaginé consiste à former celles-ci par quatre grands caissons de forme rectangulaire, ouverts du cdté de l’intérieur de la pile et dans lesquels viennent s’insérer de longues barres de contreventement de section carrée, susceptibles de travailler aussi bien à l’extension qu’à la compression, sous les efforts du vent. De cette façon, toutes les j)arties des piles sont accessibles pour l’entretien et la visite, et leur stabilité généi'ale est accrue dans de grandes proportions.

C’est ce type qui est devenu courant; parmi les très nombreux viaducs où M. Eiffel l’a employé et dont il s’était fait en quebjue sorte une spécialité, nous ne cifei’ons que les viaducs latéraux du pont du Douro (tig. tD), les gi-ands viaducs de la ligne du Douro, et ceux de la ligne de la Deira-Alta, en Portugal.

L(‘ tyj)e définitif de ces piles, (pu a fait l’objet d’un brevet spécial, se trouve réalisé au riadifc de Garcdnl (fig. 84), avec une bauteui- de 61 yy/, qui est la plus grande actuellement atteinte.

La rigidité de ces piles est très grande, leur entretien très facile, et leur enseml)le a un réel cai’actèrc de force et d’élégance. Le système de M. Eiffel, pour ces constructions, j)araît n<' rien laisser à désirer, et les piles du viaduc de (larabit, notamment, peuvent être considérées comme un modèle [)Our ces hauteurs.

Pour des hauteurs plus considérables, soit 100 m et au-dessus, M. Eiffel a fait breveter un nouveau système de piles sans entretoisements et avec arêtes courbes, qui fournit pour la première fois la solution complète des piles d’une hauteur quelconque.

§ 2. — Perfectionnements apportés au lançage des ponts droits.

La construction des viaducs étal)lis sur ces piles métalliques amena M. l'dffel à étudier et à perfectionner les modes de lançage usités jus- (pi’alors. On sait que l’on entend par lançcuje l’opération par laquelle on pousse dans le vide, jusqu’à la renconti'e des jdles successives, un

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