‹ La Tour Eiffel en 1900Chapitre 5 sur 134 · Ü1(1LM-:S DE LA TOUR · texte numérisé non relu

Ü1(1LM-:S DE LA TOUR

d’Etat, aujourd’hui Coiuiiiissairc Général de l’Exposition de 1900 ('l'oine deuxième — Tour Eiffel).

« Ces indications (sur les hautes piles métalliques) mettent en lumière et montrent en même temps combien, dans les ouvrages considérables, on était resté loin de la hauteur assignée à la Tour du Champ-de-^lars. Elles mettent aussi en lumière la part si large prise par M. Eiffel dans l’étude et l’exécution des travaux de ce genre ; par sa science, par son expérience, par les progrès considérables cpi’il a réalisés dans les procédés do montage, par la puissance de production de scs ateliers, cet éminent constructeur était tout désigné pour entreprendre l’œuvre colossale qui a définitivement consacré sa réputation.

« L’entrc[)rise était bien faite pour tenter un constructeur habile, expérimenté et audacieux comme M. Eiffel ; il n’hésita point à en assumer la charge et à présenter des propositions fermes au Ministre du Commerce et de l’induslrie en vue de comprendre la Tour dans le cadre de l’Exposition universelle de 1889.

« Dans la pensée de M. Eiffel, cette œuvre colossale devait constituer une éclatante manifestation de la puissance industrielle de notre pays, attester les immenses progrès réalisés dans l’art des constructions métalliques, célébrer l’essor inouï du génie civil au cours de ce siècle, attirer de nombreux visiteurs et contribuer largement au succès des grandes assises pacifiques organisées pour le Centenaire de 1789.

« Les ouvertures de M. Eiffel reçurent un accueil favorable de l’Administration. Lorsque, à la date du i" mai 1886, M. Lockroy, alors Ministre du Commerce et de l’Industrie, arrêta le programme du concours pour l’Exposition de 1889, il y inséra l’article suivant : « Les (( concurrents devront étudier la possibilité d’élever sur le ('diamp-de- « Mars une Tour en fer à base carrée, de 125 m de coté à la base « et de 300 m de hauteur. Ils feront figurer celte Tour sur le [)lan du « Champ-de-Mars, et, s’ils le jugent convenable, ils pourront présenter « un autre plan sans ladite Tour. »

« On peut dire que, dès celle é[)oque, le travail était décidé en principe. »

Peu de jours aj)rès, le 12 mai 1886, M. Lockroy instituait une (’ommission pour l’élude et l’examen du [)i’ojet d’exécution que j’avais présenté.

Cette Commission était ainsi composée : Le Ministre iln Commerce et de l’Industrie, président; — MM. J. Alphand, Dii‘ecteur des travaux de la Ville de Paris; — (1. Uerger, ancien Commissaire des Expositions internationales; — E. Brune, architecte, prol'esseur à l’Ecole des Beaux- Arts; — Ed. Collignon, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées; — V. Contamin, professeur à l’hicole Centrale; — Ciivinot, sénateur; — Hersent, Président de la Société des ingénieurs civils; — Ilervé-Mangon, Memljre de l’Institut; — Ménard-Dorian, député; — Molinos, Administrateur des Forges et Aciéries de la Marine; — Amiral Mouchez, Directeur de rOhservatoire; — Philli[>ps, Membre de l’Institut.

« La Commission s’est réunie au Ministère du (Commerce et de rindustiâe, le 15 mai 1886. Dans cette première séance, le Ministre a rappelé (jue l’adoi)tion délinltive du projet présenté par M. G. Eiffel restait subordonnée aux décisions ultérieures de la Commission de contrôle et de linances, et que la Commission actuelle était exclusivement chargée d’étudier ce projet au i)oint de vue technique et d’émettre un avis motivé sur les avantages qu’il présente et les modifications qu’il pourrait comporter. La Commission a entendu les cxj>Iications fournies ])ar M. G. Eiffel et a confié l’étude détaillée des plans et la vérification des calculs h une Sous-Commission composée de MM. Phillipps, Collignon et Contamin.

« Dans sa seconde séance, tenue le 12 juin, la Commission a reçu lôcture du rapj)ort présenté, au nom de la Sous-Commission, par M. Collignon, et, par un vote, a adopté à l’imanimité les conclusions de ce rapport. FAisuitc, sur l’invitation du Ministre, elle s’est livrée à l’examen des divers autres projets de Toui’ dont le Ministre s’était ti’ouvé saisi dans l’intervalle des deux séances. Après avoir successivement examiné les projets présentés par MM. Boucher, Bourdais, Henry, Marion, Pochet, Bobert, Bouyer et Speyser, la Commission a écarté plusieurs d’entre eux comme irréalisables, quehjues autres comme insuffisamment étudiés, et finalement, sur la proposition de M. Alphand, elle a déclaré, d l' imaninnté, que la Tour à édifier en vue de l’Ivxposition universelle de ififlq devait offrir nettement un caractère délerminé, (ju’elle devait apparaî tre co)mne tin chef-d'œuvre ori(j'inal d'industne mélullifjue et f/ue la Tour Eif/cl semblait seule répondre pleinement à ce but. Fin conséquence, la (Commission, dans les limites du mandat purement technique qui. lui était

ÜURIINES DE LA TOUR

conlié, a proposé au Ministre l’adoption du projet de Tour Eiflel, sous la double réserve (|ue ringénieur-conslructeur aurait à étudier d’une manière j)Ius précise le mécanisme des ascenseurs, et (pie trois spécialistes, MM. Mascart, Becquerel et Berger, seraient priés de donner leur avis motivé sur les mesures à prendre au sujet des phénomènes électri- (juos (pii pourraient se produire. » [Extrait des procès-verbaux de la Commission.)

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