‹ La Touraine, ancienne et moderneChapitre 42 sur 75 · CANTON DE CHINON · texte numérisé non relu

CANTON DE CHINON

AVOWK, CiNAIS, GOUZIEBS, LeRNÉ, UuiSMES, LA RocnE-GLERMAUT, SaVIO'Y, SaiKT-GeBMAIIN, ThizAV.

Beaumont-ek-Véron. — La plus importante du canton, par sa population, sa fertilité, sa richesse, cette commune se vante, à juste raison, de posséder le charmant manoir de Coulaiues, qui a

CHATEAU DE COULAINKS, APPARTENANT A M. Ol'IRIT DE COULAINES.

donné son nom à une ancienne famille du Loudunois, établie depuis quatre cents ans en Tourainf Monument dont l'architecture paraît dater de plusieurs siècles avant la renaissance, sans cependant qu'aucune charte nous indique l'année positive de sa fondation, ni le nom exact de son fondateur, c'était, dans le principe, une vieille baronnie.

Au commencement du siècle dernier, où l'on avait la déplorable manie, tout en voulant embellir, de défigurer les plus curieux édifices, les croisillons de pierre des fenêtres, les pondentifs de l'entablement, les sculptures des chapiteaux, les clochetons, tous les ornements, sévères, il est vrai, mais intéressants au point de vue de l'art architectural, dont il était couvert à profusion, furent mutilés, rasés ou remplacés pjfr des annexes de mauvais goût. Ces profanations, heureusement, ne sont point irréparables ; grâce au soin des propriétaires actuels, Coulaines aura bientôt reconquis son cachet primitif. D'intelligentes restaurations, dirigées, avec une sollicitude éclairée, ne Jaisseront rien à désirer à cet égard.

Sous le régne de Louis-le-Débonnaire, dans le courant du IX* siècle, une assemblée synodale eut lieu au château de Coulaines. Des recherches, faites dans les divers titrés de propriété de cette terre, prouvent qu'en 1380, elle appartenait à Jean Pèlerin, fils de Suzanne de Maussé et de Jean de Pierres, seigneur dudit lieu. EiUe passa ensuite, par alliance, dans la famille Le Boucher, dont Jean de Gargnesalle, sous le règne de Charles VII, épousa la fille, Jeanne Le Boucher, dame de Coulaines, du

Ponceau el de Donzé. C'est aussi sous ce régne qu'elle est entrée dans la famille de Quirit de Coulaines, qui l'habile encore aujourd'hui, par le mariage d'Antoine de Quirit, seigneur de Rigny, avec Marguerite de Garguesalle, fille de Jean de Garguesalle, grand-écuyer de France, capitaine de la ville çt du château de Chinon, connnandant de cent hommes d'armes de la garde du roi, etc.

Candes. — Ce bourg, que l'on qualifie improprement du titre de ville, situé daiv? une position pittoresque, au confluent de la Vienne et de la Loire, sur les contins de la Toliraine et de l'Anjou, n'est séparé de Montsoreau que par un ruisseau. Ce fut là, on se le rappelle, que mourut samt Martin, pendant un voyage entrepris par lui pour rétablir l'harmonie entre les prêtres d'une église qu'il y avait fait construire sous le vocable de saint Maurice. Nous avons déjà parlé de la querelle survenue entre les Poitevins et les Tourangeaux, relativement à la possession de ses reliques. A dater de cette époque, l'église prit le nom de Saint-Martin, et la basilique, que nous admirons encore aujourd'hui, remplaça l'humble chapelle bâtie par le saint évêque.

Le château de la ville, actuellement détruit, fortifié par la nature et par l'art, remontait à l'anti- ([uité la plus haute. Ce qui le prouve, c'est qu'il fut habité par Charles-le-Chauve et assiégé par Geoffroy-Martel, et que ce dernier y trouva la mort en 1106. Philippe-Auguste, Charles VII, Charles VIII et Louis XI y séjournèrent aussi quelque temps.

L'ancienne collégiale de Candes, aujourd'hui paroisse de la ville, offre aux yeux un ensemble imposant et pittoresque à la fois. Elle réunit les deux éléments sur lesquels s'appuyait la société féodale : le principe chrétien et le principe militaire. OEuvre de trois siècles, elle tient du roman, du byzantin et du pur gothique; et bien qu'elle soit restée inachevée, bien que les injures du temps et des hommes ne lui aient pas fait défaut, bien que d'inintelligentes restaurations en altèrent quelque peu l'harmonie , on ne doit pas moins, au point de vue architectural , la classer immédiatement après Saint-Gâtien et Saint-Julien de Toui-s.

Seiiillv. — Célèbre à trois titres : pour avoir donné le jour à Rabelais, pour avoir possédé une abbaye considérable, et pour posséder encore un vaste manoir, cette commune, d'ailleurs, pro- ]»ortionnée, pour l'importance, au charmant village dont elle porte le nom, avoisiiie la ville de Chinon.

LK CHATEAU DK CUL'DnAÏ-.llO.NTl'ENSIKIi, ArPARTKNAM A M. I.K VICOMTE UE I.A.MOTE-BAliACK.

Nous n'avons point à nous occuper, ici, du satirique et spirituel autour de Gargantua et de

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Pantagruel. Nous nous bornerons au manoir el à l'abbaye. Celle-ci, de l'ordre de Saint-Benoîl, fondée au XF siècle, eut pour premier abbé Pierre, en 1 100, et pour dernier, François Convèrsel , en 1(388. C'est dans ses murs que Rabelais flt ses premières éludes.

Le château, nommé le Coudray - Montpensier, admirablement construit sur le point culminant d'un coteau dont les lianes descendent, au nord et au midi, vers deux fraîches vallées que traversent de sinueux ruisseaux, offre un aspect imposant de force el de grandeur. C est bien là ce vieux manoir de la féodalité, ce fier séjour dont les murs semblent défier à plaisir les injures du temps, et sur lequel n'a jamais osé se lever l'odieux marteau des démolisseurs! On y trouve tout ce qui constituait les places fortes au Xir et au XIII* siècle : fossés profonds, remparts escarpés, ponlslevis, donjons, tours, mâchicoulis, créneaux, meurtrières. Ses murailles, qui, grâce à la pureté de l'atmosphère, sont restées blanches el sèches comme si elles ne dataient que dhier, décorées de sculptures gothiques, d'arabesques, d'M majuscules ot de Heurs de lis que l'on reconnaît encon; malgré les mutilations, légères heureusement, du vandalisme révolutionnaire, attestent, initiales et emblèmes, que cette terre a appartenu à la branche illustre des Bourbon-Montpensier.

Le premierseigneurde.ee grand domaine, dont les archives fassent mention, est Guillaume de Monlsoreau (1087), celui-là même qui fonda l'abbaye de Seuilly. Au XIII" siècle, il passa à un] seigneur de Sainte-iMaure, Jean de Marmande ; vers la fin du XIV, à René, roi de Jérusalem et de Sicile ; le 15 janvier 1400, à Pierre de Bournon, chevalier, dont le petit-fils, Louis de Bournon, leS vendit à Louis, bâtard de Bourbon, el à Jeanne de France, dans le courant du XV siècle. De Louii^ de Bourbon il échut, par héritage, à Suzanne de Bourbon et à son mari , Charles de BoulainvilliersJ comte de Roussillon. Le chancelier Poyet , sous François r% s'en rendit ensuite acquéreur et lel céda au roi qui en fit don, en 1543, à Jean d'Escoubleau de Sourdis, grand-maîlre de sa garde-robe, j Enfin, le 28 novembre 1721, Claude-Philippe-Réné, comte de Lamote-Baracé, d'une ancienne etl illustre famille d'origine armoricaine, en devint possesseur par héritage d'un grand-oncle, et^J depuis lors, ses descendants s'y sont toujours maintenus.

'CANTON DE l'iLE-UOUGIIAUD.

Anché, Avon, Brizav, Chezelles, CRAVA^T, Crissé, Ckouzilles, Panzoult, pARr.AY-sur.-ViE>>'E, Rillv, Rivière, Sazillv, Tavant, TuEiSEUiL, Trogues.

Ile-Bouchard. — Petite ville traversée parla Vienne, qui la divise en deux communes différentes : l'une, appelée Saint-Gilles, au nord; l'autre, au midi, Saint-Maurice. Ces deux communes sont] réunies par deux ponts, n'en formant également qu'un séparé par une île qui occupe le milieu de la \ rivière. L'île a donné la moitié de son nom à la ville el au canton, et, sur le terrain assez large dont] elle est formée, s'élevait un château, fondé en îtOO, par Bouchard, Ce château, place forte quedé-j fendaient la rivière et des travaux considérables, autant qu'on en peut juger par les ruines qui| couvrent encore pitloresquement luie bcnine partie de l'île, fut souvent l'objet de la convoitise des comtes d'Anjou. Ne pouvant réussir à s'en rendre maîtres, ils ravagèrent les campagnes des envi-i rons. Siuslc règne du roi Jean, les Anglais y enlrèrenl par surprise, cl on sortirent par suite d«| traité deBrétigny. Pendant les guerres de religion, en 1562, les protestants parvinrent à s'y loger quelque temps. Us s'en éloignèrent sur le bruit de la marche du duc de Montpensier, tentèrent un se-| cond coup de main moins heureux que le premier, et renoncèrent à leurs prétentions. Pendant les] conférences de Loudun, le prince de Condé vint s'y installer, et obtint le droit d'y loger cent] hommes.

L'Ile-Bouchard (patrie d'André Duchcsne), qui possédait une commnnderie de l'ordre de Maltc,j n'offre rien, aujourd'hui, de remarquable que ses deux petites églises : celle de Saint-Gilles, pai son porUiil byzantin richement ornementé ; celle de Saint-Maurice, qui appartient à l'ère ogivale* A une portée de fusil de la ville, se trouve un dolmen de proportions gigantesques, connu dans le pays sous le nom de palais de Garganlua, et, un peu plus loin, le charmant petit castel de Paviers, qui appartient à l'une des plus anciennes familles de la province, cclle.de M. le marquis d« Quinemonl.

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LA TOUHA.IHE AUCIENNB ET MOBERNB

Piibliic jurt.. Mfrcicr àParis.

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