‹ La Touraine, ancienne et moderneChapitre 48 sur 75 · NOTRE-DAME-LA-RICIIE · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME-LA-RICIIE

Cette église, dont la fondation remonte aux premiers temps du christianisme, fut bâtie sur l'emplacement du cimetière des chrétiens, à l'endroit même où saint Gàlien avait été enterré. Consacrée, dit Grégoire de Tours, sous l'invocation de la sainte Vierge et de saint Jean-Baptiste, elle porta d'abord le nom de Marie-la- Pauvrc, ou de Marie-des-Pauvres. Mais, au XIP siècle, les reliques de saint Gâtien y ayant été déposées, on l'appela alors, comme aujourd'hui, Notre-Dame-la-Riclie.

En- 1562, les huguenots la ravagèrent, et les échcvins, reconnaissant que, par suite de sa vétusté, elle menaçait de s'affaisser, résolurent de la faire abattre. On la reconstruisit ensuite sur de moins vastes proportions. Deux piliers énormes, l'un d'eux ayant cent dix pieds d'élévation sur douze pieds carrés d'épaisseur, placés au milieu de la rue actuelle, et sur lescjuelsreposaientles voûtes des anciens clochers, n'ayant été démolis qu'en 1785, mirent à découvert un caveau où l'on présuma qu'avaient été inhumés les restes de saint Gâtien.

L'église, telle qu'elle existe actuellement, rappelle la période du style ogival flamboyant. De beaux vitraux ornent ses sept fenêtres.

Le vitrail n" 1 représente la façade d'une église. Le n*> 2, l'apparition du Christ à saint Pierre, de grandeur naturelle; la sainte Vierge, vêtue de bleu, et tenant entre ses bras l'enfant Jésus, occupe le compartiment du haut de la fenêtre; dans l'ogive du panneau de droite se voient un pélican et ses petits, et un écusson sur le panneau opposé. Le n" 3 ne se compose que de pièces de rapport n'appartenant pas sans doute à la même époque. Le n" 4 retrace l'apparition de Jésus à Thomas l'incrédule : à gauche, la Vierge et Jésus enfant; à droite, sainte Anne apprenant à lire à Marie, toute jeune également. Le n° 5, considérablement endommagé par les restaurateurs, représentait les difl'érenles scènes de la passion. Le n° G comi>rend deux sujets, le martyre de saint Etienne et un portrait en pied de saint Sulpice. Le n° 7, enliii, contient saint Martin, et, plus bas, un dignitaire de l'Eglise, dans l'attitude de la prière; à gauche, saint llilaire, et, audessus de lui, un homme d'armes accompagné de plusieurs petits personnages surmontés d'une banderole, sur laquelle se voient des caractères à demi effacés.

Nolre-Dame-la-Riche, rendue à sa destination première, dont elle avait été privée pendant l'orage révolutionnaire, semble aujourd'hui bien mal justifier son nom. Peut-être laul-il attribuer le fâcheux état de dégradation où elle se trouve à la fabrique de salpêtre qui y lut établie en 93. Il serait grandement tem|)s de songer à y porter remède. Le monument, en lui-même, n'est pas indigne d'iiitérêl

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