‹ La Touraine, ancienne et moderneChapitre 73 sur 75 · BuEH, (voyez Racas · texte numérisé non relu

BuEH, (voyez Racas

BuNEL (Jacob), peintre du roi, né ii Tours en 1558. Claude Vignon s'exprime, ainsi à son sujet, dans une lettre qu'il écrit à Simon François, autre peintre tourangeau, au mois de mai 1658 : «J'ai eu l'honneur de connaître Jacob Bunel, le plus grand peintre qui fût en Europe, et même je me glorifie d'avoir reçu de sa bonté les premiers enseignements de la peinture. Il était natif de Tours, en Touraine. Il vivait à Paris aux galeries du Louvre fort honoré du roi Henri-le-Grand, quatrième du nom. Comme il avait eu l'estime et emploi du roi d'Espagne, Philippe II, il a fait ce beau cloître de l'Escurial rempli de quarante admirables tableaux, chacun de trois toises en hauteur. Je n'ai rien vu en Europe qui les surpasse en magnifiques inventions, voire ils surpassent tout par leur coloris. » L'abbé de MaroUes dit que, quoique c'ait été un peintre fameux, on ne connut que trois gravures d'après lui : l'une à l'eau-foitc, par Henri Oldelen, qui ne fut pas très-renommée ; la deuxième par Pierre de Jodc, dont le burin nous a transmis le portrait de Pierre de Franqueville, architecte et sculpteur du roi; la troisième fut un -portrait en buste d'Henri IV, gravé par Thomas de Leu.

Bunel mourut à Paris, sans laisser d'enfants. On ignore en quelle année.

Castelnau (Michel de), sieur de la Mauvissière, baron de Jonville et de Concressant, comte de Beaumontle-Roger, prit naissance dans la commune de Neuvy, en Touraine, l'an 1518. Il se fit connaître par diverses ambassades dans lesquelles il se montra habile négociateur. Le soin des alfaires ne l'empccha pas de cultiver les lettres. Il écrivit ses mémoires contenant les affaires de France depuis 1559 jusqu'en 1570, et mourut en 1592, âgé de 74 ans.

Cavet (Pierre-Victor-Palma), docteur en théologie, né à Montrichard, en Touraine, en 1545, Il fit ses études à Paris sous le célèbre et infortuné Ramus. Lorsqu'elles furent finies, il se rendit à Genève, auprès de Calvin, et devint bientôt l'un des meilleurs disciples. Mais, ayant accompagné à la cour la duchesse de Bar, dont il était un des ministres, il eut occasion d'y connaître le cardinal du Perron, qui ne tarda pas à le ramener à la religion catholique. Il fit publiquement abjuration, et cette démarche lui suscita la haine de tout le parti protestant, qui bientôt l'accabla d'injures et de calomnies. On alla jusqu'à assurer qu'il avait contracté un pacte avec un diable nommé Terrier, prince des esprits souterrains, auquel il s'était livré par un écrit signé de son sang, à condition d'avoir le don des langues et d'être toujours victorieux de ses ennemis. D'un autre côté, le parti catholiiiue laissa éclater sa joie. Étant entré dans les ordres, il prêcha avec le plus grand succès.

La connaissance qu'il avait des langues hébraïque, syriaque et arabe, lui en fit obtenir la chaire au collège royal en 1559. Il mourut au collège de Navarre, âgé de 65 ans, le 8 mars 1610, et fut porté dans l'église de Saint-Victor, où il avait désiré d'être enterré devant le crucifix, auprès de l'image de Saint- Victor. Outre les livres de controverse qu'il composa, nous avons de lui plusieurs ouvrages d'histoire et de littérature. On remarque parmi les derniers un poème traduit de l'espagnol, qui est une espèce de gazette rimée.

CiiAiiuT (Philippe), jésuite, né à Tours en 1602. Il embrassa de bonne heure l'état religieux, et entra dans la compagnie de Jésus en 1620. Il fut ensuite recteur du collège de Tours, puis de la maison professe de Rouen, et en dernier lieu du collège de Paris où il est mort en 1669.

CiiALMEL (Jean-Louis), naquit à Tours le 1"'' octobre 1756. Il se fit remarquer dans sa jeunesse par un extrême amour pour l'étude. Doué d'une grande intelligence, il acquit bientôt des connaissances varices qui le mirent en rapport avec les hommes les plus savants et les plus célèbres de sou temps. Appelé de bonne heure à des fonctions importantes, il dirigea le comité d'instruction publique, et lut de ceux qui, au conseil des Cinq-Cents et à la chambre des députés, surent conserver intacts leur indépendance et leur honneur.

S'il sacrifia ses goûts de rdrailc oX de repos, ce l'ut bien moins pour parvenir que pour èlrc utile à son pays, et si le doute était possible à cet égard, rcmpressement quil mil à rentrer au soin de sa famille et de ses études, dès qu'il jugea que sa dette de citoyen était acquittée, serait là pour en fournir u éclatant témoignage. Dès cet instant la lilléralure fut son unique occupation. Jaloux de tout ce qui intéi rcssuit la province qui l'avait vu naître, il consacra ses loisirs à l'Histoire de la Touraine , et un succê flatteur accueillit cette laborieuse entreprise. Cependant ses travaux, pris dans leur ensemble, et parmi lesquels on distingue l'Histoire de saint Martin de Tours, ses trois anthologies grecque, latine et moderne, ses traductions d'Anacréon, Bion, Moscbus, Sapho et Martial, sont des titres qui le recommandent plutôt comme littérateur consciencieux que comme écrivain brillant. Ce qu'il mérita surtout nu plus haut degré, ce fut le renom d honnête homme, qu'il actpiit par les vertus les plus solides et en même temps les plus modestes. Nul n'implorait son assistance ou sa protection, qu'il ne fût sur de l'obtenir, et plusieurs circonstances de sa vie ont été marquées par des traits de courage, (jui lui font le plus grand honneur. Ainsi, à la Martinique, où il avait été envoyé comme avocat-général et secrétaire de l'intendance, le peuple, courant en désordre, menaçait la vie du gouverneur ; Chalmel, n'écoutant que son audace et sa générosité, écarte la foule qui se précipitait avec fureur, et, par l'ascendant de sa présence, parvient à la l'aire rentrer dans le calme, à lui faire abandonner sa proie. Combien de fois, à Tours même, pendant le règne de la terreur, n'a-t-il pas, au mépris de tous les périls, arraché des victimes à ce régime sanglant qui a perdu la révolution? A Mayence, oii il était directeur des droits réunis, après l'affreux désastre de Moscou et de Leipzick, plusieurs de ses compatriotes, échappés aux malheurs de la guerre, trouvèrent auprès de lui la plus généreuse hospitalité. Beaucoup d'autres actions dignes d'éloges, beaucoup d'autres bonnes œuvres, honorèrent la carrière de cet homme de bien, qui mourut pauvre et obscur : aussi ses nombreux amis lui ont-ils rendu l'hommage auquel il avait droit, en se cotisant pour lui élever un humble tombeau. Louis Chalmel mourut à Tours, âgé de 73 ans, le 27 novembre 1829.

1. CuAPPuis (Claude), néà Amboisc, au commencement du XVIe siècle, fut d'abord valet de chambre de François l" et garde de sa librairie, ^'ommé ensuite grand chantre de la cathédrale de Rouen, il obtint bientôt après la dignité de deyen de la même église. On croit qu'il mourut vers 1575.

Claude Chappuis passait pour un des bons poètes de son temps, du moins Marot le met-il au nombre de ceux dont il faisait le plus de cas, lorsqu'il dit dans l'épître de son valet Fripelipes :

Je ne vois pohit (|u'imi Sainl-Gelais,

Un Héioel, un Uabchiis, Un fJrodeau, un Sève, un Cliappuy

Yoiscnt cscnvani comme lui.

Cependant ce qui nous reste de ses poésies est peu recherché maintenant, à l'exception de son discours en vers sur la cour de François I*^"", où il décrit la Fortune.

'2. Ciuppuis (^Gabriel), né à Tours, en 1546, neveu de Claude Chappuis, (ju'il perdit à l'âge de 25 ans. Privé de toute ressource par la mort de son oncle, il alla à Lyon, où il traita avec quelques libraires de cette ville qui l'employèrent à traduire des livres espagnols ou italiens.

Les ouvrages de son invention sont très-peu nombreux. Dénué d'imagination, ayant d'ailleurs contracté de bonne heure l'habitude d'écrire à la hâte et en ijuelquc s(»rte de commande, il ne put se plier dans la .<uite à châtier son style, et à lui donner cette correction qui fait le principal mérite du traducteur. Sa production capitale est une comédie intitulé: l'Avare cornu, en cinq actes et eu vers de huit syllabes. Cette comédie, écrite avec assez de facilité, huit par ces deux vers adressés aux spectateurs :

Par quoy, messieurs, à fin qu'on sorlc, Kcgardez où c'est qu'est la |ioiie.

Chapuis mourut à Paris en 1615, âgé de 67 ans.

Chaptaud ou Chataiid (Jean), chanoine de Saint-Martin et prieur de Tauxigny, né à Tours en 1567. Il était très-savant dans l'histoire ecclésiastique, et très-versé dans la lecture des pères grecs et latins. Il n'est cependant connu que par un éloge de Jacques de Billy, abbé de Saint-Michel en l'Hcrm et son prédécesseur dans le prieuré de Tauxigny. Il mourut à Tours le 25 janvier 1(>49.

1. Charles d'Anjou, premier du nom, comte du Maine, de Guise, de Gien, de Mortain, vicomte de Châtcllerault, pair de France, naquit au château du Plessis, le 14 octobre 1414. U était le troisième (ils de LouLs d'Anjou, deuxième do nom, roi de >aples et de Sicile, et d loland d'Aragon.

Ce prince se distingua dans toutes les guerres que Charles VU eut à soutenir contre les Bourguignons et les Anglais. En récompense de ses services, le roi lui donna, en 1454, le comté de Mortain, et le nonnna gouverneur de la ville de Paris. Il mourut le 10 avril 1472, et fut enterré dans l'église de Saint-Julien du Mans.

2. CiiAiaES VIII, roi de France, dit l'Affable et le Courtois, né au cliâtcîu d'Audioise, le 50 juin 1570, succéda à Louis XI, son père, en 1485, âgé de 15 ans et 10 mois. Un cœur droit, une âme douce et .sensible,

sa

remplacèrent en lui les avantages de l'éducation et de l'instruction dont son père l'avait privé, dans la crainte i|u'à son exemple il ne se révoltât contre l'autorité royale et paternelle. Après avoir heureusement mis un terme aux troubles intérieurs que le duc d'Orléans et d'autres mécontents voulurent faire naître, Charles épousa à Langeais, le 6 décembre 1491, Anne de Bretagne, ce qui consolida la paix qui venait d'être sij^néc entre cet État et la France; mais il en résulta une autre guerre, suscitée par Maximilien, roi des Romains, qui auparavant avait épousé cette princesse par procuration.

Charles, plein de courage, mais jeune encore, entreprit, en 1494, à l'instigation de ses deux favoris, Guillaume Briçonnet et Etienne de Vere, la conquête du royaume de Naples, sous le prétexte plus spécieux que solide des droits de la maison d'Anjou qui avaient été cédés à son père. Il partit avec une armée d'environ trente mille hommes, sans argent et sans munitions de guerre. Le succès couronna cette audace. Il parcourut l'Italie en maître, et entra en vainqueur dans Naples, le 27 janvier 1495. Mais jamais royaume ne fut plus rapidement et conquis et perdu : après trois mois de séjour, le roi fut forcé de repasser en France. Désabusé des séductions d'une fausse gloire, il s'occupa dès lors de la prospérité intérieure de ses Étals; mais il fut interrompu dans sa noble carrière par la mort qui le prit au lieu même où il était ne. Une attaque d'apoplexie l'enleva le 7 avril 1498, âgé de 27 ans et véritablement regretté de son peuple : « Car, dit Philippe de « Commines, il était si bon prince, qu'il n'était pas possible de voir meilleure cré.ilure. »

Ghastellier (Guillaume), en latin Castellus ou Castalius, ce qui lui a fait donner par quelques-uns le nom de Gastcl. Il naquit à Tours de Chrétien Ghastellier, médecin du roi, l'an 1468. Après avoir professé au collège de Bourgogne, il passa dans la maison de Navarre où il prit le bonnet de docteur en 1501. Trilhème en fait un très-grand éloge comme écrivain ecclésiastique et poète latin; il va même jusqu'à dire de lui: Super œthera notus. Il mourut à Tours en 1520, âgé de 62 ans.

1. CiiATEiGNEu (René), protonotaire du saint-siége, abbé de la Merci-Dieu de Nanteuil en Vallée, naquit au château de la Roche-Posay, en 1498, de Guy Ghatcigner, échanson des rois Louis XI et Charles Mil. Il lit imprimer les commentaires de saint Anselme qu'il avait découverts, mourut en 1548, et fut enterré à la Merci-Dieu.

2. Chateicseu (Antoine), neveu du précédent, né à la Roche-Posay, le 2 janvier 1550. Destiné à l'état ecclésiastique par Jean III, son père, il fut pourvu de l'abbaye de Nanteuil et du prieuré de Morignac; mais il ne tarda pas à se dégoûter de son premier état, et à embrasser celui des armes. Il fut fait prisonnier en allant à Parme, à la suite de d'Andelot, frère de Gaspard de Coligny. Revenu en France, il abandonna tous ses bénéfices à l'un de ses frères, pour se consacrer tout entier à sa nouvelle fortune, sous le nom du chevalier de rile-Bapeaume, et fut tué au camp d'Iicsdin, le 25 juin 1555, âgé de 22 ans. Poète en même temps que soldat, il a adressé trois odes à Ronsard.

3. CiiATEiCNEU (Louis), frère du précédent, septième fils de Jean III, qui en avait eu neuf, né à la Roche- Posay, le 15 février 1555. Il fut seigneur d'Abain, de la Roche-Posay, baron de Preuilly et gouverneur de la haute et basse Marche. Ayant goûté de l'état militaire et de l'état ecclésiastique, il se fixa définitivement pour la carrière des armes. Très-versé dans les lettres et dans les langues, il eut pour maîtres les plus grands savants de son temps, Adrien Turnèbe et Joseph Scaliger. Henri III l'envoya ambassadeur à Rome, où il déjoua avec talent les plus adroits politiques de la cour d'Espagne. Après la bataille de Fontaine-Froucaire, où il s'était signalé, comme il revenait à la Roche-Posay. il tomba malade à Moulins, où il mourut le 29 septcm bre 1585.

4. CiiATEiGNEii (Roch), frère des deux précédents, seigneur de Rouffon, chambellan des rois Henri II, François II et Charles IX, né à la Roche-Posay en 1527. Envoyé en Italie, il entra dans la Mirandole à la faveur d'un déguisement, étant à la tête de deux cents fantassins ; il harcela tellement l'ennemi qui bloquait la place, qu'il lui enleva son artillerie et fit un grand nombre de prisonniers. Enhardi par ce succès, il passa en Piémont, où, avec quarante chevaux seulement, il mit en déroute les renforts que les Espagnols envoyaient à leur général. Il fut tué au siège de Rourgcs en 1562, âgé de 35 ans.

GiiEBREAu (Olivier), né à Tours, où il exerçait la profession de maître-sergetier, un peu avant le milieu du XVIP siècle. Quoiqu'il n'eût fait aucune étude, il mit en vers l'histoire des archevêques de Tours, décrivit, en prose, la bntaille de Tours, Charles-Martel contre les Sarrasins, et fit en outre imprimerie langage deTar^^ot ou dictionnaire des mots les plus essentiels des argotiers , leurs mœurs, leurs règlements, leurs prières. On ci-oit que c'est le même livre d'argot qui fait aujourd'hui partie de l.i bibliothèque bleue.

Chevalier ( Louis), célèbre avocat au Parlement de Paris, né à Sainte-Maure, en Touraine, en 1664. On remarque, parmi les plaidoyers qui lui ont acquis une brillante réputation, celui qu'il fit pour les chanoines de Reims, imprimé en 1716, in-12.

Ciiicoiss^AU (François), né à Tours, en 1678, curé de Saint-Symphorien, de la même ville, s'est lait connaître par un ouvrage estimé sur la théologie. Il mourut à Tours, en 1747.

CiiBisTOPiiE (Martin), jésuite, né à Tours, en 1566. Après avoir professé avec succès les humanités et la philosophie, il embrassa la carrière de la prédication. Envoyé, par ses supérieurs, dans la Flandre, il y fut

surnommé rapùtrc des Pays-Bas. Missionnaire dévoué et infatigable, il mourut à Cambrai, en 1615, âgé do 4U inis. *

Clamecy (Guillaume-Vincent de), poète français, né à Tours, en 1510. 11 est auteur d'un poëmc intitulé: le Convys de Pallas. On ignore l'époque de sa mort.

Clavier (Guillaume), avocat au ParlomenI, né à Tours, en 1579; nous avons de lui un recueil de poésies Irançaisos, qui est peu connu.

C1.0CET (François), ou le Petit Jeannet, valet de clianibre de François F'', né à Tours, vers 1475. Félibien, dans sa Vie des peintres, parle de son talent pour le portrait, dont on peut juger par ceux de François l*"" et de François II, qui sont dans la galerie de Fontainebleau. Il vivait encore en 1540.

1. GoEFKiEU (Gilbert), deuxième du nom, seigneur d'Efliat, né à Tours, en 1531, était fils de Gilbert Coeffier, maire de Tours, en 1552, et dt Bonne Ruzé. Il a composé plusieurs ouvrages en français et en latin, dont la Croix-du-Maine cite celui qui a pour titre : k Palais-Royal, pour l'instruction des courtisans. Il vivait encore en 1597.

2. Coeffier (Antoine), dit flu^e, marquis d'HIliat, baron de Massy, seigneur de Chilly, de Lonjumcau et de Cinq-Mars, cbevalier des ordres du roi, surintendant des finances, grand-maître des mines et minières, gouverneur et grand-bailli de Touraine, maréclial de France, né à Tours en 1571, de Gilbert Coeffier. deuxième du nom. Envoyé en .Allemagne pour commander l'^irmée en qualité de lieutenant-général, il tomba malade à Luzzelslein, près Trêves, où il mourut le 22 juillet 1G52.

CoLosBK (Michel), indistinctement appelé Columb, Colomb ou Golonibe.ui, sculpteur, né à Tours, vers la fin du XV* siècle. Son nom véritable est Colombe. On en li'ouve la preuve dans plusieurs actes authentiques recueillis chez un avocat de Tours, et surtout dans un reçu notarié de ses honoraires pour la façon d'un sépulcre de N. S. destiné à l'église de Saint-Sauveur, de la Rochelle, en date du 8 août 1510, libellé devant Fousse-Doudire, notaire à Tours, et signé en toutes lettres Colombe, d'une façon parfaitement lisible.

La vie de cet éminent artiste, qui excellait non-seulement dans la sculpture, puisque, à son époque, il n'avait point de rival en cet art, mais aussi dans la fabrication et le moulage des figures en terre, et dont la péputalion, contrairement à tant d'autres, resta fort au-dessous de son mérite réel, est à peu près inconnue. On ignore même le lieu et l'époque de sa mort. Par suite de cette obscurité sur son existence, plusieurs provinces limitrophes, la Bretagne, notamment, ont essayé de l'enlever à la Touraine, prétention d'autant moins fondée et d'autant moins juste, que les hommes illustres, en aucun genre, ne font défaut à l'ancienne Armorique

Quoi qu'il en soit, Tourangeau ou Breton, Colombe fut un grand artiste, et à ce titre, il appartient à la France. C'est donc avec raison que les historiens bretons l'appellent le Michel-Ange français du XVI* siècle. On a conservé de lui une très-belle statue modelée en terre de saint Maur, abbé ; un tableau en marbre représentant la mort de la Vierge ; un tombeau de N. S. pour l'église de Saint-Sauveur, de la Rochelle, et enfin le magnifique tombeau du dernier duc de Bretagne placé dans l'église des Carmes, de Nantes, monument qui suflirait seul aujourd'hui, par la beauté de l'ensemble, le fini de l'ouvrage, la noblesse des statues, à'défrayer la renommée de dix sculpteurs.

CoMMiRE (.lean), jésuite, né à Amboise, le 25 mars 1625, mort à Paris, le 25 décembre 1702. Il est du petit nombre des poètes qui rappellent le siècle d'Auguste, et il ne lui manqua peut-être, pour être au rang des meilleurs modèles, qu'Un peu plus de vigueur, et une verve plus nerveuse. Cependant il montre quelquefois de l'élévation ; mais en général son talent est d'embellir les plus petits sujets : un coloris gracieux, im' style pur et élégant, telles sont les qualités dominantes qui le placent à côté des Sannazar, des Vida, des Polilien, et de tout ce que l'Italie a de plus parfait en poètes latins modernes. Ses poésies, recueillies en deux volumes, ont été éditées par Martial Barbon. Il avait pris pour devise un cygne avec ces mots : candorque, canorque. Sa vie, et ses écrits l'ont parfaitement justifiée,

Co.MGHAN ( Hercule de ), connu sous le nom du chevalier de Cangé, né au château de Cangé , près Tours, en 1594. Entré de bonne heure dans l'ordre de Malle, il suivit la carrière de la marine, et se signala dans plusieurs rencontres. En 1642, il commandait un vaisseau sur les côtes de Catalogne. Le marquis de Brézé, qui conduisait la flotte française, fit en vain tous ses elVorls jmur attaquer celle d'Espagne; plus heureux, le chevalier de Cangé parvint à aborder un des grands vaisseaux ennemis, nommé la Madalena, de soixante pièces de canon, il l'avait réduit à amener son pavillon, quand un brùlôt vint s'attacher à son bâtiment, qui avait dt'jà jeté les grappins sur la Jâadekna, de sorte que tous les deux furent la proie des flammes. Dans cette exlréiiiité, et quoiqu'il eût le bras déjà percé d'un coup de feu, Conighan fit sauver tout son équipage dans les embarcations, puis, n'ayant plus le temps de sortir lui-même, il saut» avec le vaisseau victorieux et le vaisseau vaincu. Sa mort fut célébrée par ce distique latin : ^

Moiistrorum domiior, nicdiis exarsii in undis. HiTculis liuic iionicn, vilaquc, morsque fuil.

\. CorreBEAi! (Claude), chanoine de Notre-Uame de Paris, prieur de Moustiers, né à Tours, en 14î>9. Il

est connu par son traité : de Jure et Privilegiis mililum ; traduil depuis en français, par Gabriel du Préau, Poitiers, 1549, in-4''. Il mourut à Paris, le 3 décembre 1550, et fut inhumé dans l'église de Notre-Dame.

2. CoTTEUEAu DU GouDRAY ( Jcan-Bapliste-Armand), curé de Dame-Marie, en Moutois, né à Tours, le 25 janvier 16U7 ; mort en 1770. Il cultiva la poésie avec succès.

5. CoTTEREAn (Thomas-Jules-Armand), avocat, né à Tours, le 21 août 1755. Il a laissé un ouvrage important sur le droit français, dont Merlin porte un jugement flatteur dans le Répertoire universel de Jurisprudence. Il est mort à Tours, le 28 novembre 1809, âgé de 70 ans.

CouÉ, ou plus correctement Gouré (Ghristophe de), seigneur châtelain de Fonlenailles, né au château de ce nom, en 1527. La Groix-du-Maine dit qu'il a écrit quelques poëmes français.

CouRCELLES (Pierre Leclerc de), guidon des gendarmes du comte de Sancerre, né à Gandes, en Touraine, au commencement du XVF siècle. En 1557 il publia une Me^origue française qui eut beaucoup de réputation. On ignore l'époque de sa mort.

Graon (Glaudc de), né en Touraine, dans la commune de Goulaines, en 1556, mort, en 1024, âgé de 08 ans. On prétend, mais sans beaucoup de fondement, qu'il tétait de l'ancienne et illustre maison des Graon d'Anjou. Il passait pour être très-savant helléniste. On ne connaît de lui, en ce genre, qu'un livre de remarques sur les épîtres grecques de Guillaume Budée.

Grenier (Pierre), en latin, Petrus Crenarius, né en Touraine, probablement vers le connnencement du XVF siècle. Les anciens biographes n'ont fait aucune mention de lui ; on sait seulement qu'il a composé un petit recueil de poésies latines, intitulées : Élrennes à ses amis.

Grevant (Louis), d'abord marquis, puis duc d'Humières, vicomte de Brigueil, pair et maréchal de France, etc., naquit, en mai 1628, au château d'Azay-le-Férou, en Touraine, de Louis, troisième du nom, marquis d'Humières, et d'Isabelle Phélippeaux. Indépendamment de ses services, la faveur du maréchal de Turenne, jointe aux grâces et à l'esprit de madame d'Humières, contribuèrent à son rapide avancement. On rapporte à ce sujet que le jour de la promotion, Louis XIV dit au chevalier de Grammont : — Savez-vous qui je viens de faire maréchal de France? — Oui, sire, répondit le spirituel chevalier, c'est madame d'Humières. Il mourut à Versailles, en 1694.

Dalvin ou d'Alvin (Etienne), Minime, né à Cormery, en 1565. Le seul ouvrage que nous connaissions de lui est intitulé : de Potestate episcoporum.

Darly (Jean-Baptiste), peintre tourangeau, fleurissait au commencement du XVP siècle. Exclusivement livré au genre du portrait, il s'y était acquis une telle réputation, que les plus grands seigneurs venaient exprès à Tours pour se faire peindre par lui.

Delaunay (Pierre-Louis-Athanasc-Veau), avocat, né à Tours, le 28 octobre 1751, fut pourvu, en 1775. de la commission de procureur du roi des eaux et forêts. Comme avocat au présidial de Tours, il a fait imprimer plusieurs mémoires et plaidoyers qui ne sont pas sans mérite. En 1787, élu membre de l'assemblée provinciale, il fut choisi pour faire partie de la commission intermédiaire. Par là, à l'époque de la révolution, il se trouva naturellement porté dans la carrière administrative, et il était l'un des adminis'.rateurs de son département, lorsque, en 1792, il fut appelé à la Convention nationale, où il se fit connaître par plusieurs rapports sur l'instruction publique. Il est mort à Tours, le 5 janvier 1814.

Denis (Nicolas), né à Tours, vers le conmiencement du XVIP siècle. Gouverneur du Canada, il s'attacha particulièrement à en reconnaître les côtes et à décrire les mœurs et les productions de ces peuples alors nouveaux pour nous. L'ouvrage qu'il a publié sur la Nouvelle-France est un des meilleurs ({ne nous ayons, considéré surtout sous le rapport géographique.

Descartes (René) naquit à la' Haye, en Touraine, le 31 mars 1590, d'une famille noble et ancienne qu'on a présentée à tort comme étant originaire de Bretagne. H fut élevé .chez les Jésuites, et se distingua de bonne heure par une grahde aptitude pour la méditation. A un corps débile il joignait un esprit vaste et puissant. Dès qu'il eut achevé sa philosophie, dont il avait senti le vide, le premier soin qu'il prit, en sortant du collège, fut de mettre de côté tous ses livres, et d'entrer résolument dans les voies que devait lui ouvrir sa seule intelligence. Il inventa dès lors cette méthode d'examen et de doute qui est devenue le premier principe de toutes nos connaissances positives. On ne saurait donner trop d'éloges à l'audace qu'il montra, en portant le premier coup à la doctiine d'Aristote, dont la philosophie emplissait le monde et les collèges, en songeant surtout que c'était un jeune homme de dix-neuf ans qui s'attaqua ainsi à l'idole des siècles!

Ce qui n'est pas moins étonnant, c'est que Descartes paraît avoir été, dès cette époque, en possession de ses plus belles découvertes ; mais il ne croyait pas le moment venu de les publier. Voulant d'abord voyager, afin d'appuyer sur l'observation même des hommes ses nouvelles idées, il fut conduit naturellement à prendre le métier des armes. Bientôt, dégoûté de la guerre, à la suite des revers dont il venait d'être témoin en Hongrie, il continua ses voyages comme simple particulier. Il visita la Hollande, l'Italie, la Suisse, le Tyrol,

Venise et Rome, après quoi il revint en France. Toutelois désirant se livrer tout entier à ses méditations, et appréhendant que le séjour du pays ne gèiiàt sa liberté, il se retira en Hollande, où il se mit à travaillera la métaphysique, à l'anatomie, à la chimie et à l'astrologie. Il composa un Traité des systèmea du monde, tel qu'il le concevait alors, mais il supprima presque aussitôt cet écrit à la nouvelle de l'emprisonnement de Galilée, et ce lut peut-être la crainte d'une persécution pareille qui le porla plus tard à adopter l'idée invraisemblable de faire mouvoir le soleil et le système des planètes ensemble autour de la terre, conjme ïyeho- Bndié l'avait tenté avant lui.

Uescartes n'avait encore publié aucun ouvragemathématique de quelque étendue, lorsque, déterminé par les sollicitations de ses amis, il consentit à livrer au jour ses découvertes. Avant lui on avait déjà l'ait beaucoup de progrès dans his recherches purement algébriques ; on avait trouvé la résolution des équations que nous nommons aujourd'hui du second, du troisième, du quatrième degré; mais la notation qu'on employait était encore grossière et afi'ectée des rapports matériels, par lesquels on liait l'algèbre à des idées de longueur, de superficie et de solidité. Or l'algèbre est une langue qui a pour objet spécial et pour utilité principale d'exprimer purement les rapports abstraits des quantités. Il fallait donc, pour l'ctcndre, commencer par la dégager des considérations étrangères qui la limitaient : ce fut le premier service que lui rendit Descartes ; et la métaphysique de son esprit, qui lui fut nuisible dans les sciences d'application, lui fut singulièrement utile dans cette circonstance. Selon cette ancienne limitation de l'algèbre, les produits successifs d'une même quantité étaient représentés dans les trois premières dimensions de l'étendue par un carré et par un cube en perspective, quelquefois par la lettre initiale Q ou G mise au haut de la quantité, quelquefois, enfin, par la répétition même de la lettre au moyen de laquelle la quantité était désignée. A toutes les notations embarrassantes, et qui re tardaient la pensée, Descartes en substitua une claire, simple, générale, et surtout calculable. Il imagina mettre un chiffre au-dessus Je la quantité, et par les différentes valeurs de ce chiffre il désigna ses divefses puissances.

Il a encore rendu de grands services à la science, dans son importante découverte sur l'application de l'algèbre à la géométrie. Avant lui on avait imaginé de ramener quelques problèmes de géométrie à des énoncés algébriques, en représentant les inconnues des problèmes par des lettres, et en cherchant à résoudre les équations auxquelles l'énoncé de chaque problème conduisait. On déterminait ainsi par le calcul ce que la synthèse ancienne aurait déterminé par des constructions. La découverte de Descartes est d'un tout autre ordre. Il imagina que la nature de chaque courbe devait être exprimée et définie par une certaine relation entre deux lignes variables, dont l'une figurerait les abscisses et l'autre les ordonnées. Il conçut que, pqur trouver cette relation, il suffirait d'écrire en langage algébrique une des propriétés caractéristiques de la courbe ; par exemple pour le cercle, que c'est une courbe plane, dont tous les points sont également éloignés. Cette formule avait cela d'admirable qu'elle ramenait la déduction à une interprétation facile, et, pour ainsi dire, à un jeu qui n'exigeait aucun elTort de l'esprit.

Sans nous arrêter sur tous les écrits qui ont illusti-é la vie de ce grand penseur, nous devons parler d'une science dont il fit pendant toute sa vie l'objet spécial de ses méditations, et qui a le plus contribué à fonder son influence sur son siècle, c'est la philosophie rationnelle ou la métaphysique. Celle de Descartes nou.s montre] un génie vigoureux et original, indépendant et hardi, doué d'une grande force de méditation et d'une grande| énergie créatrice. Il est seulement à regretter que le grand homme soit toujours porté à secouer le joug de méthodes expérimentales, et qu'il veuille tout tirer de son propre fonds, tout ramener ii un premier princif dont il puisse déduire tous les autres. La synthèse, ou plutôt cette méthode à priori, qui part d'axiomes| abstraits pour redescendre aux vérités particulières, est l'instrument qu'il emploie constamment dans ses recherches; or cet absolutisme de pensée l'a conduit à de graves erreurs.

Dans son célèbre Discours sur la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences, publié en 1557, Dcscarles avait déjà faitconnaître les points principaux de sa doctrine, et abordé les questions les plus abstraites de la métaphysique; il traita celle-ci avec plus d'ordre et d'étendue dans l'ouvrage non moins célèbre, publié en Iftil sous le titre de Méditations touchant la première philosophie, où l'on démontre l'existence d$i Dieu et l' immortalité de l'âme. Ces méditations sont au nombre de six : là, comme dans son discours sur la méthode, et dinslelivre(/e*Prùict;»«,il part de cette maxime fondamentale, qiuuc pour atteindre la vérité, il fauUl « une fois dans sa vie, se défaire de toutes les opinions qu'on a reçues, et reconstruire de nouveau et dès le! « fondement tout le système de ses connaissances. » Ainsi, son doute commence par tout embrasser; il so <lép<»uille de toute croyance, et réduit toute science à ce fait unique, à cette proposition, la seule évidente pour lui : « Je pense, donc je suis. »

Ouoi qu'il en soit de ces erreurs, n'oublions pas que c'est à Descartes que nous devons cette .salutaire leçon, qu'ont reçue nos pères, de substituer les idées aux mots, les notions claires aux vaines formules, et que c'est lui qui mit en honneur, parmi eux, la méditation I On a remarqué que ses partisans, dans lefièclc de Louis XIV, furent assez généralement du nombre de ceux qui professaient les idées les plus indépendantes. Bossuet, Fénclon, Malebranclic, les principaux membres de l'Oratoire et presque tous les écrivains qui coinposaier l'école célèbre de Port-Royal, adoptèrent le cartésianisme ; Malebranche y puisa son spiritualisme mystique.

Berkeley son idéalisme pur, et Spiiiosn le germe de ee qu'on a appelé son matérialisme. Descartes joint encore à ses autres titres, celui d'avoir été un des créateurs de notre langue; il lui a donné plus d'exactitude et de clarté, plus de concision et de fermeté : tant est grande l'influence dépenser sur l'art d'écrire. Dans ses autres ouvrages de métaphysique et de morale, tels que les Méditations, le premier livre des Principes, le Traité des passions, et une grande partie de ses lettres, on trouve une foule de vérités précieuses qui lui appartiennent en propre, de pensées nobles et grandes, de maximes sages, de réflexions pieuses et justes, d'analyses partielles très-déliées et très-exactes, qui de ses écrits ont passé dans des ouvrages plus modernes, mais qui conservent dans les siens l'empreinte originale que cet esprit indépendant et profondément méditatif donnait à toutes ses conceptions.

La supériorité de Descartes sur ses contemporains, la nature des sujets qu'il traitait, et la vive sensation que ses théories produisaient sur tous les esprits, ne pouvaient manquer d'armer contre son repos l'ignorance et la jalousie. Un homme qui prétendait démontrer l'existence de Dieu, l'immatérialité de l'âme, et qui travaillait, disait-on, à une explication mécanique et générale de tous les phénomènes de la nature, devait nécessairement éveiller la persécution. Parmi ses ennemis, le plus acharné fut Gisbert Voet, premier professeur de théologie à l'université d'Ulrecht. A l'instigation de ce théologien réformé, ses derniers écrits furent déclarés hbellcs et diffamatoires, et lui-même cité personnellement comme un criminel. 11 se repentit alors de sa célébrité, et, regrettant les douceurs d'une vie obscure, il prit pour devise : qui benè latuit, benè vixit.

Il était dans cette disposition d'esprit, ayant sa résidence à la Haye, quand la reine de Suède, Christine, lui fit proposer de prendre sa cour pour retraite. Descartes, qui avait toujours aimé son indépendance, et qui, comme il le disait lui-même, mettait sa liberté à si haut prix, que tous les princes de la terre «'auraient pu la payer, Descaries accepta pourtant cette proposition. Ce fut une malheureuse inspiration qui le conduisit dans ce rude climat du Nord, car, peu après son arrivée à la cour de Suède, il fut atteint d'une fluxion de poitrine qui s'annonça par le délire, et il mourut le 11 février 1656, n'ayant pas encore 54 ans. La reine voulut faire placer son tombeau parmi ceux des premières familles de son royaume ; mais l'ambassadeur de France réclama pour lui la sépulture de ses compatriotes, et son corps fut transporté à Paris en 1666.

Descartes vécut dans le célibat et ne laissa pas de postérité. Il paraît cependant que la société des femmes avait pour lui un attrait particulier, et qu'il se plaisait beaucoup à leur conversation. Il avait eu une fille naturelle nommé Francine, qu'il élevait près de lui avec une tendre affection. En 1640, A la perdit à Amesfort, à l'âge de cinq ans, et cette perle lui causa un vif chagrin. Ses vertus offraient, comme son génie, un caractère élevé et moral, que tempérait cependant la simplicité de ses mœurs. Son éloge a été proposé par l'Académie française en 1767, et Thomas a remporte le prix.

Destouches (Philippe-INéricault ) naquit à Tours, en 1680. D'après l'opinion la plus accréditée, il s'échappa delà maison paternelle et s'engagea dans une troupe de comédiens de province. Errant de ville en ville, il dirigeait la troupe de Soleure pendant l'ambassade de M. de Puysieux, qui, ayant eu occasion de le connaître et d'apprécier son esprit, se l'attacha et le forma aux négocialions. Il faisait déjà des vers, mais il traitait de préférence des sujets religieux. Ses essais, qu'il soumit à Boileau, obtinrent quelques encouragements de ce grand poêle. L'art dramatique devint bientôt sa principale étude, et il fit jouer, en Suisse, le Curieux impertinent, qui fut applaudi dans les treize cantons avec enthousiasme. La seconde pièce de Destouches est Yingrat, en cinq actes et en vers; l'Irrésolu vint après, et le Médisant est son quatrième ouvrage. Les succès qu'il obtint au théâtre lui méritèrent l'estime et l'amitié du régent qui, appréciant sa probité et connaissant son intelligence dans les afl'aires, lui donna, en 1717, une mission pour l'Angleterre, où il accompagna le cardinal Dubois. Au retour de celui-ci, Destouches resta seul chargé de diverses négociations, dont la plus singulière fut de faire obtenir à Dubois l'archevêché de Cambrai. Ce fut lui qui engagea le roi d'Angleterre à demander cet archevêché pour le cardinal. — Comment voulez-vous qu'un prince protestant, dit le monarque, se mêle de faire un archevêque de France ? Le régent en rira, et certainement n'en fera rien. — Pardonnezmoi, sire, il en rira, mais il fera tout ce que vous voudrez. Aussitôt il lui présente une lettre pleine des plus vives instances. — Je le veux bien, dit le roi ; et il signa.

Destouches envoya, de Londres, à son père une somme de 40,000 fr., fruit de ses épargnes. Il épousa ensuite une Anglaise catholique d'une naissance distinguée, mais ce mariage resta longtemps secret, et il ne le déclara qu'à son départ d'Angleterre. Le régent, charmé de sa conduite, lui fit de grandes promesses, dont sa mort trop prompte empêcha l'accomplissement. Destouches se retira dès lors près de Melun, dans un petit domaine où il passa presque tout le reste de sa vie, s'adonnant exclusivement à la culture des lettres. L'Académie française le choisit, le 25 août 1723, pour remplacer Campistron. Destouches, qui, jusque-là, n'avait donné que des ouvrages dont le meilleur n'est pas au-dessus du médiocre, prit tout à coup une place distinguée parmi nos auteurs comiques, par le succès du Philosophe marié [ 1727). C'est, sans contredit, son chef-d'œuvre; l'action, conduite avec art, se dénoue heureusement, les caractères sont convenablement développés ; les incidents, habilement ménagés, amènent des situations très-comiques ; le style est élégant et facile.

le dialogue nalurol et drunialiquc, et le peisonn;i<çc de Célianle, créalioii neuve et originale, auiaio l'attio» et la soutient. Uestouchcs eu trouva le modèle dans sa belle-sœur, et la peignit si bien, qu'elle se reconnut à la première représentation ; mais elle n'osa pas beaucoup se fâcher de crainte de fournir au poêle un second sujet. La pièce essuya, dans sa nouveauté, des critiques ridicules, l'auteur répondit à l'envie par un acte en prose, intitulé VEnvieux, et lui imposa silence. Le Glorieux (1732), qui suivit d'assez près le Philosophe marié, ajouta encore à la réputation de Destouches, et les littérateurs balancent entre ces deux comédies pour trouver son chef-d'œuvre. Il donna, dès cette époque, sans interruption, une longue suite de pièces avec des chances diverses jusqu'en 1742, et à l'âge de W ans, il renonça au théâtre, quoiqu'il eût en porlefeuilie plusieurs autres ouvrages qu'on a joués après sa mort. Sans avoir ni la force de Molière, ni la gaieté originale de Regnard, l'auteur du Philosophe marié et du Glorieux n'en brille pas moins par des qualités qui lui sont particulières, et qui le placent d'une manière honorable parmi les comiques du second rang. 11 mourut, Ij 4 juillet 1754, après avoir consacre ses dernières années à l'étude de la théologie.

DoKBEAu (Nicolas), de l'ordre des Pères-Mineurs de la province de Tours, son pays natal, oii il vivait, eu 1455. Il a composé plusieurs ouvrages en latin, dont il est parle dans le Coinpendium de Conrad Lycosthèncs. Les Commentaires sur Aristote, que nous avons de lui, ont joui de quelque réputation dans leur temps, mais sont aujourd'hui complètement oubliés.

Dredx (Pierre-Lucien-Joseph), né à Tours, en 1756, mort dans la même ville, le 14 février 1827. Connu déjà par quelques productions précoces, il fut entravé, dans ses progrès, par la mort de son père, qui le laissa dans le plus grand dénûment. Obligé de se suflire à lui-même, il alla à Liège, où il coopéra à la rédaction de VEsprit des Journaux, dont il paraissait un volume tous les mois. Il entra bientôt dans la maison de M. de Vergennes, en qualité de secrétaire, et il y resta jusqu'à l'époque de la révolution, où il revint dans sa ville natale. 11 avait obtenu, à l'âge de 14 ans, un grand prix à l'Université. Pressé par ses amis, il se décida à publier des mélanges, qui se composent de trois volumes in-16, et dont le seul mérite est une composition sage et élégante.

1. Ddchesne (André), historiographe et géographe de France, né à rUe-Bouclianl, au mois de mai 1584. Par ses nombreux travaux et son immense érudition, il mérita d'être appelé le Père de Vhistoire de France. En effet, ce fut lui, grâce à ses recherches obstinées, qui rassembla la plus grande partie des matériaux utiles à l'histoire. On a peine à concevoir que, dans une vie assez courte ( il est mort à 56 ans ), un seul homme ait pu laiss(ir plus de cent volumes in-fol. de pièces manuscrites, indépendamment de tous les ouvrages qu'il a publiés. Il mourut le 30 mai 1640, d'une chute qu'il fit, en revenant de sa maison de Verrières, auprès de Longjumeau.

2. DccHESNE (François), historiographe de France, lils du précédent, né, le 22 mars 1616, à l'Ile-Bouchard. Quoique d'une vaste érudition, if fut loin d'égaler son père. Le plus grand service qu'il ait rendu à l'histoire fut de rassembler les manus(u-its de celui-ci. Il mit en ordre et lit paraître, en 1639, le cinquième volume des Historiens de France, ainsi que l'Histoire des cardinaux français, en deux volumes in-fol., et mourut à Paris, le 8 juillet 1693, âgé de 77 ans.

DuFouR(Jean), poète latin, né dans la Champaigne tourangelle, comme il nous l'apprend lui-même parKupiilité de Campanus qu'il se donne en tête de ses livres. Cet auteur, peu connu, publia, entre autres ouvrages. un Horace chrétien sous ce titre : Horatius christianus a Joanne Dufour Campano, et mourut à Tours, en 1630. étant principal du collège de cette ville.

DuFBÉHENTEL (Jacques), avocat au Parlement, né à Tours, Ie22 mars 1698. Livré tout entier à l'étude de la jurisprudence, il a laissé un travail complet sur la coutume de Touraine, publié, en 1786, par les soins de son fils. Il est rnort à Tours, le 11 juillet 1777, doyen du barreau et échevin électif de cette ville.

Dl'puï (Gilles), maître des requêtes ordinaire de la reine, conseiller au présidial et maire de la ville de Tours, lieu de sa naissance. Il a publié un discours en faveur des Jésuites, où il voulait l'enseignemenl que ces Pères donnaient à la jeunesse.

DuBANU (dom Ursin), religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, né à Tours, le 30 mai 1082. Il fut associé au savant D. Martcnne, et ce fut à leur zèle commun que l'on dut le perfectionnement de la Gallia christtana. Il est mort à Paris, le 50 août 1771, âgé de 49 ans. Son nom est associé à tous les savants les plus remarquables de la congrégation de Saint-Maur. L'ouvrage qui lui fait le plus d'honneur est \'Art de vérifier les dates, qui parut pour la première fois en 1750, in-4*'.

1. DuTENS (Louis), associé libre de l'Académie des inscriptions et belles-lcltrcs et de la société royale de Londres, historiographe du roi d'Angleterre, né à Tours, le 15 janvier 1730, d'une famille protestante. A l'âge de 18 ans, il vint à Paris avec une tragédie intitulée le Retour d'Ulysse, qui , refusée par les comédiens du roi, obtint à Orléans un immense succès. Ues entraves de toute sorte Tayant accueilli à ses débuts, il passa en Angleterre, espérant y trouver la fortune qui l'avait fui dans sa patrie. Là, il fut attaché au ministre de Londres à la cour de Kussie, en qualité de secrétaire, et, en récompense des services honorables qu'il rendit dans la diplomatie, il reçut, en 176.3, de lord Bute, une pension de 6,000 livres. Il est mort à

BIOGRAPHIE. r>85

F^ondres, le 23 mai ISl?, jouissant des revenus d'un prieuré assez important qu'il devait à la protection du duc de Norlhumberland, dont il avait été chargé d'accompagner le fds dans les différentes cours de l'Europe.

2. DuTEiNS ( Michel-François), frère puîné du précédent, né à Tours, en 1732, mort dans cette même ville, en juin 1804. Il y exerça avec probité et talent la profession d'orfèvre, ce qui ne l'empêcha pas de cultiver aussi l'art de la peinture, où il obtint des succès modestes.

Ddval (Jean), né à Tours, vers la fm du XV siècle, était un ouvrier très-habile dans la tapisserie ; mais il fut bientôt surpassé par ses trois iils, Ktienne, Maur et Hector, qui, au talent de leur père, joignaient une plus exacte connaissance de la perspective. Cependant Duval a droit aune attention particulière, comme étant un des premiers qui ont perfectionné cet art difficile. Il mourut à Tours, en 1552.

EniiARD ou Evrard, abbé de Saint-Julien de Tours, naquit en Touraine, vers la fin du X" siècle. Il avait la réputation d'être un des hommes les plus savants de son temps. Dans un éloge qu'en fait le pape Silvestre II, il est dit que c'est une étoile qui brille constamment sur l'FlgUse. Il mourut dans l'abbaye de Marmoutier, en 1032.

Estampes de Valençay (Achille), cardinîtl, né à Tours, le 5 juillet 1593. En 1611, il fut reçu chevalier de Malte, et à la prise de l'île de Sainte-Maure il fit des prodiges de valeur. Les talents et la bravoure qu'il montra dans les occasions les plus importantes le firent élever, en 1635, au grade de général des galères et de l'armée de terre de la religion. Gréé cardinal-diacre par le saint-père, il déploya une grande fermeté devant l'ambassadeur d'Espagne, contre lequel il défendait les intérêts français. Mort le 16 juillet 16i6, il fut inhumé, selon sa volonté, sous un tombeau sans épitaphe.

EsTKÉEs (Gabricllc d'), née en Touraine, au château de h Bourdaisière, en 1565. Elle avait 26 ans lorsque Henri IV la vit pour la première fois, dans le château de son père, à Cœuvres, et il fut tellement charmé des grâces de sa persoime et de la vivacité de" son esprit, qu'il conçut, dès ce moment, le dessein d'en faire sa maîtresse (1591 ). Si l'on en croit la chronique, elle n'avait pas attendu jusqu'alors pour commencer sa vie licencieuse: à 17 ans, le célèbre lin;mcier Sébastien Zamet l'avait déjà eidevée.

Henri, dès qu'il eut jeté les yeux sur elle, lui fit épouser, pour la forme, Nicolas d'Armeval, seigneur de Liancourt, dont elle fut aussitôt séparée, et avec lequel elle n'habita jamais : elle en porta seulement le nom quelque temps. Peu après elle fut créée marquise de Monceaux, puis duchesse de Beaufort-en-Vallée, qualités qui se confondirent bientôt dans le surnom de la belle Gabi-ielle, qu'elle a conservé depuis. Gabrielle posséda sans partage le cœur de son amant, mais elle n'eut pas la même influence sur l'esprit du roi. La meilleure preuve qu'on en puisse fournir, c'est qu'elle ne réussit jamais à lui faire partager la haine qu'elle portait à Sully. On rapporte même que, comme elle l'obsédait de ses plaintes contre le ministre, Henri lui répondit avec quelque dureté, ce qui est un éternel honneur pour sa mémoire, qu'il donnerait sans peine dix maîtresses comme elle pour un serviteur comme Sully.

Cependant sa passion pour la belle favorite allait bien loin, si Ton en croit l'anecdote qui se rapporte aux premiers temps de leurs amours : quand elle était encore au château de Cœuvres, Henri ne craignit pas, pour venir la rejoindre, de traverser, déguisé en paysan, les garnisons de la ligue, avec une botte de paille sur la tête. Du reste, dans sa prospérité, Gabrielle n'oublia pas plus sa famille que ses amis. Elle les combla de faveurs, d'emplois et de richesses. Elle avait eu trois enfants du roi, et elle était grosse de son quatrième, quand une mort inattendue vint lu frapper dans le plus grand éclat de sa fortune, et au moment même où Nicolas Brulart de Sillery avait été envoyé à Rome pour hâter la dissolution du mariage d'Henry IV avec Marguerite, dont les dérèglements justifiaient suffisamment cette extrémité. Elle était revenue de Fontainebleau le lundi de la semaine sainte; le jeudi saint, quoiqu'à la veille de ses couches, elle voulut aller entendre les ténèbres au petit Saint-Antoine. Comme elle était occupée à montrer à mademoiselle de Guise les lettres de Rome relatives à son prochain mariage, elle fut prise de convulsions subites et tellement violentes, qu'on fut obligé de la transporter non loin de là, chez sa parente, madame de Sourdis, où elle succomba, le 10 avril 1590, à sept heures du malin. Le bruit général fut qu'elle avait été empoisonnée. Ce qu'il y eut de particulier, et ce qui servit peut-être à accréditer ces soupçons, c'est que ce fut chez le même Zamet, dont il a été parlé plus haut, et avec qui elle avait vécu dans sa première jeunesse, qu'elle était venue s'établir à son retour de Fontainebleau. Malgré cette circonstance curieuse, celui-ci ne fut jamais inquiété, et le roi, qui témoigna par ses larmes les regrets les plus vifs et les plus sincères, se contenta de prendre le deuil avec toute la cour. La mère et l'enfant furent présentés à Saint-Germain-l'Auxerrois et les funérailles eurent lieu avec la plus grande magnificence. L'épitaphe suivante exprime, d'une manière assez originale, l'espèce de politique qui détermina la moi't de la belle Gabrielle :

Cy-gil madame la marquise^ D'un esprit plus grossier que lin, Qui mourut pour trop s'être enquisc - Oui serait monsieur le Daupliin.

Faverolles ( Joseph de ), abbé de Plessis, né vers 1640. Il s'élait acquis une belle réputation d'éloquence.

Feaii (Laurent), docteur en médecine de la l'acuité de Montpellier, né à Tours, en 1599. Il est connu par un traité latin sur une question de médecine qui fit du bruit dans son temps.

Fkret (Claude), conseiller, avocat du roi au siège royal de Loches, et maire de cette même ville, où il naquit vers la fin du XVIF siècle.

FiuMAT (saint Guillaume), né à Tours, en 102(5. Suivant Etienne de Fougères, évêque de Rennes, son contemporain, ce serviteur de Dieu, clianoinc de Saint-Venant, et en même temps possesseur d'une grande fortune, vendit tous ses biens, se démit de sou bénéfice, et, quittant sa famille, se retira dans une grotte auprès de Fontaine-Gérard, au Maine. Bientôt après, ne trouvant pas de retraite assez solitaire, il alla se construire une cellule au fond de la forêt de Laval. Ce fut là que quelques incrédules, doutant de la pureté de ses mœurs, tentèrent d'ébranler sa vertu par un piégc qu'ils lui tendirent. Ils envoyèrent une très-belle courtisane, qui vint pendant la nuit implorer son assistance, et lui demander un asile au moyen d'une fable qu'elle inventa. Introduite dans la cellule, elle mit en usage, pour le séduire, tout ce qu'elle avait d'artifice et de charmes; mais Firmat prit un tison qu'il imprima si fortement sur son bras, qu'il en conserva la marque le reste de ses jours. La courtisane alors, touchée de repentir, tomba à ses pieds. On ajoute même que ceux qui l'avaient envoyée, témoins de ce qui se passait, imitèrent son exemple. La réputation de sainteté de Firmat ne tarda pas à se répandre, et pour fuir la foule qui venait le visiter, il entreprit le voyage de la terre sainte, qu'il accomplit deux fois, les pieds nus. Il mourut à Moriain, le 8 des calendes de mai 1105, sous le règne de Philippe F'', et fut enterré solennellement dans l'église de Saint-Evront.

Florent (saint), né à Tours. On croit qu'il vivait au commencement du IV siècle. Étant parti pour Home sa renommée et ses vertus se répandirent par toute l'Italie, et en passant à Parme, où il assista au concifc en 517, on dit qu'il ressuscita la fille d'un seigneur de cette ville. Il mourut à Orange en 520.

1. FoRGET (Jean), baron de Mafléc, président à mortier au Parlement de Paris, né en Touraine en ioc Ce magistrat, un des plus fidèles partisans d'Henri III, était d'une probité très-sévère : un conseiller de grand'chambre ayant voulu fiiire juger une seconde fois un procès perdu sur son rapport, il l'en réprimanda' en pleine audience, et lui dit : «Monsieur, souvenez-vous de Poisle; il en cuida perdre la vie ; vous en perdriez l'honneur. » Il termina sa carrière le 19 janvier 1011, regretté comme bon justicier, homme de bien et docte.

2. FoRGET (Pierre), parent du précédent, né auprès de Tours, en 1542. Après avoir exercé l'emploi de secrétaire des finances, il fut nommé par Henri III, en 1577, secrétaire d'État, époque où il fut envoyé ambas sadeur en Espagne. A son retour, après la fin funeste d'Henri III, il ne se vit pas moins bien accueilli par Henri IV, qui eut l'occasion d'employer ses talents dans la rédaction du célèbre édit de Nantes. Il mourut vers la fin de 1610.

3. FoRGET (Pierre), seigneur de Beauvaiset de la Picardière, conseiller du roi en ses conseils d'État et privé, l'un de ses maîtres d'hôtel ordinaires, né à Tours en 15(59. Il est coinm dans la littérature par son ouvras intitulé: les Sentiments universels. C'est un recueil de quatrains moraux, dont voici quelques-uns :

Nul cliez .soi ne doit souffrir Jamais satisfaits nous ne sommes,

Qu'il craigne que les hommes sachent : Quelques biens qu'on ail amassés.

Les maisons nous doivmit couvin-; El la Foruine donne aux iionmies

Il ne faut pas qu'elles nous cachcnl. Souvent trop, et jamais assez.

Ce dernier quatrain est la traduction de la dixième épigramme de Martial : Forlunu tnullis dat nimis, siilis niilli.

Il en est cependant dont la doctrine ne paraîtra pas très-saine en politique ainsi qu'en morale, tels que ceux-^

ci sur l'obéissance passive :

Le seul vouloir du souverain Quand r(tlK'issancc nous guide

Nous est une valable excuse ; Où Dieu seul nous atiiie à soi,

Quoi qu'il veuille, ([ue notre main Alors même le parricide

Exécute ce qu'elle refuse. Kst un parfait acte de foi.

On aime mieux y rencontrer des maximes comme celles qui suivent :

Ne sois plus sage qu'il ne faut, Ce proverbe est fort en pratique.

Et ri-gle la mélancolie ; Uicn qu'il n'y soit pas tout entier,

,l.a sagesse en un point si haut - Que tout riche est un homme inique,

Touche du doigt à la folie. Ou bien qu'il esl son héritier.

A ne les considérer que sous le rapport du style, ces vers ne paraîtront pas tout à fait sans mérite. Inde-

pendiimnient de ces ijuatraiiis, nous avons encore de Foriijct un second recueil, intitulé : Délices de la jioésie française.

Pierre Forgct mourut en 1038, sans laisser d'enfants de Céleste Maillé, son épouse.

4. FoRGF.T (Louis), troisième frère du précédent, conseiller, aumônier du roi, chanoine et cliancelier, en 1620, de l'église de Tours, né dans cette ville en 1578. Il s'est rendu recommandablc par l'exercice de toutes les vertus de son état, et a laissé plusieurs ouvrages qui tous ont pour objet des sujets de dévotion. Mort à Tours au mois d'avril 1658", il fut enterré dans la cathédrale.

FoiiTix (François), religieux de l'ordre de Grandmont, dit le Solitaire inveruif. était né à Tours en 1592. Naturaliste observateur, il se livra à l'étude des mœurs des oiseaux, et a laissé sur ce sujet un ouvra"-e assez curieux, ainsi qu'un traité sur la chasse. Il est mort dans son couvent de Grandmont le 21 juillet 1661.

FouciiEn (l'abbé Paul), secrétaire du duc d'Orléans, censeur royal et membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, naquit à Tours en 1704. Ayant achevé ses études à l'Oratoire en 1718, il vint à Paris avec le projet de s'y livrer à quelques éducations particulières. II fut en effet chargé de celle du jeune chevalier de Chastellux. Quand elle fut terminée, on lui confia celle du duc de h Trémoille. L'attachement de l'élève pour le maître fut tel, que celui-ci ne quitta plus l'hôtel de la Trémoills, où il passa le reste de ses jours. Sonplus important ouvrage est un traité sur la religion des Perses, qui justifia son admission, en 1753, à l'Académie des inscx'iptions. Il mourut ik Paris au mois d'avril 1779, âgé de 75 ans.

1. François (Isaac), sieur de la Girardie, grand-voyer de Touraine, né à Tours en 1666. Ce fut à lui qu'on dut la première carte géographique de la province. Il mourut à Tours à la fin de 1649.

2. François (Simon), lils du précédent, peintre du roi, né à Tours en 1606. Il prit les premières leçons de peinture de Michel et Charles Bobrun, ses compatriotes. Dans un voyage' en Italie qu'il fit pour se former à l'étude des grands maîtres , il rencontra le Guide , alors dans tout l'éclat de sa gloire, et se lia avec lui d'une étroite amitié. Il avait un penchant particulier pour peindre les sujets profanes et voluptueux, tirés de la fable, mais ses amis lui ayant représenté que ses succès dans ce genre n'étaient pas sans danger pour les mœurs, il se consacra tout entier aux ouvrages de dévotion. Ce peintre, peu connu, sst mort à Paris au mois de mai 1680.

Fouqcet (Jean), né à Tours en 1420, a été l'un des peintres les plus célèbres de son temps. Il fut en grande réputation sous Charles VII et Louis XL 11 excellait tellement dans le portrait, qu'on jugea digne d'être placé dans l'église de la Minerve celui, du pape Eugène IV qu'il fit à Rome, n'étant âgé que d'environ vingt et un ans. On lit dans le catalogue des manuscrits du roi : « Louis XI avait pour sa bibliothèque un enlumineur en titre, nommé Jean Fouquct, de Tours, dont l'habileté paraît surtout dans les tableaux historiques des Antiquités de Josèphe. » Ce manuscrit, qu'on voit encore à la bibliothèque du roi, est le seul monument qui nous reste du talent de ce peintre.

1. Frémont (Charles), naquit à Tours en 1620. A l'âge de 18 ans, il entra dans l'ordre de Grandmont, au monastère qui est auprès de Tours, dont il obtint le prieuré en 1655. Il y passa le reste de ses jours, et y mourut en 1689, laissant une chronique de son ordre parmi les manuscrits de Marnioutier.

2. P'rémoxt (Alexandre), abbé et général de l'ordre de Grandmont, frère puîné du précédent, né à Tours en 1612, mort dans l'abbaye de Grandmont, d'une attaque d'apoplexie, le 9 juillet 1687.

1. F11.MÉE (Adam), chevalier, seigneur des Roches-Saint-Quentin et de Genillé, premier médecin du roi, maître des requêtes et garde des sceaux de France, naquit à Tours vers 1416. Médecin et négociateur, il se distingua dans l'une et l'autre profession, et fut en grand crédit auprès de Charles VII, de Louis XI et de Charles Vill. Il mourut en 1494, dans la ville de Lyon, d'où son corps fut rapporté à sa terre des Uoches-Saint-Quentin.

2. Fu.MÉE (Antoine), premier du nom, seigneur de Blandé, né en 1511 aux Roches-Saint-Quentin. Il fut d'abord conseiller au Parlement de 1536 jusqu'en 1565 ; second président au parlement de Rouen; premier président à celui de Bretagne, et enfin conseiller d'Etat sous Henri 111, en 1574. Il passait pour un homme trèshabile et très-savant. L'évêquede Saintes, en réponse à la lettre par laquelle Fumée lui adresse le premier livre de son histoire, lui dit : « ÎS'ous admirons en vous une cstrange vigilance et diligence, que sçavons de- « puis vostre jeunesse avoir esté assiduenient occupée aux premiers estais de judicature, ambassades et « affaires publiques, et néanmoins qu'avis eu le loisir, mesrne parmi tant de troubles, d'avoir autant et plus « Icu de divers livres qu'home pourrait lire, n'ayant d'autre vocation en sa vie. » Le roi Charles IX l'envoya en ambassade en 1668 vers Maximilien 11, pour faire échouer les préparatifs hostiles qui se taisaient contre la France; mais il revint sans avoir réussi. Il mourut à Lyon en 1387. Ce fut lui qui commença la tige des seigneurs de Blandé.

3. Fumée (Adam), quatrième du nom, maître des requêtes. La Croix-du-Maine le désigne ainsi : « Homme « tiès-doctc es langues, poète français, mathématicien, jurisconsulte, orateur, historien et philosophe. » H mourut au Mans en 1575, dans l'abbaye de la Coulure.

4. Fumée (Antoine), deuxième du nom, frère du précédent. 11 débuta dans la magistrature par être conseiller au Parlement. En 1574, il fut pourvud'une charge de maître des requêtes, devint consedler au conseil

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privé dii roi, et enfin chevalier de l'ordre de Saint-Michel. H nous reste île lui trois hiuli-s de jurispi udcnce en latin.

5. FriiÉE (Nicolas), frère du précédent, investi d'abonl de l'abbaye de la Coulure du Mans, le fui ensnilft derévèclié de Beauvais. Il est du polit nombre des prélats qui suivirent constamment le parti (rilcnri IV, cl mourut à Chartres le 25 mars 1592.

G. FcMÉE (Martin], deuxième du nom, sieur deGénillé, en Tourainc, et de Marly-lc-CliAti'l, né en lôM». H lut reçu conseiller au raHemcnl le 15 octobre ir)l>5. Nous avons de lui plusieurs tr.ivaux d'histoire assez importants.

7. FcsiÉE (Jacques), sieur de Bourdeilles, commandeur de Castres, dans l'ordre de Malle, a laissé un li-iiilé .<ur les cérémonies des chevaliers de Malte. '

1 . Gaberot (Louis), avocat an présidial de Tours, né vers la fin du XVF siècle, dans la pctile ville de Bléré sur Cher, dont il fut bailli. 11 est auteur d'une traduction en vers des odes d'Horace.

2. Gabeiiot (Jean), neveu du précédent, né à Bléré vers 1620. il coni|)os;i trois traiiéilies cjui ne l'ureul pas représentées : le Martyr des saints Innocents, Caton et la Mort de César.

i. Gabriel (Jacques et Louis), ces deux frères, architectes à Paris, étaient nés dans le bourg de Saint-Pater vers la fin du XVI* .siècle. Ils furent très-liabiles dans leur art.

2. Gabriel (le père N.), capucin, né à Chinon,au commencement du XVII' siècle, missionnaire très-versé dans les langues de l'Orient. Il fut attaqué du lénesmc à Télischeri, cl succomba à sou mal quatre jours après, le 27 juin 1670. Il a rédigé un traité sur les coutumes des Perses, qui est aussi inipoilant que curieux.

i. Galland (Simon), sieur de la Costc et de Villomer, chanoine, trésorier de l'église de Tours, né dans cette ville en 1525. Il fut l'un des promoteurs du concile assemblé à Tours on 1585.

2. Gallasd (Auguste), neveu du précédent, né à Tours en 1572. Klevé dans la religion réformée, il commença sa carrière par être avocat au Parlement de Paris, où il plaida avec quelque succès; il fut cnsuit(i nommé procureur général du domaine de Navarre, et enfin conseiller d'État, dislinclion que lui valuioul de savants travaux sur l'histoire de France. Ses principaux manuscrits sont : Itecherches et preuves des fiefs, iii-fol., 15 vol. ; Généalogie des illustres maisons d'Europe et de France, in-fol., 8 vol. ; Généalogies des princijxiles familles de Paris, in-fol., 2 vol. On ignore la date de sa mort.

Gassier (Jean), prêtre de la paroisse de Saint-Saturnin, né à Tours en 1C59, combattit les prédications protestantes, sinon avec éloquence, du moins avec une grande facilité d'éloculion. L'éi)oquc de sa mort n'est pas connue.

Gaudin (Jacques), né à Saint-Epain en 1612, chanoine de Notre-Dame de Paris, docteur de la maison do Sorbonne dont il devint bibliothécaire. Une indiscrétion l'arrêta dans le cbcniin de la fortune : ayant été présenté comme lecteur à Richelieu, celui-ci, qui avait l'habitude d'éprouver tous ceux qu'il voulait attacher à son service, feignit un jour de dormir, laissant quelques lettres ouvertes sous les yeux de Grandin, lequel lut surpris à les jiarcourir. Ce jeune homme a trop d'esprit, dit le cardinal en le congédiant : qu'il apprenne à en avoir moins. Cependant d lui fit avoir par la suite un canonicat à Notre-Dame. Gandin mourut à Paris, le 18 juillet 1695, âgé de 83 ans.

1. GAULT(Kuslachc), né à Tours en 1590. Après avoir étudié la philosophie sous Duval et Gamachcs, célèbres profes-seurs de la faculté de Paris, il entra dans la congrégation de l'Oraloiro. Il passait pour un honnnc trèsérudit, surtout comme géographe et chronologuc. Le cai-dinal de Uicliilicn, ([ui connaissait son mérite, le lit nonmier, en 1659, à l'âvêché de Marseille. Mais la mort le surprit chez l'évèqne de Bazas, où il allendail ses bulles, le 13 mars.1639, âgé de 49 ans.

2. Gadlt (le bienheureux Jean-Baptiste), né à Tours, le 29 décembre 1595, frère puîné du précédenl. Il dirigea plusieurs maisons de l'Oratoire, celle qu'il était allé fonder à Madrid et celle qu'il établit à Dijon. Plus lard, choisi pour prêcher la mission en Flandre, il faillit être la victime de son zèle, a.ssailli à coups do bàlon par SCS adversaires , qui le laissèrent pour mort sur la place. Dans foutes les missions apo.sloliques iju'il entreprit, il déploya tant de douceur et de persuasion, que les ministres prolestints eux-mêmes l'écoulaionl avec plaisir. A la mort de son frère Eustacbe, il fut nommé à l'évêché do Marseille. Sa bienfaisance no connaissait point de bornes : étant allé voir un pauvre genldbomme malade, et connaissant son extrême détiosse, il laissa cent ccus d'or sur son lit sans lui en rien dire. Une autre fois, il vendit ses chevaux imur subvenir aux dépenses de sa charité. Le bagne surtout fut le théâtre de ses vertus apostoliques. Il passait dos jours entiers sur le banc des galériens, où même il contracta une maladie contagieuse qui mit un terme à ses jours. Il expira doucement, glorieux de son mal, ainsi qu'il le disait lui-même, le samedi 23 mai 1643, n'ayant occupé le siège que sept mois et demi.

1. CxcriMER (Adrien), docteur en théologie de la faculté et maison de Sorbonne, né à Tours vers 1595, a

fait uii tniiU; en laliii, dans lc«jucl il ét;iblil la comparaison de sainl l'aul cl de saint Marliu. Ou ii^iioi'c la date de sa mort.

*2. Gauthier la Fr.iinrèitF. (Philiitpc), de la congrégation des Barnabites, né à Loches en 1688, s'acquit une grande réputation dans la direction des consciences. Nous avons de lui un ouvrage intitulé : Essai sur la perfection chrétienne, Paris, 1748, in-8. Il est mort à Paris, le 13 décembre 1760.

GENDRON(Louis), carme, docteurde la faculté de Sorbonnc, vicaire-général des Carmélites de Nazareth, près Vannes, né dans le bourg deSonzay, vers 1555.11 fut appelé de son temps le Héau des hérétiques II mourut à Vannes, le 9 février 16()4, après avoir encouru tous les dangers d'une préflication ardente contre les sectaires du protestantisme.

Genduos (Pierre- André), médecin, membre correspondant des sociétéj de médecine de Paris, d'Orléans et de Tours, né à Bucil en 1765. Ayant fait ses cours à Paris, il fut reçu docteur à l'âge de 22 ans, et vint modestement s'établir dans une petite ville du Maine, où il joignit à la pratique de la médecine celle de la chirurgie. En 1802, les directeurs du collège de Vendôme, qui avaient déjà éprouvé sa science, l'attachèrent à leur établissement, où il termina sa carrière en 1814, âgé de 49 ans.

Geoffroy, deuxième du nom, baron de Preuilly, seigneur de la Rochc-Posay, né en Touraine, au château de Preuilly, vers le commencement du XI* siècle. Ce fut lui, dit-on, qui inventa les tournois en France vers l'an 1036. Il fut tué avec plusieurs autres gentilshommes dans une affaire qui eut heu le jeudi saint 15 avril 1067, entre Foulques-le-Bécbin et Geoffroy-le-Barbu.

George d'Esclavonie, autrement Georgius Henricus de Rahin, prêtre du diocèse d'Aquilée. On ignore quel événement l'amena en Touraine, où il fut chanoine et pénitencier de la cathédrale. Sa mort, arrivée à Tours le 13 mai 1416, est sans doute le seul motif qui lui a fait assigner cette province pour patrie. Ses ouvrages, pour la plupart, sont restés manuscrits.

Georget (Eticnne-Joan), médecin, né le 9 avril 1795, à Vernou, près Tours, mort à Paris en avril 1828. Le traitement des maladies mentales a été l'objet constant de ses travaux, et il remporta le prix fondé par M. Esquirol sur celle question : Établir l'existence des altérations cadavériques daius tes aliénés. D'abord élève interne de l'hôpital Saint-Louis, il passa à celui de la Salpêtrière, et montra dans ces diflérentes occasions autant de zèle que d'habileté. Reçu docteur à 24 ans, il pubHa, l'année suivante, son traité sur la folie.

Il est à regretter que la mort l'ait arrêté si jeune (il n'avait que 33 ans), dans une carrière qu'il promettait de parcourir avec tant d'éclat.

Giron (Dom Mathieu), bénédictin, né à Bourgueil vers 1530, Sacristain de l'abbaye de Marmoutier, ce fut lui qui fut chargé de porter à Chartres la sainte ampoulé dont on fit usage au sacre d'Henri IV.

Godereau (Martin), chanoine d'Araboise, né à Noizay vers 1685. Ses parenls étant sans ressources, il commença par garder les troupeaux, puis il entra comme portier dans le séminaire de Tours ; ce qui ne l'empêche pas de faire ses humanités d'une manière très-brillante. Sa philosophie achevée, il fut reçu dans les ordres, et entra dans les Missions étrangères. Nommé interprète du roi pour les langues orientales, il fixa sa résidence à Paris, où il est morl en 1760, sans avoir rien publié comme orientaliste.

GoDON (Sdvain), chanoine de Notre-Dame de Rouen, né à Mezières, en Touraine, vers 1625. A l'âge de 21 ans il avait su, par ses connaissances variées et ses qualités, gagner si bien l'affection l'a vocal-général Bignon que celui-ci le désigna pour son exécuteur testamentaire. Le seul ouvrage que nous ayons de lui est une tr.jduction des quatre livres de lettres d'Auger-Gislen de Busbeck. Il est mort à Paris en 1699.

GoRioN ou GoRioxiDEs (Joseph Beri), écrivain juif. Joseph Scaliger le fait originaire de Touraine. Il a écrit en hébreu une histoire des Juifs qu'il a eu la prétention de faire passer pour un ouvrage du célèbre historien Josèphe. On n'est pas d'accord sur le temps où il a vécu.

GouFFiER (Henri), marquis de Boissy, comte de Maulévricr, seigneur d'Oiron, ne à Sonnay, près Chinon, en 1603. Il se signala par son courage et par son humanité dans différentes expéditions, notamment en Italie, en Allemagne et dans les Pays-Bas. Il mourut sur le champ de bataille, le 24 août 1639.

GouY (Philippe de), né en Touraine, vers le milieu du XVI« siècle. Il défendit la Ligue par son épée et par SCS écrits.

Graslin (Jean-Joseph-Louis), né à Tours en 1627. Il fut nommé receveur-général à Nantes, et c'est à lui que cette ville doit le quartier qui porte son nom. Il est morl à Nantes en 1790, laissant la réputation d'un citoyen recommandable par ses talents, son patriotisme, et sa grande probité, et un excellent ouvrage intitulé : Essay tur la, richesse et sur timpôt.

Grécourt (Jean-Baptiste Villart de), né à Tours au mois de juin 1683. Sa famille étant sans fortune, ce fut M. Villarl, son bcau-IVère, qui réleva.Enl097, il futpourvu d'un canonicat dont un de ses parents, M. Rouillé, se démit en sa faveur; mais peu fait pour la vie cléricale, d'un esprit charmant, d vint à Paris, où il se vil accueilli des meilleures sociétés. Comme versificateur il ne niérite qu'uti rang secondaire; cependant la grâce de ses productions et surtout le talent (ju'il mettait à les lire, lui ont assuré une place honorable parmi les

•388 ;biographie.

(«jt-lcs faciles de son temps. Grécourt s'est peint assez fidèlement dans son petit conle iiililulc : l'Amour et Ut Fortune.

Un solitaire, ennemi de la gène,

El sectatear de toute volupté,

Oui; répétée, après elle n'entraîne

Ni le remords, ni la satiété,

Vivait amtent, sans einbai ras ni crainte.

Avec un livre, un verre et son Aniinle.

Advint un soir qu'il entend un grand bruit, .

(]ros équipage, cl tout le train qui suit

Dame Fortune. Elle-même en personne

Frappe à sa porle, en lui criant : C'est moi.

— C*est vous ? qui, vous ? — Ouvrez, je vous l'ordonne.

il n'en lit rien. — Comment ! dit-elle, quoi !

Vous n'ouvrez pas? Vous refusez un gile

A la Fortune, et ne courez pas vite

I,a recevoir? —Je ne vous connais pas, Hépondil-il. Elle crie, elle gronde, Le tout en vain. — Allez, frappe/, plus bas; Je n'aurais pas à loger tant do monde.

— .\li ! logez-en seulement la moitié.

Il n'en lit rien. — De grince, ayez pitié, Mon cher ami, delà Magniliccnre

Qui se morfond. La Crandeur, l'Opulence. La Dignité, la Gloire, sont ici.

Réduits, liélas! à vous crier merci.

— J'en suis fâché ; mais je ne puis qu'y faire.

— Vous logerez tout au moins le Désir.

— Je ne saurais, répond le solitaire; Je n'ai qu'un lit que je garde au Plaisir.

Celle pièce, un des plus élégants morceaux qui soient sortis de la plume de Grécourt, fait regretter qu'il ne se soit pas plus souvent essayé dans ce genre. Il est mort à Tours, le 2 avril 1743, âgé de 50 ans et 2 mois, et a été inlmmé dans la nef de Saint-Martin.

GnÉGomii (Martin), docteur en niéi|ecine delà faculté de Paris, né à Toursau commcnccmonl du XVl" siècle. C'était un des meilleurs hellénistes de son époque.

Gripo>- (Charles), né à Tours dans le milieu du XVIF siècle. Homme très-savant dans la science de l'arithmétiquc.

Grjget (François), conseiller du roi et référendaire en la chancellerie de France, né à Loches en 1511. Il nous a laissé une description de cette ville et des antiquités du pays.

1. Gt'KiUN (Martin), prêtre, né à Loches, fut surnommé l'ami des pauvres. Il vivait sous les rois Louis XI, Charles YIII et Louis XII.

2. GoÉRis (François)^ né à Loches, en 1681. Professeur au collège de Beauvais, à Paris, il se délassait de l'enscigneinent dans la culture de la poésie latine. Ses productions en ce genre prouvent qu'il était profondément imbu de la lecture des grands maîtres. Il a fait aussi une traduction de Tite-Live, où l'on rcmanjue beaucoup de iidélité. Guérin est mort, à Paris, au collège Beauvais, le 29 mai 1751, âgé de 70 ans.

GoicHARD (Pierre), religieux bénédictin, né à Tours, vers 1580, .est auteur du Guide des Arpenteurs.

GuiLLAïuiE, patriarche de Jérusalem, né en Touraine, vers 1070, solitaire de Fontaines-lcs-Blanches. Voici ce que Pérégrin, l'historien de l'abbaye de Fontaines, rapporte à son sujet : «S'étaiit rendu au saint sépulcre le samedi, jour de la célébration de la Pâques, une lumière céleste vint, aux yeux de tous les assistants, allumer le cierge qu'il tenaifti la main. Le peuple et le clergé, frappés de ce miracle, l'élurent, d'une commune voix, au siège de Jérusalem, dont il gouverna l'église jusqu'en 1J44, époque de sa mort. »

GuiLLEBERT, évêque de Châlons-sur-Marne, né en Touraine, dans le cours du IX* siècle, a rédigé un capitulaire pour l'instruction du clergé et du peuple confiés à ses soins.

1. Guy, lils de Foulques-le-Bon, comte d'Anjou, ne en Touraine, l'an 913. Il fut abbé de Cormery, ensuite évêque de Puy-en-Velay, et jouissait d'une haute réputation de sagesse et de piété. Il est mort en 996, iigé de 83 ans.

2. Guv (Michel), surnommé de Tours, naquit dans celte ville, en 1551. Quoiqu'il exerçât la [)rofession d'avocat, il s'occupa plus delà poésie que du barreau, comme il nous l'apprend lui-même dans les stances qu'il adresse à sou livre :

Dis-lui que, suivant sa voie, ' Le plus souvent je m'emploie

A soutenir au parquet La défense d'un pauvre homme, Que quelque avare consomme Pour moins d'un petit bouquet.

11 avait réuni ses poésies sous ce titre : Soupirs amoureux de Guy de Tours,

GcYART DE Chezer.\ï ( JcHil ), né à Tours, vers le milieu du XVI" siècle, alla exercer au Mans la profession d'avocal, dans laquelle il se lit une grande réputation par son savoir. Vers la lin de ses jours il se relira dans une propriété qu'il avait acquise auprès du bourg de Lucé, où il termina sa carrière ; mais rien n'indique en quelle année.

Gii\-ERT ( Marie ), née à Tours, le 18 octobre 1599. Veuve à l'âge de vingt ans, elle .se sépara d un lils (|uVlli! adorait, pour se consacrer à Dieu, dansrlc couvent des IJrsulines de Tours. Klle est connue sous le noni de MèrfMart' de V lucarnatton . Elle mourut à Québec, en odeur de sainteté, le 50 avril 1672. Nous avons d'ellr

plusieurs ouvrages pleins d'onction et d'une piété douce : VÈcole chrétienne, qu'elle composa à Tours, pour l'instruction des novices; ses lettres, et une exposition du Cantique de? cantiques.

GuYET (Charles), né à Tours, en IGOl. Il professa les belles-lettres pendant cinq ans chez les Jésuites, se consacra ensuite à la prédication, et termina ses jours au lieu de sa naissance, le 30 mai 1664.

IlAnmoN (Jacques), de l'Académie française et de celle des inscriptions et belles-lettres, né à Tours, le 17 octobre 1686. Ses talents, sa modestie et sa probité le firent choisir, par Louis XV, en 1748, pour présider à l'instruction de Mesdames, dont quelques-unes, Madame Adélaïde surtout, répondaient à ses soins par un grand désir de savoir. Il est auteur d'une bonne Histoire universelle, pour laquelle il avait composé des cartes ou tableaux chronologiques si parfaits, que, quoique dépourvus de tout ornement étranger, ils furent portés, à sa vente, jusqu'à 1,550 livres. Jacques Hardion est mort à Versailles, le 18 septembre, dans un âge très-avancé.

Hervé (le Bienheureux), né en Touraine, vers 944. Il se retira, contre le gré de ses parents, dans un monastère. Son père, ayant découvert le lieu de sa retraite, vint l'en arracher de force et le conduisit à la cour de Robert. Le pieux monarque, loin de blâmer ses inclinations, le nomma trésorier de l'église de Sainl- Martin. L'immense fortune dont il jouissait fut employée à des fondations pieuses. A l'âge de 67 ans, il se démit de sa dignité de trésorier, et alla habiter dans une petite île formée par la Loire, où il termina ses jours, vers l'an 1021.

Heurteloup (Nicolas J, premier chirurgien des armées, né à Tours, le 56 novembre 1750. Il étudia d'abord à rilofpice-général de Tours, et prit du service, en 1770, dans la Corse. Mais il était appelé à développer ses talents sur un plus grand théâtre. Après avoir été successivement chirurgien-major à l'hôpital de Toulon, chirurgien consultant des armées du Midi et des côtes en 1792, membre du conseil de santé en 1793, il fut nommé inspecteur-général du service de santé des armées en 1804, et sut, dans ce dernier emploi surtout, s'attirer la reconnaissance de l'Etat pendant les campagnes d'Autriche et de Prusse, par le zèle avec lequel il s'employa à détruire les nombreux abus qui s'étaient glissés dans le service chirurgical. Son exemple n'eut pas une influence moins puissante dans les moments difllciles qui suivent la défaite ou la victoire : « C'est là, dit M. Sédillot, qu'il fallait voir le premier chirurgien des armées signaler son dévoue- « ment sur le champ de bataille, animer par son exemple tous ses collaborateurs, se confondre avec eux pour « agir du conseil et de la main dans les occasions les plus périlleuses ; les étonner autant par son sang-froid « et sa dextérité que par la justesse et la rapidité de son coup d'oeil ; visiter, avec une infatigable activité, les « hôpitaux, ambulants et temporaires, y établir un ordre admirable en y portant les lumières de l'art. » L'armée fit couler, en son honneur, un médaillon qui porte son buste aveb cette inscription : « Heurteloup, « turonensis, exercitum imperator. gallor. chirurg. primarius. » Sur le revers, on lit circula irement : « Les « chirurgiens des armées d'Allemagne. » Et dans le champ : « S. M. a témoigné sa satisfaction de la manière dont la chirurgie a servi, et particulièrement des services du chirurgien en chef Heurteloup. « Plus bas, en forme « d'exergue : XXVIIP bulletin de l'armée. » La croix d'officier de la Légion-d'honneur, le titre de baron de l'empire et une dotation de 5,000 fr., furent les récompenses (Ju'il obtint de son pays. Quoique d'une santé assez robuste et dans la plénitude de ses facultés intellectuelles, une maladie de quatre mois l'enleva, à l'âge de 62 ans, le 27 mars 1812, à sa famille, à ses amis, et à son art qu'il avait porté à un si haut point.

HouDON DES Landes (François-Silvain-Denis), né à Vernou, près Tours, le 16 juin 1754. Après avoir servi dans l'armée pendant la révolution, il obtint de la Convention sa retraite avec le grade de chef de brigade, et vint s'établir dans sa terre d'Usage, près de Chinon, où il consacra tous ses loisirs à l'étude et à la poésie. Son ouvrage capital est un poëme sur la Nature sauvage, qui n'a été public qu'après sa mort. Houdon, né sur les bords de la Loire, n'a pas oublié sa patrie qu'il célèbre dans ces vers :

La Loiie enorgueillit ses anliques cités, Et couronne ses bords (le coicaux enclianlés; Dans ses vallons heureux, sur ses rives aimées Les prés ont déployé leurs robes parfumées; Le saule humide et souple y borde les hameau.x; La vigne sur le saule y lance ses rameaux. Ses coteaux sont peu|ilés, et le rucher docile A rbomme qui le creuse offre un champêtre asile. Ue notre vieille Gaule, ô fleuve paternel ! l'^leuve des doux climats ! la Valliérc et Sorel Sur les bords fortunés naquirent, et la gloire A l'une dut l'amour, à l'autre la vicl(»ire.

Outre ces vers, où l'on remarque à la fois des déliiuts et des qualités, on doit encore à lloudou des Landes VUistoire du dernier siège de Gibraltar.

590 BIOGIIAPHIK.

Il est mort presque subitement, le 28 juin 1807.

Hounnr (Vincent), né à Tours, le 22 janvier -1651, se consacra à la carrière de la prédicatiou. CependanI, au nnlieu de ses travaux, il cultivait les muses latines. Son poëmc sur l'art typographique donne une idée très-avantageuse de ses talents en ce genre. Il est mort i\ Paris, au collège de Louis-le -Grand, le 19 mars 1729, presque centenaire.

Hugues ou Hugo, archidiacre et chanoine de l'église de Tours, nd en Touraine, vivait dans les commencements du XI® siècle. Il a laissé un dialogue entre lui et Fulbert, concernant l'apparition de saint Martin au ti-ésorier Hervé.

HuGDET (Fr.-Armand), comédien, connu sous le prénom d'Armand, né à llichelieu, en 1G99. Il débuta et fut admis, en 1723, à la Comédie-Française, dans l'emploi des valets. Il est auteur de l'Heureux événement, comédie en un acte, qu'il lit en société de Derosée.

Jacquemis (Jean-Bernard\ géomètre du chapitre de Saint-Gâtien, de Tours, né à Amboisc, en 1720. Il a laissé un manuscrit," qui est une théorie complète de l'art du fondeur de cloches, et «lui a pour titre : Essai 3ur la structure, percussion et suspension des cloches. Il est mort à Tours, en 1780, âgé de 66 ans.

Jean, moine de Marmoutier, né vers la fin du XI" siècle, a écrit une histoire de Geol'froy-le-Bel, duc de Normandie, comte de Touraine, d'Anjou et du Maine, que l'on trouve communément à la lin de l'édition de Grégoire de Tours, donnée par Laurent Bochel en 1610. Il vivait encore sous le règne de Louis-le-Jeunc.

Jenson (Nicolas), imprimeur, né en Touraine, dans les premières années du XV siècle, fut envoyé par Louis XI à Mayence, pour découvrir les procédés de l'imprimerie, qui commençait à être connue en Europe. Après environ quatre ans de séjour dans cette ville, Jenson étant parvenu à s'introduire auprès de Faust et de SchoelTer, rapporta en France le dépôt précieux de ses connaissances typographiques ; mais il n'y trouva pas les encouragements sur lesquels il avait dû compter, et il alla enrichir l'Italie de sa découverte et de son industrie. Les éditions, très-rares et très-précieuses, que nous avons de lui s'arrêtent en 1482, ce qui fait présumer qu'il est mort dans la même année.

1. La lÎAniiE (Jean de^ baron de Veretz, comte d'Étampcs, premier gentilhomme de la chambre du roi Charles VIII, et prévôt de Paris, .né en Touraine, en 1480. Ce fut lui qui lit construire l'ancien château de Veretz.

2. La Barbe (Jean-Baptiste de), delà compagnie de Jésus, né à Chinon, en 1608, passa pour un des meilleurs prédicateurs de sou ordre. Il fut appelé à Paris pour être directeur de la maison professe, où il est mort en 1681.

3. La Barre (César-Alexis-Cliichereau, clievalier de), né à Langeais, vers 1630, fut capitaine au régiment royal. Au mihcu du tumulte des armes, il publia un recueil de fables, où on trouve de l'aisance et de l'esprit. Le chevalier de La Barre vivait encore dans les premières années du XVIIP siècle.

Laiiore (Jacques), minime, procureur-général de son ordre et docteur en théologie, né en Touraine, au commencement du XVIF siècle. Il composa à Home son Horace chrétien, ouvrage auquel ce titre convient peu, puisque la seule imitation qu'il renferme du poêle latin est celle-ci :

Non semper seritur ; grainiiia coUigit Opporiuna suo tcmpore qui niclil :

Non semper glacios lluinina corripit;

Veris lemporibus flunnl.

Non Uellona ferox glassica pcrsonat, * ''. ' ~

Mec striiigil gladii semper acumina; Succcduiu viriili fœdera laurea^

Armorum cl strepilus périt.

Ladore se noya en passant l'eau à Joigny, on ne sait pas précisément en quelle année.

La Force (François de), né à Tours, vers la fin du XVI" siècle, avocat au présidial de cette ville, a fait un bon commentaire sur la coutume de Touraine.

La Ik'ÉTERiE (Charles de), secrétaire de Charles de Bourbon, premier du nom, duc de Vendôme, né à Am- Iwiise vers la lin du XV' siècle. La part qu'il prit dans la querelle de Sagon et de Marot lui donna dans le temps plus de renom (juc ses propres vers. On ignore l'année de sa mort.

Laillier (Jaajucs), né à Monlrichard, dans le XV siècle, eut, parmi ses contemporains, la réputation d'ini grand astrologue.

BlOGRx\PHlE. 594

Lamarre (Martin de) , ni dans le Broliémont, on 1G67, lui en même temps cliiriirçicn et poëte distingué. Il est mort à Tours on 1742.

Lambert (Michel), musicien, né à Cliampigny-sur-Veude, en 16H, acquit une grande supériorité dans son art, et savait unir aux agréments naturels de la voix, les avantages de la méthode et le charme de l'expression. Il fui un des maîtres de la chapelle du roi et on peut juger de la célébrité dont il jouissait par ces vers de la troisième satire de Boileau :

Molière avec Tartuffe y doit jouer son rôle, Et Lambert, qui plus est, m'a donné sa parole. C'est tout dire en un mot, et vous le connaissez. — Quoil Lambert?— Oui, Lambert. — A demain, c'est assez.

Il est mort à Paris, le 27 juin d696, et cul sa sépulture dans l'église de Sîint-hoch.

Lamblardie (Jacques-Élie), né à Loches, en 1747, inspecteur-général, directeur de l'Ecole des ponts et chaussées, el professeur à l'Ecofe polytechnique. Des ses premiers pas dans la science, il se distingua par des observations neuves et profondes sur l'établissement et la direction des jetées dans les ports sujets aux alluvions. Le mémoire qu'il publia à ce propos lui mérita la confiance du gouvernement, qui lui donna, en 1794, un plus haut poste dans la direction des ponts et chaussées, après la mort de Perronet son protecteur et son ami. C'est à ce génie inventeur que l'on est redevable de l'écluse de Dieppe. Les nombreux travaux de Lamblardie avaient épuisé ses forces. Il mourut, le 6 frimaire an VI (26 novembre 1797), aussi recomniandablc par l'étendue de ses connaissances que par sa haute probité.

Landais (Pierre), né à Tours, d'un chaussetier, suivant Nicole Gilles, fut trésorier principal, ministre et favori au duc de Bretagne, François II. Loin de se faire pardonner sa basse extraction par h's vertus qui convenaient au poste où il était parvenu, il crut s'élever au-dessus des grands en allichant envers eux l'insulte et le mépris. Il ne manquait cependant ni de talent ni d'habileté, et il en donna des preuves dans le projet qu'il conçut de faire restituer la couronne d'Angleterre à Henri de Richemont ; mais, peu de temps après, il eut la lâcheté de se vendre au /éroce Richard III, pour lui livrer le même prince, et devint l'objet de l'exécration générale.

Landais, au plus haut degré de sa faveur, fit arrêter le chancelier Chauvin en 14&4. Toutefois, comme c'était l'un des hommes les plus vertueux de la Bretagne, et par conséquent l'un de ceux dont il eut le plus à redouter la probité sévère, n'osant pas s'exposer aux hasards d'une procédure, il trouva plus sûr et plus expéditif de le faire périr en prison, où il mourut, dit-on, de faim. IjOS gardiens du chancelier, de leur côté, craignant qu'on ne les accusât de l'avoir assassiné, exposèrent son corps aux regards du peuple que ce spectacle révolta. Les Bretons indignés formèrent le projet d'enlever le favori, mais leur plan échoua, et un grand nombre de gentilshommes et d'officiers furent livrés au bourreau. Cependant la Bretagne était menacée d'une guerre civile ; déjà les armées étaient en présence el sur le point d'en venir aux mains, lorsque leurs chefs se rapprochèrent, et jurèrent mutuellement la perte du ministre-tyran. Le duc étant alors à Nantes avec son favori, le peuple de cette ville se porta en foule au palais, demandant à grands cris qu'on lui livrât l'ennemi commun. En vain le vicomte de Narbonne cssaya-t-il de calmer la multitude, il ne s'en tira lui-même qu'avec beaucoup de peine.

A la sollicitation du peuple, le chancelier Chrétien vint demander de permettre qu'on arrêtât Landais, et qu'on lui fit son procès. François s'en défendit d'abord : i Comment, chancelier ! dit -il, pourquoi veut donc mon peuple que le preniez? Quel mal a-l-il fait? » Mais enfin, il céda à la nécessité et le livra lui-même en faisant promettre au chancelier q-u'i/ ne lui serait fait que justice ; c\lti lui fui faite elleclivenient. Son procès instruit, il fut condamné à être pendu, et exécuté le 19 juillet 1485.

Langlois (Pierre), sieur de Balestat, né en Touraine, près Loudun, vers 1550. Il a fait un discours sur les hiéroglyphes égyptiens.

I. La Noue (Martin de), professeur d'arithmétique en l'université d'Angers, né à Tours en 1626 ; — mort à Angers en 1696. Il est auteur d'un livre intitulé : ÏArt de Vérifier.

II. La Node (Stanislas -Louis-Véro de), comte de Vair, né au château de Nazelles, auprès de Chinon, en 1729, fut l'un des capitaines les plus distingués du règne de Louis XV. Il était de la même famille que le fameux La Noue, surnommé Bras-de-Fer, il fut tué dans une affaire qui eut lieu à Saxen-llausen, en 1760.

LaReberterie (Jean de), avocat au Parlement et professeurde droit aux écoles de Paris, néà Loches, enl517 étudia à Bourges, sous le célèbre jurisconsulte François le Douarin. Il est mort vers 1590.

Li Salle (Antoine de), né à Tours, vers le commencement du XV siècle. Il fut secrétaire de Jean d'Anjou, duc de Calabre et de Lorraine, et composa un livre intitulé : la Salade. On estime qu'il vivait encore en

La Sauvagère (Félix-François-le-Royer de), des académies de Munich, de Ilesse-Cassel, d'Angers, né en Touraine, le 5 octobre 1707, parvint au grade de colonel dans le génie militaire. Retiré du service, il se livra tout entier à l'étude des anticpiités, où, à côté de graves erreurs, il montra souvent de la sagacité. Il est mort

dans sa terre des Places, commune de Savigny en Véron, le 20 mars 1781, àgr de 74 ans. Il avait, dil-on, pi*6parc une Histoire de la Touraine dont le manuscrit a été perdu.

L.\ssERÉ (Louis), chanoine et gi-anger de l'église de Saint-Martin de Tours, né en cette ville vers 1480. Sa piélé et sa bienfaisance le firent choisir pour occuper la 'cure de Saint-Benoît de Paris. Il a laissé plusieurs ouvrages ascétiques et biographiques, et est mort le 6 septembre 15^40.

Lateron (Mathieu), imprimeur, est le premier et le seul qui ait imprimé à Tours dans le XV» siècle.

1. Le Bl.xnc (Pierre de la Beaume), né vers l'an 1575, servit avec distinction sous Charles VU, en 1429; il commandait l'avant-garde lors de la prise de Saint-Pierrc-lc-Môutier, cl entra le premier dans cette place avec la Pucellc d'Orléans. On ignore en quel temps il mourut.

â. Le Blanc (François de la Beaume), seigneur de la Vallicre, chevalier de Malte, de la même famille que le précédent, né au château de la Vallière en 1G09. Sa réputation militaire fut précoce : à vingt-six ans il était déjà maréchal de bataille, et Louis XIV venait de le nonmier général des années, lorsqu'il l'ut tué, en 1644, au siège de Lérida. Il a laissé des Maximes de la guerre, que sa famille publia sous son nom après sa mort.

5. Le Blanc (Gilles de la Beaume), abbé delà Vallière, frère du précédent. 11 naquit en 1016 au château de la Vallière, et était l'oncle de la duchesse de ce nom. Il avait obtenu l'évèché de Nantes, dont il se démit en 1677, trois ans après la retraite de sa nièce, et mourut à Tulle, le 10 juin 1709, avec la réputation d'un prélat non moins rccommandablc par son savoir que par ses vertus.

4. Le Blanc (Françoise-Louise de la Beaume), duchesse de la Vallière, né à Tours, et non, comme on l'a dit, à Aniboise, au mois d'août 1645. Tout le mon<lc connaît l'histoire de celte célèbre favorite, aussi intéressante par ses amours que par les qualités qui brillaient en elle, et qui doivent la distinguer des autres maîtresses de Louis XIV. Après sa disgrâce, le 2 juin 1674, elle entra au couvent des Carmélites de Paris, où eliç mourut le 6 juin 1710, âgé de 65 ans et 10 mois.

1 . Le BiiETON ou BuiTo, né à Aniboise vers la fin du XF siècle, est un des premiers qui aient écrit l'histoire des ducs d'Anjou et des seigneurs d'Amboise. Il vivait encore en 1520.

2. Le BiiETON (Jean), seigneur de Villandry, secrétaire de François I'^"', a écrit des mémoires sur le règne de ce prince. Il est mort en 1556.

5. Le BiiETON (Hector), maître d'hôtcF de Louis XIII cl roi d'armes de France, né dans la commune de Nouille, en 1583. Il s'adonna à la science héraldique, sur laquelle il a écrit plusieurs livres. Il est mort vers 1652.

LeClerc de Boisrideac (Jean), prolonoiaire dusaint-siége, chanoine et grand archidiacre de l'église de Tours, né dans cette ville en 1010. Il a fait imprimer l'Histoire de Tobie, 1644, in-8. Nous avons encore de lui une Histoire des archevêques de Tours.

Il est mort en cette ville le 16 mars 1692, cl a été inhumé dans la cathédrale. ,

Le Goustellier (François), seigneur d'Aiizouer, conseiller du roi et de la reine Kléonore d'Autriche, lieutenant général au bailliage de Tours, né dans celte ville en 1507, était, selon la Croix-du-Mainc, un très-savanl architecte. Il vivait encore en 1575.

Le Jlste (Jean et Juste), sculpteurs. Ces deux frères, nés à Tours, un peu après le milieu du XV^ siècle,' •travaillèrent, sous François I", à décorer le château de Fontainebleau. Jean, le plus habile, exécuta en outre le tombeau de Louis XII et d'Anne de Bretagne, que l'on voit à Saint-Denis au côté gauche du chœur ; mais on hésite à décider si ce beau monument, tout en marbre blanc, est dû en totalité à la même main. Bien n'inilique précisément en quel temps sont morts ces deux frères; mais d'après les registres de la chambre des comptes, on serait fondé à croire qu'ils n'existaient plus eu 1540.

Lesiaire (Jacques), né à Ainboise, au commencement du XVP siècle, était très-savant dans les langues et surtout comme helléniste. Il est mort à Paris vers 1580.

1. Lemaistre (Martin), docteur en théologie de la faculté de Paris, au collège de Navarre, aumônier cl confesseur du roi Louis XI, naquit à Tours en 1452. Il avait la réputation d'être très-versé dans la connaissance et l'interprétation de l'Écriture sainte, et n'était pas moins recommandable par sa piété. C'est le premier auteur de Touraine dont les écrits aient été imprimés dans le XV** siècle. Il mourut à Gléry au mois de juillet 1482, et fut enterré dans l'église collégiale de Notre-Dame, dont Louis XI venait de le nommer chanoine.

2. Lemaistre (Gilles), né à Tours en 1499. Orateur distingué dans la profession d'avocat, il mérita d'être nommé en 1540, par François P"", son avocat-général au Parlement de Paris. Les services qu'il rendit à l'Ktat dans ce poste émincnl, engagèrent Henri II à l'élever, en 1550, à la dignité de président à mortier, et enfin à celle (\ê premier président en 1551. Ses œuvres de jurisprudence ont été imprimées à Paris en 1653 et 1075. in-4. Il mourut le 5 décembre 1562.

5. Le>iai>tre (Jean\ neveu du précédent, président à mortier au Parlement de Paris. Son éloquence et son savoir le firent rechercher par la Ligue, dont il suivit le parti, autant du moins que sa droiture de magistrat et son intégrité de citoyen le lui permirent : car, lorsque le cardinal de Pellevé proposa l'ndoplion et la publication du concile «le Trente sans réserve ni modification, l'afl'aire ayant été renvoyée à Lemaistre, celuici fil un rapport tout opposé aux intentions du légat, après quoi ayant convoqué le Parlement, y proposa cl fit

BIOGRAPHIK 595

rendre, le 28 juin 1593, cet arrêt célèbre qui, en maintenant la loi salique, tléclare nulle l'élection de tout prince étranger comme contraire aux principes de la monarchie française. Ou peut voir cet arrêt dans le troisième volume de la Satire Ménippée. Jean Leraaistre mourut le 22 février 1601, âge de 80 ans.

Le Roy (Julien), horloger, né à Tours, acquit en fort peu d'années la réputation d'un ouvrier aussi intelligent qu'habile. En 1715, à l'âge de vingt-sept ans, il fut reçu maître horloger à Paris. Cet art avant lui n'avait • fait en France que de très-faibles progrès, et tous les ouvrages un peu finis se tiraient de l'Angleterre. Le Hoy ne tarda pas à conquérir sur nos voisins d'outre-nier cette branche d'industrie, ce qui fit plus tard dire à Voltaire, en recevant le fils de ce mécanicien : « Le maréchal de Saxe et votre père ont battu les Anglais. » Il mourut le 20 septembre 1755. Un journaliste a dit de lui : « Tel fut cet homi/ie célèbre auquel il sembla avoir été donné d'enchaîner le temps et de forcer la matière à représenter, dans la dernière précision, la route très -rapide de nos années. »

Le Teli.ieu (Jean-Baptiste), né à Tours, exerçait en celte ville la profession de fabricant d'étoffes de soie dans le courant du XVI" siècle. Il a écrit un mémoire très-recberché sur l'établissement des mûriers.

Lopin (Doni Jacques), bénédictin, né à Tours en 1654, mérita, par son érudition et sa profonde connaissance de la langue grecque, d'être associé au célèbre Montfaucon et à D. Pouget pour la collection qu'ils publièrent sous le titre tVAnaUcIn. grœca, et qui parut en 1688, 1 vol. in-4. Une fluxion de poitrine l'enleva à Paris le 29 décembre 1695.

Machicourt (Pierre de), né à Ghàteau-Regnault, au commencoment <lu XVI» .siècle, fut tout à la fois musicien et premier chantre de la cathédrale de Tours.

Macicault (Piefre), ne à Saint-Christophe, est connu par tin Discours funèbre sur le décès de mcssire Jeroi de Bellièvre, premkr présideHt de Grenoble.

1. Mau.lé (Jacquelin de), baron de Maillé, né au château de ce nom, en 1088, se rendit célèbre par sa bravoure dans les guerres des comtes d'Anjou contre Henri I*"", roi d'Angleterre.

2. Mau,i,é (Jacquelin de), deuxième du nom, né au château de Maillé, vers l'an 1150, entra dans l'ordre des Templiers, et alla servir en terre sainte. Il mourut, ayant fait des prodiges de valeur, dans l'engagement (|ui eut lieu, en 1187. sur les bords du lac de Genezareth, entre un corps de plus de sept mille musulmans et une petite troupe de cinq cents chevaliers chrétiens, commandés par Gérard deBedfcrt. Jacquelin de Maillé s'était acquis un tel renom d'intrépidité, qge ses ennemis, le voyant mort, se livrèrent à des ti'ansports de joie, et recueillirent superstitieusement la poussière teinte de son sang, pour la répandre sur leur tète et sur leurs habits, persuadés qu'elle devait leur communiquer une portion de la valeur étonnante (lont ils avaient été témoins.

3. Maillé (la bienheureuse Jeanne-Marie de), née au château de Saint Qucnlin-dcs-Prés, à deux lieues de Loches, le 14 avril 1551. (lélèbre par sa piété et par les soins qu'elle prodigua aux malades, elle fit surtout preuve de zèle dans les hôpitaux ; il n'y avait pas de maladie si rebutante, de plaie si hideuse, qu'elle ne voulût soulager et panser de ses propres mains. Marie ne quitta jamais le cilice; elle portait eu outre une ceinture de fer armée de pointes qui lui entraient si profondément dans la chair, qu'elle en était tout eu sang. Malgré ces austérités, elle parcourut une longue carrière, et mourut le 28 mars 1413, âgée de 82 ans. Elle fut ensevelie en habit de Sainte-Claire, et son corps fut porté le lundi suivant, 5 avril, parles Cordclicrs de Tours dans leur église, oîi on l'enterra au pied du grand autel.

4. Maillé (Simon de), né en 1515 ^*^ château de Boizay, fut archevêque de Tours, en 1554, et accompagna le cardinal de Lorraine au concile de Trente en- 15(52; les dis; ours latins qu'il prononça dans cette célèbre assemblée, le liront regarder comme l'un des plus éloquents prélats de l'époque. S'étant retiré dans son château de Boizay, il y myurut le 11 janvier 1557.

Marolles (Claude de), seigneur de la Ronchère-Dubreuil, de Noisay, né au château de Marollos en 15()4. Sa bravoure le fil. parvenir successivement aux emplois de gentilhomme ordinaire du roi, de lieutenantcolonel des Cent-Suisses et de maréchal de camp. Ce qui le rendit surtout célèbre, ce fut le combat singulier qu'il soutint contre Jean de l'Ile-Morivaut, où celui-ci fut tué d'un coup de lance dont le fer et le tronçon lui entrèrent dans l'œil. Marolles mourut dans son lit le 8 décembre 1C33, après s'être rattaché au parti d'Henri IV, qu'il servit de son épée de la manière la plus brillante.

2. Marolles (Michel de), fils du précédent, né au château de Marolles, le 22 juillet 1600. L'amour de l'étude fut chez lui une passion que l'âge ne ralentit pas, et l'érudition qu'il s'était acquise, bien dirigée, l'eût porté aux travaux les plus justement admirés: malheureusement, il ambitionna plutôt le renom d'auteur volumineux que d'écrivain correct, et ses nombreux ouvrages, compilations trop serviles, sont aujourd'hui pour la jdupart condamnés à l'oubli. Cependant son plus ardent désir eût été d'atteindre à la célébrité dans les lettres, s'il faut e% croire cette citation empruntée à ses mémoires : « J'ai fort aimé la gloire, et il nv avait aucune chose possible au monde que je n'eusse entreprise pour la mériter.» 11 mourut à Paris.

59 i BIOGRAPHIE.

le 6 mars 1G81, après avoir puHié plus de soixante volumes, dont huit seulement ne sont pas des Iraductions.

1. Mauteau ( Martin \ carme, du nom de Saint-Cruion, né à Villebour?;, le 27 janvier 1G05. D'après le litre qu'il prend de prédicateur carme tourangeau, il paraît qu'il se consacra particulièrement à l'éloquence de la chaire. Il a composé : le Paradis délicieuoD de la Touraiue, et est mort subitement, le 11 juillet 16G6, dans le grand couvent des Carmes de la place Slauberl, à Paris. Il était alors sous-prieur du couvent de ISIelun.

2. Marteau (Jean , avo('at au Parlement, né à Tours, en 1610. Il quitta le barreau pour suivre l'état ecclésiastique, et publia une philosophie morale et un poëme latin en l'honneur du célèbre Mathieu Mole. Il mourut en 1GG2

Martig.ny (Alcx.-Louis-Marie-Joseph-Ouvrard de\ né au chilteau de Nazelles, en 1724. R.>liré à la campagne, il occupa ses loisirs par la culture de la poésie , inséra dans les journaiiv du temps une espèce d'épîlre au Roy, qui fit quclipie bruit, et mourut à sa terre de iSlizelles, le 17 septembre 1785, âgé de 01 ans.

1. Martin (Tierrc), médecin, né à Cliinon, vers la fin du XVP siècle, exerça habilement s.i profession à Saumur.

2. Martin- ( dom Claude), reUgieux de la congrégation de Saint-Maur, né à Tours, le 2 avril 1019. Abandonné, à l'âge de douze ans, par sa mère qui se fit religieuse, il tenta 'd'entrer dans la compagnie de Jésus ; mais le supérieur lui observa qu'il ne pouvait être reçu parce qu'il annonçait des symptômes de surdité, et qu'en outre il n'avait pas sullisamment d'esprit pour être jésuile. Cependant, par la suite, il montra assez de mérite pour se faire nommer successivement supérieur des Blancs-Manteaux, de Paris, prieur de Saint- Germain-des- Prés, de Saint-Denis, de Marmoutier, et plusieurs fois assislant. Il allait être élevé au grade de général de l'ordre, lorsque la cour fit signifier son exclusion au chapitre général qu'il présidait, en 1087. Dom Martin reçut cette défaveur non méritée avec toute la résignation et toute l'humilité chrétienn:^. Ce fut le même sentiment, joint à ses infirmités, qui lui fit solliciter et obtenir sa déposition du prieuré de Marmoutier, où il continua à vivre eu simple religieux jusqu'à sa mort arrivée le 9 août 1090.

Masi.ard (Jean), maître écrivain, à Tours, où il est né, au commencement du'XVIP siècle, était trèsinstruit dans les mathématiques. Il mourut en 1079.

Maximin (saint), né en Touraiue, dans le III" siècle, fut élu évéque de Trêves, et mourut le 24 mai, l'an 549.

Mesard ( Pierre \ seigneur d'Izernay et des Grands-Champs, avocat au Parlement de Paris, né à Tours, en 1626. L'un des hommes les plus érudits de son temps, il ne possédait pas seulement les langues grecque, latine, italienne, espagnole, et allemande, mais encore les mathématiques et l'histoire ; il joignait même à cela une grande habileté dans les affaires, qui lui fit confier la direction de celles des maisons d'Aiguillon, d(! Bassompierre, etc. Après avoir paru avec éclat au barreau de Paris, l'amour de l'étude le détermina à se retirer à Tours, dont il fut nomma maire, et où il est mort, en 1701. •

1. Menou (Pierre ou Pcrrinet de), seigneur de Boussay et de la Forge, naquit en Touraiue, au château de Boussay, vers 1570. Le grand renom qu'il s'était fait dans les armes, sous le règne de Charles Vl, le fil élever au grade de grand-amiral de France. André Duchesne rapporte que l'on conserve précicusemeni, dans les archives du château de Boussay, une vieille vitre où l'on voit les armes de ce seigneur, au bas desquelles est écrit : « Armes de Pierre Menou, admirai de France, et de dame Marguerite de Brosse, sa compagne et « épouse. » ■

2. Meno'/ (René de), chevalier, seigneur de Charnisay, ccuyer de l'écurie du roi, était l'un des plus brillants cavaliers de son temps. Choisi pour être gouverneur des deux enfants du duc de Nevers, il contribua à répandre la méthode de Pluvinel, qui le premier établit en France «ne académie d'équitalion. Il était né vers 1577. L'époque de sa mort n'est pas connue.

5. Menou (Louis de), né en 1050, au château de la Bourdiilière, commune de Genillé. Fiant (h venu veuf à l'âge de trente ans, «le militaire qu'il était il se fit ecclésiastique, et fonda, dans sa commune, en prieuré perpétuel, une communauté des filles de l'ordre deCîteaux. Ce monastère, où il admit, comme religieuses, toutes ees sœurs et ses nièces, qui étaient au nombre de vingt-quatre, reçut des lettres (te confirmation sous le nom de Notrc-D..mc-de--la- Bourdiilière, et fut érigé sur le pied de ceux de fondation royale. Conîme on le voit, la famille de Menou, s'il elle était ancienne n'était pas moins nombreuse ; et l'anecdote suivante en fournit une nouvelle preuve : Un ^'enou ayant sollicité successivement trois bénéfices pour trois de ses parents, le ministre lui répondait avec humeur qu'il n'entendait parler que de cette famille, et que tous les bénéfices du royaume suffiraient à peine pour elle. « Le roi s'osl-il pi liiit, dit le solliciteur, que trentc-iieux « militaires de mon nom aient été tués à son service à la bataille de Malplsqutt ? » Louis de Menou mourut vers h fin du XVII* siècle.

4. Menou (Jacques-François, baron de), né à Boussay, en 1751, de la même famille (|ue les précédents. Maréchal de camp à l'âge de trente ans, il fut nommé, en 1789, l'un des quatre députés de la noblesse que la Touraiue fournil aux états généraux, et fut l'un de ceux, parmi .son ordre, qui étaient, le plus disposés en faveur des idées libérales Après la journée du 10 août, il vint commandera l'armée de l'Oue.st dans .«on

BIOGRAPHIE. o9d

grade de général tic division; puis, ayaiiL passé au commandement de rariuée de l'intérieur, il l'ut dénoncé coirime prévenu d'inlelligence avec la section Lepellelier, traduit à la commission chargée de le juger, mais solennellement acquitté. Plus tard, dans l'expédition d'Egypte, il commanda la gauche qui investissait Alexandrie, et reçut, devant cette place, sept hlessures. Il était gouverneur de Roselte quand il épousa une musulmane, qu'il ramena en France lors de l'évacuation, après la mort du général Kléber, auquel il avait succédé dans le commandement do l'armée, et dejiuis ce temps, ses opérations ayant été approuvées par le premier consul, il se consacra à la carrière administrative. Il est mort à Venise,%lont il était gouverneur, le 13 août

Mesme (Laurent), né à Chinon, en 1594. Plus connu sous le nom de Mathurin Neuré, il s'est acquis une grande réputation dans la science des mathématiques, l'ut l'un des adversaires de Descartes, et l'ami du célèbre Gassendi. Sa polémique avec les savants de son temps le fit connaître davantage que ses ouvrages scientifiques. Il est mort en 167G.

Mettrav ( Pierre de ), célèbre docteur en théologie, né en ïouraiiie, dans les premières années du XVI" siècle, fut curé de la paroisse de Saint-Benoit de Paris.

Mecsnieii de la Place ( Jean-Baplisle-Marie-Claude ], né à Tours, le 19 juin 1754. Ses premières études lurent dirigées vers les sciences exactes. Entré dans le génie militaire, oîi il se di.stiiigna de bonne heure, le gouvernemeni, malgré sa jeunesse, l'employa aux travaux du port de Cherbourg. En 1784, il fut reçu membre de l'Académie des sciences, et il parait que c'est à lui que nous devons les [ircmiers procédés de h télégraphie. Il était déjà lieutenant-colonel du génie à l'époque de la révolution. Ses talents le firent parvenir rapidement au grade de général de division dans son arme. En 1792, il faisiit partie, en cette qualité, de l'armée du Rhin. Après plusieurs actions d'éclat, entre autres la défense intrépide du fort de Kœnigstein, on lui confia celle de Cassel, qu'il dirigea avec son habileté et son courage accoutumés; mais l'ennemi ayant tenté une attaque sur l'ile de Saint-Pierre, nu milieu du Rhin, il eut la cuisse emportée par un boulet de canon, et mourut le 13 juin 1793.

Michel (Guillaume), dit de Tours, poète et traducteur, écrivain Irès-lécond, dont les ouvrages n'ont guère survécu au siècle qui les a publiés. Le lieu et la date de sa naissance, ainsi que l'année de sa mort, ne sont a])préciés que par des conjectures. Ce qu'on peut assurer, c'est qu'il écrivit ssus le règne de François P""; et il est probable qu'il est né à Ghàlillon-sur-Indre, sur les confins de la Tourainc et du Berry.

MiLON de Mesme (Alexandre), seigneur de Varenne, docteur de Sorbonne, évèque de Valence, né à Tours, en 1688. Ce prélat se distingua par un très-beau mandement du 8 janvier 1757, sur l'assassinat de Louis XV, par Damions II est mort en 1772.

MoNDioN (Jacques de), curé de la paroisse de Sache, en Touraine, où il est né. vers 1580, était un prédicateur très-cloqucnt, renommé surtout par les conversions qu'il entraîna.

MoNSNYEK (Raoul), docteur de Sorbonne, chanoine de Saint-îlarlin de Tours, né en Touraine, vei'S le commencement du XVIl^ siècle. Il écrivit l'histoire de saint Martin, qu'il termina en 1605. L'impi-ession en était commencée lorsque les prévôts de cette église, qui ne s'y. voyaient pas traités assez favorablement, eurent le crédit de faire suspendre cette impression, qui s'arrêta à la page 207. Ces feuilles ont été conservées sous ce Ulre : Historia cekbris ecclesiœ sancti Martini turonensis aulore Radulpko Monmyer, doctore theologo sorbonico et canonico ejusdem ecclesiœ ( Turonibus, Flo%seau, 1666^.

MoBEAu (Pierre), çn latin Morellus, né à Loches, dans le commencement du XV siècle. Très savant dans les- langues gi'ccque et latine. François Feu-Ardent dit de lui qu'il avait autant de probité que desavoir. La date de sa mort n'est pas plus connue que celle de sa naissance.

Morillon (dom Julien-Gàticn de), religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, né à Tours, en 1631. Un goût très -prononcé le porta vers la poésie française, et il y acquit une si grande facilité, qu'il improvisait soixante vers d'une haleine. Il mourut à Reims le 14 janvier 1694, âgé de 63 ans.

MoBNAC (Antoine), né en 1554, en Touraine, à quelques lienesde Palluau. L'un des plus distingués jurisconsultes de son siècle, il plaida avec beaucoup d'éclat, en 1593, aux grands jours d'Auvergne qui avaient été assemblés à Clermont. Au talent de l'éloquence il joignait un goût très-vif pour la poésie latine. Il mourut à Paris en 1619, après avoir honoré le barreau pendant quarante ans.

1. MoTERON (Hené) né à Tours, peintre de paysages, floris.'-ait vers la fin du XV siècle.

2. MoTEuoN (Etienne), religieux feuillant, né à Toui's et connu en religion sous le nom de frère Etienne de Saint-Jean. Ce solitaire consacra tous ses loisirs à l'art de la tapisserie qu'il porta au plus haut degré de perfection. Ses ouvrages, oii il entremêlait avec un charme incomparable les fils d'or et de soie aux plumes de divers oiseaux, imitaient les tableaux les plus frais, et étaient des chefs-d'œuvre en ce genre. Malheureusement on n'a conservé aucune de ces merveilleuses trames.

Nkomaye (sainte), noc on Touraine, sur les confins du Louiunois, issue de l'oncienne (aniilledeBcauçay, qu

l'a lie tout lemps reconnue pour sa patronne. Malgré l'éclat de sa naissance, son humilité la porta à garder les troupeaux de son père, condition qui favorisait son inclination pour la prière et la méditation. Elle mourut au lieu de sa naissance, et fut enterrée dans l'église paroissiale qui i)orle aujourd'hui son nom. Sa léte se célèhrc le 14 janvier.

Nl'Blé (Louis), avocat, né à Aniboisc, au mois de janvier 1004. Ménage, dans ses Jtiris civilis Amwnitates, loue sa vaste érudition ; et Adrien de Valois ajoute cet éloge gracieux*: o qu'il n'est pas seulement savant, mais ( héri des savants, » Il mourut à Parii, le 14 juillet. Agé de plus de 82 ans.

OuKsruxc DE LA MEstHixiKHii (Louis), ué à Ghinon en 1597. Ciianoine de la cathédrale de Rennes, il y exerça en outre la charge d'official métropolitain de Bretagne, et fut nommé agent du clergé de France, par l'assemblée générale de la province ecclésiastique tenue à Tours au mois de mai 1030. Mais, quoiqu'il eût réuni les trois quarts des suflrages, l'archevêque de Tours, de son autorité privée, reçut le serment de son concurrent Çernard de Sariac. Odespung réclama contre celte violation de droit dans une brochure in-S", imprimée à Tours. 11 publia ensuite plusieurs recueils des actes et mémoires des assemblées du clergé tenues depuis 1058 jusqu'en 1051, et termina ses travaux en réunissant tous les conciles français depuis celui de Trente, recueil q^iii parut à Paris, in-fol., 1040. La date de sa mort est restée inconnue.

Odon (saint), abbé de Cluny, né en Tourainc en 879. Aux vertus de son état, il joignait des talents émiuents comme orateur, historien, théologien et môme comme poêle. Il rendit l'abbaye qu'il dirigeait si célèbre, qu'il en fit une congrégation particulière d'où sortirent des papes, des cardinaux et plusieurs écrivains renommés. Il mourut à Tours, le 18 novembre 942, et fut enterré dans un caveau voûté au-dessous du grand autel.

1. OuvRARD (René), chanoine de l'église de Tours, né à Ghinon le 10 juin 1024. Il cultiva particulièrenjent la musique, dont on peut dire qu'il fit sa profession, car il fut maître de chapelle de plusieurs cathédrales, avant d'obtenir le canonicat de Sahit-Gàtien 11 a composé une histoire de la musique ancienne et moderne, qui n'a pas été imprimée, ainsi que plusieurs autres travaux sur celte matière. Il est mort à Tours, le 19 juillet 1094. Ces deux vers, qu'il composa lui-même, furent gravés sur sa tombe :

Dum vivi, divina niiiii laiis iiiiica cura :

Post obiluni, sil laiis (livina inilii uiiica nierccs.

2. OuvKARi) (Guillaume), religieux minime, frère du précédent, né à Ghinon en 1028. Il a mis en vers techniques la Somme de saint Thomas, distribuée par positions en formes de thèses, imprimée à Bourges en 1078. La date de sa mort ne nous est pas parvenue.

Paccius ou Pactius (Thomas), prieur du la collé";ialc de Loches. 11 est auteur d'une chronique intitulée : Gesla comitum andegavensium abanno 843 adanmim 1109. 11 vivait encore en 1180.

1 Pallu (Etionne), sieur de Perriers, né à Tours en 1588, fut élu maire de Tours en 1029. Son commentaire sur la coutume de Touraine obtint, lors de son apparition, un succès que le temps n'a fait que consacrer et grandir, et on peyt dire justement que c'est un livre devenu classique, quoiqu'il n'en atl été fait qu'une seule é'dition sous ce titre : Coutumes du duché et bailliage de Touraine ; Tours, Etienne Lalour, 1001 , in-4. Ce magistrat, aussi rccommandablc par ses vertus que par son savoir, mourut à Tours en 1070.

2. Pallu (François), fils du précédent, né à Tours en 1(525, fut l'abord chanoine de Saint-Martin. Mais son zèle l'ayant porté à travailler à la conversion des infidèles, il quitta ses bénéfices avec la résolution d'aller porter la foi dans les pays les plus éloignés. Il se retira à cet cflet, au séminaire des Missions étrangères à Paris. 11 lut nommé évéque d'Iléliopolis, ensuite vicaire apostolique de Fo-Kicn dans la Chine, et administrateur-général des Missions de ce vaste empire. Il mourut à Mogany, dans la province de Fo-Kien, le dimanche 29 octobre 1684. Fénélon prononça son oraison funèbre aux Missions étrangères, le jour des Rois 1702.

3. Fallu (Victor), seigneur du Ruau, en Touraine, docteur de la faculté de mûlecine de Paris, oncle du précédent, né à Tours en 1004. Après la mort du comte de Boissons, dont il était le médecin, il prit la résolutien de se retirer du monde et entra à Port-Royal en 1043. Le 21 mai 1050, il mourut dans cette solitude d'une fièvre lente qui le minait depuis plusieurs années.

4. Palld (Mari in), né à Tours en 1601, de la môme famille que les précédents. Les Jésuites le destinèrent à la prédication^ où il ne tarda pas à se distinguer par une grande douceur de paroles et unp force irrésistible de persuasion. Louis XIV le choisit en 1706 pour prêcher le carêma. Il mourut à Paris en 1742.

Palme (Pierre de), né à Tours où il professait avec éclat la théologie au commencement du XIV'' siècle. Papio» (Pierrc-Antoinc-Claude), né à Tours, le. 10 janvier 1713, dirigea avec succès et habileté la manufacture de damas et de velours établie à Tours par l'inleurtaiit du* commerce Fagon, et parvint à dolor

la France d un brandie d'industrie pour laijuelle elle avait été jusijue-là tributaire de l'Italie. Devenu aveugle sur la lin de sa carrière, il mourut à Tours le 43 juillet 1789.

Papillox (Marc), gentilhomme tourangeau, surnommé le capitaine Lasphrise, naquit à Amboise en 1550. Il employait les loisirs que lui laissait le métier des armes à cultiver la poésie. Il laissa plusieurs comédies et mourut en ICOO.

Pavillon (Nicolas), avocat au Parlement de Paris, est né à Tours en 1552. Il vint à Paris où il exerça avec beaucoup de distinction la profession d'avocat, et se fit même un nom dans la poésie pour laquelle il ne manquait pas de talent.

Pellerix ou Pérégri>', en latin Peregrinm, né en Touraine dans le XII^ siècle. Abbé deFontaines-lcs-Blancbes, il a écrit l'histoire de cette maison depuis sa fondation en 1154 jusqu'à l'an 1200.

Penyssead (François), né à Loches vers la fm du XVI" siècle. Il a traduit en français les épîtres de saint Isidore de Peluse.

1. Perion (Joachim), religieux bénédictin, docteur deSorbonne, interprète du roi pour les langues hébraïque et grecque, naquit à Preuilly, en 1498, de parents pauvres. Il fut élevé par Denis Briçonnet, abbé de Cormery, qui pourvut aux frais de son éducation, et dont il reconnut les bienfaits par une grande aptitude pour les sciences. Il sut apporter dans le style 'de la théologie une élégante pureté, et sa traduction dAristote lui attira beaucoup d'éloge.s. Il avait fait profession, le 22 aoiit 1517, dans l'abbaye même de Gormery, dont il devint aumônier et ensuite prieur claustral. Perion est mort le 18 juillet 1557.

2. Periom (Antoine), écuyer; sieur de la Grange, avocat au Parlement, ensuite bailli de Preuilly, où il naquit en 1523. Sa passion pour la critique le fit surnommer la Guêpe de Preuilly. Il mourut vers la fin du XVI" siècle.

Peuwn (Louis), carme, docteur de la faculté de Paris et théologal de Poitiers, né au faubourg Saint-Symphorien de Tours en 1576. Il était renommé pour l'éloquence qu'il montrait dans les disputes de controverse,, et était assez bon prédicateur. Il mourut, le 11 septembre 1028, dans l'abbaye de Fontevrault.

PiciuLT-DE Ligré (Jean), religieux de la Trappe, nommé en religion Père Moysc, né à Ghinon en 1003. Il n'est connu que par les désordres de sa jeunesse et par le repentir éclatant qui les suivit. Il mourut, dit-on, en odeur de sainteté vers l'an 1735.

Picou (Robert), pehitre du roi, né à Tours vers le commencement du XVIP siècle- Claude Vignon estimait beaucoup son talent. Parmi ses tableaux, celui qu'on distingue particulièrement est le miracle de saint François-de-Paule traversant la mer de Sicile sur son manteau. Ge tableau a été gravé par Jérôme David.

PiDOu (François), chevalier, seigneur de Saint-Olon, né en Touraine en 1040. Il fut employé par Louis XIV dans les négociations.*Envoyé extraordinairement à Gênes et à Madrid, le zèle Qt le talent qu'il montra dans ces dilférentes missions, le firent nommer ambassadeur auprès de l'empereur de Maroc, et, de retour en France, on récompensa ses services par le titre de commandeur de l'ordre de Saint-Lazare. Il mourut à Paris, le 27 septembre 1720, après avoir publié plusieurs mémoires historiques. •

Pierres de Fontenailles (Joseph-Pascal de), né au château d'Épig.ny, dans la commune deLigueil, le 11 août 1717. Entré jeune au régiment de Poitou, il y servit avec distinction dans les guerres d'Italie et d'Allemagne, et devint capitaine et chevalier de Saint-Louis. Ayant obtenu sa retraite à l'âge de 32 ans, il en consacra les loisirs aux douceurs de la poésie, et parmi les odes qu'il a publiées, nous citerons VÈloge de la guerre, dont voici quelques-vers :

D.ms les Gaules c'est moi qui fondai cet empire, (Jue cenir peuples ligués n'ont jamais pu détiuire. Sous moi, sous Pharaon, leur premier souverain, Ils francliireiit jadis les rivages du Rhin ; Clodion après lui, malgré l'aigle romaine. Jusqu'aux bords de la Somme étendit leur domaine. Mérovce, à son tour, respecté des Gaulois, Fit couler le premier la Seine sous ses lois ; Il terrassa les Huns : deux sanglantes batailles De ce peuple odieux virent les funérailles. Je soutenais le bras du (ils de Chilpcric, Quand il trancha les jours du superbe Alaric.

Au milieu des dangers je guidais Charlemagiie, Quand du sang des Saxons il teignit l'.Mlemagne ; Quand le ciel approuvant ses glorieux desseins, Il dompta les Lombards et les fiers Sarrasins. C'est moi qui suscitai l'amazone fameuse Qui, bornant des Anglais la course imiiétueuse, Leur arracha des mains les funestes lauriers Que leur virent cueillir Azincourl et Poitiers. Combattant sous Henri, je sus rendre frivole Un parti fomenté pai la haine espagnole. l'ère de ses sujets, ce prince généreux, -N'en voulut triompher que pour les rendre heureux.

Pierres de Fontenailles mourut à Loches le 4 octobre 1772.

Pxellé (Guillaume), né à Tours, de parents riches, n'écrivait pas moins bien en prose qu'en vers. G'est tout coque l'on sait de lui.

Pu.LET (René-Martin), né à Tours le 10 novembre 1702. D'abord avocat au barreau de Paris, il s'attacha, lorsque la révolution survint, au général Lafayette, eu qualité d'aide de camp, et partagea sa captivité chez les Autrichiens. Il revint en France sous le règne du directoire, et fut employé avec le grade de colonel

b9S BIOGRAPHIE.

on.<:iiite d'adjiidanl-géiiér.il, cl enfin de général do brigade ou inaréclial de camp. A la suite de la guerre d'Espagne, où on l'avait pris pour mort, il fut envoyé pri:^()nnier en Aiiglclen-e, où on le retint cinq ans sdr des poiilons infects. Rentré dans sa patrie une seconde fois, après une seconile détention, malgré le délabrement de sa santé, il voulut rétiiger les observations qu'il avait recueillies ; malbcurcusenient ses forces avaient été épuisées par tant d'épreuves, et il mourut à Pari^, en 1815, psu de temps après la publication de son ouvrage.

PiSAiGRiER (Robert), célèbre peintre sur verre, né en Touraine dans le XVI« siècle, llorissait sous les rois François V^. et Henri II. En 1527 et en 1530, il p-ngnit à Chartres les vitraux de l'église paroissiale de Siint- Uilairc. On compte, en outre, parmi ses ouvrages, les vitraux de Saint-Jacques-la-Boucberie, de Sainte-Croix en la Cité, de Saint-Étienne-du-Mont. « Ceux-ci, dit M. Lenoir, offrent une des plus riches collections « qui soient sorties de son pinceau. Ils ont été sauvés de la barbarie. » Quant aux deux précédents, ils n'existent plus. C'est à cet artiste que l'on doit l'usage fréquent et peut-être l'invention des émaux dans ces" sortes de peintures. Il n)ourut en 1550.

Pl.vnti.n- (Christophe), imprimeur, né en 1514 à Saint-Avcrtin, près de Tours. 11 apprit à Rouen les premiers éléments de l'art typographique. Après avoir parcouru comme correcteur et compositeur les principales villes de l'Europe, il vint s'établir à Anvers où il fonda une imprimerie, la plus renommée bientôt de l'univers. Les ouvrages les plus volumineux sorlis de ses presses sont les Annales de Baronius en 12 vol. in-fol., 1597-1609, et la fameuse Bible connue sous le nom de la Polyglotte iVAnvers, en 8 vol. in-fol., 1569- 1572. Planlin, l'ami de Juste Lipsc et de Scaligor, nommé imprimeur du roi d'Espagne, et autorisé à prendre le titre d'archi-imprimeur de Sa Majesté, mourut à Anvers le 2 juillet 1589. Son portrait existe au musée de Tours, peint par Rubens. La marque distinctive de ce célèbre typographe était un conopas avec ces mots : Labore et constantid.

PoixTis (Jean-Bernard de Saint-Jean, baron de), né à Vouvray, en Touraine, en 1645. Il commanda comme chef d'escadre la célèbre expédition de Carthagènc, dont il a écrit lui-même la relation dans un ouvrage imprimé à Amsterd im, 1698, in-12. Il mourut en 1707, âgé de 62 ans.

1. PoscHER (Etienne de), garde des sceaux de France, né à Tours, en 1446. D'abord évêquc de Paris, il fit son entrée solennelle, le 21 mai 1503, porté par les quatre barons qui étaient obligés d'assister à cette cérémonie. En 1507, il accompagna le roi Louis XII dans son voyage d'Italie, où il fit les fonctions d'orateur royal, fonctions dans lesquelles il donna à la cour de France ainsi qu'aux étrangers la plus haute idée de son éloquence. Jean Ganay étant mort, Louis XII confia les sceaux à Poncher, en 1512, et le successeur de ce prince, François P"", le nomma chancelier de l'ordre de Saint-Michel. Il fut depuis employé dans diverses anibas.sades fort importantes, et enfin, en 1519, il se vit promu à l'archevêché de Sens. Etienne de Poncher mourut à Lyon, le 24 février 1524, et fut inhumé dans l'église cathédrale devant la chaire, où l'on voit son épitaphe.

2. PoNcuER (François de), évoque de Paris, neveu du précédent, naquit à Tours, en 1702. Il a écrit un commentaire latin sur le traité du jurisconsulte Philippe Décius de {'Assurance nécessaire ou inutile.

PoTTiER (François), religieux carme, né en Touraine vers le commencement du XVIP siècle, a composé le Trésor de la très-sainte et.dévote confrérie de Notre-Dame-de-Pitié , imprimé à Paris en 1653, in-12.

•PoïET (Jean), peintre, né à Tours, vers la fin du XVP siècle. Il se distingua surtout par son talent pour 1 1 perspective.

PiiÉciEux (Jacques) bénédictin de la congrégation de Saint-Maùr, né à Richelieu, en 1^22. G'c.>-1 à ses travaux que nous sommes en partie redevables du XI" vol. de la grande collection des historiens de France, commencé pardom Bouquet.

PuÉciGNï ou Pressig.xy (Renaud de), de l'ancienne maison de Sainte-Maure, en Touraine, fut un des jilus braves clievaliers de son temps. L'auteur de la nouvelle histoire de saint Louis lui donne le tilrede maréchal de France. On pense qu'il fut tué dans la descente que fit l'armée chrétienne au port de Tunis en 1270. Gu llaume Guyart, poêle contemporain, parle ainsi de ce combat :

Hue el Guy de Hauçay, deux frères.

Avec eulx ly li!s et ly père De Prccigiiy qui les suyvirciit, Kiilre Sariaziiis s'eniballircnt, Bruyans comme foudre cl accrrcs.

Prévost (Nicolas), médecin, né à Tours où il exerçait la médecine à la lin du XV siècle, écrivit nne Pharmacopée générale, (|ui a été imprimée ii Lyon, en 1505, sou* le titre de Grand antidotaire.

1. Prie (René de), cardinal, né en Touraine, en 1451. Privé de sa dignité par Juk's II, au concile de Pise, il fut rétabli à la mort de celui-ci, quand Louis XII adhéra au concile de Latran. Il mourut le 9 septembre L5I9, el fui enterré, selon ses intentions, dans l'église de son abbaye de la Préc, non loin d'Issoudun.

2. Prie (Aymar de), chevalier, seigneur de Monpoupon, chambellan du roi et grand-maître des arbalétriers de France, frère puîné du précédent. Il combattit coiislatnnient à côlé de Charles VIII, lors de la conquête

BIOGRAPHIE o9î)

de Naples en 1495, et à la brillante bataille de Fornoue, oîi il monln une rare valeur. Il est mort gouverneur du Pont-S:iint-Esprit, on ne sait pas précisément en quelle année.

Prousteau (Guillaume), jurisconsulte, né à Tours le 26 mai 1626, d'un riche marchand de cette ville. Après plusieurs voyages qu'il fit en Hollande, dans l'Allemagne et dans l'Italie pour perfectionner ses études, il revint se fixera Orléans, où il avait déjà exercé la profession d'avocat avec beaucoup de distinction, et il y obtint une chaire de professeur de droit romain. C'est à lui que cette ville esfredevablede la création d'une bibliothèque publique, dont le catalogue a été publié par D. Fabre en 1777. Il mourut subitement à Orléans, le 9 mars 1715, âgé de 89 ans.

PuY Hkreault (G3l)riel de), en latin Piitherbcus, religieux de Foiilevrandt, docteur de Sorbonne, né en Touraine dans les dernières années du XV^ siècle. Il passait dans son temps pour un cxcellfnl prédicateur, et les protestants le considéraient connne un de leurs fléaux. Puy llerbau.lt mourut subitement, en 1566, dans le monastère de Notre-Dame de Golignance, en Picardie.

QuANTm (Georges), conseiller et prédicateur du roi, ne à Tours vers 1610. Il a laissé un ouvrage intitulé: Théologie française, Paris, 1665, in-8.

QuiLLET (Claude), né à Gliinon en 1602. D'abord médecin, jl embrassa bientôt l'état ecclésiastique. C'est en Italie où il avait suivi le maréchal d'Estrées comme secrétaire, fuyant la persécution de Richelieu, qu'il a composé sa Callipédie, dont la première édition a paru à Anvers, 16^5, in-4''. Quillet est mort à Paris, en 1661. âgé de 59 ans.

Rabelais (François), né à Chinon en 1483. Il commença ses études chez les moines de l'abbaye de Scuilly, et les acheva au couvent de la Bàmette, à Angers. Dans cette dernière maison, il fit la connaissance des deux frères du Bellay, dont l'un, devenu depuis cardinal, fut son plus zélé protecteur. Entré ensuite comme religieux dans l'ordre des Cordelicrs, à Foiitenay-le-Comte, il se livra avec ardeur à l'étude des langues. Son érudition excita la haine plus encore que la jalousie des moines ses conirèrcs, presque tentés de regarder comme sorcier un homme qui savait le grec. Mécontent d'eux, il obtint du pape Clément VII la permission de les quitter pour passer dans l'ordre de Saint-Benoit. Il entra dans l'abbaye de Maillcziiis ; mais il ne tarda p;is à en sortir et à secouer le joug monastique, celte fois sans la permission du pape. Il profita de sa liberté pour courir le monde, et finit par se fixer à Montpellier, où il étudia la médecine. Reçu docteur, il exerça et professa avec succès en celte qualité. Le chancelier Duprat venait, on ne sait pourquoi, de faire abolir par arrêt les privilèges de la faculté de cette ville : elle députa Rabelais pour en solliciter le rétab'isscmcnt. Celui-ci, ne sachant comment obtenir accès auprès du chancelier, s'avisi d'un expédient fort singulier : s'affublant d'une robe verte et d'une longue barbe grise, il se rendit à l'hôtel du ministre' et s'adressa au portier en latin. Le portier l'tiboucha avec un interprète, qui voulut continuer la conversation dans la même langue. Rabelais lui i-épondit en grec. A une autre personne appelée parce qu'elle savait le grec, il parla hébreu, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'enfin le chancelier fut curieux de voir l'homme qui savait tant de langues, l'écouta, et fut si charmé de son esprit, qu'il l'admit à sa table, et lui accorda tout ce qu'il était venu demander. La faculté de Montpellier décida qu'en mémoire de cet événement, tout médecin qui prendrait le bonnet se revêtirait de la robe de Rabelais, usage qui, dit-on, subsiste encore aujourd'hui.

Rabelais, par le crédit de son généreux protecteur, le cardinal du Bellay, obtint uiie prébende dans l'église collégiale de Saint-Maure- les-Fossés, et la cure de Meudon, Nous n'avons pas l'intention d'onalyser ici ses ouvrages qui faisaient les délices de Molière et de la Fontaine, et où le lecteur le moins attentif peut retrouver à chaque pagq la trace des emprunts que ces deux grands écrivains n'ont pas dédaigné de lui faire. Pantagruel a dorme lieu à bien des interprétations. On a prétendu que ce roman singulier n'était que la satire exacte du rè,^ne de François P'. Ce qu'il y a de certain, c'est que la bouffonnerie de l'auteur n'était qu'un masque-souj lequel il put impunément bafouer tout ce que vénérait son siècle, et on doit considtTer comme un fait étonnant que- ce livre, quoique dénoncé comme l'œuvre d'un hérétique et d'un athée, ne fut jamais défendu. Rabelais mourut à Paris, rue des Jardins, en 1555, le 9 avril, et fut enterré dans le cimetière de l'église Saint-Paul, au pied d'un arbre qu'on y a conservé fort longtemps, pour rappeler son souvenir.

Racan (Honorai de Bueil. marquis de), seigneur de Fontaine et du Bois, né à la Roche-,Racan, en 1589. L'ouvrage par lequel il se fit principalement connaître connne poëtc. est sa pièce intitulée : Les Bergeries. C'est elle qui a fait dire à Boileau :

Malherbe d'un lioros lient vanter les cxploiis, Uacan chanter Piiilis, les bergers cl les bois.

Ses Odes, au nombre de dix-sept, par la coupe, la tournure et l'expression, respiroul l'école de Malherbe.

Racan, un des premiers membres qui composèrent rAcad(5mic françuise, en lGô4, mouiut en 1G70, dans su terre de la Roihe-Racan, on il s'était relire depuis longlemps.

Rm-.onskau (François), né en 1G92, à Riciielicu, a écrit un ouvrage intitulé : Ricohcus dokm, ou Plaintes de la ville de Ridielieu, 1704, in-S". l\ est mort au lieu de sa naissance.

Raguf.neau (Frédéric), né à Tours vers 1540, succéda à son oncle, en 1572, dans l'évècliéde Marseille. Il se montra constamment attaché au parti d'Henri III et d'Henri IV. Le vendredi 25 septcnd)re 1G05, des fanatit|ues du parti de la ligue se portèrent à sa maison de Fignc où ils le trouvèrent revêlu de ses habits pontificaux, et l'un d'eux le tua d'un coup d'arqucbuiG.

R.4PIN (René), jésuite, né à Tours en 1621. L'étude approfondie qu'il avait faite des grands m.ùtresdc l'antiquité, la solidité de son jugement et de sa critique, le firent regarder comme un des hommes les plus distingués de cet ordre célèbre, où il était entré en 1659, et comme l'un des meilleurs et des plus beaux esprits de son temps. L'étendue de ses connaissances est prouvée par la variété de ses écrits. Après avoir professé les belles-lettres pendant neuf ans, il composa son poëmc des Jardins, que l'on compare aux plus beaux poèmes didactiques de la latinité moderne, et les juges les plus compétents en ce genre ont même été jusqu'à le déclarer digne du siècle d'Augustb, digne de Virgile. Ses ouvrages philosophiques en français, quoique la sécheresse inséparable d'un tel sujet s'y fasse un peu trop sentir, ne se distinguent pas moins par des qualités très-rares de précision et d'analyse ; quant à ses travaux critiques, et à ses jjarallèles des auteurs anciens, ce qui y domine et ce qu'on y remarque à un degré éminenl, ce sont les observations judicieuses et la finesse des aperçus, malgré la mouotomie du cadre, qui semblait en devoir bannir tout intérêt. Nous n'avons point de collection générale de ses œuvres. On a seulement recueilli ses poésies en trois volumes, in-12 : R. Rapini opéra poetica; Parisis, fratres Barbon, 1725. Rapin mourut à Paris, le 27 octobre 1687, et fut iidmmé dans l'église des Jésuites.

1 . Razilly (Claude Delaunay de), capitaine de vaisseau, né en Touraine en 1590, s'est signalé deux fois de la manière la plus hardie, la première lors d'une rencontre avec les Rochelois, dans la rade de lilc de Rhé, en 1025 ; la seconde, deux ans après, en 1(525, dans une occasion très-périlleuse, où, avec un seul vaisseau, il soutint le feu de toute la flotte anglaise qui était venu investir le fort Sainl-^l^rtin de la même île de Rhé. Razilly fut récompensé de ses services par le grade de vici-amiral. Le roi le nomma quelque temps après viceroi de la Kouvelle-France.

2. Razilly (Marie Delaunay de), né au cliàteau de Razilly, en Touraine, en 1624, nièce du précédent. Restée orpheline à l'âge d'un an, son frère aîné la recueillit et lui lit donner une éducation très-brillante, qui développa en elle le goût qu'elle avait pour la poésie. On trouve dans différents recueils du temps des pièces de vers signées d'elle. Mademoiselle de Razilly est morte à Paris, en 1707, âgée de 83 ans.

Renaud (Jacques), né à Tours en 1457, suivit la carrière du droit. Il fut lecteur et professeur à l'université d'Angers, où il s'acquit le titre, que lui déféra le célèbre Rebuffe, de très-docte jurisconsulte. Suivant Jean Brèche, son compatriote, il a écrit un traité : de Jure; mais ce livre ne nous est pas parvenu. Il mourut à Angers le 2 octobre 1547, âgé de'90 ans.

Ricuvm (saint), abbé, né en Touraine, sous le règne de Thierry III, vers l'an 070. Il fonda, dans son héritage même, un monastère qu'il dota de son patrimoine et réunit avec lui (juarantc religieux qui vécurent sous sa discipline. Il mourut le 13 janvier de l'an 712, âgé seulement de 42 ans. L'éclat de ses vertus le (it mettre au nombre des saints.

RoBis (René), écuyer, sieur de la Rochefaron, né à Tours, au commencement du XVII* siècle, n'est connu que par son livre intitulé : Quatrains .moraux en vers français ; Tours, 1(544, in-8. Il est mort en 1675.

RossET DE 3fATnuviLLE (Jcau), docteur en théologie, chanoine et théologal de Saint-Gàtien de Tours, né en cette villecn 1520.11 fut excellent prédicateur, mais il s'attira la censure de la Sorbonne, pour avoir avancé en chaire que Y Ave Maria n'était pas une or-aison, et qu'il n'y avait |>as un seul mot de prière dans ces paroles : Je vous salue, Marie, pleine de grâce. . Il est mort en 1591 .

1. RoL'iLLÉ (Guillaume), imprimeur, né à Tours vers 1518. Après avoir travaillé à Paris, il alla s'établir à Lyon où il épousa la (ille du célèbre Séliasticn Gryphe, et ne tarda pas à surpasser son beau-père, qui n'employait que le caractère italique. Le signe distinctil de ses frontispices a varié ; sur les uns c'est un aigle tenant une couronne dans son bec et couvrant de ses ailes éployées deux rameaux courbés en ovale au milieu desquels est un serpent perpendiculaire avec les mots : Rem maximam sibi promitlil prudeiUia. Sur les autres, cet aigle est monté sur un globe qui porte un fragment de colonne ; deux serpents s'élèvent perpendiculairement à droite et à gauche de l'aigle, avec celte devise partagée en deux : In virlute et fortuna. Rouillé niouiut au commencement de l'année 1505. Quoique ses talents typographiqiuw fussent très-appréciés. il «si luin d' ivoiiégalé Plantin.

2. Rouillé (Pierrc-Julicn ;, jé>uite, né à Tours, le 11 janvier 1681. Il fut associé au père (^aliou pour >cmi Histoire romaine, qu'il a enrichie de noies et de dissertations Irès-rcmaniuahles, et il est à regretter que ce ne soil pas lui (|ui ait élé chargé (h; la (olalilé de celle grande cnlrciprise, par le mérile qu'il sut monlrer

dans la partie Irès-secondaire qu'on lui confia. Il lut aussi, depuis 1733 jusqu'en 1737, l'un des collaborateurs du journal de Trévoux. Le père Rouillé est mort, à Paris, le 17 mai 1740.

RoussE.\u (Gilbert), de la compagnie de Jésus, né à Tours, en 1587, prêcha durant 40 ans dans les principales villes de France, et fit preuve de tant de zèle pour les intérêts de son ordre, qu'on le nomma provincial de la province d'Aquitaine. Après une vie constamment utile et laborieuse, il mourut, le 17 janvier 166G.

RouxELLEv DE Saché {k bieubeurcuse Marguerite de), née en 1607, au château de Sache, en Tourainc. Douée de tous les agréments du corps et de l'esprit, à 15 ans elle passait déjà pour une des personnes les plus accomplies de la cour. Elle se trouvait à Sache lorsque Mondion, curé de cette paroisse, ayant prêché, le jubilé, qui avait été ordonné par le pape Urbain VIII, elle fut si touchée de l'éloquence de ce pasteur, qu'elle forma le projet de se retirer aux Carmélites de Tours; mais ses parents s'opposèrent à cette résolution. Alors, ae prenant conseil que de sa piété, et ne pouvant suivre son inclination pour la vie religieuse, elle s'en imposa toutes les pratiques et toutes les mortifications dans la propro maison de sa famille, observant le jeûne trois fois par semaine, cl portant sous' ses babils une ceinture de fer armée de clous aigus. Ces rigueurs, d'une foi ardente et trop rigide, abrégèrent ses jours; elle mourut le 17 janvier 1628, âgée de 'il ans.

Rose (.Jean), né à Tours, vers 1670, étudia sous les Jésuites, et entra dans leur compagnie en 1688. Envoyé à Bordeaux, pour y professer les humanités, il publia son poëme latin : la Volière, le seul ouvrage qui nous soit resté de lui. On ignore dans quel lieu et dans quel temps il est mort.

1. UuzÉ (Arnould), né à Toiirs, vers 1453, se rendit célèbre par son ;5avoir dans le droit canonique, qu'il enseigna publiquement à Orléans, étant chanoine et écolâfre de la cathédrale de cette ville. Son traité de la régale ( Parisiis, 1534, in-4) est fort estimé. On juge, d'après l'édition de ses œuvres, qui ne parut qu'après sa mort, qu'il avait cessé de vivre en 1541..

2. RtzÉ (Guillaume), docteur de la faculté de Paris, évèque d'Angers, né en Touraine, vers 1520. Il fui successivement aumônier et confesseur des rois Charles IX, Henri II et Henri III. Ce dernier le pourvut de l'évêché d'Angers. En 1576, il avait assisté aux états de Blois, et Guillaume de Taix nous a même laissé une analyse du discours qu'il prononça le jour de leur ouverture (affaires du clergé, page 8). Il se trouva aussi, en 1583, au concile de la province, tenu à Tours, occupant le second rang, après l'archevêque Simon de Maillé. Ruzé étant allé à Paris, en 1587, y mourut, le 28 septembre, et fut enterré dans l'église Saint - Paul, laissant dans son diocèse le souvenir d'une grande douceur, d'une bienfaisance inépuisable et de toutes les vertus épiscopales.

3 RuzÉ (Martin), frère puîné du précédent, seigneur de Beaulieu, de Ghilly et de Longjumeau, secrétaire d'État sous Henri III et sous Henri IV, né à Tours, vers 1524. N'ayant point d'eofants, il se démit, en 1606. de sa charge en faveur du seigneur de Loménic, mais à la condition que celui-ci n'en aurait que la survivance. Il continua, en effet, de l'exercer jusqu'à sa mort, qui eut lieu le 16 novembre 1613. Par son testament, il laissa tous ses biens à Antoine Coifher d'Efliat, son petit-neveu, qui devait prendre le nom et les armes de Uuzé. D'appès ces dispositions, les terres de Longjumeau et de Ghilly furent érigées en marquisat, par lettres patentes du mois de mai 1624, enregistrées au Parlement et à la chambre des comptes le 14 et le 18 décembre 1626.

S.viN (Joseph), supérieur et fondateur des filles de l'Union chrétienne, à Tours, naquit en celte ville, d'une famille notable, en 1630. Envoyé à Paris pour y étudier le droit, il changea la direction de ses études et entra dans les ordres. Il ne fut pas plutôt revêtu du sacerdoce, que l'archevêque de Tours, Victor le Bou- Uiillier, le fit chanoine théologal de son église; mais là n'était pas encore sa vocation, et il se démit de son canonical pour se livrer aux missions intérieures. Parti pour Rouen, il se retira chez les Eudistes, et fil quatre missions en Normandie avec le supérieur de ce séminaire; son archevêque le rappela à Tours, et c'est alors qu'il se voua à la fondation et à la direction de plusieurs établissements pieux, pour lesquels il obtint des lettres iiatenlos du roi. A])rès avoir employé sa longue carrière au service de la religion, il mourut à Tours, le 18 octobre 1708, âgé de 78 ans. On voit encore son épilaphc, gravée en lettres d'or, dans l'ancienne église des tilles de l'Union.

Saint-Maktin ( Louis-Claude de), ne à Amboise, le 18 janvier 1743. Sorti du collège de Pont-le-Voy, où il avait fait de brillantes études, il entra dans la magistrature, el fut reçu avocat du roi au présidial de Tours ; mais il quitta bientôt la robe pour suivre le métier des armes. A 22 ans, il faisait partie du régiment de Forêt en qualité d'officier. Sa passion pour l'étude se développant chaque jour, il aspira à voyager pouiagrandir ses connaissances, et ayant obtenu sa retraite, après cinq années de service, il parcourut les principales parties de l'Europe dont il avait appris les langues ; il visita l'Angleterre, l'Italie, l'Allemagne el la Suisse. 11 avait déjà ^publié son premier et son meilleur ouvrag(;, celui (lui a pour litre : des Erreurf: H de ht

Vérité, et quoique la métaphysique n'en paraisse pas très-simple et très-claire, ce livre, par cela même peutêtre, lui lit un grand nombre de partisans Saint-Martin mourut le 14 octobre 1804.

Saiste-Madbe (Guillaume de), chancelier de France, né au château de Mongoger, en Touraine, vers l'an 1266. Il avait été prévôt de Candes, trésorier de la cathédrale de Laon, doyen de l'église de Tours et de celle de Saint-Martin, lorsque Philippe-de-Valois, en 1539, lui confia les sceaux, qu'il reçut, le samedi 1*"' juillet, des njains de l'évèque de Beauvais. Il mourut au prieuré de la Charité- sur-Loire, le 24 janvier 1354.

Saixtbé (Jean de), sénéchal d'Anjou sous les rois Jean et Charles V, naquit en Touraine, vers l'an 1520. Lié d'amitié avec Boucicaut P'', il passait, à la cour, pour son rival en bravoure et en adresse, mais le premiçr l'emportait de beaucoup par son liabileté dans les négociations; c'est pourquoi les hérauts d'armes, en les comparant, avaient coutume de dire :

Quand ce vieiil à un assault, Slieux vaiu Saintré que Boucitaui, ' Ht quand ce vient à un traité,

Mieux vaut Boucicaul que Sainiré.

L'auteur de la chronique du petit Jehan de Saintré, Antoine delà Salle, le représente comme l'un des chevaliers les plus vaillants et les plus hardis de son temps. Il mourut au Pont-Saint-Esprit, sur le Rhône, le. 25 octobre 1368, âgé d'environ 58 ans.

Sainxon ou Saimson (Jeafi), sieur de Grandfont, né à Cliâtillon-sur-Indre, l'ut lieutenant-général dans le lieu de sa naissance, en 1523, après avoir été avocat au présidial de Tours. Personnage très-docte et d'une grande littérature, comme le désigne le célèbre Rebuffe. François I*', qui connaissait sou mérite, lui donna, en 1536, la charge de premier président au parlement de Grenoble. Il est le premier qui ait entrepris de commenter la coutume de Tsuraine. On ignore en quel temps il est mort.

Saksteiiiie (Pierre), prêtre, chanoine et chantre de l'église de Cfliinon, sa patrie, né vers 1610, a publié un livre qui a pour litre : Apologia ecclesiœ Chinonensis.

Sapin (Jean-Baptiste), conseiller clerc au Parlement de Paris, né à Tours, en 1615. Son érudition l'avait lié d'une étroite amitié avec lo savant Victor Brodeau, et c'est à lui que nous devons la publication des notes de cet excellent helléniste sur Euripide. Sa tin fut des plus malheureuses; se rendant îi Tours, par ordre de Charles IX, en 1562, il fut pris par un parti de la garnison protestante d^ Vendôme, envoyée à Orléans et pendu sur la place de l'Étape, ainsi que l'ambassadeur Odet de Selves, et Jean de Troyes, abbé de Gatines, qu'il accompagnait.

Sarbazin ( N. ), célèbre peintre sur verre, né en Touraine, était contemporain de Pinaigrier. Jusqu'en 1664, on a admiré de lui les vitraux de la chapelle qui est à l'entrée de la cathédrale de Tours, mais une grêle extraordinaire survenue vers cette époque les a détruits presque entièrement.

Savarv-Lancosme (Jacques de), né vers 1528, d'une ancienne et illustre famille de Touraine, fut nommé, par Henri III, en 1585, ambassadeur à la Porte, où il mourut, en 1591.

ScHOTTER (Jacques), né en Touraine, d'une famille originaire d'Allemagne. Il était recteur du collège d'Amboise, vers les commencements du XVII^ siècle. Il a laissé un ouvrage intitulé : Agri Turoneniiis et Ambasianœ arcis, etc., Paris, 1615, in-4''.

SoREAu ( Jean-Baptistc-Étienne-Benoît ), né à Tours, le 21 mars 1738 ; avocat au Parlement de Paris, il se livra particulièrement aux travaux de cabinet, et collabora activement, en compagnie de Camus et de Bayard, au nouveau dictionnaire de jurisprudence en 9 vol. in-4''. Il a terminé sa carrière, à Paris, en août 1808.

SoREL (Agnès), ou plutôt Seorelles, naquit dans le village de Fromenteau, diocèse de Bourges, en 1409. François 1*' a exprimé, dans un joli quatrain qu'il lit pour son portrait, les obligations que la France avait à celte belle maîtresse de Charles VU, dont nous avons tracé ailleurs la biographie :

Gentille Agnès, plus de loz lu niériies, Ta cause étant de France recouvrer, Que n'en pourrait dedans un cloisire ouvrer Close nonain, ou bien dcvol licrniite.

Agnès mourut à Jumiéges, le 9 février 1450, après quelques jours d'une maladie que plusieurs historiens ont attribuée au poison.

SoucHU DE Rennefort (Urbain), né à Tours, vers 1625. Secrétaire de la compagnie française des Indes orientales, il a résidé dans l'Inde pendant plus de vingt années, et a consigné les observations qu'il a recueillies durant ce long séjour, dans deux relations de voyages, très-curieuses par les détails qu'on y puise sur l'éUblisseenent de cette compagnie. On ignore où et dans quel temps il est mort.

1. Taix (Jean de), grund-niaitre de rartillcrie de France, sous les rois François I*"^ et liinii 11, né au

château de Taix, commune de Sorigny, dans les dernières années du XV* siècle. Non' moins remarquable dans les négociations que dans les armes, après s'être signalé au ravitaillement de Thérouane, en 1537, il fut envoyé en ambassade, à Rome, auprès du pape, Paul V, en 1558. Il assista, en 1544, à la bataille de Gérisoles, où il commandait l'infanterie. La part qu'il eut à la victoire lui mérita d'être fait colonel-général de l'infanterie française, charge nouvelle et dont il fut le premier revêlu. François F"" le nomma grandmaître d'artillerie de France, le 21 janvier 1546, après la mort de Jacques de Genouillac. Disgracié sous Henri II, éloigné de la cour et dépouillé de toutes ses charges, il se relira dans sa terre de Taix. En 1552, le duc de Vendôme, Antoine de Bourbon, l'appela auprès de sa personne, et l'emmena au siège d'IIesdin, où il fut tué dans la tranchée, en 1553, combatlant auprès de ce prince comme simple officier.

2. Taix (Guillaume de), de la même famille que le précédent, né en 1532, fut chanoine, doyen de la cathédrale de Troycs, en 1575, puis abbé de Basse-Fontaine. Il nous a laissé une relation intéressante de ce qui s'est passé aux états de Blois de 1576, où il fut député par son chapitre. Il mourut le 15 septembre 1599, et fut inhumé dans l'église cathédrale de Troyes.

Tardif (Guillaume), né à Tours, en 1428. Lecteur de Charles VIII, en 1484, on présume qu'il est mort dans les dernières années du XV siècle. Il nous reste de lui un livre assez curieux : de l'Art de Faulconnerie et des chiens de chasse; Paris, .^ntoine Vérard, 1492, in-fol.

Thibaut, abbé de Gormery, né en Touraine, vers l'an 1070. Un titre de 1153 prouve qu'il existait en cette année. Il a écrit la vie du bienheureux Léothéric, son cousin.

Thionneau (René), docteur en médecine, et premier médecin ordinaire de la suite de l'artillerie du roi, né à Tours, où il exerçait sa profession, en 1580. Il est auteur de YHistoire émerveillable d'une femme qui a porté un enfant en son ventre l'espace de vingt-trois mois ; Tours, 1580, in-8.

TiLLiER (François), né à Tours, vers 1525, fut avocat et littérateur assez distingué; — mort en 1589.

TissAHD (François), né à Amboise, vers l'an 1460. L'un des plus savants helléni.stes de son siècle, c'est à ses soins que l'on est redevable des premières impressions grecques qui furent faites à Paris. Les principaux titres qui le recommandent à l'attention des bibliographes sont : Aurea carmina Pijthagorœ, Hesiodi opéra et dies, éditions entièrement grecques pour lesquelles il s'associa le célèbre Jérôme Aléandre. Il a cessé de vivre vers la fin de 1508.

Verville (François Béroalde de). Quoique la Croix-du-Maine ait dit qu'il était de Paris, la qualité de gentilhomme tourangeau qu'il prend lui-même dans plusieurs endroits de ses ouvrages, nous porte à croire qu'il était né à Tours. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il fut pourvu, en 1593, d'un canonicat dans la cathédrale de cette ville. Son érudition était variée, mais peu solide. Il a laissé un livre intitulé : le Moyen de parvenir, recueil de contes graveleux, qu'on doit particulièrement mentionner comme la source où sont venus puiser presque tous les narrateurs dans ce genre. On ne sait pas en quelle année il est mort.

ViGNON (Claude), peintre du roi, né à Tours, dans la paroisse de Saint-Saturnin, le 24 juin 1573, reçut les premières leçons de son art de son compatriote Jacob Bunel, et voyagea ensuite en Italie et en Espagne, où il laissa plusieurs tableaux, entre autres, à Burgos, celui qui représente l'entrée du roi Alphonse. Peu de ))eintresont travaillé avec une plus grande facilité, et sa fécondité prodigieuse répandit à Paris seulement plus de deux cents tableaux. Il mourut à Saint-Denis, près Paris, au mois de mai 1670, âgé de 97 ans.

Volant (Paul de), né à Tours en 1533, alla s'établir à Rennes où il fut tour à tour avocat, jurisconsulte et poët% distingué jusqu'à sa mort qui advint dans les premières années du XVII® siècle.

1. VoYER (Jean de), vicomte de Paulmy, d'Argcnson, de la Roche-de-Gennes, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, né au château de Paulmy en 1500, porta les armes avec éclat et assista à toutes les affaires importantes qui curent lieu en Italie, et surtout à la célèbre bataille de Gérisolles, en 1544. Charles IX le nomma chevalier de çon ordre, le 10 septembre 1508, et il mourut à Paulmy le 10 février 1571.

2. VoYEK (René -de), fils aîné du précédent, chevalier de l'ordre du roi et du Saint-Sépulcre, conseiller du conseil privé de Sa Majesté, grand-bailli de Touraine, né au château de Paulmy en 1539. Il s'occupa des antiquités de la Touraine, et la Croix-du-Maine avance qu'il avait composé plusieurs poésies latines et françaises qui ont été imprimées avec l'Encyclie de Guy Lefèvre de la Borderie, fol.' 157. 11 mourut au mois d'avril 1586.

3. VoYER (René de), chevalier, seigneur d'Argenson, conseiller d'Etat, né en 1596. Il commença par être conseiller au Parlement en 1620, conseiller d'État en 1625 et maître des requêtes en 1628. Pendant la guerre d'Italie, en 1640, il fut fait prisonnier à Milan,,, où il resta six mois. Durant sa captivité il traduisit en français Y Imitation de J.-C, et composa un Traité de la sagesse chrétienne. Après avoir parcouru avec beaucoup d'honneur la carrière de l'administration militaire et de la diplomatie, il embrassa l'état ecclésiastique, étant veuf depuis 1638. Il reçut la prêtrise en février 1651, et partit pour Venise où il mourut le 14 juillet de la même année. Ses funérailles furent faites aux dépens de la réptiWique, et il eut sa sépulture dans l'église du grand couvent des R. P. Dominicains.

4. VoYER (Claude de) iiaqiiil en 1597, au château d' A rgenson.il fut conseiller et anniùiiier du roi en l(>2<>. On le nommait communément l'abbé d'Argenson. 11 nous reste de lui un recueil de seruKHis, inliluié : VEnnéade sacrée, Paris, Boulanger, 1628, in-fol. Il mourut vers l'an 1672.

5. VoYER (Gabriel de), de Paulmy, seigneur de Ciran, bachelier en Uiéologie delà facnllé de Paris, né à ■Paulmy en 1605. Il reçut en 1664 l'ordre de prêtrise, et le 7 février 16()6 il lui nommé évèijuc de Rho«le,s. Il mourut dans son palais épiscopal le 11 octobre 1682.

6. VoYER (Pit*re.de), chevalier, seigneur de Chastres, vicomte dcMouzé, naquit à Argenson en 1620, Nommé gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, après le supplice du jeune Cinq-Mars, en 1642, il l'ut poui-vu de la charge de grand-bailli d£ Touraine en 1657, et nommé plus tard gouverneur heulcnant-génénd du Canada. Il avait porté les armes aux sièges de Protolongone, de la Bassée et d'Ypres, à la bataille de Sens et au siège de Bordeaux. 11 mourut en 1709, et eut sa sépulture dans sa terre de Mouzé, conlormémenl au vœu qu'il avait exprimé dans son testament.

YsoKÉ (René), chevalier, marquis d'Ucrvault, né en Touraine vers 1640. 11 succéda à son père en IGGI, d.<ns la charge de lieutenant-général au gouvernement de Touraine, et .se distingua particulièrement par ses tj»lcnls administratifs.

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HÉSUiMK G i: NÉ UAL.

SjilciKlirtidi' nusqiiiim f;:illis (t|iuli'iiiia rcgiiis, Kl iiusf|u;iin nostro iiiajnr in orbe nitor. Non a'sltis iioouil pccoi i, non fiigora iioniis, Necj.iii) liorlis rcriel (irajcia l'ela suis.

[i.-C. SCALIIJER.)

« Couiiaisscz-vous celle partie de la France que l'on a surnommée son jardin? Ce pays où l'on respire un « air pur dans des plaines verdoyantes arrosées par un grand lleuve? Si vous avez traversé, dans les mois « d'été, la belle Touraine, vous aurez longtemps suivi la I,oire paisible avec enchantement, vous aurez « regretté de ne pouvoir déterminer, entre les deux rives, celle où vous choisiriez votre demeure pour y « oublier les honmies auprès d'un être aimé. Lorsqu'on accompagne le flot jaune et lent du beau ileuve, on « ne cesse de perdre ses regards dans les riants détails de la rive droite. Des vallons peuplés de jolies maisons « blanches qu'entourent des bosquets, des coteaux jaunis par les vignes, ou blanchis par les fleurs du ceri- H sier, de vieux murs couverts de chèvrel'euilles naissants, des jardins de roses d'où sort tout à coup une « tour élancée; tout rappelle la fécondité de la terre ou l'ancienneté de ses monuments. »

Ce tableau, si poétique, si coloré, si plein de charme, qu'un des plus illustres enfants du pays, que M. le comte Alfred de Vigny a tracé de main de maître, est non moins exact que gracieux. Il suffit, pour s'en convaincre, de jeter un coup d'œil sur la topographie de cette province, que l'art des Watclet, des Morel, des Lenôtre, semble avoir ornée avec luxe. Traversée par deux routes de première classe, celle d'Orléans, celle de Chartres, l'une allant de Paris à Nantes, l'autre, de Paris à Bordeaux, la Touraine est en outre •percée d'une quantité de routes secondaires, départementales, vicinales, particulières même, quelques-unes ayant remplacé d'anciennes voies romaines reconnues dans ces derniers temps, toutes entretenues avec un soin admirable, et occupant un espace de 17,509 hectares. L'élévation du sol, de 146 mètres au-dessus du niveau de la mer, et la douceur toute méridionale de la température, en éloignent les chaleurs excessives, les liivers trop âpres et trop longs. Aussi, tous les fruits, l'olive exceptée, toutes les moissons, toutes les fleurs, y viennent-ils en grande abondance ; aussi, la mortalité y est-elle à beaucoup près moins considérable que dans les autres parties de la France ; aussi, les étrangers, les Parisiens, les rentiers, séduits par les beautés naturelles du pays, par l'existence facile, abondante, et si aisément splendide qu'on y mène, en font-ils leur Tusoulutn, leur Pompéia, leur Tibur. Parmi les premiers se distinguent surtout les Anglais. Ils semblent avoir, pour ce petit coin de terre, nous dirions cet Eldorado, si nous ne craignions l'ambition de la métaphore, une prédilection toute particulière. Peut-être fait-il revivre en eux de vieux souvenirs.

Il y eut un temps où le bassin de la Touraine, qui incline visiblement de l'est à l'ouest, dans sa presque intégralité, appartenait à la mer ; où l'Océan couvrait majestueusement ses campagnes ; où. les monstres contenus dans son sein sillonnaient librement nos vallons. Peu à peu, cédant aux lois de la nature, les eaux se retirèrent, laissant à nu une surface de craie, blanche et iifégale, superposée elle-même, sur une épaisseur de 150 à 200 mètres, à un grès vert, q.uartzeux, coquillier, au-dessous duquel se trouve un calcaire jurassique mêlé de sélemnites ou d'empreintes de tellines. Glauconieuse, micacée et friable, cette surface, que l'on exploite en quelques endroits sous le nom du tuf, pour l'amendement des terres, et dans beaucoup d'autres sous le nom de parpaings ou bourrés, pour bâtir, pour faire les façades des monuments, des édifices, des maisons, cette surface devint de nouveau et à plusieurs reprises la propriété de la mer, qui la recouvrit alors d'une épaisse couche de terreau marin, de gras alluvions, de précieux sédiments. Il est vrai, au premier abord, ce ne fut, pour ainsi dire, qu'une immense nappe de sable, faiblement accidentée dans ses parties les plus hautes ; mais bientôt, des courants rapides, en se concentrant sur eux-mêmes, et en creusant aux rivières et aux ruisseaux le lit dans lequel ils coulent de nos jours, auront enlevé cette siliceuse superlicie, l'entraînant dans leurs cours, la poussant vers son domaine naturel, ne laissant dans l'état primitif que quelques plaines, quelques vallées, où le sable adhérait trop profondément au sol, et plusieurs plateaux supérieurs, où il se trouvait hors de toute atteinte, et d'où le temps seul l'a ch;issé.

niO RÉSUMÉ.

Telle est du moins l'Iiypollièse (juc nous avons cru pouvoir hasarder, lort du témoignage de M. le docteur Giraudet et de plusieurs savants, tous ayant traité à fond la question.

La Touraine, à proprement parler, n'a point de délimitation naturelle, et n'est séparée des autres provinces ni par de grands lleuves, ni par de hautes montagnes. Elle se divise en deux parties parfaitement distinctes: la partie méridionale, la partie septentrionale, l'une en deçà, l'autre au delà de la Loire; toutes deux occupant un e.space de 611,679 hectares, soit 509 lieues carrées; toutes deux ayant leurs us et coutumes, leur caractère, leur physionomie, leur langage, leurs productions, leur ciel même. Dans la Touraine méridionale, le Tourangeau timide, obligeant, empressé; dans la Touraine septentrionale, le Touranneau fier, arrogant, égoïste; ici, le paysan à son aise, indépendant, le faisant voir; là, le paysan encore en servage et disant encore ; « }' sommes sous la main de M. le Comte ; chez celui-ci, la chaumière, dans tonte Facception du mot, petite, resserrée, couverte de bruyères; chez celui-là, la ferme au toit de tuiles, aux murs blancs, au bruyant aspect; le premier recevant humblemenl son salaire, et venant à la messe en sabots et en chapeau de paille ; le second, allant au marché en souliers, le feutre à grands bords sur la tète, et le ceinturon sonnant les écus. Portrait qui, pour être rapide, n'en est pas moins pris sur nature et par conséquent exact.

Autrefois, on subdivisait ces deux parties en cinq fractions, les Varennes, le Vèron, la Chamimijne, la Brenne, les Gdtines, diflérant toutes les cinq par la qualité de leur sol, sa richesse, sa valeur. Les trois premières, terres siliceuses, en beaucoup d'endroits, grasses, fertiles, plantureuses même, sans jachères, d'une culture facile, d'un rapport certain, produisent en abondance du froment, du seigle, de l'orge, du millet, des haricots, de la gaude, des fruits de toute espèce, des vins, pour la plupart estimés, ceux de Vouvray, particulièrement, de Bourgueil, des coteaux du Cher. Moins bien partagées, les Gàtines, contrée sèche, dénudée, et par conséquent aride, ingrate, rebelle, et la Brenne, que couvrait jadis la forêt de Brionne [saltus Brionœ), terre humide, marécageuse, parsemée d'étangs, à part quelques céréales, quelques fruits chétifs, racornis, de mauvais goût, de difficile défaite, ne produisent rien ou ne rapportent pas en proportion de leur étendue, et de ce qu'on pourrait peut-être, avec du temps et des soins, en tirer.

Dans un espace assez restreint, eu égard à son importance géographique, la province est arrosée d'un "grand nombre de rivières, et d'un bien plus grand nombre encore de ruisseaux. Parmi les principales rivières, nous comptons : la Loire, le Cher, la Vienne, l'Indre, la Creuse, la Claise. Mais les trois premières seulement portent bateau.

Indépendanrment de ces rivières, un nombre incalculable de ruisseaux sillonnent les campagnes. Point de lacs, mais de nonibreux étangs, quelques-uns, de Rillé, du Louroux, de Luzillé, d'Ambillou et de Neuillé- Pont- Pierre, assez considérables par leurs produits ou leur étendue pour être cités. Trois forêts domaniales, iVAmboise, d'une contenance de 6,000 arpents, de Loclies, de 5,000, de Chinon, de 7,000, en bois futaies, en chênes, en sapins et en hêtres; plusieurs forêts parliculièves, de Preuilhj, de Chdteau-la-Yallièri', de Villandry, de Châtcaurenault, de Baudrij, de Larçay, de la Guerche.

De grandes landes, d'une superficie de 62,679 hectares, que les progrès constants de l'agriculture tendent chaque jour à faire disparaître, couvrent encore une partie considérable du pays. Ainsi, indépendamment de celles de Miré, ou de Charlemagne, qui, depuis dix siècles, servant de vaine pâture, n'ont changé de nature ni de destination, plusieurs communes, le Sérain, Saint-Paterne, Cinq-Mars, Ambillou, Pernay, Saint-Eticnnede-Chigny, Preuilly, renferment entore d'assez vastes steppes, où poussent librement la bruyère, les ajones, les épines. Tristes plaines, ou le chasseur, assurément, peut se plaire, mais que l'agriculteur, l'agronome, n'entrevoient jamais sans regret.

Tous les arbres, toutes les plantes, même la croisette à épi, la mauve pyramidale, la scrophulaire précoce, la sarriette vraie, Vhy sape officinale, le ciste héliantliépie sans tache, particulières cependant au midi, vieunent comme les moissons, les fruits et les fleurs, non pas en tous lieux, mais sur divers points du pavs.

Il en est de même, dans un autre genre, sous d'autres espèces, du règne animal. Les chevaux, les bœufs et les vaches y sont, il est vrai, de race ordinaire; mais d'une vente facile et certaine; les ânes, petits, mais robustes; les mulets, plus rares, mais plus forts; les veaux, les moulons, de qualité médiocre, mais pouvant avec des soins se bonifier. Dans les basses-cours, d'excellentes volailles ; dans les rivières, les étangs, les ruis- .seaux, des poissons et des crustacés de toutes les familles, depuis le saumon jusqu'à la petite crevette ; dans les lorèls, les luzernes, les chaumes, du gibier de plume et de poil : sanglier, cerf, chevreuil, loup, renard, lièvre, lapin, faisans, perdrix, cailles, bécasses, râles de genêt, etc.

La Touraine, peu accidentée, peu tourmentée par les révolutions premières du globe,- offre seulement à lœil des coteaux, des collines, des mamelons. Point de roches granitiques, pointde traces de volcans, point de marbres, point d'ardoise, point de charbon de terre, point de salines, point de tourbières, en un mot, du moins bien connues. Mais, en revanche, une mine de cuivre, mêlée d'argent, abandonnée, on ne saurait s'expliquer iMJurquoi ; des mines de fer utilisées fructueusement ; des. pierres calcaires, dures et tendres ; des pierres martiales, des pierres à cinux, des pierres meulières ; des agates cl des cailloux susceptibles d'être tra-

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