‹ La tourmenteChapitre 5 sur 10 · OBSCURES · texte numérisé non relu

OBSCURES

est mort entre deux êtres, après cela. Il se leva.

— Vous partez, mon cher enfnnt?

— Il est tard. Je suis heureux de vous

avoir trouvée. J'étais découragé, ce soir; le chagrin d'Agnès, la santé fragile de Thérèse, cette histoire d'ami qui m'avait péniblement affecté ; on a des jours comme cela. Adieu, venez nous voir bientôt !

- J'irai, j'ai des comptes à vous rendre ; il y a de si pitoyables misères à soulager, rien que dans cette rue, si vous saviez, des détails à faire dresser les cheveux sur la tête. Si toutes les femmes qui s'ennuient et qui prennent l'amour comme distraction à leur oisiveté, pouvaient se pencher sur les détresses que je vois, essayer non de faire l'aumône, mais la charité du cœur, de s'intéresser aux pauvres gens et de les aimer un peu pour l'amour du Christ, ah ! mon cher Jacques, elles ne penseraient plus à autre chose, je vous le jure ;ellesn'auraientplus de repos, elles ne s'ennuieraient plus ! Attendez que je vous éclaire, l'escalier est mauvais.

Embrassez Thérèse, em- ' rassez-la bien fort pour moi. Elle doit être bien troublée, bien agitée en ce moment. Aimez la, mon cher ami, aimez-la de tout votre cœur, afin qu'elle vous aime de tout le sien ; il y a tant de no-

I blesse, tant de candeur

vraie en elle. Allons, adieu, vous serez heureux, il faut vouloir l'être pour le devenir ! Et quand on voit des m.alheurs comme celui qui arrive à M. d'Elbé, cela donne envie de se serrer plus près contre ceux qu'on aime. Embrassez-la.

pour moi ! Vous verrez, la campagne lui fera du bien, à vous aussi. C'est si bon, c'est si calme, c'est si doux.

Sur le palier, elle éclairait de sa lampe les marches obscures, et Jacques, en levant la tête pour lui sourire une dernière fois, vit qu'elle le suivait avec un regard plein d'âme, et .son sourire aussi avait quelque chose d'humble et de divin. Chère vieille

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