‹ La Tournée du petit ducChapitre 10 sur 36 · LS · texte numérisé non relu

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Dani de Guadalajara l'écoutait avec : mé.

flance,

En Trouville? Biarritz? | en - Car sa mère lui avait enseigné une espèce me de géographie sentimentale, avant de l'envoyer

se polir et repolicer à Paris, sous les yeux de.

Mme Jouarre son ancienne amie, depuis les

temps où Léontine, future épouse Jouarre,

était lingère chez Lemarle-Thibaut. :

Mais Trouville, à l'avis de Plompou, c'était

hors de saison; et Biarritz bien loin; d’ailleurs,

un vrai gâteau des Rois, où la fève, laissa-t-il échapper, était un peu chère. :

— Vous ne goûtez pas de payer cher? s'inquiéta la fillette, avec l'accent d’ Otero. :.

— Mais si, mais si, au contrdire, je suis da Midi où tout le monde aime la dépense. |

— Celles des otres?

Sur ce coup de bouton, qui faisait crédit à Lyda, M. des Rostures se laissa rechoir dans le mutisme et s’abstint de vanter les beautés rurales du Point-du-Jour, ou ces joyeux bois. de Romainville,

— Mais, s'enquit tout à coup M. Lemarle- Thibault, pourquoi n’avons-nous pas eu, de ce soir, Mile La Frimpe, notre charmante Pàquefleurette ? ?

. € Au fait, songea Lodi, qui malgré tout lin térêt qu'il prenait aux jarrets nus d’Aminte, ne laissait pas de suivre, encore que d’un peu loin, la conversation générale, au fait, où donc est-

elle cette Pâquefleurette dont Maugis m'a os ; la perverse ingénuité? » … ES

— Ma frangine? Elle dine ce soir avec 5 patron, expliqua Ludovic sans plus d’ambages. V a un troupeau d'Autrichiens qui sont à Pa-. ris pour acheter une firme: le singe les mène … paître aujourd’hui, et le Paquet laide. dE

— Oui, précisa la douairière, Pâquefleurette l’aide à recevoir. C’est M. Staper-Wilson line" même qui ma demandé ma nièce pour. de ‘elle . le secondit.

— Audaces fortuna secondat! interrompit :

Maugis; qui ne se ténait pas de joie quand la douäirière s’essayait à l’imparfait du subjonc- DT

— Pour qu’elle le secondât ce soir, pourz suivit Mme Jouarre impertubable et péremptoire. Je n'ai pas cru devoir my refuser. :

— C'est çà qui l’aurait génée! ricana l’irrespectueuse Aminte. Si elle demandait la permission toutes les fois qu’elle. seconde, Non!

Et voyant sa mère déjà chercher son foudre, elle la prévint en piaulant avec suracuité:

— Oui, m'man!

‘M. Arthur Lemarle-T'hibault Re ne

sé put tenir d’er tire, exemple aussitôt imité

par Plompou, Imprudent! Mine Jouafté, offensée déjà par l'hilatité du eut g'en prit aussitôt à M, des Roëturest Fo

\EALEARE fe NOUS Aves

— Et où se va, demanda-t-elle, en barque? Ca

à IMPÉRIA D 4

SENTER LYDA AU CIRECTEUR DA EL

MAUGIS, POUR PRi

barbe-à-poux? C'est-y que vous avez avalé du poison?

Pour la seconde fois, il y eut un grand silence, violé par le rire seul et pointu d’Aminte — un rire qui faisait mal aux dents. Si l'oseille savait rire, voilà comme elle rirait, loseille. |

Là-dessus, selon l’usage, tout le monde se mit soudain à parler à la fois, quoique non pas au même diapason.

— Poires ou pas poires, le singe aura toujours sa commission.

— Monsieur Lodi, fumer.

— Aminte, tais-toi!

vous savez qu'on peut

CE (Non, Lodi, non! vous avez toujours les

mains comme un glaçon.) — Vete al cuerno!

— S'il est passé, comme disent les Russes, ‘

un ange il nous en est resté plusieurs.

— (Après le Piper-Heidsick, verse à ton meilleur ami un verre de Piper-Aminte.)

— Il y a peut-être de l'argent à gagner dans cette affaire-là. Est-ce que vous avez d’autres tuyaux, Ludovic?

Cette dernière phrase était de Plompou luimême, et, tandis que la tablée commençait à se répandre dans le jardin, on put entendre la voix un peu grasse de l'héritier La Frimpe, qui déclarait:

— Voyez-vous, m'sieu Plompou, quand j'ai

des tuyaux, c'est comme vous vos valeurs: je les laisse à la maison, pour ne pas être tenté de les partager.

Ainsi la causerie évoluait de l’amour à l’intérêt qui sont, comme on l’a fortement remar+ qué, les deux seules préoccupations des hommes. Cependant, satisfait de l'inconduite de Lodi, et voyant que son pupille n'avait plus besoin de lui depuis longtemps, Maugis cherchait déjà une juste compensation auprès de Lyda, ex-Consolidacion. Plompou ne le gênait plus et, quand bien même la candidature de ca rapiat eût été moins rudement évincée, le ro+ mancier se sentait encore de taille à remplir les fonctions de tiers consolidé,

Déjà la jeune Espagnole lui avait montré de ses jambes beaucoup plus que la brièveté de ses jupes n’en laissait voir aux autres convives, et Maugis avait pris rendez-vous avec elle pour la présenter au directeur de l’Impéria.

Toutefois, Lyda ne lui avait pas dissimulé qua .les jambes ça n’était rien, et qu'en Espagne on dansait avec autre chose.

— Etavec quoi, ma chère enfant? den Maugis, qui, d’ailleurs, savait parfaitement da quoi il retournait.

La petite danseuse, at lie de répondre, sa contenta de donner une légère claque sur sa croupe. abondante et cambrée, en affirmant, pleine d’orgueil ingénu :

— On ne danse nulle part piis bien qu’à Séville!

. avec plaisir, le jour que vous choisirez..

— [Les Andalous ne se mangent pas entre eux, constata Maugis, entre haut et bas, pose sa satisfaction personnelle,

Mais la voix de Mme Jouarre Célern éclatante :

— Vous savez, messieurs, que le café et les liqueurs sont servis au fond du jardin, sous la tonnelle, au bord de la Bièvre; il y a des photophores!

— La Bièvre?… N'est-ce pas cette chose noire, qui sent un peu mauvais?

C'était Lodi, encore et toujours. Du coup, son tour d’écoper semblait venu. Mme Jouarre”

- était énervée, et ce jeune homme évidemment

fait pour essuyer la malhumeur de l’hôtesse.

— Je regrette vivement, monsieur, articulat-elle avec hauteur, que vous ne fussiez pas satisfait de l’humble hospitalité que je vous. offre, et que...

Au « fussiez » de la douairière, Maugis avait difficilement réprimé l'éclat d’une joie inconvenante.

— Mais au contraire, madame, se récria l’interpellé, soudain devenu, sans perdre son indolence, très cérémonieux; votre gracieux accueil a même dissipé mon remords de m'être ainsi jeté chez vous, sans y être connu que de notre ami Maugis, Mais je ne me croirai tout a fait pardonné que si vous-même, et vos hôtes, acceptez en retour de goüter à mon pot-au-feu.

« Ouais, du boniment, se dit la douaïrière; attends un peu ce que je vais te coller. »

Et de son air le plus duchesse (« Poire dussèche », disait Aminte), elle ajouta:

— Mais, monsieur, pour ma part, ce sera et chez? : |

— Chez moi, madame, si vous voulez bien. A moins que le cabaret n'ait votre préférence.

— Le cabaret! protesta Mme Jouarre, qui s’imagina soudain « L’express » de Montparno, ou tout autre boui-boui de sa connaissance. Fi donc, monsieur! Mais, chez vous? Vous êtes donc installé ?

— Mon Dieu, madame, installé, si on veut.

Voudrais bien autre chose. Essayé de coucher sous les ponts; trop de courants d'air, compa-. gnie hétérogène, Alors quoi? L'hôtel de famille.

— Ah! vous êtes dans un: Famelic-House?

— Non, pas Family, l’hôtel Guérin, le nôtre, quoi.

— Peste, pensa la bonne dame, c'est un fils d’hôteliers !

Et, tout haut :

— Guérin? je croyais que votre nom c'était :

Lodi.

— Vous savez, Lodi, c’est plutôt un surnom,

Aminte, qui avait écouté en silence, maïs non sans joie, ce dialogue, jugea le moment venu

‘d'y intervenir :

— M'man, je vois que m’sieu Maugis n'a pas détaillé le jeune homme,

Et faisant une révérence:

— Madame Jouarre, douairière, permettezmoi de Voüs introduire Marie-Octave Guérin, duc de Lodi, annoncé à l'intérieur.

L'ancienne Jingère eut un instant de surprise, qu elle dissimula sous un grand salut, dfñ: € Croyez bien, monsieur le duc. », ét surtôut un attrapage à sa fille:

= Jntroduire, introduire! Quel. français me chantes-tu la?

.æ C'ést pas du français, m'man, C'est de J'anglais. Cest bien pluss à la mode. Pas, Mario ?

Ses

= Je vais herboriser, voulez-vous me la confier?

= = Mais alots, cet hôtes, monsieur le duc, pefsista la. douairière, ce n’est pas vous qui le. qui lé tenez, enfin?

— Moi, non. C'est mon portier, D'ailleurs, ce West qu'un hôtel particulier, et pas commode, que feu M. Fontaine avait bâti, Chaussée-d Antin, pour le maréchal,

= Le maréchal... ?

— Oui, mon grand-père Guérin, qui avait commencé par être maréchal ferrant, comme le grand-père dé M. Fallières, ét qui “finit par être maréchal de France...

= Comme le grand-père du grand Condé, gssa M. Lemarle-Thibault.

Æt il 8e rapprocha d'Aminte, qu’il prit par le menton. Puis:

— Madame Jouarre, badina cet homme res-

resse Aminte, À part Ça,

pectabie, je vous ee une gran. péche fesse. Aminte ne ma pas encore embrassé.

— Si vous mé rattrapez, je vous embrasse, us Et, se dégageant, Aminte prit son vol dans.

de jardin en rélevant ses jupes trés haut.

— Ne vous dérangez pas, monsieur, je vous RES la ramène. ae)

C'était Loi, qui déjà poursuivait la fillette. Sie I] ne sembla pas qu'Aminte fit grand effort à : he pas se laisser prendre. Le botaniste eut un petit soupir, | : — Qui est ce jeune homme, exactement? demanda la douairière, ;

— Eh bien! c’est le petit duc de Lodi, qui

revient de chasser sur le Mékong.

— Et que fait-il, pour le moment?

— Mais, pour lé moment, je crois qu "1 ca il fait. la 7e ét,

etre temps, la cour à Narcisse. A — Riche?

— Trois où quatre cent mille francs ee — Peuh! Sue — De rente... Ne | SR

Vous n'allez pas jui TEREOEREs d'être 2 are. mable avec les dames! ee — Ft un conseil judiciaire.

— Aminte! appela la douairière. | — Oui, mman, bälbutia une voix pee ; où étouffée.

— Laissez Aminte, ma chère amiel c'est d'elle que je voulais vous entretenir, Ne vous sémble-t-il pas qu elle aura, tantot, bien a6sez |. du Conservatoire, si ce n'est que pour faireà l'occasion un peu de maillot? Des prix, élle en : risque tout juste autant que sa sœur Narcisse, à qui je viens de faire proposer un engagei ment dans un petit théâtre où j'ai des dus parmi les actionnaires. is — Maïs alors, vous vous désintéressez d'avec Narcisse? Qu'est-ce qu'elle a encore fait, la ir grue? Elle est si naïvel :

— Oui, comme une paonne blanche. Enên, naïve ou non, je l'ai nourrié de ma petite expérience. Elle connaît son Paris à/fond et, sur le bout du doigt, les coulisses du MhEAE comme de la ville. Elle a des amis; je sais Que Vañre, l’avoué, est tout disposé à fa. .. conééls ler À travers la vie, s’il ne l’a déjà fait, Elle: . même m'en a parlé, comme elle m'a parlé aussi . du petit duc. Je suis sûr de la laisser en bon: ; nes mains à mon départ. + — Comment! gémit la douairière, vous songez à partir, pour longtemps, peut-être? ] t tout ça à cause de ce fanfrelu, de ce petit auber-. gistel Voyez-moi la Sainte-Mitouchel Que je lui parle raison, seulement entre quatre-z-yeux ; devrais-je en être de quelques gifles, je ne m'appelle pas moi, si elle ne vient pas vois. demander pardon! Quant à ce M. ERA du balai!

— Caïmez-vous, ma chère amie, vous me feriez passer pour ün jaloux. Et, pour en revenir à Aminte, c'est surtout posr si inex<

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vummé ÇA, C'EST LA PREMIÈRE ET LA DERNIÈRE FOIS QUON AURA LE PLAISIR DE VOUS VOIR |

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