‹ La traction méchanique des tranways: étude des différents systèmes. Comparaison et prix de revientChapitre 32 sur 61 · DÉPENSE EN WATTS-HEURE PAR KILOMÈTRE- VOITURE · texte numérisé non relu

DÉPENSE EN WATTS-HEURE PAR KILOMÈTRE- VOITURE

La dépense que nous allons indiquer est celle relative à la première installation, la seule dont nous connaissons les résultats d'une manière suffisamment précise. Des relevés nombreux et exacts ont permis de constater que chaque voiture consomme en moyenne 47 à 55 ampères-Iieure (aux bornes de la voiture), pour une course aller et retour entre la Madeleine ou l'Opéra et Saint- Denis. La distance totale parcourue, y compris les manœuvres aux deux extrémités de la ligne, étant de 19 km., la dépense en watts-heure par kilomètre-voiture sera de :

= 608 watts-heure, soit -^--- = 0,83chcv.,

la force électromotrice étant de 210 volts.

A cette dépense correspond une résistance moyenne par tonne de :

TRAMWAYS DE LA MADELEINE- LEVALLOIS-COURBE VOl E-NEUILLY

Ce réseau appartient à la Compagnie des tramways de Paris et du département de la Seine et se compose de trois lignes partant de laMadeleine.La première, d'une longueur de 6,9 km., relie laMadeleineàCourbevoie-Neuilly ; laseconde, de 5,3 km., relie laMadeleine avec Courbevoie (place Victor-Hugo) et la troisième, plus courte et d'une longueur de 4,9 hm., se termine à Levallois à l'extrémité de la rue de (^ourcelles, sur le bord de la Seine. L'ensemble de ceslignes constitue donc un réseau de 17,1 kilomètres de longueur.

Le profil en long de ces lignes, quoique peu accidenté, présent cependant h l'aller la rampe du boulevard Malesherbes, qui a prè de 900 m. de longueur en rampe continue de 0,016. De même retour, l'avenue de* Villiers présente une rampe de 950 m. enviro de longueur avec une inclinaison de 0,010 à 0,012.

TRACTION ELECTRUJLE PAU ACCLMULATEIIRS 185

La IrHction se fail pur accuinulali'urs, coiiinic sur relie do

"Oi^ra à Sainl-heiiis, niai» ici le iiiodt' lie recliarf|;c'iiiciU dos

uiimluli-iirs l'st Uml dilTéreiil et c'est ru cola i|uc léside la

BOuveRulé du syslôiiie.

Les accuiiiuluk'urs soiil, iiisliillés à posli' lixe iliiiis les voilures, et, k diacun des points lerniimis, après t'Imque voyafîc aller et retour, ces accurnulalcurs, (|ui sont relias à l'aide île feedi-rs avec Wflynamos génératrices de l'iisint; centrale, sont recliartrés peniftnt lu durée du stiitionneineiil, des voitures, c'esl-à-dire pendant £x miaules environ. La manulenlion nécessitée par le cliangf meni if» balleries, comme cela se fait sur la ligne de l'Opéra il Sainltlmt. se trouve donc ici supprimée.

Nuus allons décrire Urii-vcnient l'installation de ces lijfnes. L'usine centrale est placée îi Puteaux, sur le quai National, au bonlilf! la Seine, ce (|ui facilite l'approvisionnemenl en charbon et mua.

Duis cette usine centi-ale, se trouvent : une grande remise pour 1rs voitures, un atelier de réparation, les cliaudii^res, les machines àvapeur et les dynamos qui doivent produire l'énergie électrique ntesaire aux trois lignes.

Lcsrliaudières se composent de trois générateurs multiluhulaires BaWook et Wilcox timbrés îi 11» kg. cl munis d'un économiseur, {Kiurlc récliaufTage de l'eau d'alimentation ; chaque cliaudière peut pruJuire 1 800 kg. de vapeur par heure.

Li'ï machines à vapeur sont au nond»re de trois, du type Willans p| Ruhinson, à triple expansion. Ces machines développent flwcuni' 200 cliev. avec une vitesse do 460 tours par niinute; elles p™»pnt marcher soit à condensation, soit avec échappement à l'air libn-.

Cliar.une des machines k vapeur actionne directement une oynamo Brown à quatre pâles avec excitation shunt, calage fixe ctbaluis en charbon. Chaque dynamo marchant îl i60 tours peut burniraOO ampèrea sous tiOO ou 660 volts, spit environ 120 kilowsllg.

Comme l'indique la iïgure 67, la dynamo est iixéo sur le ra6me "ili nue la machine à vapeur. Comme il est impossible do sou- ■Wllrela marche des voilures à un horaire absolument lixe, on a

pn'vii la possiliililt'^ de clmr^^'r ximultanéinent une, doux, trou ou (iiiiili'c voilurrs. La cliargo d'une voiture déiiutanl souveat avrr un (-uunuil df 175 anip., l'ù-coup donné aux machini'S serait trop considéralilc; ou a donc pi'vvu l'installation d'une batterie u volant > {H'i-nii'ttant dt' parer fi cotte mise en cliarge normale.

Pi);. 61. — Mnchine û vapeur Willani et dynamo BroTD.

La batterie « volant )i est ronstituée par 3 lialtories de voiture* mi.ses en (|uantité, au-dessus des(iuelleK se trouvent placés en série reiil éliMiienls Tudor, avec réducteur, pour le réglage de la tonsiou. On poiil ainsi faire fonctionner, à charge presque constante, le$ fféuératriees.

Les feeders qui relient le tableau de distribulioii de l'usine centrale avec cliat'uii des points terniîtius des trois lignes, sont au nondire de trois.

Le premier, qui n'a qu'une très courte longueur, relie l'usine centrale ave{- les postes de eliarge de Hourbevoie-Neuilly; il a uiif section de l.'iO uuu".

Le second, d'une longueur de 2 km., relie l'usine centrale avw le point terminus de hi ligne de Courbe voie (place Victor-Hugo); sa s<-ction est également de I ;j(l mm*.

Kidiii le troisième, iiui se termine au bord de la Seine à

TRACTION ELECTRIQUE PAR ACCUMULATEURS \>i'

Li-va11i)i^. n iiin' lonifucur di- 3.5 km. et une soclion di' 230 mm*,

Ln rt-sinUinrc dp fps fi-etliTS cal calcuK'c de manit-rr îi avoir pour chaeun uiio mènjc pi'rlr de polcnticl de 10 ii 12 p. 10(1. Le vnltago, m\ posU's de rhar^r dt*R voilure», pruL donc varier entre 334 el 581 VOllR.

LrscâLIfs sonl placés en lern" et sont formés «l'iine ilme en cuiiTP rougp, isolée au moyen d'une couctie de jnle imprégné et d'un rulian enduit. Une doulil'' giiiiie de plomb enfonn- le cAble et le AOUiitraîl à l'action de l'humidité ; une armature de fer feuilhird. rwouviTt il'uii enduit présorvatif, enveloppa le loul.

Les postes de charge, installés aux points torminus i\f cliaque ligne où Tient aboutir le fei-der qui doit nli- Diontpr les voilures de relti' ligne, onltxlérieureincnt la forme des avcr- &»urs d'incendie (fig, (JS), A la partie supérieure de cette colonne wlrouvpnt une boîte qui contient bi prise du courant et un appareil ijui prévient le waltniaii, à l'aide dune (unnerif. que sa bultiTi*' est chargée.

tfn établit la liaison entre ta colonne "It prise de courant et les uccumula- Ifurs de la voiture au moyen d'un tàbln souple il deu.\ conducteurs. Des niirqucs différenles sont faites à l'i'x- Irémilé de chacun des conducteurs de weâble de liaison, alin de faciliter les 'Anoexinns et d'éviter les interver- *ioQs de courant.

U ligure 6i) représente la voilure. Elle est à impériale couverte 'l contient 50 places, plus le conducteur et le watlman, soit en 'flol 52 personnes. Son poids en ordre de marche est de 14 t. u Misse repose sur un truck au moyen de six ressorts, quatre • Urnes placés au.\ extrémités du truck et deux h volute placés au

milieu de celui-ci.

Lelruck représenté par la ligure 70 re[io5e. par l'intermédiaire

Flg 68 — l'oste de Lbarge.

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tes LA TRACTION MECANIQUE DES TRAMWAYS

(le lieux rossorts à lames, sur deux essioux rs]iacés seulement <lo l,ilOm.,a(indp lacililer lu passag'e dans les courlies de pelil rayon. Chaque essieu est mis en mouvement par une dynamo à (|ualre piUes et balais ua cliai'bon, d'une puisaanoe normale do 15 eliev. et de 25 cliev; au maxiitmm. CeLU dynamo est ei)velop< pûe, comme il'lialii' tude, dans une caisse eu fonte ijui la met h l'abri de la boue et d la pouâsiî're ; on ptit^ visiter sans difllculU les balais et vérifiai leur calage, en ou* vrant une trappe mé na^ée à la partie sib périeure de la calssQ Ces dynamos uout i simple réduction i vitesse et les nages trempent dai uu liain d'huile.

Une sablière e installée sur le truck dans le but d'évîtfl les patinages , au:

démarrages, danslei temps humides.

Les accumulateur sont disposés sou les banquettes, afin d'empi>clier la détérioration des bois par suite des émanalioiul acides provenant de la batterie, on a revêtu le plancher et le» parois d'un vernis à base, de caoutchouc ; des trous ont de plu*

TBACTIOiN ELECTniOUE PAH ACCUMULATEURS 180

\é mi-iiugés ilaiis le plaiirhcr pour ]iornii'llrf lêcoulempiil ikl'ai'iilf qui, [lar suite d'un arrêt trop lirusquc, pourrait iUro proji'lé liors (le la balteric. Enfin, pour éliminer pendant hi clmrge les émanations acîiles, on a installé sous les l)iini[uetles uni' petite dynamo i|ui acliouxje un vcnlilaleui-.

Ces accumula leurs sont du type Tiidor, dont nous avons pailé

Ri- 70. — Truck des automotrices des trQinwnja de la MndeleinB'CoufbBVoie.

pfïcM'inmenl ; ils se composent de 200 éléments de 0,23 m. de longueur el de 0,34 m. do hauteur pesant, en plomb, 13 kg, par wtoenl cl 18 kg. avec les accessoires. Le poids actif de la ballerie 'Si JoQc lie 2(!00 kg. et le poids total de 3 600 kg.

"■8 éléments se composent de 5 plaques, 3 négatives, formation faurp, et 2 positives, formation Planté, reposant sur des semelles

isolaiil(»s en éboiiile dans des bacs également vn ébonite. Ces éléments sont installés à poste fixe sous les banquettes, en quatre rangées d(» îlO éléments et sont toujours cliargés et déchargés en série, sans aucun couplage.

F^a charge siî fait à la voiture avec mi voltage, k fin de charge, dr 2,7 volts par élément, soit un potentiel total de 540 volts. Ladéchar»f connnence avec 2,03 volts par élément et finit avec 1,90 volts, soil une moyenn(î de l,î)8 volts, ce qui donne une force électroraotricf totab' (le 1 ,98 X 200 = 396 volts, soit 400 volts en chiffres ronds.

Le coupleur prend le courant aux bornes de la batterie. On obtient h»s variations du couple moteur et de la vitesse au moyen dv ce coupleur, en intercalant d'abord au démarrage un rliéoslal liquide sur le courant qui agit sur les deux moteurs mis en série; ce rhéostat liquide est formé d'une électrode en plomb qui peutsVofoncer plus ou moins dans un bain de carbonate de soude. A la fin du démarrage ce rhéostat liquide est supprimé et remplacé par un second rhéostat en métal, dont on supprime successivement h résistance jusqu'à ce que Ton ait obtenu la vitesse normale.

Puis, pour augmenter la vitesse, on continue à tourner la manivelle du coupleur, ce qui a pour effet de shunter une partie des inducteurs des dynamos et de diminuer, par conséquent, le Dm magnéticjue. La vilesse maxinmm est obtenue en couplant les mot(!urs en parallèle , au moyen d'un coupleur spécial placé sur le coupleur.

Les mouvements inverses de la manivelle du coupleur produisent également des effets inverses dans la vitesse, et, lorsque celle manivelle sera revenue au point de départ, si on continue à la tourner on eiuouh'ra sur Taxe du contrôleur une chahie (jui actionnera les cordes du frein Lemoine, en produisant le serrage des sabols.

La marche avant et arrière s'obtient au moyen d'un coupleur spécial.

On a installé sur la plate-forme de la voiture un coninmtateuri|ui a pour but de mellre la batterie en comnmnication, soit aved»' coupleur, soil avec 1rs bornes du poste de charge. On évite ain>i de jneltre en marche par erreur, lorsque les accunmlateurs sont en charge, ce qui pourrait arriver dans le cas où la ballerif sérail en conununi cation permanente avec le coupleur, lu

TRACTION ELECTRIQUE PAR ACCUMULATEURS i9i

second coupleur, placé à côté du premier, sur la plate-forme, permet également de supprimer Tune ou l'autre des demi-batteries, en cas d'avarie.

La voiture est éclairée par six lampes à incandescence en série ; mais la tension de charge de la batterie étant supérieure à celle qui circule habituellement dans les lampes, il y aurait à craindre que ces dernières ne soient brûlées pendant la cliarge; pour éviter cet inconvénient on intercale, pendant cette opération, deux nouvelles lampes qu'on retire immédiatement du circuit après la charge.

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