‹ La tradition et les réformes dans l'enseignement universitaireChapitre 119 sur 205 · XYII. — SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE L'ORLÉANAIS · texte numérisé non relu

XYII. — SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE L'ORLÉANAIS

grande voie romaine qui vous unissait au pays des Carnutes. Quelle joie c'est pour l'épigraphiste et pour l'antiquaire de déchiffrer de pareils textes, d'en faire ressortir le sens qui intéresse votre patriotisme !

Hier encore, j'étudiais au 3Iusée d'Orléans tous les objets retrouvés à ÎNeuvy-en-Sullias, il y a quelques années, généreusement acquis par la ville, judicieusement restitués, classés et commentés par le consciencieux: conservateur de vos collections, M. Mantellier. Comme on se plaît, devant ces débris d'un vieux culte gaulois, à refaire par la pensée la chapelle oii vos ancêtres adoraient le dieu Rudiobus, et la cachette où leur piété, sous la menace de quel([ue péril inconnu de nous, déposa ce trésor et, si je puis ainsi dire, le mit en réserve pour l'érudition du xix" siècle !

Le charme sérieux de ces observations s'augmente à mesure qu'on les étend à un plus grand nombre de monuments. Voyez comment s'éclaire l'histoire de votre province, dans le grand ouvrage où M. JoUois, l'ingénieur érudit, a rassemblé jadis tous les vestiges subsistants de l'occupation romaine dans l'Orléanais, depuis les ruines des édifices sacrés et profanes, jusqu'aux bornes milliaires qui marquaient les distances sur les voies romaines de la Gaule.

Les archives, à cet égard, ne sont pas moins instructives que les musées. Une seule charte, celle de l'évoque Agius, naguère publiée par votre président, sert à restituer les annales d'un de vos plus antiques sanctuaires chrétiens. Des centaines de monuments analogues, des registres de jiéage ont fourni récemment à 31. Mantellier la matière d'un minutieux tableau de statistique et d'économie provinciale. (|ue l'Académie des Sciences a couronné. Elles l'ont peu à peu conduit à cette autre série de recherches sur la navigation de la Loire et de ses affluenls, qui fait tant d'honneur à la

LA Tli.MUTloN ET LKS UKFdliMi' S.

cité orléanaise, et qui tient si dignement sa place dans les Mémoires de votre Société. C'est une entreprise de ce g-enre que poursuivait naguère un des plus zélés maîtres du lycée d'Orléans, le regrettable Lenoc([, (|iiaii(l ICnorl de sa jeune et ferme intelligence s'est épuisé sons les altiMulcs d'un mal, hélas ! sans remède, à restaurer rens(Mnl)Ie de la mythologie celticpie d'ajirès de nombreux mais incomplets témoignages, épars sur notre sol et dans les livres des ^ieu\ auteurs. Je n'ose m'arrèter ici à l'examen de ces laborieuses compositions, mais je voudrais au moins, par un exemple encore, faire sentir à l'auditoire qui veut bien me continuer son attention encourageante tout ce qu'il y a de profit et de séduisant intérêt dans les moindres textes déposés, il y a tant dt; siècles, sur le marbre etsur le bronze, et (|ui forment ce t[ue nous aj)j)elons des collections é[»igrapbi(]ues.

Un simple coupd'œil jetésur l'épigraphie de noire vieille Gaule, nous montre tout de suite en quelle proportion d'influence et d'autorité se mêlèrent les éléments qui, j)ar le travail des siècles, ont constitué la nationalité française. Savez-vous combien nous avons d'inscriptions latines écrites eiiti'e les i" et vi' sii'cles di' l'ère clirt'lienne? environ se])t mille. Comljien d"inscrij)tions grec(|ues? environ soixante. Combien de gaulois(>s ou cel(i([ues ? une vingtaine seulement. Et cependant les (lanlois et les Celtes formaient le fond même de la population du pays qui s'appelle aujourd'hui la France. 1^1 ceitiMidaiil les Grecs avaient couvert de leurs colonies touh- la côte nu'diterranéenne, de[>uis les Aljies jus(|iraiix l*\ rénées. Mais si les armées de César et des capitaines qui, après lui. comjdétèrenl ou alVermirent la cou([uèle de la (îatde, étaient jieu nombreuses auprès de la pnpidation indigène, elles ajtpoi'taient avec elle< les principe^ irniu' civilisation supérieure par la science, par les bcan\-arls et par l'industrie. Voilà jiour-

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